18/11/2012
Rappel : nouveau blog
Mon blog actif - la nouvelle Vache Cosmique - est ici.
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05/11/2012
Conférences sur le shivaisme du Cachemire - 2013

Les conférences sur le shivaisme non-dualiste du Cachemire se poursuivrons en février 2013 à Paris, avec une comparaison entre le non-dualisme "tantrique" de la Reconnaissance (pratyabhijnâ), et d'autres courants non-dualistes, notament celui de Shamkara.
L'absolu est-il statique ou dynamique ? La conscience est-elle le témoin immuable du devenir, ou bien ce devenir est-il une manifestation de la conscience ? Mais alors, comment expliquer que la conscience, identifiée à la félicité et au plaisir, puisse dans les jeux de sa liberté, accoucher de la souffrance ?
La prochaine saison du programme débutera à en février 2013 2012, les lundi 11, 18 et 25 février ainsi que le 25 avril 2013, au CPEC, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris, 18h30-20h30.
Pour plus de détails, voir ici.
Enfin, vous pouvez entendre les conférences en lisant les textes traduits du sanskrit qui leur ont servi de support.
18:41 Écrit par anargala dans Général, Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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09/07/2012
Conférences shivaisme du Cachemire - printemps 2012
Pour plus de détails, voir ici.
14:10 Écrit par anargala dans Général, Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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24/04/2012
Changement de date pour la séance du 30 avril 2012 - sur le shivaïsme du Cachemire
10:49 Écrit par anargala | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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09/01/2012
Shivaïsme du Cachemire - CIPh printemps 2012
10:06 Écrit par anargala dans Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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07/11/2011
Sur le shivaïsme du Cachemire - séances automne 2011 à écouter
13:08 Écrit par anargala dans Anecdotique, Général, Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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28/09/2011
Shivaïsme du Cachemire - CIPh octobre 2011
Les prochaines conférences du CIPh sur la philosophie de la reconnaissance (pratyabhijnâ) auront lieu :
les lundis 3 et 17 octobre 2011,
de 18h30 à 20h30,
au Lycée Henry IV,
salle N34 (ou salle des Actes, si elle est libre),
à Paris 5e,
métro Cardinal Lemoine.
Mais y a-t-il une conscience permanente, hors des pensées évanescentes ? Il y a certes des pensées sur soi, mais existe t-il un Soi ? Nous allons donc examiner les objections que les bouddhistes formulent contre le Soi dans le second chapitre des Stances pour la reconnaissance (Pratyabhijnâkârikâ), en les confrontant à leur homologues dans les pensées occidentales. Surtout, nous nous interrogerons sur la pertinence de ces objections : L’esprit n'est-il qu'un "automate spirituel" ? Peut-on parler d'une "physique de l'esprit" ? Sommes-nous des machines ?
09:48 Écrit par anargala dans Général, Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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22/06/2011
Conférences sur la pratyabhijnâ - printemps 2011

La philosophie de la Reconnaissance (pratyabhijnâ) veut réaliser la majesté de la conscience dans les actes les plus humbles. Dilectique, spéculative, cette phénoménologie n'en d'en n'est pas moins une manière de vivre, une voie de connaissance de soi.
Des enregistrements des conférences données dans le cadre du CIPh au printemps 2011, avec les textes correspondants au format PDF sont téléchargeables ici.
Pour la suite du programme à l'automne 2011, voir sur ce même site.
Un poème de Kabir - "il n'y a qu'un seul yogi" (précisons : ce yogi n'est pas le monsieur sur la photo, en l'occurence Osho. Ce "seul yogi" n'est autre que l'Espace-conscience clairement visible au-dessus de nos chères épaules) :
16:04 Écrit par anargala dans Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : abhinavagupta, shivaisme du cachemire, pratyabhijna |
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16/02/2011
Conférences sur la Pratyabhijnâ

Des pensées sans penseur ?
Polémiques sur l'identité personnelle dans l'Inde au XIe siècle
18h30-20h30
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lundi 28 février : salle JA01
Lundi 4 avril, lundi 2 mai, lundi 6 juin : Salle JA05
La querelle du Soi (ātman) est la problématique centrale des philosophies de l'Inde. D'un côté, les tenants du brahmanisme pensent qu'il y a un Soi qui organise les pensées, ainsi qu'un Soi "suprême" (un Dieu) qui agence le monde. De l'autre, les Bouddhistes soutiennent qu'il n'y a nulle part un tel Soi en dehors de l'imagination des ignorants, pas plus qu'il n'existe une quelconque intelligence créatrice.
Parmi les formes qu'a revêtue cette controverse, celle mise en scène dans les textes de la Reconnaissance (pratyabhijñā) est sans doute l'une des plus aboutie, notamment à cause de sa capacité à inventer des concepts ou à donner un sens inédit à de vieilles notions. Ce programme est une recherche qui s'appuie sur le texte fondateur de cette philosophie (Les stances pour la reconnaissance). Il a deux objectifs. Premièrement, comprendre cette pensée en éclairant les auteurs auxquels elle s'oppose tout en récupérant leur concepts, d'une part, et d'autre part en proposant des comparaisons avec des problématiques, des thèses et des arguments de la tradition occidentale. Deuxièmement, il va s'agir de critiquer les thèses et les arguments de la Reconnaissance en évaluant les réponses aux objections formulées dans le texte, mais aussi en formulant des objections nous-mêmes, nous inspirant pour cela des pensées contemporaines. En bref, notre questionnement est le suivant : D'où viennent les organisations que nous observons en nous et hors de nous ? Y a-t-il un organisateur de tout cela, ou bien l'ordre émerge-t-il spontanément ?
Cette première année sera consacrée à une lecture de l'exposé de la thèse centrale de la Reconnaissance laquelle, en cinq stances, nous permettra notamment de nous interroger sur les questions suivantes : La Reconnaissance est-elle une philosophie ou une théologie ? Faut-il choisir entre recherche de la vérité et aspiration à une certaine forme de salut ? Peut-on dire que la conscience existe ? Est-elle une chose ? Peut-on connaître notre conscience ? Et comment connaît-on celle d'autrui ?
Entrée libre
Voir les détails pratiques sur le site du CIPh
10:15 Écrit par anargala dans Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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25/02/2010
Abhinavagupta - La Liberté de la conscience

