26/12/2005

Le Danseur

Juste pour attirer l'attention sur la chanson n° 10 du dernier album d'Arthur H Adieu tristesse intitulée "Le danseur".
Je ne suis sûr de rien, mais ses paroles m'évoquent furieusement la figure de Shiva "roi de la danse" (natarâja), "qui va si vite qu'il paraît immobile". Un peu comme une toupie. Dans la Reconnaissance, ce "mouvement immobile" est une image de la conscience, car celle-ci possède ce merveilleux pouvoir d'être à la fois elle-même et autre, d'être identique et changeante, d'être soi et d'être tout ce que l'on voit, comme un miroir.

10:36 Écrit par David Dubois dans Musique | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : arthur h, spanda |  Facebook |

Commentaires

CONSCIENCE Dans l’absolu :
Ce qui dépend des causes, des conditions (production par conditions) n’existe pas en tant qu’être, en tant que dieu.
Je dis que tout ce qui dépend des conditions est en réalité vide.
J’appelle vide ce qui dépends des conditions.
C’est la production par condition que j’interprète comme vacuité.
Celui qui connaît la vacuité est en état de vigilance.
Tous ce qui est produit en dépendance de conditions, de causes (telle la conscience), équivaut à l’absence d’être.
Ton avis ?

Écrit par : Vibrant | 28/12/2005

"je"? qui est ce "je" qui prétend et interprète tant de choses?

Écrit par : gmc | 28/12/2005

marre des chenilles qui est ce "je" qui prétend et interprète tant de choses?
J’adore le post de gmc,
Le mec arrive, n’a lu que deux chapitres de la vache cosmique et donne déjà des leçons par ce qu’il a fait son site avec ce qu’il a lu a droite et à gauche, la question s’adresse à Anargala.
Pour une fois qu’un site est cohérent, analytique, concret et démystificateur avec quelques intervenants pratiquants, on ne va pas en revenir toujours à ce niveau 0, par pitié.
M’énerve ces pollueurs, qui viennent que pour faire leur pub et montrer leur soit disant savoir !

Écrit par : Thierry | 28/12/2005

pour thierry un autre thierry a créé le site gmc, ça l'emmerdait d'être "pollué" par des poèmes; c'est amusant ce genre de prétention d'avoir quitté le niveau 0; est-ce à toi que s'adresse la question? tu bosses pour dectra ou un service de collecte des déchets que tu parles de pollution? si ce n'est pas le cas, tu t'autorises de quoi pour émettre ce type d'a priori?

Écrit par : gmc | 28/12/2005

Intéressé Bonsoir à vous et paix à tous,
Je suis moi aussi très intéressé par la réponse d’anargala sur les propos de vibrant, car ces derniers sont très proches de Candrakirti (600 ap. J.C.) dans le madhyamaka.
Je cite vibrant :
« Dans l’absolu :
Ce qui dépend des causes, des conditions (production par conditions) n’existe pas en tant qu’être, en tant que dieu.
Je dis que tout ce qui dépend des conditions est en réalité vide.
J’appelle vide ce qui dépends des conditions.
C’est la production par condition que j’interprète comme vacuité.
Celui qui connaît la vacuité est en état de vigilance.
Tous ce qui est produit en dépendance de conditions, de causes (telle la conscience), équivaut à l’absence d’être.
Ton avis ? »
Cela me rappelle également Nagarjuna :un de ses axiomes est que les contraires sont solidaires : si le conditionné n’existe pas, l’inconditionné c'est-à-dire l’absolu n’existe pas non plus. Mieux que solidaire ils coïncident, ce qui dépasse la raison.

Qu’est ce donc qui subsiste ? Ce n’est pas le néant, car le mot néant implique son contraire ; comme vous le savez, en sanscrit zéro se dit vide (sunya), mais aussi plein (purna).
S’il vous plait Anargala, auriez-vous l’amabilité de ne pas confondre mes propos avec ceux de vibrant et bien séparer vos réponses.
D’avance, un grand merci.

Écrit par : Nagado | 28/12/2005

Bric-à-brac Vibrant:
Exister en dépendence de causes et de conditions, c'est "être vide d'existence propre". Je suis d'accord. C'est parfaitement logique. Comme dit je-ne-sais-plus-qui "Si la vacuité est logique, tout est logique". De plus, de cette façon, l'on comprend aisément comment samsâra/réalité-vérité relative (coproduction interdépendante) et nirvâna/réalité-vérité absolue (vacuité d'existence propre) sont identiques. Mais cela ne signifie pas, à mon sens, que les choses sont inexistentes. Pourquoi ? Parce qu'elles apparaissent. Les choses ne sont donc ni existentes (car vides d'être-en-soi) ), ni inexistentes (car apparentes). Telle est, du moins, l'interprétation de la vacuité nâgârjunienne par Tzongkhapa. Mais Nâgârjuna semble aller encore plus loin : les choses sont non seulement vides d'existence propres, mais elles sont, ultimement, ineffables, indicibles. C'est l'interprétation de Longchenpa. Cette interprétation de Nâgârjuna est compatible avec le Shivaïsme du Cachemire : les apparences sont vides, ineffables, indéterminée, indéfinies, indifférentes. Les apparences sont l'Apparence (prakâsha, litt. "lumière"), personnifiée par Shiva, le Seigneur (Ishvara), pour qui Longchenpa composa d'ailleurs une prière et une sâdhanâ (un texte de pratique).
"Celui qui connaît la vacuité est en état de vigilance". Pourriez-vous préciser ?

