18/11/2012

Rappel : nouveau blog

Mon blog actif - la nouvelle Vache Cosmique - est ici.

12:27 Écrit par David Dubois dans Anecdotique, Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/11/2011

Sur le shivaïsme du Cachemire - séances automne 2011 à écouter

 
 
Les conférences sur le shivaïsme du cachemire reprendront en février 2012. 
La première aura lieu le lundi 13 février (date à confirmer), de 18h30 à 20h30, au Centre d’Études Critiques de Paris, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
 
Nous continuerons de lire les Stances pour reconnaître le Seigneur en soi (Îshvara-pratyabhijnâ-kârikâ).
Après les objections bouddhiste (le Soi n'existe pas, ce n'est qu'une illusion), nous verrons la réponse de la Reconnaissance, notamment l'argument de la mémoire comme "voie royale d'accès au Soi".
 
En attendant, vous pouvez écouter les deux séances de l'automne 2011 et lire les textes qui vont avec (voir au bas de la page).
 
Avant de prendre l'avion pour rejoindre un petit village perdu au fin fond de l'Inde du Sud, quelques mots sur mes projets de traduction en cours :
 
1. Une traduction de la Parade des cygnes ( Hamsa-vilâsa) un pur chef-d’œuvre  dans lequel un couple de pratiquants tantriques du XVIIIe siècle célèbre une voie d'intériorité qui emploie l'art, le corps et la beauté. C'est aussi une anthologie et une fenêtre unique sur la vie intime du tantrisme à Bénares à l'époque de la Révolution française.
 
2. Une anthologie du Kâlî-krama. Cette tradition est la seule tradition tantrique non dualiste dès l'origine. Elle est considérée par les maîtres les plus réputés comme étant la crème de la crème du tantrisme. Il y aura de nombreux textes inédits, dont quelques extraits ont étés publiés sur ce blogue.
 
3. Une collection de traductions et de livres prenant pour fil conducteur le Vijnana-bhairava-tantra. Par exemple, il y a aura un recueil de textes de yoga inédits, un livre sur le sexualité tantrique, un autre sur les méditations sans formes. C'est un travail virtuellement sans fin, mais qui est déjà riche de plusieurs centaines de pages et qui débutera par la publication de deux commentaires inédits de ce texte unique, véritable trésor de la spiritualité universelle.
 
J'essaierais, si cela est possible de continuer à écrire sur le blogue de la nouvelle vache depuis l'Inde.

23/09/2007

Réincarnation

La vache cosmique meurt pour mieux renaître. Elle a transmigré ici. A bientôt, chers lecteurs !

VacheCosmique

16:13 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vache cosmique |  Facebook |

11/03/2007

Grandeur de la nature, misère de la culture

Silence et lumière, promenades à cheval (petits mais nerveux), grandes rigolades, abîmes de silence : tels furent les ingrédients de ce séjour de deux semaines dans le nord de la Mongolie.

MPic04

Mais malgré l'immensité, impossible d'échapper à la misère humaine et aux conséquences de ce mélange dangereux : chômage plus télé plus vodka. J'ai donc participé à une intense séance de lutte mongole en yourte, avec lancer d'objets divers, d'enfants même, et tentatives d'étranglement. C'est là que l'on réalise l'utilité des arts martiaux exotiques.

Et puis il y a la mondialisation. Ce n'est pas un vain mot quand on est dans ce pays grand comme cinq fois la France et peuplé de seulement deux millions d'habitants, dont la moitié dans la capitale déjà polluée par des légions de 4x4 japonais. L'architecture y est indifférente de celle des villes indiennes. Les centres commerciaux y portent le même nom (genre "City Plaza"), vendent les mêmes choses. Les gens jouent au poker, vont dans les bars de karaoke. La télé passe du rap mongol ("fuck suck" plus paroles en Mongol) ainsi qu'une version de Loft Story et autres joyaux de la culture du vingt-et-unième siècle. Les jeunes sont habillés comme dans le 93 et font de l'informatique, scotchés à leur portable. Bref, bienvenue dans ma cité !

MCite

La nature, en revanche, reste sublime. Nous nous sommes promenés sur un immense lac gelé. MLac07

Le bruit impressionnant des brisements de glace faisait songer aux sons des tambours chamanes. On croyait entendre des esprits bataillants ou tentants de se libérer.

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Nous avons aussi vu des "nuages arcs-en-ciel", souvent mentionnés dans les hagiographies tibétaines comme étant les signes de la mort d'un grand maître.

MNuageArcenciel

Notre famille d'accueil, détendue et chaleureuse, avait des moutons, des yacks et 80 chevaux en liberté. Pour les monter, il faut donc d'abord les capturer... Mais en général, une heure y suffit. Et puis quel plaisir immense de galloper avec ces animaux sauvages ! MCheval

Ils les ramènent au campement une fois par semaine afin de leur donner du sel.

MLac02

Le ciel est immense. Tingri, le Ciel bleu immuable, est le dieu des Mongols. D'ailleurs, les khatag (écharpes de soie utilisées comme offrandes dans le bouddhisme tibétain) sont bleues en Mongolie. Elles couvrent les oovo (sortes de caïrns) qui jalonnent la steppe.

Il faisait froid (de -15 le jour à -30 la nuit) certes, mais les yourtes sont chaufées au bois. Ce n'est guère écologique, mais cela permet de vivre un peu. Nous avons mangé beaucoup de raviolis au mouton, plat du Nouvel An (mongolo-tibétano-chinois). Bon, mais indigeste. 

Le plus extraordinaire était le silence et la lumière de ces immensités vides, traversées par des vautours et autres chiens de prairie.

MYakBlanc

 

Ceci étant, faire 15 000 km permet aussi de constater qu'Ici ne change pas. C'est une expérience littéralement incroyable de voir les paysages défiler "devant" soi, tout en voyant ici l'Espace demeurer immuable. Immuable et infini.