Durant l'Âge d'or de l'Inde, le Cachemire fut le coeur vivant
du Tantra, ce vaste mouvement qui cherche à réconcilier
spiritualité et sensualité.
Ce livre est une introduction à l'enseignement du génie
le plus fulgurant du Tantra, Abhinavagupta (Xe siècle).
Il nous fait voir dans l’existence humaine le jeu de l’absolu
jouant à s’oublier dans les choses de ce monde pour ensuite
mieux s’y reconnaître. Abhinavagupta se donne corps et âme
à cette reconnaissance du Soi divin à travers les joies et les
misères de la vie quotidienne, partageant son expérience
paradoxale avec rigueur et vigueur, en mélangeant des registres
que l’Occident oppose. Chez lui, l’expérience et la théorie,
l’intellect et la vie, l’art et l’ascèse, la philosophie et la religion
se conjuguent pour réveiller la conscience libre depuis toujours,
mais assoupie dans ses habitudes mécaniques. Sa métaphysique
s’enracine toujours dans l’expérience. Maître de la parole,
Abhinavagupta n’oublie jamais de s’abreuver à la Source.
Sans moralisme, Abhinavagupta esquisse, au fil des extraits
présentés dans ce livre, une véritable voie d’exploration et de
célébration de la liberté. Loin de tout formalisme religieux ou
conceptuel, il joue de tous les registres du savoir disponible
en son temps pour s’émerveiller et entraîner son lecteur.
Cette oeuvre intéressera le chercheur d’aujourd’hui par sa
dimension universelle et pratique. Sans exotisme, sans
dogmatisme, elle va droit à l’essentiel. Chaque extrait proposé
veut être une ouverture possible vers l’essence de notre être.
19:18 Écrit par anargala dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eveil, tantra, abhinavagupta, yoga, pratyabhijna, shivaisme du cachemire |
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22/08/2009
Lectures du Vijnâna Bhairava
Rencontres autour du Vijnâna Bhairava Tantra
Lectures de textes du shivaïsme du Cachemire animées par David Dubois
Chaque séance a lieu un dimanche sur deux de 14 à 16 heures à Nogent sur Marne, non loin de Vincennes. Aucune connaissance du sanskrit n'est requise. Des photocopies du texte translittéré sont distribuées.
Si vous souhaitez venir, nous vous demandons juste d'écrire à l'auteur du blog afin de recevoir l'adresse où se tiendront ces rencontres.
12:44 Écrit par anargala dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tantra, tantrisme, abhinavagupta, vijnana bhaira, shivaisme du cachemire, yoga |
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15/06/2009
Tout simplement
Voici un recueil de petites "expériences" aussi simples que profondes pour partir à la découverte de notre véritable identité. Mais attention, il ne s'agit pas de psychologie. Ces expériences font appel aux cinq sens comme à l'esprit de découverte scientifique pour remettre en question les croyances sur ce que nous sommes vraiment.
Des sages de toutes les traditions nous disent que ce que nous sommes vraimpent est ce à quoi nous aspirons, au-delà même de nos espérances les plus folles. Mais comment les croire ? D'ailleurs, faut-il les croire ? Ce livre propose des outils simples pour vérifier par soi-même, sans exotisme, sans avoir à s'engager auprès d'un "maître" ou d'une tradition.
Un véritable petit trésor de liberté dans la lignée du Vijnâna Bhairava Tantra. A voir sur Amazon et sur le blog de José Leroy.

14:41 Écrit par anargala dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vision sans tete, harding, leroy |
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07/03/2008
Au Coeur des tantras

16:34 Écrit par anargala dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : pratyabhijna, reconnaissance, tantra, tantrisme |
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23/09/2007
Réincarnation
La vache cosmique meurt pour mieux renaître. Elle a transmigré ici. A bientôt, chers lecteurs !

16:13 Écrit par anargala dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vache cosmique |
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14/09/2007
Je savoure l'Essence
Je goûte sans trêve mon propre Soi impérissable, radieux, indéfinissable, qui embrasse tout, éternelle, débordante de la joie de n’être que Conscience. 214
L’Essence est éternellement réalisée. Elle n’est pas à atteindre ou à réaliser. Celui qui nourrit le désir de (la) réaliser ou de l’atteindre sera toujours autre que Shiva. 215
[« souffle » traduit ici spanda, littéralement « vibration ». Ce terme désigne souvent l’Essence (svarûpa), mais ici il me semble faire référence au mouvement du souffle, avec son alternance inspire-expire, archétype de tous les couples de contraires (jour-nuit, soi-autrui, etc.).]
Je demeure à tout instant sans second. C’est en moi qu’apparaît cette corporalité que voici. Les phénomènes se manifestent à la suite de l’apparence du corps. Tout se passe alors pour moi (comme) s’ils me dérobaient la conscience. 219
Râmeshvar Jhâ, La liberté de la conscience
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09/09/2007
Vedic Metal
Tout ce qu'il est possible de faire sera fait tôt ou tard. Vous avez entendu parler des Upanishads, ces textes philosophiques contemporains de Socrate, qui enseignent l'identité de soi et de l'absolu ? Eh bien en voici une version musicale, "death metal" (sic), par des Indiens. Les paroles "ayam âtmâ brahmâ", "aham brahma asmi", signifient "Ce Soi est l'Absolu", "Je suis l'Absolu".
17:41 Écrit par anargala dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vedic metal, upanishad |
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05/09/2007
La différence entre la pure conscience et l'état de Shiva

[« L’omniprénétration du Soi » désigne l’absorption dans la pure conscience que recherchent les adeptes de l’Advaita Vedânta ou du Sâmkhya. « L’omnipénétration de Shiva » est l’absorption en Shiva, qui est à la fois pure conscience ET activité. D’où sa supériorité, selon l’auteur. En clair, cela veut dire que les yogins du Sâmkhya considèrent les pensées, les émotions et la vie ordinaire comme des ennemis à fuir ou a éliminer. Dès qu’ils sortent de leur méditation profonde (nirvikalpasamâdhi), les pensées etc. réapparaissent, et ils ont l’impression de perdre leur sérénité. Pour les yogins shivaïtes en revanche, à l’absorption sans pensée succède « l’absorption-les-yeux-grands-ouverts », à laquelle la pensée participe (« Je suis tout cela »), ainsi que le corps et les sens ; « l’Egale » est l’avant-dernière étape de l’énoncé d’une syllabe telle que OM. C’est une forme très subtile de la conscience/Parole.]
Lorsque l’on perçoit touts les objets sans aucune séparation comme reposants en soi, c’est alors qu’apparaît l’état de Shiva, qui consiste à être identique à tout. 211
Râmeshvar Jhâ, La liberté de la conscience.
11:23 Écrit par anargala dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : reconnaissance, pratyabhijna, tantra, tantrisme |
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01/09/2007
Il deviendra Shiva
L’adepte qui voit le Réel, devenu le Soi de tout et reposant en son propre Soi, ne s’égare pas dans les phénomènes distincts. 197

