20/11/2005

Pratiquer pour atteindre l'Eveil, ou bien parce qu'on l'a déjà atteint ?

Je visitais hier les listes de gourous du site de Sarlo. Et je me disais que leur vocabulaire n'est pas le mien. L'Eveil, le mental, la clarté, le cérébral vs. le corps, la théorie vs. la pratique, l"illusion vs. la réalité : je ne me reconnait tout simplement pas dans ces problématiques. La Reconnaissance non plus, d'ailleurs.
 
"Je suis" est une sorte d'acte de conscience extatique, qui se répand en tout et auxquel toutes choses participent. Ce n'est peut-être pas permanent, mais ça fait plaisir, et ce plaisir donne l'envie d'y replonger.
 
Du coup, je ne ressent pas la nécessité de pratiquer, la méditation par exemple. En fait, quand on me pose la question "Tu médites ? Tu pratiques quoi ?", je me trouve assez embarrassé. Car pratiquer voudrait dire que la conscience "je suis" est ailleurs. Or elle est toujours déjà-là. C'est un fait. C'est un peu comme la "voix de la conscience morale". On peut ne pas l'écouter, mais on ne peut pas ne pas l'entendre. Il suffit de s'y abandonner. C'est bien une sorte d'effort, mais trés particulier. Je ne sais pas si on peut appeller ça méditer. Mais on peut dire, comme Ramana, que jusqu'à un certain point l'effort est nécessaire. Au-delà, il devient impossible.
 
Bref, je ne pratique pas pour atteindre l'Eveil. L'Eveil est mon essence, et tout ce que je fais, que je le sache ou non, est "pratique", c'est-à-dire manifestation de cet Eveil éternel.
En un sens, nous sommes tous l'Eveil. En un autre sens, nous ne l'atteindrons jamais.

20:33 Écrit par David Dubois dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : eveil, pratyabhijna, ramana |  Facebook |

Commentaires

Le beaujolais du cachemire est arrivé. L'Eveil est mon essence, et tout ce que je fais, que je le sache ou non, est "pratique", c'est-à-dire manifestation de cet Eveil éternel.

Tout à fait d’accord, c’est exactement ce que je me dis quand je vais aux putes …

Écrit par : Ziimpu | 21/11/2005

Pratiques d'éveil Il n'y a aucune nécessité ni aucune obligation de méditer, de s'éveiller, ni de faire quoi que ce soit, l'illusion est un champ d'expérimentation libre ne comprenant que des occasions. Quoi que tu fasses, c'est juste, c'est toujours une manifestation de ton essence à jamais éveillée.

S'éveiller, c'est seulement savoir véritablement que l'on est déjà éveillé, c'est se rappeler qui on est vraiment dans le contexte de l'illusion, c'est une opportunité de voir l'illusion en tant qu'illusion et donc d'éradiquer la souffrance.

Du point de vue de cette réalité relative ou illusion, cet éveil est donc bien pratique, il correspond à un stade supérieur de l'évolution humaine, de l'évolution de la conscience.

Bref, l'éveil, c'est avant tout un choix, un désir profond qui transcende l'égo et pas une obligation morale. Cela peut aussi être un ras-le-bol de souffrir.

Un désir d'évoluer très puissant est d'ailleurs est d'ailleurs une des clefs pour le réalier. Le philosophe Andrew Cohen appelle ça la "Clarté d'intention".

On peut d'ailleurs l'atteindre sans méditer, la reconnaissance de notre véritable nature ou du fait qu'il n'existe pas de "moi" est suffisante.

Écrit par : Iboga | 21/11/2005

on dirait le même comportement qu'iznogoud. D’accord avec zicmu.
Qu’est que vous vous faites chier à écrire tous ces textes, puisqu’on est déjà tous des bouddhas et qu’il n’y a rien à chercher, il suffit de rester dans le « non effort », ce n’est donc plus la peine d’imiter Florence Ghibellini en écrivant des kilomètres de conneries.
A moins que vous ne cherchiez à vous convaincre vous-mêmes ? Assez minable comme perspective. …

Écrit par : Michel | 21/11/2005

Toujours le même écueil. C’est finalement désespérant et triste de voir que quand je sors des conneries comme « il n’y a rien à chercher » ou on est tous des bouddhas cela semble mettre tout le monde d’accord.
Ces ouverture sur le vide, accessible et repris par de nombreux courants religieux, ce que vous prenez pour l’éveil, de nombreux vrai bouddhas n’ont cessé de les dénoncer, malheureusement il semble que pour de très nombreux être l’accès au plan supérieur soit permis, mais limité dans le temps, pour eux pas de libération définitive.
Et ces êtres ne peuvent s’en prendre qu’a eux même, puisqu’ils veulent le beurre et l’argent du beurre.

Écrit par : Michel | 22/11/2005

Pourquoi exagérer ces distinctions (nécessaires) ? Euh... je ne suis pas sur d'avoir tout compris.

Du moins, il est clair que les doctrines bouddhistes et néo-advaitistes du type "L'Absolu est la seule Réalité. Le reste est Illusion" ne me parlent guère.

Ces discours anti-intellectuels se réfutent eux-même. "Tout ça, ce ne sont que des paroles", "Toute pensée est fausse", "Toute vérité est relative", "Cette phrase là est fausse" : inutile, à mon sens de réfuter ce genre d'affirmation vu qu'elles se contredisent.

D'un autre point de vue, dire "Toute parole, toute pensée est fausse" se présente certes comme un appel à la tolérance, puisque "tout est relatif". Sauf qu'il s'agit en fait d'une affirmation dogmatique qui ne dit pas son nom, puisqu'alors, toute pensée est fausse, sauf cette pensée selon laquelle "Toute pensée est fausse"...