MDoigt01

 

MDoigt02

(Excusez la qualité des clichés : il fallait retirer les mouffles sans les laisser tomber, se geler les mains en restant naturel, éviter les branches, tout en gesticulant pour sortir l'appareil de sa sacoche, le tout avec 20 kg de vêtements sur le dos...)

10:19 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mongolie |  Facebook |

14/02/2007

Interlude vacant

Comme vous l'aurez constaté, je n'écris pas souvent ces denier temps. C'est que je pars en Mongolie samedi 17 février, pour les vacances d'hiver. Prochain billet donc le mercredi 7 mars. En attendant, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques et critiques si vous en éprouvez le besoin !

Puisse Tingri, le Ciel Bleu Immuable, nous protéger tous.

Anargala

21:46 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mongolie, tingri |  Facebook |

02/01/2007

Les guinols du tantra

L'année est à peine commencée, que le guinol 2007 est déjà là. Cette caricature enseigne le Vijnâna Bhairava Tantra. Et il y a des gens pour écouter. Comme disait mon ex-belle grand mère : He Râm ! Bara afsos hei ! Ye sâb kaliyug ke dosh hain !  Mon Lama (de rêve) n'est pas content :

LamaGrogneur

 

22:46 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tantra, gourou, cretin |  Facebook |

01/01/2007

Subham astu !

Je célèbre le dieu suprême, sans égal, souverainement libre, fait de conscience, non-duel, comblé, félicité spontanée,  notre Soi, le plus haut Seigneur !

 

La reconnaissance de la plénitude, Pandit Râmeshvar Jhâ.

 

Meilleurs voeux à tous !

15:07 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pratyabhijna, tantra, voeux |  Facebook |

21/08/2006

Suffit-il de s'enrichir pour progresser ?

Certains signes tendent à montrer que l'Inde s'est enrichie. Par exemple, les vélos et les scooters sont désormais minoritaires sur les routes, remplacés par les voitures et les motos. Ce qui m'empêche de parler de "progrès" à ce propos, c'est la stagnation des compétences des conducteurs... Ainsi Mac Leod Ganj est-elle envahie de véhicules pour touristes penjabis, qui traversent les rues sans aucun égard pour les piétons. La paisible bourgade tibétaine est devenue un lieu de passage pour les classes moyennes ennervées du Nord de l'Inde. Car, en dépit (ou à cause de ?) leur croissance économique, les Indiens sont toujours aussi ennervés, stressés et tendus. Tout se fait dans l'agitation. Ce paradoxe d'une Inde idéalement sereine et pratiquement hyper-agitée m'a toujours étonné (et beaucoup ennervé). En fait, une société produit ce dont elle a besoin. Et ce qu'elle n'a pas, c'est ce dont elle manque. Si donc l'Inde a donné au monde la non-violence et la tolérance, c'est parce qu'elle est violente et intolérante (relativement).

Autrement dit, l'Inde change sans changer.

Autre fait : malgré l'explosion du commerce, on voit toujours aussi peu de librairies. C'est qu'on ne lit pas, ou on ne lit que des ouvrages techniques (préparations de concours, etc.). Ainsi Shimla, la capitale de l'Himachal Pradesh, ne compte que quelques librairies. Mais dans chacune, on trouvera plusieurs éditions de Mein Kampf d'Adolph Hitler : 

 

Il y a aussi des traductions en langue hindî, que l'on peut rencontrer jusque sur les quais de gare. Pourquoi cette fascination ? Mystère. En tous les cas, les nombreux touristes israéliens ne semblent pas s'en offusquer. Comme disent les Indiens : Abhi tak calta hai, to kya hai ? "Tant que ça marche, pourquoi se poser des questions ?"

Bref, le développement économique n'entraine pas nécessairement une amélioration des mentalités. Mais, me diras-t-on, qu'est-ce que le progrès ? Qu'est-ce qui nous autorise à juger une société ?

En fait, on a pas vraiment de choix de juger ou non. Refuser de juger, c'est refuser d'être humain. En revanche, on a le choix entre juger et préjuger. La plupart de nos jugements sont en partie déterminés par nos préjugés. D'où la necessité d'une reflexion critique.

Pour en revenir à l'Inde, je crois que sa société est malade, au sens où elle engendre plus de souffrance pour ses membres que de bien-être. La cause du problème est la dualité corps-esprit qui sévit en Inde depuis des millénaires, et plus particulièrement l'opposition entre le pur et l'impur, qui prend là une tournure presque psychotique. Je ne parle pas tellement des Indiens en général, mais surtout des classes moyennes, qui à mes yeux sont les gens les plus insupportables et déséquilibrés qui soient. Méprisants, snobs, grossiers, vulgaires, malpolis, indifférents, égoïstes, vénaux, arrivistes, incultes, sexistes, racistes, patriotes, hypocrites, etc. : incroyable, mais vrai.

Ceci dit, l'Inde reste une immense démocratie, avec un remarqueable esprit de tolérance et un patrimoine philosophique et artistique toujours à découvrir. Que des paradoxes, en somme.

09:27 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : inde, nazisme, hitler, mein kampf |  Facebook |

19/08/2006

Juste couette

Enfin à la maison. Aprés le Spiti, nous est venue l'idée saugrenue d'aller faire un tour dans la vallée de la Pin, avant le Kinnaur. Aprés un voyage en bus façon fin du monde, nous avons pu profiter de l'hospitalité des gens du village de Mud. Mais la route s'est effondrée en divers endroits sur une dizaine de kilomètres. Se disant que trop, c'est trop, nous sommes retournés en tracteur, en camionnette, à pied (c'est finalement plus sur) et en jeep à Manali. Bref, nous voici à Paris. Le silence des lieux est presque assourdissant, aprés le chaos de l'Inde. Quelques heures de sommeil s'imposent...

18:32 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spiti |  Facebook |

14/07/2006

Papillons

Chers amies et amis, bonjour.