Le but à atteindre n’est pas à atteindre pour moi, car il n’est autre que le sens du mot « je ». Il est à tout moment réalisé. Que reste t-il à accomplir ? 198
Tous les phénomènes subsistent en moi et ne surgissent que de moi. Ils me trompent, (mais) une fois vue l’Essence du Soi, ils se résorbent. 199
Je suis Shiva, sans second, évident, égal, constamment homogène, indépendant, m’adonnant spontanément au jeu de la liberté tout en faisant apparaître (l’ensemble des phénomènes) depuis le vide jusqu’au corps. 203
(Au contraire, l’être ordinaire) délaisse la Reconnaissance (du Soi), acquiert du même coup l’état d’âme (limitée). Vaincu dans le corps par le Soleil et la Lune [l’expir et inspir, etc.] , il devient un mortel. 205
Râmeshvar Jhâ, La liberté de la conscience
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10/08/2007
Comment la Lumière pourrait-elle être occultée par sa propre ombre ?
Je suis la Mère de toutes les apparences, le Fondement et le Destructeur. Comment cet (univers) impermanent pourrait-il occulter celui qui est Profond (majja), éternel, affranchi de toute peine, à la Forme éclatante ? 190
Je suis Un, éternel, toujours apparent, entier, contenant tout, constant, égal. Cette dualité de la Mâyâ, apparente en tant que cause de l'accroissement des différentes phases de l'existence (vikâra : naissance, âge adulte, âge mûr, vieillesse, maladie et mort), n'est pas mienne ! 191
Ô Seigneur ! cette lumière des Trois Mondes (Terre, Ciel et Paradis) qui partout te suis, elle brille par ta Lumière. Tu es cette (Lumière) qui ne vacille pas et qui ne peut être cachée par cette ombre qu'elle projette. 192
Cette (Lumière) aux formes innombrables est perçue comme cette activité qui va se dilatant au travers d'une Apparence toujours nouvelle, inséparable de l'acte de conscience (vimarsha). 193
Celui qui a complètement abandonné la contraction librement assumée par la conscience perçoit intégralement et directement, pour lui-même, cette Essence infinie. 194
Pour qui a l'intuition inébranlable de sa propre Essence omniprésente, pour qui éprouve le Soi après avoir abandonné (l'identification) au corps, pour celui-là rien n'est difficile à obtenir ! 195
Je suis avant toutes choses. Je suis la Lumière des lumières (ou : "Celui qui fait apparaître toutes les apparences"). A part moi, qui suis évident, il n'y a aucune autre lumière (ou : "aucune autre source des apparences"), . 196
Râmeshvar Jhâ, La liberté de la conscience
12:01 Écrit par anargala dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pratyabhijna, reconnaissance, utpaladeva, abhinavagupta, tantra, tantrisme |
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06/08/2007
L'Un et le Multiple
Je suis Un et sans second. (Shiva) fait apparaître l’univers entier ici-même, en moi, dans l’Apparence. Ayant fait apparaître (l’univers) dans l’intellect, dans le corps et aussi à l’extérieur, il me lie, moi qui suis consumé par les dilemmes. 185
L’Espace est Un. De même, l’Air, le Feu, l’Eau et la Terre, à la fois divisée et indivise. De même, notre Soi est toujours absolument Un. Il est aussi ce qui fait apparaître toutes choses, (c’est pourquoi) il apparaît comme différencié. 186
Bien qu’Un, il est perçu comme multiple et différencié par le temps et le lieu. Bien que multiple, il atteint l’unité à travers le lieu, le temps et la finalité. [Par exemple, une graine, l’eau et la terre concourent à engendrer un arbre]. 187
Ce jeune arbre du monde sensible, fait des mots et de leur sens, existant à l’intérieur mais apparaissant « à l’extérieur », est tout entier apparut spontanément. Quand je le vois se dissoudre en moi, je me réjouis. 188
Pour l’être accomplit, le royaume de la méditation profonde (samâdhi) dans laquelle tout est assimilé au Soi, est en vérité accompli. Il n’a pas à le devenir. Au contraire, pour l’être asservi dont l’intelligence n’a pas abandonné l’identification au corps, ce royaume demeure invisible, même après des centaines d’efforts. 189
Râmeshvar Jhâ, La liberté de la conscience
10:12 Écrit par anargala dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : tantra, pratyabhijna, reconnaissance |
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08/07/2007
La danse de la yoginî
Le chant, la danse et les arts de la scène occupent une grande place dans les tantras, et cela depuis le shivaïsme ancien, celui des adeptes du Maître des Bestiaux (pâshupatâh).

Cette place centrale se retrouve dans les tantras ésotériques du bouddhisme, dont les pratiques ont été conservées au Népal. C'est ainsi qu'on y trouve les chants des adeptes accomplis (mahâsiddhâh) mis en musique, dans différents modes, ou râgas. Cette pratique est encore bien vivante au Népal, comme en témoignent ces spectacles. Bien sur, les éléments sexuels ont été expurgés (notamment la nudité), mais l'essentiel, me semble t-il, demeure.
Une danse de la yoginî. Notez le chant en accompagnement, remarquablement sobre, et d'un style assez original par rapport à la musique hindoustanie.
Un deuxième exemple de la même danse.
Une danse "des cinq Târâ". On comparera avec cette danse par des nonnes tibétaines.
Vajrapâni, le Gardien des Secrets.
La Dâkinî à tête de lion, Singhamukhâ : un exemple de divinité "courroucée".
Et enfin, le ballet des"divinités d'offrande", qui offrent au maître et aux bouddhas seizes délices, à commencer par la danse, la musique et le chant (nritta-vâdya-gîti)
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06/07/2007
Comment pourrait-on obtenir le Tout ?
Pendant les vacances, je vous propose quelques vers traduits de La liberté de la conscience (Samvitsvâtantryam), composés par le maître du shivaïsme du Cachemire Râmeshvar Jhâ.

