22/11/2005

Des méthodes pour vérifier par soi-même qui on est vraiment ?

En gros, on peut distinguer deux phases dans toute démarche spirituelle de connaissance de soi :
(1) Découvrir qui je suis;
(2) En faire profiter ma petite personne et les autres (ou, du moins, éviter de leur en faire trop baver...). Il fut un temps, j'appelais cela "stabiliser", mais c'était suicidaire, et je préfère la vie.
 
Pour découvrir qui on est donc, il existe quelques merveilleux textes et collections de dispositifs expérimentaux à mettre entre toutes les mains.
 
Il y a,d'abord, le Vijnâna Bhairava Tantra. Evitez, de grâce, la "traduction" de D. Odier. En effet, la mienne sera beaucoup meilleure ! Mais il faudra me faire des cadeaux pour l'avoir. Mon poids (virtuel) en chocolats Duplot serait une bonne entrée en matière.
En attendant, vous pouvez vous procurer la traduction de Lilian Silburn, parue chez De Boccard.
Dans le même style, il y a d'autres petits textes en sanskrit, malheureusement introuvables. N'est pas Indiana qui veut...
 
Il y a aussi les "semzin" du Dzogchen. Des séries de 21 ou 25 expériences. Peut-être oserais-je les mettre en ligne. On verra bien.
 
Si, enfin, vous être allergiques aux livres, il y a, en livre, en vidéo, et en chair ainsi qu'en os, les extra-ordinairement ordinaires expériences inventées par Douglas Hardins et ses amis (pour plus d'informations, veuillez cliquer le lien sur la Vision Sans Tête). 
En attendant, voici un lien vers une présentation vidéo des-dites expériences :
http://www.headless.org/English/movies.htm
 
Et si, impatients de passer enfin de la théorie à la pratique, vous n'en pouvez plus d'attendre, il vous suffit de simplement retourner votre attention, de trés exactement 180°, vers cet "espace" à partir duquel vous lisez ces lignes. Essayez, juste pour voir.
 
Comme on dit en anglais : "Mind the gap !"

23:26 Écrit par David Dubois dans Vision Sans Tête | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : douglas harding |  Facebook |

Commentaires

Les méthodes Il existe des quantités de méthodes mais elle ont toutes en commun de rammener le regard vers l'intérieur, vers la source de la conscience, du "Je". L'approche de Douglas a le mérite d'être directe et simple.

Que penses-tu de la traduction de Bhagwan Shree Rajneesh du "Vijnâna Bhairava Tantra" dit "le livre des secrets", (même s'il s'agit plus d'un commentaire que d'une traduction) ?

Écrit par : Iboga | 23/11/2005

moyens à-Bile Anargala, tu n'es pas sans savoir que les semdzin ont été parfaitement décrits (ou transmis) par Namkhai Norbu depuis fort longtemps. Ce sont effectivement de merveilleux moyens de reconnexion au rigpai tsel wang, quand on semble éloigné de l'EN.

Comme on est dans les textes, le Vijnana Bhairava a été commenté aussi par Mantel. Cela laisse l'impression d'un pompage en bonne et due forme de l'expression de Jean Klein...très curieux !

Sur le groupe "les passants" une publicité mentionne l'approche de Peter Fenner (qui a l'air de s'inspirer entre autres du dzogchen)et un post fait une mise en garde à son propos. Anargala le connaissez-vous ?

Écrit par : mind | 23/11/2005

Question extrêmement importante Où est-ce qu'on trouve ces chocolats Duplot dont vous ne cessez de parler ?
C'est à cause des litres de salive qui coulent de ma bouche...

Écrit par : mind | 23/11/2005

Des Duplos, il en faut ! D'abord, l'ssentiel : "Où est-ce qu'on trouve ces chocolats Duplot dont vous ne cessez de parler ?" Le plus facile est d'essayer Franprix. Mais même là, il faut prendre garde à ne pas les confondre avec les Kinder Bueno ! Ca me rappelle une stance du "Florilège pour l'Eveil à Soi" ou "par soi-même" (Svabodhodayamanjarî) qui prescrit de poser une sucrerie sur la langue pour goûter sans tarder à l'Absolue Béatitude.