Apres trois semaines de vivarium tropical, la fraicheur et la paix relative de Mac Leod Ganj font du bien.

Je viens en effet de passer trois semaines dans une sorte de ferme tantrique situee en plein millieu d'un sympathique paysage, avec tout ce qu'il faut de scorpions, pythons et autres bestioles, en plus des vaches, des chiens et du chat.

Petits echantillons de papillons :

 

 

Ces betes ont ici tendance a devenir transparentes :

 

 

Un dernier papillon, encore plus transparent :

 

 

Je consacrerais les jours qui viennent a cet endroit, avant de revenir a Dharamsala.

08:29 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : tantra, yoga |  Facebook |

20/03/2006

Les gens du gange

Une image rare : la maison de Mark S. G. Dycckowski, celui qui fut mon principal professeur durant ces deux années passées à Bénares. Le rez-de-chaussez est occupé par des shivalingas. Le triangle blanc, c'est un yantra. Au premier étage, il y a la petite pièce où Mark nous recevait, assis par terre. Il parlait pendant des heures, ou jouait du sitar. Le plus souvent, nous lisions ensemble le Tantrâloka ou les hymnes aux Kâlî, avec le commentaire de son gourou, Swami Lakshman Joo. Depuis 30 ans qu'il vit à Bénares, Mark a transcrit plusieurs dizaines de manuscrits des tranditions tantriques kaulas. Aujourd'hui, il est certainement l'un des plus grands spécialistes du Tantrsime. Cet endroit, contrairement à d'autres, est trés calme à la nuit tombée :

 

  On lave tout dans le Gange, même sa bicyclette :

 

Sur les ghats, on peut méditer...ou pêcher ! :

 

Je n'oublierais jamais les innombrables aller-retours sur ces berges, les nuits d'hiver, avec un brouillard à couper au couteau et une petite lampe de poche... brrr.

16:30 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : varanasi |  Facebook |

Que deviennent les offrandes ?

A Bénares, il y a deux champs de crémation : Mânikârnikâ et celui-ci, Harishchandra, du nom d'un roi légendaire. Comme on voit, les crémations consumment beaucoup de bois. Pour lutter contre la déforestation, le gouvernement a fabriqué un crématorium électrique à cet endroit, mais personne ne l'utilise...:

 

En dehors, des chiens et des vaches, il y a aussi des chèvres : elles adorents les fleurs qu'on offre aux lingas de Shiva :

 

16:15 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : varanasi, assi ghat |  Facebook |

Pourquoi l'autre rive est-elle inhabitée ?

Cela va bientôt faire un an que je suis rentré de mon dernier séjour en Inde. Pour fêter ça, quelque souvenirs :

Une vue du Gange depuis la terrasse de ma pizzeria préferrée, sur Assi ghat :

 

Ma première rencontre avec la Vache Cosmique, à l'Aube, sur les rives du Gange ! :

 

Je me suis toujours demandé pourquoi la rive opposée à la ville de Bénares était inhabitée. On dit que ce côté n'est pas auspicieux, mais tout de même... remarquez, le résultat est fort agréable. On peut être dans une ville de deux millions d'habitants et se croire à la campagne !

16:06 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : varanasi, assi ghat |  Facebook |

11/03/2006

Cosmic Cow On Air !

Meuh ! Ceux d'entre-vous qui se sont levé trés tôt hier matin ont peut-être eu la surprise d'entendre la Vache Cosmique meugler sur France Inter, dans la chaleureuse chronique qui lui a été consacrée par David Abiker dans le cadre de l'émission quotidienne "Blog à part".

15:36 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : vache cosmique |  Facebook |

05/02/2006

Desipere est juris gentium

Aux dires de certains, je suis auteur de "répliques à la con" (Chenille), "bavard" (Lama Kiki), "malsain" (isa), pratiquant la "masturbation" intellectuelle (Pierre), manipulateur, sectaire, vain, sans expérience de la méditation, prétentieux, arrogant, naif... Est-ce tout ?

 

Tenter de discréditer celui qui parle au lieu d'argumenter contre ce qu'il dit, cela s'appelle un argument ad personnam ou ad hominem. Ecoutons ce qu'en dit Arthur Schopenhauer dans son Art d'avoir toujours raison :


" ULTIME STRATAGEME :
Si l'on s'aperçoit que son adversaire est supérieur et qu'on va perdre la partie, que l'on prenne un ton personnel, offensant, grossier. Devenir personnel, cela consiste à passer de l'objet du débat (puisqu'on a perdu la partie) au contradicteur lui-même et a s'en prendre à sa personne, d'une manière ou de l'autre : on pourrait l'appeller argumentum ad personam, afin de le distinguer de l'argumentum ad hominem : celui-ci s'écarte de l'objet proprement dit pour s'attacher à ce que l'adversaire en a dit, ou en a concédé. Mais, lorsqu'on devient personnel, on laisse complètement de côté l'objet et concentre son attaque sur la personne de l'adversaire; on devient donc désobligeant, hargneux, offensant, grossier. C'est un appel des facultés de l'esprit à celles du corps ou à l'animalité. [...]

On se tromperait fort si l'on imaginait qu'il suffit d'éviter soi-même toute allusion personnelle. Car, en démontrant à quelqu'un, sans jamais l'irriter, qu'il a tort et que par conséquent, il juge et pense de travers - et il en va ainsi de tout triomphe dialectique - on l'agace encore plus que par quelque tournure grossière et offensante.

[...] comme dit Thémistocle à Eurybiade : "Frappe, mais écoute".