L’élément Terre est grossier par rapport à l’Eau. Le Feu est plus subtil que l’Eau. Plus subtil encore est l’Air ; puis l’Espace, le Mental et l’Intellect. De fait, on voit vers l’amont des causes de plus en plus subtiles. Je suis plus subtil encore que tout, dépourvu de nom et de forme. 170-171
Je ne peux dire que « j’existe », ni que « je n’existe plus » ou que "j’existerais" de nouveau.
« Cela est », « C’est cela seulement qui est », « C’est imaginaire », « C’est réel » : tout cela n’est que construction imaginaire qui apparaît en toi comme en moi ! 172
On pourrait objecter : Si en ce moment j’existe – et toi aussi – seulement parce que je perçois et suis conscient, (alors) je n’existe pas avant (d’être conscient). Nous n’existerons pas au début : comment pourrais-je exister avant tout le reste ?
- Allons ! Toi et moi, pourquoi n’existerions-nous pas toujours ? Je suis le (temps), le « maintenant », « l’avant », l’après » et le « toujours ». 173-174
Je suis absolument un. Il n’y a rien d’autre. Et je suis toi aussi. Observe et rend-toi à l'évidence : « toi » et « je » sont mutuellement dépendants. 175
La catégorie « Shiva » est construite comme étant « dépourvue de constructions imaginaires », débordante de liberté, éternelle, présent sans commencement ni fin. 176
Shiva est présent au commencement, au milieu et à la fin de tout. Sans pensée, il engendre les pensées comme s’il avait un corps. 177
La « délimitation », c’est la délimitation d’une chose par une autre lorsque apparaissent les objets séparés (les uns des autres). Mais elle est impossible en soi-même/dans le Soi. 178
Le Soi limpide absolument certain engendre sans les toucher les phénomènes agréables et désagréables en lui-même, au sein de sa forme propre indivise. 179
Il n’y a pas de limites dans le Soi spontanément apparent, sans besoins, sans entraves, absolument comblé, indivis de quelque façon qu’on le regarde. 180
Tout ce qui est vivant ou inerte est infusé par un seul Tout-puissant. Alors il n’y a plus de moi, il n’y a plus rien d’autre. Pour moi, il n’y a que l’existence du Tout-puissant. 181
Seule son Existence existe et non l’existence de quoi que ce soit d’autre. Je suis le Tout-puissant incomparable, le Bienfaisant (Shiva), transparent. Je ne suis rien (d’autre). 182
Ayant abandonné l’idée fausse (selon laquelle « je suis seulement) le corps », comment pourrait-on parler ? S’il y a (ma) parole, c’est qu’il (peut) exister un sujet connaissant qui a (à la fois) la connaissance (de sa vraie nature et, en même temps), qui a un corps. 183
Notre esprit est plongé dans l’océan insondable des Ecritures. Nous avons la certitude, ayant échappé à la tempête des dilemmes (vikalpa). Nous folâtrons sans entraves de-ci de-là… Shiva est naturellement présent/prouvé/accompli. Comment pourrions-nous l’obtenir ? 184
11:17 Écrit par anargala dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rameshvar jha |
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05/07/2007
Doit-on s'abandonner au dieu Marché ?
Toujours dans la série "documentaires sur le net", voici quelques exemples qui donnent à réflechir sur l'étendue du problème suivant - Comment des millions d'hommes peuvent-ils abdiquer leur liberté au profit de quelques uns ? - discuté notamment par Etienne De La Boétie dans son court essais intitulé Discours sur la servitude volontaire :
Un film sur la scientologie. Un jour, un écrivain de SF a décidé de créer une religion à partir de ses romans pour gagner beaucoup d'argent. Voilà en gros ce que cela donne, plus de trente années plus tard...
Les religions d'Orient - hindouisme et bouddhisme -, mais aussi le christiannisme, s'accordent pour affirmer que la volonté peut tout. "Frappez et on vous ouvrira", "La foi qui déplace les montagnes", etc. Il est vrai que "l'imagination dispose de tout" (Pascal), comme le montre ce documentaire de marketing, véritable chef-d'oeuvre de mercatique (comme on dit en France) et de rhétorique, avec sa ribambelle de "philosophes", "métaphysiciens" et autres "visionnaires" bardés de "MBA" et "PhD". Ils appellent ça "Le secret". En bref, il suffit de "ressentir" une chose ou une situation pour l'obteinir tôt ou tard. Bonne nouvelle pour les millions de gens qui crèvent de faim !
Enfin, et juste pour offrir un bref apperçu du pouvoir sans limites du consummérisme, voici un site qui vous vend le "je suis" (I am), présenté comme une "marque déposée", protégé par un droit de copie. Le plus triste est qu'il n'est même pas le premier, et sûrement pas le dernier...
19:40 Écrit par anargala dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : scientologie, le secret |
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25/06/2007
A quoi ressemblait la vie des brahmanes ?
Voici un beau documentaire sur Shankara, le maître très célèbre de la tradition non dualiste fondée sur les Upanishads.

C'est une tradition brahmanique, orthodoxe donc. Dans cette reconstitution, tous les dialogues sont en sanskrit, la langue sacrée de l'Inde et, par suite, d'une bonne partie des pays bouddhistes. L'enfance de Shankara a été tournée au Kerala, état du sud de l'Inde où les brahmanes de la communauté Nambudiri ont perpétué d'anciennes traditions. Mais surtout, on peut apprécier dans cette représentation ce que l'Inde a pu être avant la mondialisation et le culte actuel de la vitesse et de l'agitation. Je ne dis pas que ce monde était idyllique, bien sur. Il y avait un système de discrimination raciale très dur. Mais il reste la beauté de l'Inde, de ses paysages, de son architecture, ses ambiances et la rigueur intellectuelle des brahmanes, alliée à une sorte de sensualité archaïque, sans oublier la couleur de la terre ...
19:58 Écrit par anargala dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : shankara, non dualite, kerala, brahmanisme, brahmane |
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22/06/2007
Alexis Sanderson
L'un des plus grands chercheurs sur le shivaisme du Cachemire est le professeur Alexis Sanderson d'Oxford. Il a désormais son site, sur lequel on peut télécharger ses principaux articles.