Bref, il me semble préférable de dire qu'il y a des pensées plus vraies que d'autres, en réfléchissant sur les critères de cette vérité, plutôt que de lancer des affirmations dogmatiques déguisées. Au fond, c'est peut-être cela, la tolérance ?

Enfin, il me semble que la plupart des commentaires reflètent un présupposé dualiste (ce qui n'est pas un mal en soi...) en opposant la théorie à la pratique, l'intellect au "coeur", le mental au corps "vécu".

Aprés des siècles de dualisme chrétien corps-âmes au détriment du corps, devrons-nous supporter encore longtemps ce dualisme bouddhiste corps-esprit au détriment de l'esprit ?
Pourquoi faut-il toujours que nous opposions le corps et le mental ?
Comme s'il n'y avait pas des pensées qui sont un vécu autrement plus profond que n'importe quelle "expérience non-conceptuelle" ! Les mathématiciens n'éprouvent-ils pas de véritables extases en raisonnant ? Et les joueurs d'echec ? Et nous ?

Écrit par : anargala | 22/11/2005

Dualité et vérité "C’est finalement désespérant et triste de voir que quand je sors des conneries comme « il n’y a rien à chercher » ou on est tous des bouddhas cela semble mettre tout le monde d’accord." (Michel)

Il serait plus exact de dire "On est tous Dieu" que "on est tous des bouddhas".

Et tant que tu cherches, tu ne trouves pas. La recherche est utile pour s'apercevoir qu'elle est inutile. La phrase "Il n'y a rien à chercher" est un raccourci puissant qui évite de chercher partout dans le monde ce qui est chez soi. Mais pour en être convaincu, il faut parfois chercher longtemps.


"Ces discours anti-intellectuels se réfutent eux-même." (Anargala)

Seulement s'ils ne sont pas bien compris. Ils produisent des paradoxes mais non des contradictions.


"Tout ça, ce ne sont que des paroles", "Toute pensée est fausse",

Les pensées peuvent être vraies, fausses, vraies et fausses, ni vraie ou fausse, indéterminées et même rien de tout cela. Mais quand on dit qu'une pensée est vraie, il est entendu que c'est un expression de la vérité et non la vérité elle-même. Et dans ce sens, aucune pensée n'est la vérité. Bref ne confondons pas l'énoncé de la vérité avec la vérité.


"Toute vérité est relative",

Sauf la vérité absolue, c'est à dire les énoncés de la vérités relatives à l'absolu. Les vérités relatives sont celles des phénomènes, de l'illusion. Ainsi la phrase "Toute vérité est relative" est elle relative à l'absolu, ce qui en fait une vérité absolue concernant les vérités relatives. Pas de contradictions ici mais seulement une apparence de contradictions.


"Cette phrase là est fausse" : inutile, à mon sens de réfuter ce genre d'affirmation vu qu'elles se contredisent.

Ce genre d'affirmation oui, mais "l'Absolu est la seule réalité, tout le reste est illusion", tu ne peux pas le réfuter (le prouver semble également impossible) . L'illusion, ca veut seulement dire que ça semble exister sans pour autant être la réalité absolue. Bref, si ça ressemble à quelque chose, c'est de l'illusion, la réalité absolue ne ressemble à rien de connu (l'information est illusion).


"Enfin, il me semble que la plupart des commentaires reflètent un présupposé dualiste (ce qui n'est pas un mal en soi...) en opposant la théorie à la pratique, l'intellect au "coeur", le mental au corps "vécu"."

L'illusion sert à cela, il n'est pas possible de faire autrement.


"Aprés des siècles de dualisme chrétien corps-âmes au détriment du corps, devrons-nous supporter encore longtemps ce dualisme bouddhiste corps-esprit au détriment de l'esprit ?"

C'est justement une tendance moderne de ne pas rejeter ni fuir l'illusion. Les approches plus modernes ne refusent pas l'illusion mais la reconnaissent en tant que telle et l'utilise. L'objectif n'est plus de fuir au plus vite ce monde en échappant au cycle des morts-renaissances.


"Pourquoi faut-il toujours que nous opposions le corps et le mental ?"

Ces distinctions ont un sens au niveau de la réalité relative, les différences existent même si dans l'absolu, elles n'existent pas.


"Comme s'il n'y avait pas des pensées qui sont un vécu autrement plus profond que n'importe quelle "expérience non-conceptuelle" ! Les mathématiciens n'éprouvent-ils pas de véritables extases en raisonnant ? Et les joueurs d'echec ? Et nous ?"

Lorsque nous pensons, il y a un oubli de Soi. Comment alors le vécu pourrait-il être profond. Il l'est quand on est présent, pas absent. Mais bien sur, les pensées peuvent faire partie des expériences les plus profondes, elles permettent même leur intégration.

Écrit par : Iboga | 23/11/2005

+++ Où est "je suis" quand tu dors ?

Écrit par : flo | 25/11/2005

"Je suis" et profond sommeil Flo s'interroge : "Où est "je suis" quand tu dors ?"

A première vue, je dirais qu'il n'est pas présent. Mais cela ne me pose aucun problème, puisque je ne suis pas là non plus, par définition.

Autrement dit, le sommeil profond, sans rêves, n'est pas vraiment une expérience, dans la mesure où la conscience y est quasiment absente, de même que tout le reste. Le sommeil, c'est presque le Néant. C'est la "non-expérience" par excellence.

Ceci étant dit, cultiver le "je suis" augmente la lucidité dans les rêves et fait vivre le sommeil profond comme une sorte d'effondrement de toutes choses en soi-même.

Écrit par : anargala | 26/11/2005

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