[...] La seule parade infaillible est donc celle déjà recommandée par Aristote au dernier chapitre des Topiques : ne pas s'engager dans une controverse avec le premier venu, mais seulement avec ceux que l'on connaît et dont on sait qu'ils on assez de raison pour ne pas étaler au jour des absurdités et se rendre ainsi ridicules [...] Il en résulte que de cent hommes, on en trouvera à peine un seul qui soit digne que l'on discute avec lui. Quand aux autres, qu'on les laisse dire ce qui leur passe par la tête car desipere est juris gentium [c'est un droit de l'homme que d'être un idiot], et qu'on médite ce conseil de Voltaire : La paix vaut encore mieux que la vérité. Et un proverbe arabe dit : "C'est à l'arbre du silence que pend son fruit : la paix". Il est vrai que la controverse est souvent bénéfique à l'un comme à l'autre, du fait qu'ils frottent leurs têtes entre elles, et lui sert à rectifier ses propres pensées, et aussi à concevoir des vues nouvelles. Simplement, il faut que les deux duellistes soient à peu près égaux en savoir et en intelligence. Si le premier fait défaut à l'un d'eux, il ne comprend pas tout, n'est pas au niveau. Si la seconde lui fait défaut, l'aigreur qu'il en ressentira l'amènera à faire usage de faux-fuyants, d'astuce ou de grossièreté."

 

Par conséquent, je rappellerais aux lecteurs de ce blog qui souhaitent commenter l'un de ses billets, qu'ils doivent d'abord prendre la peine de lire ce qui a été écrit, et qu'ils doivent, s'il veulent apporter la contradiction, s'en prendre exclusivement à l'objet du billet, et non à son auteur, ou aux auteurs d'autres commentaires. Et cela, sous peine de voir leur intervention ignorée, voire supprimée.

14:20 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : schopenhauer |  Facebook |

23/01/2006

On n'a pas toujours les Eveils auxquels on s'attendait...

Par la suite donc, j'ai visité de nombreux centres. J'ai découvert également le yoga (sur un vieux paquebot russe), la magie à l'occidentale (la Wicca, Crowley and C°), le monastère-zen-d'à-côté-de-chez-moi, les méthodes de castagne indiennes (Varma Kalai, Kalaripayat), les arts internes chinois (sur les toits de Paris, avec l'excellent Wong Tun Ken), etc, mais je revenais toujours au Shivaïsme du Cachemire et au Dzogchen.

 

Je fis une première retraite auprés de Namkhai Norbu à Mérigar en 1992. Aprés avoir installé ma tente en la camouflant soigneusement, j'écoutais les premiers enseignements sur "la Base de Santi Maha Sangha", première étape du cursus mis au point par ce maître. J'étais trés heureux, porté par la vision de cet homme charismatique. Bon, c'est vrai, la nuit je me les gelais grave : j'avais sorti tout le contenu de mon sac - même les slips - pour me réchauffer. J'avais beau essayer de mettre en pratique les instructions sur la Chaleur Intérieure (une version simplifiée, certes), rien n'y faisais. De plus, il n'y avait pas moyen de prendre une douche, et un seul repas par jour : une semaine à la tibétaine ! Mais l'ambiance était sympathique et solidaire. Seulement, tout cela me semblait un brin trop formel.

A la retraite d'Orléan, en 1994, Namkhai Norbu nous parla longuement des "Gardiens". Ce sont des Bouddhas censés protéger les pratiquants. Mais s'adresser à eux est, pour diverses raisons, réputé être une tache dangereuse. Les pratiques qui leur sont consacrées sont donc longues et complexes. Aprés plusieurs années de réflexion sur la question, j'en vins à la conclusion que ces choses-là n'étaient pas pour moi. Certes, je sens la force des rituels, et j'apprécie de m'y plonger, mais cela reste une mise en scène symbolique, plus encore en ce qui concerne les Gardiens, les esprits et les rituels "violents" ou magiques en général. Surtout, cela me touche infiniement moins que les textes Dzogchen. Je décidais donc de ne garder qu'eux et, par respect pour Namkhai Norbu, qui nous demandais de croire que ces gardiens n'étaient pas QUE des personnifications mais aussi des personnes bien réelles, je cessais d'aller à ses retraites.

 

En 1995, je participais à ma dernière retraite bouddhiste : la transmission du Nyingthig Yabshi par Pénor Rimpoché à Lérab Ling.

Lérab Ling, c'est un peu comme le Titanic : tout en haut, il y a les cabines individuelles pour les riches, et tout en bas, il y a des tranchées dégagées au bulldozer. Une vraie mise en espace du samsâra français. Moi, évidement, j'avais la dernière place, tout au bout de la dernière rangée. N'empêche, j'ai bien rigolé. Le chemin de terre avait tendance, malgré la présence des arbres qui nous entouraient, à glisser lentement mais surement vers la rivière en contrebas. Chaque soir, je racommodais donc discretement mon lopin de terre avec les pieds, en plantant ici et là des bouts de bois. En fait, ces opérations paysagères m'intéressaient plus que les enseignements : la plupart du temps, Sogyal Rimpoché nous faisais son show, ou bien il fallait réciter des prières en tibétain translitéré des heures durant. Sogyal Rimpoché, c'est le Garcimore du Vajrayâna. Symphatique et jovial : "Hey men, yes, we have coooosmmic eeeeeegooo.... yes ! hi hi hi ! Look, you don't feel something ? Like something has changed with me, yeah ? Don't you feel this difference now ? Hi hi hi !": en fait, il venait de finir une retraire "solitaire" et faisait allusion aux Accomplissements Spirituels qu'il avait atteint depuis. Pour être clair, il ajoutait : "You know, I prefer to teach you every day, rather than Khenpo [Namdrol, disciple érudit du "vrai" Sogyal], because, you know, for you I'm the Door to the Teachings, yeah... No ? Hi hi hi !". Et effectivement, seule une fraction des enseignements de Pénor Rimpoché fut traduite par Sogyal . Pénor nous montra les postures pour Thögal (dont celle de l'éléphant : je vous laisse imaginer !), mais personne n'expliqua aux gens présents de quoi il s'agissait. On nous réparti en petits groupes, avec des "anciens", pour nous expliquer les choses "plus en détail". Le type de mon groupe n'y connaissait pas grand'chose, où bien il ne voulait pas. Je proposais qu'on lise, au moins, la traduction du chapitre V du Miroir du Coeur de Vajrasattva, par P. Cornu et publiée au Seuil. Ce chapitre décrit précisément les rituels d'initiation auquels nous étions censé participer, mais non, rien n'y fît. Une dame posa alors une question du genre "Mais alors, on est bien dans un centre bouddhiste, ici?", et le type fûr ravi de l'informer.