Son article de 1988 Saivism and the Tantric Traditions reste indispensable pour se faire une idée de l'organisation des différents courants du tantrisme de l'âge classique (IV-XII siècles).
En ce qui concerne le bouddhisme tantrique, il montre dans un article de 1994 combien le bouddhisme a plagié consciemment - et de manière critique - le shivaisme pour se constituer. Le tantra de La Roue du Temps (Kâlacakra) en est l'exemple le plus aboutit. En revanche, un tantra comme celui de Cakrasamvara a "copié" des passages de tantras shivaïtes verbatim. Du coup, certains de ces passages sont devenus incompréhensibles dans un contexte bouddhiste (Sanderson donne un exemple dans un article fort technique mais passionnant : "History Through Textual Criticism", pp. 44-47)...
Enfin Sanderson, qui a étudié auprès du maître Lakshman Joo (voir la photo ci-dessus), est aussi réputé pour sa rigueur et ses critiques, particulièrement à l'endroit du travail de Lilian Silburn. Voyez par exemple son évaluation de la traduction par Silburn du commentaire de Kshemarâja aux Shiva Sûtras. Les remarques de Sanderson sont dures mais exactes, et il est incontestable que Silburn a déformé sa lecture des textes pour l'adapter à l'enseignement de son gourou - qui était un soufi - et que ses traductions sont souvent inexactes, sans parler de l'aspect historique ou philosophique, qui lui échappe complètement. Cela étant, ses livres restent magnifiques et profonds.
D'un autre côté, les études de Sanderson manquent, à mon (très) humble avis, de la problématisation nécessaire quand on aborde des oeuvres à caractère philosophique. Cependant, il a livré récemment un commentaire impressionant à l'introduction du Tantrasâra d'Abhinavagupta. De plus, il a écrit un article sur la philosophie bouddhiste (école sarvâstivâda) !
Sanderson est un virtuose du sanskrit et manie les manuscrits avec une aisance stupéfiante. On ne peut que le respecter, tout en regrettant qu'il ne publie pas davantage, et qu'il ne livre pas plus de réflexions d'ensemble sur l'oeuvre d'Abhinavagupta.
11:36 Écrit par anargala dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sanderson, shivaisme, cachemire, tantra, tantrisme, abhinavagupta |
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13/06/2007
Tantrisme extrême
Le shivaïsme est une vieille religion. Ou plutôt, un ensemble de religions, assez distinctes les unes des autres mais toutes révélées ou inspirées par Shiva, un peu comme le christiannisme, le judaïsme et l'islam se réclament tous du Dieu d'Abraham.

Parmi ces courants, l'un des plus anciens et des plus curieux est celui des Pâshupatas, ascètes au corps couvert de cendres et vivants dans les champs de crémation. Vers le IVème siècle, leur ont succédé les Kâpâlikas ("Crâneurs"), qui devinrent rapidement une figure de l'imaginaire indien. Ils sont l'objet de nombreuses satyres dans les pièces de théâtres et farces de l'Inde médiévale. Ils boivent, copulent et se livrent à toutes sortes de pratiques antinomiques. C'est dans leur milieu que va s'élaborer, des IV ème au XII ème siècles, la littérature des tantras, avec leur symbolisme érotique ou morbide.
Que sont-ils devenus ? Les Nâtha, "inventeurs" du Hâtha-yoga, sont toujours présents en Inde et au Népal, bien que largement corrompus par la mafia du BJP, du RSS et du VHP... Leur chef actuel (Avedya Nâth) est, comme souvent dans le Nord de l'Inde, à la fois député et brigand notoire.
L'une des sectes qui peut se réclamer de la parentée des Kâpâlikas de l'Inde ancienne est celle des Aghoris, peu nombreux mais que l'on peut encore croiser sur les ghats de Bénares. Malheureusement, je ne les ai ni filmé ni même photographié. Cependant, voici un excellent documentaire anglais sur l'un d'eux à Haridvar non loin de Rishikesh. Le personnage est attachant. Originaire du Bihar l'état indien qui compte le plus de guérisseurs tantriques - on l'accompagne dans une partie de son parcours intérieur et extérieur. Sa pratique donne une idée de ce que pouvait être celle des ascètes de l'Inde médiéval et des adeptes du bouddhisme tantrique. On voit que Râm Nâth désobéit à son gourou et ne craint pas de rendre visite à sa famille ou à des prostituées de Calcutta. Une existence libre mais risquée.
Un autre document, filmé sans doute à Bénares, où l'on voit un aghori manger un morceau de chair humaine. Ce petit film, réalisé par et pour des Indiens, donne un aperçu assez juste de l'image que les Indiens eux-mêmes se font du tantrisme, qui finalement est pour eux l'équivalent de ce que l'occultisme et de l'astrologie sont chez nous. Dans cette série ("kaal kapaal mahakaal"), vous pourrez également regarder d'autres documents intéressants sur le tantrisme contemporain, avec notamment un gourou buvant des litres de whisky devant ses fidèles et des rituels d'exorcisme.
Enfin, un documentaire de qualité fait par le National Geographic. L'alcool y est omniprésent. J'ai assisté à des rituels à base d'alcool dans un temple dédié à Batuk Bhairava. Mais les adeptes ne consommaient rien. Toute la nourriture, imbibée de vodka, était donnée aux chiens. En revanche, il était obligatoire, pour pouvoir assister à la cérémonie, de boire au moins trois coupelles de whisky !
A travers ces films, on mesurera la distance entre ce tantrisme rustique et le néo-tantrisme californien raffiné...
15:30 Écrit par anargala dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : tantra, tantrisme, sadhu, aghora, aghori, varanasi |
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08/06/2007
Archéologie de la perfection
Un article a été publié récemment en anglais, qui confirme, me semble t-il, les hypothèses que j'avais avancé sur l'histoire de la tradition contemplative tibétaine de la "Grande Complétude" (dzogchen).