"Le Livre des Secrets", libre commentaire au Vijnâna Bhairava par Osho, était paru chez Albin Michel. Osho fut incontestablement un génie spitituel, qui fît beaucoup pour populariser le Tantra. Même si je n'ai pas le tempérament "Club Med" de ses joli(e)s disciples, j'admet que ses interpétations sont souvent fécondes. C'est en tout cas mieux que le commentaire oral du Swami Lakshman Joo - "le dernier maître du Shivaisme du Cachemire" - publié en Inde par Indica. Osho est moins prude et, comme tous les Indiens qui ont lu Freud, il a de brillantes idées.
M. Mantel s'inspire de Jean Klein, qui lui même s'inspirait de J. Krishnamurti, R. Guénon. Mais cela n'est pas un reproche. L'originalité est moins importante que la vérité.

P. Fenner fut moine bouddhiste. Il connait un peu le tibétain et l'oeuvre de Longchenpa. Il vient de lancer, avec force publicité, un programme d'Eveil. Cela paraît assez sérieux.

Parmi toutes les approches contemporaines, ma préférence va toutefois à Douglas Harding, qui est à la fois original et vrai.

Écrit par : anargala | 23/11/2005

oh vi ! >Peut-être oserais-je les mettre en ligne. On verra bien.
si c'est aussi ressourçant question vue que les exos d'harding ( voir + )
ce serait vraiment bien.

Écrit par : jeepy | 23/11/2005

Semzins et prises de tête Il y a les semzins inclus dans certains tantras traduits par un monsieur un peu caractériel... D'où ma crainte (relative).
Namkhai Norbu a publié plusieurs versions, basées sur Longchenpa (voir le site des Editions Shang-Shung autrichien). De Longchenpa, il y a également des semzins dans le "Buddha Mind" de Tulku Tondup, reparu sous le titre "Dzogchen Practice". Enfin, il y a les semzins en images du livre merveilleux "Le Temple Secret du Dalaï-Lama".
Sans parler du "Trésor de Joyaux de l'Elément Réel" de Longchenpa, considéré par Patrul Rimpoché comme étant le semzin ultime. Comme il dit, si celui-là ne marche pas, rien ne marchera. Il est traduit en anglais sous le titre "A Treasure Trove of Scriptural Transmissions", chez Padma Publishing. Il fait parti de mon top 5.

Écrit par : anargala | 23/11/2005

+++ "Il y a les semzins inclus dans certains tantras traduits par un monsieur un peu caractériel... D'où ma crainte (relative). "

Allez encore quelques indices : traducteur au verbe pour le peu ampoulé, même vieillot et qui éradique la rigidité :-))

Lu khang est un régal pour l'oeil et même plus que cela. Un témoignage extraordinaire pour tout chercheur et qui plus est : gardé par les nagas.

Écrit par : mind | 23/11/2005

Suite Bonjour Anargala et merci pour ta précédente réponse, je reprend ici pour plus de pratique, notre dernier échange.

" Autrement dit, tant que l'on considère qu'il faut renoncer à l'agir pour être pure conscience libre de toute entrave, on est pas vraiment libre. Il y a "freedom from", mais pas "freedom for", on est certes pas touché par la sensation, puisqu'on a réalisé qu'il n'y a personne qui puisse être touché. Mais c'est une forme de liberté purement passive, négative. On est "au-delà".

C’est exactement cela, ce n’est pas en gardant la structure psychophysique en l’état que l’on peut changer quoi ce soit, car tout est constructions et repose sur les mêmes bases (corps, perception, pensées, VACUITE,…, etc.), les constructions mentales, le désir, l’impression de libération, la sensation d’être un éveillé, le je je ininterrompue etc. Ce sont des constructions qui SONT le monde.

La dissolution est effectivement au delà, c’est une sortie de la misère, il ne reste rien et pourtant ce n’est pas la mort. C’est comme une fonte en milliard de bulle quantique qui ne se solidifient pas. Il reste « un bonheur sans sensation «, D’après moi, bien que fabuleux, ce n’est pas le nirvana, car lorsque l’on revient, on est « comme avant ».


Selon Utpaladeva, être pleinement libre, c'est être agent (kartâ). C'est ce qui distingue le "quatrième" état et "l'au-delà du quatrième". Le 4ème état, c'est cet état de pure conscience, affranchie de toute saisie d'un moi substantiel.