Ce qui m'a un peu chagriné, c'est l'ambiance radine : il fallait attendre une heure pour avoir une assiette de nouille, et on avait presque pas d'eau, alors que le tarif était celui d'un club touristique !

En revanche, voici ce qui m'a durablement interpelé : un matin, je surpris une conversation dans le secrétariat. Une jeune femme était là, face à un membre du staff. Elle n'avait pas de quoi régler la totalité de la somme pour la "retraite". Elle expliqua qu'elle était seule, avec sa petite fille. Le type ne voulut rien entendre. Il dit, textuellement : "Soit vous payez tout, soit vous partez". Du coup je fus, moi aussi, trés heureux de quitter ce lieu.

 

Depuis, j'ai assité à quelques enseignements de Tenzin Namdak, quelques bricoles à droite à gauche. Mais chacune de ces visites me confirme dans ma réaction initiale : hiérarchies, institutions, pouvoirs, superstitions, violences : injustice. Franchement, cette colère terrible qui m'a envahi face à la violence brute qui se voit dans les centres tibétains en Inde, je ne l'ai ressentie ailleurs que face au système des castes. Entre les textes poétiques des mahâsiddha, de Longchenpa ou de Shabkar, et ces réalités révoltantes, j'ai choisi. Mais j'y reviendrais.

 

Plus tard, en Inde, je retrouverais encore et encore cette reconnaissance insolente de la richesse et de la hiérarchie sociale dans les centres tibétains. Par exemple, à Dharamsala. Opulence et, parfois, arrogance des Tibétains; et pauvreté des Indiens, qui ont pourtant eu la gentillesse d'accueillir les Tibétains dans leur pays pauvre et surpeuplé. J'ai entendu des Tibétains parler des Indiens : ils n'ont que mépris pour eux. A Dharamsala, les seuls Indiens présents lors des enseignements du Dalai Lama sont les mendiants et les ouvriers (presques esclaves), en dehors des sempiternels Cachemiris dans leur boutiques de tapis. Comment ne pas être frappé par cela ?

 

Voilà. En résumé donc, je suis bouleversé par les textes de Longchenpa. Mais je suis aussi bouleversé par l'obscurantisme, le sectarisme et une certaine méchanceté qui ne se cachent même pas. Même chose du côté du shivaïsme du Cachemire (avec en particulier le Siddha Yoga). A mon sens, il faut garder le meilleur de ces traditions, avec le meilleur de la modernité.

17:35 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : tantra, vajrayana, sogyal, tenzin namdak |  Facebook |

20/01/2006

Qu'est-ce qu'un "moyen habile" ?

Aprés cette première expérience, j'étais à la fois déçu et excité. Les gens m'avaient fait bon accueil, s'émerveillant de mon jeune âge (c'était en 1990) et l'atmosphère était à l'enthousiasme général. Je sentait bien que quelques personnes avaient certains défauts de caractère, cependant cela ne me génait aucunement. Par la suite, j'ai donc assisté à de nombreux enseignements dans des centres bouddhistes tibétains.

Parallèlement, je découvrais le Shivaïsme du Cachemire. Un livre de Lakshman Joo venait de sortir, j'eu la chance de rencontrer le grand érudit Alexis Sanderson, et surtout, je découvrais les traductions de feu Lilian Silburn, dont le Vijnâna Bhairava Tantra. Je faisais du tamoul du hindi et du sanskrit, en lisant tout ce qui me tombais sous la main.

Du coup, un regard critique se fit jour en moi. Je voyais bien que le Shivaïtes et les Bouddhistes tantriques étaient proches, qu'ils s'étaient grandement isnpirés mutuellement, et pourtant je ne voyais que haine ou ignorance mutuelle de part et d'autre. Il suffit de lire les hagiographies des 84 mahasiddhas bouddhistes : dès qu'un Bouddhiste rencontre un Shivaïte, ça finit en pugilat. Idem dans les tantras : ils sont souvent trés semblables sur des points essentiels. Alors, ils essaient de montrer leur supériorité en proposant des états "plus profonds", des états non-états, des au-delà de par-delà le mental, des super-mantras qui lavent plus blanc que blanc, etc. Du marketing indien datant du Xème siècle, en somme. Quant aux tibétains, ils ont fidèlement repris la tradition : on dit que lorsque Mipham, le grand maître dzogchen du début du siècle, lu quelques pages de la Bhagavad Gîtâ, il fut si horrifié qu'il jeta le livre dans une rivière. Même aujourd'hui, cela n'a guère changé. Donc, je posais parfois des questions à ce sujet aux lamas, qui me récitaient leur leçon. Par exemple, j'avais demandé à Phendé Rimpoché la raison pour laquelle on disait que Mînapa avait entendu les enseignement tantriques de Shiva et Parvatî. Il me répondit que les enseignements entendu de Shiva ne lui avaient pas permi d'atteindre la libération, mais seulement des pouvoirs magiques "ordinaires". Mais alors, pourquoi relater cette histoire ? Et pourquoi Mînapa est-il qualifié de "grand accomplit" (mahâsiddha) ? La vérité de l'histoire, c'est que ce Mînapa n'est autre que le légendaire Matsyendra Nâth, fondateur supposé des lignées Kaula, formant la quintessence des tantras shivaïtes. Les Bouddhistes ont essayer de l'intégrer, sans y réussir complètement. Parfois, l'instrumentalisation du Shivaïsme tantrique a fonctionné, parfois non. Un exemple de transformation assez réussi est le Kâlachakra Tantra. C'est une imitation délibérée, consciente et critique du Shivaïsme. Un exemple moins convainquant, ce sont certains chapitres des tantras de Samvara qui, sortis de leur contexte shivaïte, deviennent innintelligibles.