L'auteur en est David Germano, qui coordonne le "Projet Samantabhadra", visant à mettre en ligne les différentes collections de textes apparentés au dzogchen.
Je dis bien "différentes", car l'un des premiers résultats de ses recherches est qu'il n'existe pas un dzogchen, mais bien plusieurs, et qui se sont élaborés en opposition les uns aux autres. L'utilisation d'un terme unique pour désigner tous ces courants cache la réelle diversité d'une littérature qui s'est constituée sur plusieurs siècles (du VIIIème au XIVème siècle).
En gros, il distingue un dzogchen "ancien", qui est le dzogchen à l'état pur, d'un dzogchen "tantrique", ritualisé et présenté dans le contexte de la "culture des champs de crémation" propre aux tantras bouddhiques, eux-mêmes puisants cette esthétique "funéraire" (divinités "courroucées", volcans, etc.) dans le shivaïsme.
Le dzogchen ancien (VIIIème-XIème siècles) se caracérise par le rejet de tout rituel et de toutes les techniques, y-compris tantriques. Les textes de ce dzogchen ancien se présentent sous forme de poésies et cherchent à provoquer une conversion radicale chez le lecteur. Le mot "dzogchen" n'y figure pour ainsi dire pas.
A partir du XIème siècle, apparaissent d'autres textes, se présentants comme supérieurs aux précédents. Ce sont eux qui vont évoluer pour former "L'essence du Coeur" (Nyingthig), dont se réclament tous les adeptes du dzogchen contemporain. On y assiste au retour progressif de l'esthétique tantrique "funéraire", et l'accent porte désormais sur les techniques visionnaires (thogal), elles-mêmes d'origine tantrique (kâlacakra, guhyasamâja...). Cependant, le dzogchen ancien reste présent sous la forme de texte poétiques et anti-techniques (c'est le fameux trekchod).
Depuis le XVième siècle, le dzogchen se réduit à cela. Cependant, ce retour de la "technique de l'Eveil" a rencontré des résistances. D'où l'apparition de multiples courants au sein même du dzogchen "tantrique".
On peut ainsi distinguer trois phases :
1- Le Nyingthig ancien, qui propose un dzogchen révélé dans le cadre du panthéon des "divinités paisibles et courroucées" du célèbre "Livre des morts tibétains". On y trouve des descriptions détaillées et variées de l'expérience de l'au-delà (bardo), ainsi que nombre de techniques empruntées, comme souvent, à des tantras shivaïtes (notamment les pratiques pour "tromper la Mort" - kâlavancanam).
2 - Le Tchiti, "révélé" par des "découvreurs" (terton) comme Gourou Chöwang et Nyangrel Nyima Öser. La principales nouveauté est ici l'organisation de tous les enseignements autour de la figure de Padmasambhava. Celui-ci, en effet, ne figure pas dans le Nyingthig ancien (centré quant à lui sur un autre personnage de légende : Vimalamitra), et encore moins dans le dzogchen ancien... Germano note que Nyangrel a voulu revenir au dzogchen radical "ancien", en séparant clairement celui-ci des pratiques tantriques liées aux divinités courroucées, etc.
3 - Mais dans une dernière phase (yangti), la tendance techniciste est revenue en force, affirmant que la pratique visionnaire (thogal) est la meilleure, et que le dzogchen "ancien" n'est que du verbiage pour intellectuels (pour un échantillon, voir Les phères du coeur de Samantabhadra, aux Deux Océans).
Voilà pourquoi aujourd'hui vous ne trouverrez aucun lama pour enseigner le dzogchen ancien. Soit ils ne le connaissent pas, soit ils le considèrent comme dépassé.
De plus, le dzogchen contemporain se résume soit à des "enseignements sur la nature de l'esprit" (trekchöd) qui ne sont pas le "vrai" dzogchen selon les lamas qui l'enseignent eux-mêmes ; soit à un enseignement sur les techniques visionnaires, généralement réservé aux disciples proches ou dans le contexte d'une retraite stricte.
Donc, quand un lama "dzogchen" parle de "la nature de l'esprit", sachez qu'il ne parle pas de la vraie nature de l'esprit, qui selon lui ne peut se révéler que dans le cadre d'une pratique visionnaire. Pour eux, trekchöd et mahâmudrâ sont des sortes de pratiques préliminaires.
Mais ce genre de tension entre les tenants d'une pratique "sans forme" d'une part, et les partisans de diverses techniques visionnaires, de l'autre, n'est pas nouveau. Le Soûtra de l'Entrée à Lankâ mettait déjà en garde les disciples du Bienheureux (trad. P. Carré, p. 124):
Les pratiquants en extase contemplent
Les formes du soleil et de la lune,
Des lotus rouges au fond des précipices,
L'espace vide, des flammes et des images.
Or, toutes ces visions sont justes bonnes
A vous précipiter dans les royaumes non bouddhistes
Ou, encore, dans le champs d'expérience
Des auditeurs et des bouddhas-par-soi.
Renoncez à toutes ces visions
Pour vous établir dans l'absence d'objet
De méditation, et vous accéderez
A l'Apparence réelle, l'ainsité.
P.S. : Malgré tout cela, je continue de croire que le dzogchen "d'aujourd'hui" (c'est-à-dire le Nyingthig) est un immense trésor de sagesse. En effet, il me semble que les pratiques visionnaires elles-mêmes, bien comprises, dépassent l'opposition entre "forme" et "sans forme", tant il est vrai que le bouddhisme a toujours enseigné que la forme et le vide, la réalité et l'apparence, sont deux facettes du Réel, distinctes mais inséparables.
16:16 Écrit par anargala dans Dzogchen | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : dzogchen, nyinthig, tantra |
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04/06/2007
Gourous graves
Dès que l'on parle d'Inde et de spiritualité, les gens craignent d'avoir à faire à des sectes, d'être manipulés par des gourous. Et ils n'ont pas tord. Le mot de "secte" me parait néanmoins problématique. La secte, c'est toujours l'Eglise de l'autre... De fait, beaucoup de Chrétiens utilisent cette peur des gens afin de les éloigner des sagesses orientales, comme par exemple le "Père Verlinde" (!).

Cependant, il existe bel et bien des gourous criminels. Le cas le plus célèbre en Inde est peut-être celui de Sai Baba, étudié dans ce documentaire par une courageuse journaliste indienne. Elle se retrouve même face à un ministre indien, Murali Manohar Joshi, qui finit par sortir de ses gonds et la menace directement ! "Mais vous ne savez pas ce que signifie s'adresser à un ministre de mon rang ! Non, non, non !" On croirait voir le méchant Palpatine de Star Wars... Et il n'est pas le seul disciple influent de Sai Baba. Il y a aussi des juges, des policiers, de nombreux ministres, tous prêts à couvrir ses crimes (pédophilie, pots-de-vin...). C'est à vous dégoûter de l'humanité.
A côté de ces gourous "multinationals", il y a aussi des gourous spécialisés dans le shivaïsme du Cachemire. En Inde, il y a eu Muktânanda, lui aussi souçonné de pédophilie. Voici un vieux cliché de son gourou, Nityânanda, dans les bras de son propre gourou :