GMC:
Le "je" qui interprète est la Déesse, c'est-à-dire ce pouvoir merveilleux que possède l'univers de se connaître lui-même de mille manière. C'est aussi ce qu'on appelle la conscience, la souveraineté du Seigneur, et son absolue liberté.

Nagado:
La question de savoir quelle est la portée et le sens profond des réfutations madhyamaka (Nâgârjuna et ses épigones) est une trés vaste question, qui dépassede loin mes compétences !
En gros, il y a deux réponses : 1/ La réfutation madhyamaka est une négation simple, absolue. Elle nie seulement les thèses proposées (par les éternalistes, les nihilistes, etc.) sans rien proposer en contrepartie, et ceci sans reste, sans rien poser. Pas de réalité sous-jacente donc, pas l'Absolu, pas de Conscience... Il ne reste que le jeu des apparences, ou de la coproduction conditionnée, si vous préférrez.
Mais bon, il y a aussi le fameux vers de Chandrakîrti "Quant la vacuité est comprise, l'esprit cesse; et alors les Trois Corps apparaissent". Ce qui amène une seconde interprétation de la réfutation madhyamaka : 2/ La réfutation ne porte que sur notre expérience ordinaire (=le samsâra). Elle seule est illusoire. En revanche, ces arguments madhyamaka ne concernent pas les Trois Corps et surtout n'affectent pas la connaissance éternelle (jnâna, yéshé) qui est l'apannage des parfaits Bouddhas. C'est la fameuse interprétation "shentong" : le samsâra est vide de réalité (comme la Mâyâ de l'Advaita); le nirvâna est vide du samsâra, mais plein des qualités de l'Eveil. Les raisonnements madhyamaka nient la réalité de surface, relative, pour "affirmer" la réalité ultime, absolue. En termes védântiques, on nie l'illusion pour laisser la place à la réalité.
Le (gros) hic, c'est que le Dzogchen est plus proche de la première interprétation (négation absolue) que de la seconde (négation affirmation), alors qu'on pourrait s'attendre au contraire...

Quoi qu'il en soit, je suis d'avis que le madhyamaka est une sorte de "non philosophie", ou bien une philosophie qui réfute toutes les autres en finissant par se réfuter elle-même, tel un virus informatique suicidaire. Avec Nâgârjuna, on lave la saleté (des constructions mentales) par la saleté, on soigne le mal par le mal et on dissipe l'illusion par l'illusion. C'est profondément conforme au Mahayana, mais aussi au tantrisme. Ce qui entrave le fou libère le sage.

Écrit par : anargala | 29/12/2005

merci "Celui qui connaît la vacuité est en état de vigilance. Pourriez-vous préciser ? "

Anargala,

Encore merci pour toutes ces informations, cela m’aide à mettre des mots sur ma pratique, et plus je vous lis, plus je vois le désespoir des non pratiquants devant ces textes à tiroirs.

"Si la vacuité est logique, tout est logique". De plus, de cette façon, l'on comprend aisément comment samsâra/réalité-vérité relative (coproduction interdépendante)

(Le corps et les sensations, le physique, terre, eau, feu, air, l’ensemble aboutie à la conscience, à la pensée discursive)

et nirvâna/réalité-vérité absolue (vacuité d'existence propre) sont identiques.

(Vacuité, absence de pensée discursive, pas de sujet, pas d’objet, l’ensemble dépendant d’une certaine forme de vigilance, d’attention qui consiste à ne pas s’identifier ou se laisser emporter par les sensations, à ne pas vouloir devenir…
-C’est l’absence de pensées discursive, d’imagination, en gros l’absence de génération d’aversion et d’avidité, grâce à l’attention, qui correspond à l’absence de moi).

Mais cela ne signifie pas, à mon sens, que les choses sont inexistantes. Pourquoi ? Parce qu'elles apparaissent.

(

Les sensations apparaissent, disparaissent ; dans tous les cas elles finissent par disparaître, dissolution.
Au bout d’un certain temps de pratique, je suis plus fixé sur leur disparition que leur apparition. Petit à petit mon moi ne s’identifie plus à ces sensations, elles vivent leur vie, l’ego se détache, il n’est plus les sensations.

- Sans l’identification aux sensations l’esprit discursif arrête de se mouvoir.

Pour comprendre cela il faut pratiquer et pratiquer Vipassana, augmenter sa sensibilité, ne plus passer par ce point unique, le je ou pensée discursive, mais être conscient de tout ce qui se passe dans son corps. Apprendre à ne pas intervenir, ne pas réagir, laisser les sensations sans un moi qui intervient en prévision de leur coté agréable ou désagréable.