Le Bouddhisme tantrique est légitimé, du point de vue bouddhiste, par la doctrine des "moyens habiles" : tous les moyens sont bons pour faire le bien des êtres. On a le droit de pomper les religions à succès et tout ce qui marche, pour "dompter les êtres". Soit.

Mais alors, cela signifie que toute l'iconographie bouddhiste tantrique (et, plus généralement, mahâyaniste), n'a de valeur que dans la mesure où elle est pertinente dans une culrure donnée. Par exemple, l'apparence de Chakra Samvara est efficace seulement parce qu'elle ressemble à Shiva-Bhairava qui, à l'époque où le tantra de Chakra Samvara est apparu, était trés ancré dans les mentalités. Etc, etc. Mais alors, pourquoi faire visualiser à des Occidentaux d'aujourd'hui des divinités dont les symboles ne leur évoquent rien, mais alors rien du tout ? A quoi bon visualiser un Samvara piétinant un pauvre petit Ganesh ? En quoi cela nous touche t-il ? Et le croissant de lune ? Vous avez lu le Mahâ Bhârata et les 18 purânas, vous ? Même les tibétains n'y comprennent rien depuis longtemps. C'est pourquoi, je crois, une partie d'entre eux a voulu créer son propre tantrisme, à l'aide d'un symbolisme davantage propre à toucher les tibétains. Cela a donné le Bön. Même chose pour les mantras : on nous dit qu'il faut les prononcer correctement. Mais les tibétains ne savent pas les prononcer correctement. Personnellement, je m'en fiche car je ne crois pas au pouvoir des mantras. Mais à quoi bon perpétuer ce feuilleté de couches mythologiques si nombreuses et anciennes qu'elles ne veulent plus rien dire ? Franchement, à qui les divinités "courroucées" ou les gardiens, font-ils encore peur ? Ces images sont pittoresques et intéressantes, en tant que témoignages de l'humanité à laquelle nous appartenons, sans plus. Bref, il faudrait des icônes et des mantras capables de nous toucher. Une "Sâdhanâ d'Elvis à Quatre Bras", une "Pratique de Pére Noël dans les Cimetierres de Paris", une "Liturgie Archisecrète de Marilyn Manson dans les Catacombes"... Bref, un truc "qui nous parle". Franchement, vous vous sentez de transformer votre magasin Carrefour en une pagode tibéto-chinoise kitschissime ? Kitsch karmique ou kitsch pur, ça reste kitsch, non ?

De même, les lamas nous répètent que les "esprits" invisible et autres vilains démons sont des constructions mentales, tout en affirmant également qu'on doit réciter des heures de prières, en essayant d'invoquer des gardiens-éveillés-mais-super-dangereux-quand-même, si l'on est un bon disciple, pour essayer de les trucider, c'est-à-dire, ultiment, pour réaliser qu'ils ne sont que des constructions mentales. Comme le Père-Noël. Mais qui croit aux classes d'êtres invisibles ? Pourquoi devrais-je passer des heures (sous peine d'aller en enfer) à réciter des textes en tibétain et en sanskrit pour réaliser l'inexistence d'êtres à l'existence desquels je n'ai jamais cru ? Bien sûr que de nombreux fantômes me hantent. Comme tout le monde, je suppose. Il y a l'Etat, par exemple; les bureaucrates, les technocrates, etc : tous ces êtres que l'on ne voit jamais mais qui nous glacent le sang. Mais les tsen, les gyalpo (dont M. Shougden-le-tueur-de-dzogchenpas) etc., cela me parle autant que les schtroumphs ou les ragondins. Quand Namkhai Norbu, le "roi du dharma", me dit que les "Gardiens" sont des personnes réelles (et pas seulement des symboles) parce qu'il a vu des chauve-souris se transformer en souris quand il était petit, je respecte sa personne, mais pas ces idées-là. Comme disait Aristote : "Je respecte Platon; mais je respecte encore plus la vérité". Et la vérité, c'est que les chauves-souris ne se transforment pas en souris, sauf dans les poèmes et dans nos petits délires entre amis.

J'ai donc fréquenté moultes lamas, et eu moultes déceptions. Même déçu, j'y retournais, enthousiasmé et transporté que j'étais par la lecture des oeuvres de Longchenpa, qui suscitait en moi des expérience profondes d'espaces infinis, de transparence sans limite, d'absence de référence, de têtes-dans-le-poteau,  d'oublis-de-clefs et autres crâmages-de-patates. Je vivais ces déceptions commes des leçons de vérités que m'adressait le Réel, ce maître sans égal.

20:13 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : tantrsime, tantra, vajrayana, samaya, namkhai norbu |  Facebook |

19/01/2006

Tsok et boum

Mon premier contact avec le Boudhisme tibétain, ce fut un tsok (un banquet sacré) dans un centre parisien. J'avais choisi l'école Nyingma, à cause de sa réputation libertaire et son enseignement merveilleux : le dzogchen, la Grande Complétude.