Sa disciple, Chidvilâsânandamayî, est à la tête d'une véritable multinationale, très puissante en Inde et aux Etats-Unis. Ils ont une branche "académique", le Muktabodha Institute, qui octroie des bourses de recherche. Pour ma part, j'ai refusé de recevoir quoi que ce soit, les ayant vu à l'oeuvre, avec leurs méthodes de télévangélistes.
Mais Muktânanda a également inspiré des gourous occidentaux, comme Chetanânanda, directeur d'un institut britannique, qui se paie les services d'un spécialiste réputé du shivaïsme cachemirien pour reconstituer certains rituels tantriques (notamment celui de la déesse Suprême).
Mais dans ce domaine, le maître des maîtres est Adi Da, alias Franklin Jones et une bonne douzaine d'autres pseudos, qui sévit depuis plus de trente ans. Orateur brillant, bon écrivain, il a été l'un des premier à voir le "potentiel" du shivaïsme cachemirien. Il a un ashram aux Fidjis, où il vit avec son harem. Il est même parvenu à embrigader le philosophe américain Ken Wilber, qui depuis semble avoir pris ses distances, mais bien tard...
Comment expliquer cette dévotion, cet aveuglement ? A mon sens, ces comportements donnent raison à Spinoza. Ce n'est pas le gourou qui rend les gens aveugles. Ce sont les gens qui, aveuglés par leur besoin de sécurité, créent leur gourou. Ce n'est pas parce qu'une chose est bonne qu'on la désire, mais c'est parce qu'on la désire qu'on la juge bonne. Autrement dit, ces hommes et ces femmes à gourous sont habités par un tel désir d'infini, qu'à l'image d'une midinette débarquant dans la "capitale", ils sont prêts à cristalliser leurs aspirations sur la première personne venue, pour peu que cette dernière sache s'y prendre. Au fond, peut importe le flacon, pourvu qu'on ai l'ivresse. D'ailleurs, le patron de la chaîne de restaurants "Hard Rock Café", disciple de Sai Baba, le dit explicitement dans le documentaire : "Peu importe qu'il ait violé ou non de jeunes garcons, puisqu'à moi, il m'a fait du bien"... Par où l'on voit le lien entre nihilisme consummériste et fanatisme.
12:15 Écrit par anargala dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : adi da, sai baba, muktananda, gourou |
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03/06/2007
Le traité pour la délivrance
Je viens de terminer la lecture d'une étude sur le Yoga Vâsistha, célèbre et grandiose épopée philosophique qui, en 64 000 vers sanskrits, cherche à persuader son lecteur que tout n'est qu'un rêve évanescent apparut accidentellement dans "l'espace de la conscience" (cidvyoman).
L'auteur de cette monographie est un philologue allemand (Jürgen Hanneder, Studies in the Moksopâya, Harrassowitz Verlag, 2006), qui apporte du neuf sur ce texte inclassable qui n'a jamais été traduit intégralement en aucune langue (en français, on a toutefois un excellent choix de larges extraits, avec Sept récits initiatiques tirés du Yoga Vasistha, traduit par Michel Hulin, Berg International). D'ordinaire, je suis sceptique face aux entreprises d'édition critique. Il me semble que c'est beaucoup d'efforts pour un résultat généralement fort maigre. Mais là, il y a vraiment du changement.

Les points essentiels sont les suivants :
- Le Yoga-Vasistha est une version "védântisée" d'un traité composé au Cachemire vers 950, par un auteur unique ou un groupe homogène, familier de l'idéalisme bouddhique (vijnânavâda) et du shivaïsme du Cachemire (il cite le Vijnâna-Bhairava et les Spanda-kârikâ).
- Le titre de l'original est le Traité sur la délivrance (Mokshopâya, MU), commenté (en 100 000 lignes !) par l'un des derniers grands maîtres du shivaïsme cachemirien, Bhâskara Kantha (seconde moitié du XVIIème siècle).
- Ce Bhâskara a aussi commenté la Méditation sur les Stances pour la reconnaissance de soi comme étant le Seigneur, d'Abhinavagupta, texte principal de l'école de la Reconnaissance (pratyabhijnâ), fondée par Utpaladeva vers 900.
- Bhâskara a enfin composé un Traité pour le réveil de l'âme (Cittânubodhashâstra) en 10 000 vers, qui propose une synthèse du Mokshopâya et du shivaïsme d'Abhinavagupta. Apparement, personne n'a étudié ni traduit ce texte. Je vais donc y consacrer quelques billets, ainsi qu'à d'autres auteurs cachemiriens moins connus.
- A partir du XIIème, le MU a subit une vaste entreprise de reécriture visant à l'épurer de toute terminologie bouddhique, et à le rendre conforme à l'orthodoxie brahmanique ainsi qu'à l'Advaita Védânta.
- Le MU n'enseigne ni l'Advaita Védânta ni le shivaïsme cachemirien ni l'idéalisme bouddhique, mais bien un non-dualisme original.
- C'est donc un texte unique, inclassable, tant par son contenu que par sa forme narrative, comparable aux Milles et une nuits.
- Le MU rejette toute révélation surnaturelle, et ne s'appuie que sur le raisonnement (vicâra).
- Il rejette également la concentration yoguique (samâdhi) au motif qu'elle est éphémère, ainsi que les rituels et leur résultats (siddhi) pour les mêmes raisons.
- Personne ne peut acquérir l'immortalité. Le seul bonheur est celui d'être délivré du cycle des renaissances (samsâra). Pour cela, il faut comprendre que le monde n'est qu'une erreur, un faux-semblant. Rien ne s'est jamais passé.
- Le MU affirme qu'il est lui-même l'enseignement permettant d'arriver à cette compréhension, cet éveil (bodha), à travers des histoires édifiantes et étonnantes.
- Le destin (daiva) n'existe pas. On ne peut compter que sur ses propres efforts (paurusha) pour s'éveiller et se libérer.
- Les dieux (deva) ne sont que des êtres éveillés, "délivrés-vivants" (jîvanmukta) parmis d'autres.
- Dieu (îshvara) n'est qu'un mental parmi d'autres, perdus dans l'espace infini de la conscience. Cet être, nommé Brahmâ ou Shiva, etc., croit qu'il est Dieu, par un concour de circonstances accidentelles (comme un corbeau qui atterrit sur une branche; à ce moment, par pur coïncidence, un fruit tombe, se casse et permet au corbeau de se nourrir; un observateur pourrait croire que l'arbre - ou une quelconque divinité - a "voulu" nourrir le corbeau...). Sur ce point, le MU rejoint le bouddhisme. De plus, il y a un nombre infini d'univers - des "sphères de Brahmâ" - chacune étant rêvée par son "créateur" respectif puis par d'autres consciences individuelles qui rêvent qu'elles y demeurent.
- Il n'y a pas de Providence. L'agencement des choses (sannivesha) n'est pas prémédité, il n'est pas le résultat d'un plan divin ou autre (a-buddhi-pûrvam).
- Il n'y a pas plus de providence divine que de destin, mais seulement du hasard (kâkatâlîyanyâya) et de la nécessité (niyati). La Nécessité ou Nature (praktiti) n'est qu'un désir accidentel de Brahmâ, devenu habitude en se combinnant à d'autres imaginations.
- Mais en fait, il y a des esprits innombrables, et l'univers existe en chacun d'eux.
- Ces "rêves" privés et publiques peuvent interagir.
- Le temps et l'espace sont relatifs. Dans chaque atome du monde, il y a d'innombrables univers (comme dans les sûtra bouddhistes Vimalakîrti et Gandavyûha), de même qu'un oeil ou un miroir peuvent refléter des montagnes et des océans.
- Il n'y a pas de processus de réincarnation fixé selon des "lois de la nature". On peut renaître sans passer par la naissance, apparaître d'un coup avec un corps adulte et croire que l'on a un passé, etc. La mémoire est une illusion.
- Le "délivré-vivant" vit et a encore un mental (citta), mais il est pure égalité (sattva=sattâsâmânya). Il a encore des habitudes (vâsanâ), mais elles sont pures, spontanées et au gré des circonstances (le délivré peut tuer ou être un démon). Il est persuadé que rien n'existe, ni lui ni rien d'autre.
- Rien n'a de substance. Les choses sont sans solidité (ghanatâ), comme un arc-en-ciel.
- Le monde n'a pas de cause. Il apparaît "comme des lumières irrisées spontanément présentes lors de la rencontre de la lumière du soleil avec un cristal" (sphatikâ-anshu-vat). C'est la nature de la conscience que d'apparaître (bhâna-shakti).
- Le monde n'est ni réel ni irréel, de même que l'espace de la conscience, mais dans un sens différent.
- Il n'y a pas de centre absolu. On est délivré lorsqu'on s'est affranchi de toute référence (âshraya).
-Chaque expérience est une manière pour l'absolu (brahman) de se connaître lui-même. On peut - provisoirement et pour les besoins de la communication (vyavahâra) - distinguer un côté "sujet", la conscience totale (mahâcit) et un pôle "objet", l'être total (mahâsattâ).
- Tous les mots (monde, conscience, absolu, mental...) sont synonymes. Ils se ramènent tous à l'absolu, qui est simplement conscience (cinmâtra).
- Le MU distingue l'idée que "tout est mental" (citta-mâtra), qui ne mène pas à la délivrance, de celle que "tout est conscience" (cit-mâtra) qui, elle, est libératrice.
- Rien ne se passe.
19:04 Écrit par anargala dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : yoga-vasistha, advaita, moksopaya, bhaskarakantha, non dualisme, pratyabhijna |
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25/05/2007
Y a t-il un au-delà de soi ?
Dès lors que l'on pose un état comme étant l'absolu, le principe ou le fondement, il est naturel de se demander ensuite "quel est le fondement de ce fondement" ?