)

Les choses ne sont donc ni existentes (car vides d'être-en-soi) ), ni inexistentes (car apparentes). Telle est, du moins, l'interprétation de la vacuité nâgârjunienne par Tzongkhapa.
Mais Nâgârjuna semble aller encore plus loin : les choses sont non seulement vides d'existence propres, mais elles sont, ultimement, ineffables, indicibles. C'est l'interprétation de Longchenpa.
Cette interprétation de Nâgârjuna est compatible avec le Shivaïsme du Cachemire : les apparences sont vides, ineffables, indéterminée, indéfinies, indifférentes.

(C’est l’état sans pensée discursive, sans identification, c’est l’aboutissement de la vigilance, de l’attention, Il n’y a plus aucune identification à des phénomènes qui vivent leur vie ; la sensation neutre est oubliée, C’est le cumul des vouloirs précédents qui assure la continuité, la cohérence)

Écrit par : vibrant | 29/12/2005

CENSURE les pratiques de censure font-elles partie de la voie du vijnâna bhairava?

Écrit par : gmc | 30/12/2005

Par la Grande Censure éternelle et sempiternelle ! GMC:
Je ne vois pas trés bien au juste à quoi vous faites allusion... Pourriez-vous, s'il vous plait, préciser ? Mais oui, la censure est un aspect important du Réel. La réalité - Shiva - possède ce merveilleux pouvoir de se connaître elle-même en partie seulement - de s'identifier à ceci par opposition à cela -, et donc de se censurer. C'est son incomparable liberté, appellée techniquement "Pouvoir d'Eclusion Sémantique" (apohana-shakti, poile au kiki). C'est encore un synonyme de liberté, comme dit le Chat Botté.

Écrit par : an-argala, litt. "sans restrictions" | 30/12/2005

Vive Vipassana ! Tout à fait d'accord. Beaucoup de gens se plaignent que Vipassana et autres pratiques du même genre ne donnent pas de résultats permanents : l'esprit revient toujours. Certes. Mais enfin, il suffit de s'asseoir 5 minutes pour éprouver ses nombreux bienfaits. Que demande le peuple ?

Notez Bien : l'identité samsâra-nirvâna ne saurait se réduire à ce que j'en ai dit. Cette interprétation de Tzongkhapa est simple, mais un peu au ras de pâquerettes. Pour une vraie identité et une vraie vacuité (qui n'est pas seulement une "absence d'existence propre"), voir les oeuvres de l'Omniscient Longchenpa, en particulier "The Precious Treasury of the Way of Abiding" et "A Treasure Trove of Scriptural Transmission". L'esprit ordinaire ne peut pas lie ces textes-là, pas plus qu'un vampire ne peut voir le soleil en face...

Écrit par : anargala | 30/12/2005

PETIT BRAS Tu t'autoproclames sans restrictions
Pourtant tu établis des restrictions
Tu prétends à un statut auquel tu rêves
Mais le samsara t'agite sans trêve

Shiva n'a jamais nul besoin de censurer
Car rien ne porte atteinte à son intégrité
Se défausser sur la Shakti n'est pas glorieux
Même s'il est vrai qu'elle conduit aussi les prétentieux

Feindre de ne pas comprendre de quoi il s'agit
Provoque ici un large sourire épanoui
Comme ces délires immodérés de liberté
Qui des intellectuels forgent la vanité

Rien n'est invisible au coeur du croyant
Qui entre les mots perçoit le joyeux Néant
Fais donc usage de cette discrimination
Pour du miroir extraire une oraison




Écrit par : gmc | 30/12/2005

Plus on est de fous plus on rit GMC:
Magnifique poème. Merci beaucoup.
Par contre, je ne saisi toujours pas en quoi j'ai pu vous "censurer"... Mais si telle est votre requête, je pourrais éventuellement y accéder prochainement.

Écrit par : anargala | 31/12/2005

censure comment des commentaires pourraient-ils s'évaporer seuls de ce blog?

Écrit par : gmc | 31/12/2005

Ultimatum Monsieur GMC, de deux choses, l'une :
Ou bien vous vous justifiez, en vous excusant le cas échéant, d'ici demain 18 heures ; Ou bien je supprime vos commentaires, qui sont offensants et ne concernent en rien les sujets abordés dans ce blog.

Écrit par : anargala | 01/01/2006

cher ami au moins un commentaire signé gmc s'est évaporé de ce blog; ceci peut-il s'effectuer sans que la shakti manipule une main humaine?

Écrit par : gmc | 01/01/2006

Encore un petit effort GMC:
Bon. Auriez-vous l'aimabilité de préciser à quoi ce commentaire ressemblait ?

Écrit par : anargala | 02/01/2006

commentaire c'était un commentaire sur existare: de ex, extérieur et istare forme dérivée de esse, c'est-à-dire être, d'où existare, être à l'extérieur.
mais peu importe

Écrit par : gmc | 02/01/2006

Existare existe ! GMC:
Votre commentaire sur l'étymologie d'exister n'a jamais disparue. C'est le 4ème commentaire du billet "L'atteinte du Soi".

Écrit par : anargala | 03/01/2006

un autre il y en a eu un autre (normalement n°6)...

Écrit par : gmc | 04/01/2006

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