Je débarque donc dans un appartement. La cérémonie commence. On m'explique qu'il faut réciter le mantra du Bouddha Shâkyamuni, car aujourd'hui est un "jour-compte-triple" : nos actes voient leur conséquences, bonnes ou maivaises, démultipliées. Bien plus tard, j'apprendrais que ces histoires de jours "bonus" sont liées à la conception indienne et tantrique du temps : le devenir est toujours cyclique. Et les intervalles entre les cycles (jours-nuit, nouvelle lune, nouvel an, changement de maison astro, éclipse...) sont "méritoires" (punya), car ils sont les moments où il devient possible de se libérer de ces cycles, justement. Ce sont les "points faibles" du samsâra. Ils fonctionnent un peu comme les téléphones dans Matrix. Ces interstices-portes-de-sorties se retrouvent à toutes les échelles : au moment où l'on se réveille, où l'on s'endort, entre deux respirations, entre deux pensées... De même, les cycles comprennent toujours deux temps : un inspir, phase de remplissage, favorable à toutes les activités positives ou paisibles (rituels pour gagner à la loterie, par exemple); et un expir, phase de vidage, favorable à toutes les activités "violentes". Eros et Thanatos, en somme : pulsions de vie, pulsion de mort alternent sans cesse.

Tels sont, en gros, les principes des calendriers hindous et bouddhistes, tantriques en particulier.

Les Bouddhistes que je rencontrais alors n'avair nullement l'air au fait de ces histoires-là, mais nombre d'entres eux spéculaient sur les histoires colportées par les lamas et les Occidentaux en mal d'exotisme (Shambala est un classique). En fait, le Bouddhisme n'a pas tord : personne ne parle; personne n'a d'idées. Ce sont plutôt les idées qui parlent à travers nous, un peu comme nos gènes cherchent à se propager. Telle est, du moins, l'idée de base de la mémétique, expliquée dans un livre récemment paru : Comment les systèmes pondent.

 

Je ne sais pourquoi, mais j'ai toujours été réticent à participer aux rituels. Ce tsok (ganacakra en sanskrit) est, à l'origine, un rituel dans lequel les adeptes, hommes et femmes, boivent du vin, dégustent des viandes et s'accoupplent, avant de consommer leurs sécrétions sexuelles. Ca peut être beau, en tout les cas, c'est assez éloigné du tsok tel qu'il se pratique de nos jours, celui-ci étant plus proche de la "soirée" ou du thé entre amis. Mais ce qui m'a déçu, ce jour là, c'est surtout l'absence de recueillement des participants. Moi, j'étais alors plein de mes lectures de traites de yoga, de zen, et obsédé par les différentes sortes de concentrations. En plus, j'avais cru comprendre que ce genre de rituel tantrique était révervé aux adeptes "avancés". Pour me rendre digne de la chose, j'avais donc médité toute la journée, avec postures, prânâyama et tout le toutim. Vous comprendrez donc quelle a été ma perplexité en voyant le lama regarder sans cesse sa montre, se grattant, exactement comme s'il était "speedé", et pas du tout en train de visualiser ou se receuillir (ce lama, je l'ai recroisé récement dans un resto indien; il avait une jolie jeune fille à son bras, mais il avait toujours l'air aussi "speedé"). Idem pour les autres. Cette atmosphère de fébrilité, de distraction, je l'ai ressentie dans tous les centres que j'ai visité par la suite. Et pas seulement bouddhistes tibétains. Par exemple à Lucknow, chez Papaji (advaita néo-hindou), on faisait la fête tous les soirs. On parlait de toutes nos histoires de relations. En revanche, la non-dualité - coeur de l'enseignement du maître et raison officielle de notre présence à cet endroit - était tout bonnement un sujet tabou. Un truc "intellectuel". "Stay in the Heart, men !" Le seul rituel de tsok à peu prés digne, à ma connaissance, est celui mené par Namkhai Norbu.

Pour une description d'un tsok shivaïte par Abhinavagupta, voir The Kula Ritual, par un prêtre catholique australien.

11:26 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : tantra, dzogchen |  Facebook |

14/01/2006

Retour parmi les hommes...

Pour finir ce petit safari (du persan safar "voyage") photo, voici une vue d'une rue que je connais bien : Pahar Ganj, la rue de Delhi dans laquelle résident tous les jeunes Occidentaux de passage. Il y avait eu plusieurs attentats déjà dans cette rue trés fréquentées par le jeunes Israéliens, mais début Octobre, lors de la fête indienne de Dîvalî (fête des lumières), nos sympathiques amis islamistes ont remis ça : trois explosions, des dizaines de morts...

12:22 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pahar ganj |  Facebook |

Call off the Search !

Sur ce cliché, qui date également de mars 2004, on peut voir un groupe d'anciens disciples de Papaji (alias Poonja ji) en train de se recueillir. Vous noterez les ventilateurs, indispensables pour éloigner les moustiques !

Papaji, disciple du sage indien Ramana, basait son enseignement sur une oeuvre extraordinaire et insolite de la littérature de l'Inde : le Yoga Vâsishtha. En 32 000 (!) vers, l'auteur, anonyme, y enseigne l'irréalité de toutes choses, et ce à travers des histoires toutes plus incroyables les unes que les autres. Trés influencé par le Bouddhisme (notament le Vimalakîrti ou l'Avatamsaka), il met en abîme des histoires à l'intérieur des histoires (un peu comme dans Matrix), afin de faire littéralement exploser l'esprit du lecteur.

J'ai passé plusieurs mois à Lucknow, dans la vallée du Gange, où vivait Papaji. Cet homme était passionné par sa mission d'enseignant et trés doué pour cela. Mais il était également mégalomane, xénophobe et misogyne. Comme quoi, on peu être merveilleux dans un domaine et assez peu développé dans les autres, comme dit Ken Wilber.

12:17 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : papaji, poonja, lucknow, satsang |  Facebook |

11/01/2006

Retour chez les Bönpos

Aprés Tso Péma, je me suis rendu au monastère bönpo de Dolanji. Dans cette vallée assez isolée vit une bonne partie de la communauté Bönpo en exile. Y réside le chef suprême de l'école, Lungtok Tenpai Nyima, avec une bonne centaine de moines. Les bâtiments sont neufs, avec des troquets, une petite boutique et même un café intenet, trés apprécié des jeunes moines. Il y a aussi un terrain de basquet, une boutique religieuse et une vaste "guest house". La nourriture est gratuite, mais chaque repas est identique : soupe aux nouilles (sans oeufs). Quand j'y étais, il y avait des Russes, des Polonais, des Américains et une Sud-africaines. Ce cliché est pris depuis la terrasse où je logais.