De la sorte, ce mot en est très tôt arrivé à perdre complètement son sens originel, pour désigner un principe abstrait, quelque soit ce principe par ailleurs - ce peut être le corps, le souffle, les organes des sens, le mental, la lumière, l'espace ou le temps.
Les textes les plus tardifs du Veda des brahmanes, à savoir les Upanishads, jouent déjà sur cette abstraction, pour amener l'auditeur à dépasser tout ce qu'il conçoit comme étant un "soi" ou un substrat quelconque : "Ce n'est pas cela... pas cela (non plus)" selon la formule fameuse d'une des plus anciennes Upanishads.
Ainsi, il est précisé dans la Maitrî Upanishad, que le Soi "non-manifeste" (avyakta) est « vide, sans soi (nirâtman), infini, indestructible, permanent, éternel, non-né, indépendant (svatantra), il se tient dans sa propre grandeur... » Ce passage est intéressant, car il montre que le Soi est sans soi, d’une part, mais aussi qu’il est libre. Or, ces thèses sont centrales dans le Shivaïsme du Cachemire. Selon Abhinavagupta en effet, le Krama est la tradition shivaïte la plus relevée. Or, dans toutes ses écritures il est affirmé que la conscience ultime, le Soi absolu est "sans nature propre" (nihsvabhâva), à l'image d'un ciel vide (khavyoman). Quand à la liberté (svâtantrya) elle deviendra la thèse cruciale de la pensée d'Abhinavagupta.
Dans cette même Upanishad, il est dit juste avant ce passage que, dans le yoga, « il y a disparition du soi (nirâtmakatvam), l’âtman n’étant plus, on en vient à ne plus éprouver ni joie ni peine et l’isolement libérateur est acquis. »
Comme le note Lilian Silburn, pour les Upanishads les plus tardives tardives, le salut est par-delà le Soi, dans la "Personne" (purusha, qui n'a rien d'un individu!). Seule la Personne transcende le Samsâra. Dans ce même texte, on peut encore lire ceci : « Lorsque par l’intermédiaire de l’âtman, grâce à l’annihilation du mental, il voit l’âtman resplendissant, plus ténu que la ténuité même, alors il est dépourvu de soi et parce qu’il est tel il doit être conçu comme illimité et sans origine. » Donc, seul le soi immanent au devenir est anéantit, anéantit dans le Soi, comme le camphre dévoré par le feu qui le nourrit.
Dans la Taittirîya Upanishad, on trouve dans la même veine la thèse selon laquelle l’existence vient de la non-existence : « A l’origine, l’être fut produit à partir du non-être. Il se fabriqua un soi et fut nommé en conséquence ‘bien fait’ ; acquérir cette essence, c’est acquérir la félicité. Quand on découvre une fondation dans ce qui est invisible, indéfini, sans base, sans soi (an€tmya), on parvient alors à l’absence de crainte ».
On s'aperçoit, en lisant ces textes et bien d'autres, que les frontières entre les différents courants philosophiques de l'Inde ancienne sont beaucoup moins nettes qu'on ne le pense habituellement.
Seulement, le shivaïsme a su absorber ces différents climats existenciels, tout en conservant sa structure liturgique et mythologique propre. Alors que le bouddhisme ne pouvait pas se permettre d'être aussi inclusif sans par là risquer de perdre son identité, laquelle reposait justement sur l'idée de la non-identité ! C'est peut-être l'une des raisons qui ont concouru à sa disparition en Inde.
21:51 Écrit par anargala dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : pratyabhijna, upanishad, atman, soi |
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