C’est vrai et FAUX, il y a bien "présence éveillée" (rigpa) dont parle le Dzogchen. Ce "je-je" ininterrompue est comme une sorte de voix ou de mélodie silencieuse, affranchie de tout contenu particulier, j’existe, je perçois de façons beaucoup plus lumineuse (au sens de lumière vu par les yeux). Il y a, cela est, sans moi substantiel, c’est très agréable en effet et on veut y replonger. Mais c’est aussi un état conditionné : dans la vie courante dès qu’on « veut » quelque chose, dès que l’on savoure, dès que l’on s’attache (même à cet état), en un mot dés que l’on s’approprie quelque chose, on alimente à nouveau sa structure psychophysique, on la reconstruit, elle se solidifie de nouveau.
On peut rester dans je-je" ininterrompue tant que l’on ne nous fait pas de vrai misère (agression, viol etc.), le reste c’est de la pure vrai théorie.

Écrit par : Vibrant | 24/11/2005

aham vs. rigpa Vibrant dit "On peut rester dans je-je" ininterrompue tant que l’on ne nous fait pas de vrai misère (agression, viol etc.), le reste c’est de la pure vrai théorie."

C'est rigolo, je constate exactement le contraire. Ce "je-je" est toujours disponible et secourable. Un peu comme le Dieu des croyants. Alors que les états méditatifs de présence éveillée (=rigpa) durent, certes, mais me semblent beaucoup plus fragiles face aux circonstances (ce qui veut dire que je ne confond pas rigpa et "je-je", ou aham). Rigpa demande une certaine détente. A défaut, il faut observer la souffrance, la crispation ou la disperstion mentale jusqu'à ce que "la boue commence de se poser au fond du verre". Alors que aham est immédiatement accessible en sa quasi plénitude, même si je suis "speed", tendu, tremblant et souffrant. Par exemple : dans un train, en Inde (=nullepart), 40°, pas mangé depuis 36 heures, pas dormi, sale, graisseux, bruyant, nausée, vomissements, migraine, misère, violence, divaguation. Eh bien là, rigpa devient assez théorique (une "clarté" de néon), alors que aham conserve toute sa chair...

De plus, il faut, à mon sens, distinguer entre je "je" organique et aham. Ce dernier inclut l'organique, mais en le transfigurant. Il y a désir certes, mais pas non pas désir né d'un manque, etc... L'image de l'explosion en mille morceaux est une bonne image. Mais, à vrai dire, tout cela me semble si riche, qu'avec un peu d'adresse, n'importe quelle image peut bien être significative de ces expériences indicibles.

Écrit par : anargala | 25/11/2005

CONFUSIONS. Je ne m’avancerai pas sur le je-je.
Mais je remarque que Vibrant contrairement à beaucoup, est un pratiquant, et non pas un théoricien, je n’ai rien contre les texte, au contraire, cependant force est de constater que beaucoup préfèrent l’aspect "je deviens un bouddha, un dieu", grâce au rayon Religions de la Fnac, ils accumulent les livres et les textes et se rassurent comme il peuvent par cette accumulation de savoir.
J’ai déjà au contact de pratiquants eu des échos semblables à ce que dit Vibrant (et c’est difficile car ils ne cherchent à convertir personne).
En gros (désolé pour l’imprécision) : ils parlent de dissolution : nirthoda : nibbana , ils disent le monde c’est nous tant que l’on s’approprie, la vacuité est le chemin et non pas la réalisation, le réalisation c’est lorsque qu’il n’y a plus aucun identification aux sensations, aux perceptions, à la vacuité …, tous ces phénomènes vivent leur vie sans recréer une personnalité, une entité qui en profite.
En bref il y a confusion entre le chemin et le but. Des fois je me dis que c’est très proche du Christ.

Écrit par : Constantin | 26/11/2005

Témoignage Bonjour anargala,
à propos de Peter Fenner, vous répondez à Mind ceci :
"Parmi toutes les approches contemporaines, ma préférence va toutefois à Douglas Harding, qui est à la fois original et vrai. "
J'ai participé cette année au programme proposé par Peter Fenner. Celui-ci m'a paru offrir une approche non seulement originale mais aussi fouillée et tout à fait authentique.

Écrit par : Perplexe | 16/10/2006

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