02/11/2005

Tout rituel n'est-il pas un TOC déguisé ?

En repensant à toutes ces règles qui font la vie des brahmanes, je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec les Troubles Obsessionnels Compulsifs, ou TOC. Par exemple, telle femme ne peut s'empêcher de verifier 100 fois que sa porte est bien fermée. Telle autre doit laver tout ce qu'elle voit, le ranger et le re-ranger à longueur de journée. Faute de quoi,  leur angoisse devient insupportable.
Les rituels ont la même fonction. Ils appaisent une angoisse par la répétion quasi-obsessionnelle d'actes assez absurdes en eux-mêmes. Tout comme on donne un hochet à bébé pour le calmer, on donne un vajra à l'adepte du bouddhisme tibétain. Sans parler du rosaire (mâlâ). Que personne ne doit toucher ni voir, bien sûr...
Au fond, il n'est pas étonnant que l'atmosphère dans les centres bouddhistes tibétains paraisse parfois si bizarre. Le Vajrayana a conservé la plupart des règles inventées par les brahmanes. Règles de castes, de pureté, de secret, de hiérarchie. Qui se retrouvent dans le tantrisme.
On retouve la même obsession de purification, les mêmes répétitions, les mêmes rituels pour se protéger, la même redondances de rituels de confession, etc. On en rajoute, on le fait en double, en triple, juste au cas où, juste pour être sur (100 000 proternations, + 10%, "pour être sûr"). Mais les saints, les vrais pratiquants, eux ne s'arrêtent jamais, nous disent les lamas. Rosaire, mantras, prières, proternations, moulins à prière. On tripote, on bidouille, on se balance à longueur de journées pour éloigner l'angoisse. "Tout le malheur de l'homme vient de ce qu'il ne sait pas rester en repos dans une chambre" disait Pascal, cet odieux personnage.
Bien sûr aussi, le principe du tantrisme, c'est d'utiliser le mal pour soigner le mal. L'exemple classique, c'est manger des flageolets pour calmer les flatulences... Mais les applications ne sont pas entièremment convaincantes.
Dans toutes les formes de tantrisme, il y a certes une forme de réconciliation de l'esprit et des sens. Mais il y a aussi des aménagements de névroses, des psychoses, de la paranoïa en veut-tu en voilà, des délires de toute-puissance, un fantasme de tout maîtriser avec des techniques, l'idée que la femme est une sorcière, mais qu'on peut s'en servir, l'idée que la fin justifie les moyens, l'idée que l'esprit critique est un démon, l'idée que l'argent et le pouvoir sont des signes de réussite spirituelle, etc.
Bref; restons éveillés. Moi, par exemple, je mange des carottes, et je vais nager trois fois par semaines.

13:17 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Quel tableau! Bon, c'est l Indes et ses delires. Mais les cachemiriens me semblaient avoir plus leur tete sur les epaules, plus delicat.

En fait peut etre pas si mal que les quelques pseudo-maitres europeens aient fait le menage.

Écrit par : Amadeus | 02/11/2005

démasqués Les tibétains ont bien su profiter de la naïveté idolâtre des occidentaux. Rares sont les lamas...où plutôt seuls les vrais lamas ont pu résister aux superbes tentations qu'on leur a amené sur un plateau. Les faux tulkus et maîtres vajra de pacotille sont légion. Ils nous les fabriquent d'ailleurs en batterie en Inde, mais ça avait commencé au Tibet.
Ce qui est rassurant c'est que les maifaits commencent à se manifester chez nous. Ouf ce ne sont pas des dieux et le tantrisme n'est pas le remède ultime !

Écrit par : mind | 03/11/2005

Des idéaux pas si idéaux que cela Il est vrai que les adeptes du Dzogchen ou du Shivaisme ne sont pas souvent à la hauteur de leurs propres idéaux. Mais, plutôt que de dénoncer cet écart, ce qui m'intéresse tout particulièrement, c'est la critique des idéaux eux-mêmes. Et puis, pourquoi ce gouffre entre les textes et les pratiques ? A mon avis, tout l'intérêt de retourner aux textes est justement de voir que les textes eux-mêmes sont souvent remplis de bizarreries et autres bidules qui donnent à réfléchir.
Par exemple, on peut-être choqué de voir les Nâtha yogins d'aujourd'hui à Gorakhpur. Ray-bans, montres suisses, mitraillettes uzis, faces de parrains... Mais si on va voir les textes, le tantrique, le siddha, a toujours été un comploteur proche des pouvoirs temporels. Chez les tibétains, il n'y a cas regarder Shambala. Plus proche de l'actualité, les gens se demandent pourquoi il y a une telle dérive de l'Islam "originel" vers l'islamisme. A mon humble avis, ces dérives sont précontenues dans le Coran lui-même. Mais c'est une autre histoire...

Écrit par : anargala | 03/11/2005

J' ai des TOCs. De plus , je suis schizophrène. Je pense que le Bouddhisme non Tibétain peut guérir les TOCs . Je pratique Zazen seul, et j' ai lu de nombreux soutras:soutra du Lotus, soutra de l' estrade, soutra de Vimalakirti, soutra du diamant,..Ceux qui souffrent de Tocs sont trop attachés à leurs pensées et à leurs objets. La doctrine de l' impermanence permet d' en se détacher. Il est vrai que les rituels Tibétains en particulier et religieux en général peut empirer les TOCs. Par contre, je ne connais pas de moyens pour guérir la schizophrénie.

Écrit par : Kim Jong Ilien | 12/07/2008

Les commentaires sont fermés.