17:47 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : bonpo, menri |  Facebook |

02/01/2006

Des moines nudistes

Peu avant Tso Péma, j'étais pour une semaine à Dharamsala. Le Dalaï Lama y enseignait un texte de Longchenpa, le Semnyi Ngèlso. Il s'agit d'une sorte de voie graduée (lamrim) dzogchen. Mais il y avait tant de monde qu'on ne pouvait accéder à la salle des enseignements. Et les hauts-parleurs étaient de médiocre qualité. N'ayant pas le karma d'un Richard Gere, je suis aller voir les montagnes. Et là, surprise ! Je vis que je n'étais pas le seul à faire l'école buissonière. Des centaines de moines se prélassaient un peu partout dans la nature. Sur cette photo, les points rouges ou jaunes, ce sont les robes des moines. Les points roses... hum... ben ce sont les moines... En plus, il y avait de nombreux trekkeurs (et trekkeuses) passant sur les côtés pour rejoindre les glaciers. C'est ce qu'on appelle "la libération par la vue". Mais, le pieux pratiquant qui sommeil en moi (assez profondément il est vrai) se dit qu'ils devaient pratiquer tummo (la chaleur intérieure) ou une méditation dzogchen...

14:46 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dharamsala |  Facebook |

La Danse du Seigneur du Dharma

Quelques bons et augustes souvenirs, en ce début d'année :
 
Le Seigneur du Dharma, le Précieux Joyau Céleste (Chögyal Namkhaï Norbou Rimpoché), enseignant à ses disciples la Danse du Vajra lors de la retraite de juillet 1994, près d'Orléans.
Je me rappelle sa gentillesse lorsqu'il nous montrait inlassablement les pas de ces danses bouddhistes vajrayâna, qu'il avait reçues en rêve de la princesse Gomadevî. Cela pourra paraître un peu ridicule, mais pour ma part, je trouve ce maître dzogchen remarquable par sa créativité et son enthousiasme. Le sol est couvert d'un mandala symbolisant les enseignements dzogchen, mais aussi la Terre et beaucoup d'autres choses.

14:22 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : namkhai norbu |  Facebook |

01/01/2006

Que la Force soit avec vous !

Tous mes meilleurs voeux à tous. Que Shiva, Shakti et leur petits vous couvrent de leur bénédictions !
 
NB : Les lecteurs de ce blogs sont invités à lire les billets précédents avant d'intervenir. Je n'ai, en effet, pas le temps de répéter sans cesse les mêmes points. Bon, évidemment je répéterais, mais ce serait quand même trés gentil de faire un effort pour s'informer de ce que j'ai déjà écrit. Par ailleurs, les commentaires désobligeants, hors-sujets ou postés sous un faux pseudo ou un speudo usurpé, seront supprimés. Mille  fois merci !

17:58 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/12/2005

Du côté d'Arunâchala

Toujours en 97. Le temple d'Arunâtchala vu du haut de la colline sacrée. C'est là que vécut Ramana Maharshi. J'étais monté à 5h du matin, histoire d'échapper à la fournaise tropicale. Arrivé au sommet, j'eu d'abord une mauvaise surprise. Deux sâdhus (ascètes) : l'un, visiblement fêlé, vivant dans une hutte faite de sacs plastiques (je vous dit pas la poésie du dispositif !); l'autre, occidental, chantant "ommmm" dans une cavité voisine, avant de retourner dans sa Hollande natale avec sont gros chignon. Puis, une bonne surprise : au sommet, d'environ 20  mètres de large et couvert de suie noire, je me suis retrouvé entouré d'un océan de nuages blancs sous un ciel immaculé. Ahhhhh... Sauf qu'au niveau sonore, c'était pas à la hauteur : la route qui ceinture la sainte colline/montagne est une voie de circulation principale pour les gros camions. Même au sommet, on se serait cru en plein embouteillage. Bizarre contraste entre la vision et l'ouïe. En plus, ces camions tuent de pauvres pélerins circombulants (ça se dit ?) ce linga naturel qu'est la montagne. Les routiers sont sympas...

16:21 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arunachala, ramana |  Facebook |

13/12/2005

Yatra, spectacle de danse indienne

Ce vendredi, il y a, à la fac de Censier Paris-III, un divertissement de danse indienne variée, plein d'humour et de joie de vivre. N'hésitez pas à y aller si vous voulez passer un bon moment !

16:40 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

11/12/2005

En plein air

Aprés les prières préliminaires, tout le monde fu convié sur le toit du dortoir des moines pour une cérémonie complexe visant à protéger le monastère des esprits vilains. Au bout de l'allée des moines, on devine le Lopon assis sur le trône.
 

12:25 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Grand Festival Bön

En 1997, Lopon Tenzin Namdak célébra une fête que chaque abbé de monastère ne peut accomplir qu'une seule fois durant toute sa carrière. Tous les Bönpos d'Inde et du Népal avaient accourus. Durant une semaine, le Lopon transmis l'intégralité des initiations Bön. Les moines avaient passé des semaines à préparer leur coiffe spéciale.
Ici, on voit le Lopon sortir du temple pricipal le premier jour. A gauche du Lopon, tenant le grand tambour, on apperçoit Khenpo Tenpa, qui reçut la charge d'abbé aprés ces cérémonies.
 
 

12:23 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

10/12/2005

Patits problèmes entre pratiquants

Dans les centres spirituels, il y a parfois des conflits, même en Orient, comme en témoigne ce cliché d'adeptes ayant subit une malencontreuse réincarnation...

20:22 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Initiation au vajra-bizz

Deux petits moines en plein travaux pratiques !

20:19 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |