18/10/2005

Où je découvre la Grande Complétude

Parallèlement au shivaïsme du Cachemire, je découvrais le Dzogchen, la "Grande Complétude". Il s'agit d'une tradition contemplative bouddhiste extrêmement riche, élaborée au Tibet depuis le Xème siècle. Selon ses adeptes, c'est la voie vers l'Eveil la plus relevée. Comme l'indique son nom, selon cette tradition, nous sommes déjà éveillés, nous sommes déjà des Bouddhas. Il suffit de le re-connaître pour que toutes nos souffrances disparaissent, comme par enchantement.
 
Manifestement, il y a une profonde parenté entre le Dzogchen et le shivaïsme du Cachemire. Selon la philosophie de la Reconnaissance - qui est le coeur conceptuelle des traditions regroupées sous l'appellation "shivaïsme du Cachemire" - la conscience est le Seigneur, Shiva, ou Dieu omniscient et omnipotent, comme vous voudrez. Il suffit, pour s'épanouir, de le re-connaître. De même, dans le Dzogchen, la conscience est un Bouddha, doué de qualités infinies, dont l'omniscience n'est pas la moindre.
 
Dans les deux traditions, il n'est pas question de rechercher un nouvel état, d'atteindre une condition inédite, mais simplement de changer notre regard sur nous-mêmes et sur le monde. Le bonheur ou la souffrance ne sont pas déterminés par notre corps et notre envirronnement, mais plutôt par le regard que l'on porte sur eux. 
 
Au début des années 90 donc, j'ai rencontré tous cela. Mais, à l'époque, il y avait encore fort peu de textes. Et comme la nature a horreur du vide, je me faisait beaucoup d'idée sur ce que pouvait être "en réalité" le shivaïsme du Cachemire et le Dzogchen. J'avais, en gros, deux préjugés liés nourris par cette ignorance : 1) Qu'il doit exister des pratiques secrètes fabuleuses, en plus de la simple re-connaissance de notre conscience comme étant Dieu ou Bouddha; 2) Que ces techniques secrètes, on ne peut les reçevoir que d'un maître, oralement, et que les livres ne comptent pas vraiment. Ils nourrissent l'intellect, pas le coeur. Ce sont, en quelque sorte, des publicités pour donner l'envie de passer à la pratique.
 
Du coup, je passais certes du temps à m'émerveiller de cette conscience, exactement la même que celle qui lit ces lignes en ce moment, mais je me sentais également frustré d'aventures spirituelles et exotiques. Je voulais absolument passer de la "théorie" à la "pratique". En plus de méditer dans mon coin, je voulais absolument rencontrer des maîtres pleins de sagesse et d'expérience, et d'autres pratiquants.
 
Vu que le Shivaïsme du Cachemire semblait une tradion à peu prés morte, je me suis davantage tourné vers le bouddhisme tibétain, et le Dzogchen. Lilian Silburn, la grande traductrice des textes du shivaïsme du Cachemire (dont le Vijnâna Bhairava), était alors trés agée, malade, ayant perdu l'usage de ses yeux. Par timidité, je décidais de ne pas la déranger, ce que j'ai eu l'occasion de regretter par la suite.
 
J'ai donc cherché un lieu où l'on pouvait "apprendre" la pratique du Dzogchen, la Grande Perfection...

19:56 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tantra, pratyabhijna, vijnana bhairava |  Facebook |

Commentaires

Publications ? Comme tu le dis, il semble y avoir une profonde parenté entre le shivaisme du cachemire et le dzogchen.
Y a-t-il des publications sur ce sujet ?
Jean-Luc Achard, depuis "l'Essence perlée" n'a pas pousuivi dans cette voie. Alexis Sanderson n'a pas écrit sur ce thème.
D'autres ? Le champ est-il vierge ?

Écrit par : Umar | 11/12/2005

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