29/11/2005

Où trouverait-on de l'eau fraîche dans un désert calciné par le soleil ?

Le récit-cadre de La Doctrine secrète de la Déesse Tripurâ est celui d'un homme - appelons-le disciple - qui en questionne un autre - un homme trés sage. Le disciple revient voir le maître, aprés avoir passé douze ans à pratiquer le culte de la Déesse Tripurâ, personnification de notre propre conscience sous les traits d'une belle jeune fille de seize ans, d'une formule en seize syllabes (un "mantra") et d'une figure géométrique avec pleins de triangles emboités, que l'on voit partout sur le Net. Il a également entendu les récits décrivants les immenses qualités de la Déesse, et il a compris qu'elle réside en lui-même.
 
Mais, malgré cette longue pratique et moultes expériences, le disciple se fait cette réflexion : "Même le culte que je rend à la Déesse Tripurâ paraît se ramener à une simple activité mentale de ma part et tomber ainsi dans la catégorie des amusements puérils." De plus, il se demande pourquoi pratiquer telle sâdhanâ (méthode de réalisation spirituelle) plûtôt que telle autre ? Toutes prétendent également "laver plus blanc que blanc"...
 
Le maître, tout content, lui répond que ce doute qui s'insinue en lui est le signe que la Déesse lui octroie la Grâce la plus intense ! Comme si toute pratique n'avait pour fonction que de faire naître la pensée que toute pratique est factice, artificielle et donc puérile.
 
Le maître se livre alors à une intense louange de la réflexion (vicâra, tarka). Elle seule peut détruire les préjugés en forme de "je dois" (pratiquer, méditer, purifier, travailler, jeûner, péleriner, réciter, payer, baver...). Il cite tout un tas d'exemples tirés de la mythologie hindoue pour montrer que tous les problèmes viennent d'un manque de réflexion, et que la solution, c'est toujours de réfléchir.
 
"La réflexion, en effet, est à l'origine de tout. Sache qu'elle est la première marche de l'escalier qui monte vers le bien suprême. Sans elle, qui donc pourrait obtenir un bien quelconque ?
Le défaut de réflexion, c'est par essence la mort : les hommes périssent à cause de lui..."
 
"La réflexion est la graine qui, en germant, produit l'arbre du bonheur. C'est elle qui exalte l'homme au-dessus de tous les êtres (de la nature). (...) C'est grâce à elle que l'omniscient Shiva est le plus grand des dieux..."
 
"Heureux et mille fois digne de louange, ceux que jamais la réflexion n'abandonne ! Par manque de réflexion, on rencontre le "je dois" et on succombe à l'aveuglement.  Grâce à la réflexion, on échappe à d'innombrables dangers."
 
Pour en arriver là, il faut la grâce de la Déesse "qui a élu domicile dans le coeur de chacun".
 
"Le soleil de la réflexion dissipe les épaisses ténèbres de l'irréflexion. Et il finit toujours par se lever pour qui, avec amour, rend un culte à la Déesse." Ce culte est lui-même une forme de réflexion (carcâ), mais qui s'appuie plutôt sur des images symboliques pour préparer l'âme.
"Une fois propitiée et satisfaite la Déesse prend la forme de la réflexion et monte au firmament de la conscience comme le soleil (dans le ciel)."
 
"Toutes les existences où le (pouvoir de réflexion) ne se manifeste pas encore sous sa forme achevée paraissent vaines et stériles."
 
Comme dit le commentateur : "C'est clair."
 
Or, tout cela naît d'abord du fait d'avoir entendu la célébration de la grandeur de la Déesse...
N'est-ce pas faire dépendre l'obtention du Souverain Bien d'un simple hasard ?
 
Quelle sera la réponse du maître ? et la nôtre ?
 
 

20:51 Écrit par David Dubois dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pratyabhijna |  Facebook |

Commentaires

???? dieu est grand

Écrit par : pat | 02/12/2005

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