31/12/2005

L'atteinte du Soi, suite et fin

Toujours dans le chapitre 9 de la Doctrine secrète, la princesse achève d'instruire son époux par ces mots :
 
"Prince ! Discerne donc cette essence qui est la tienne ! Cette conscience universelle au sein de laquelle le monde se révèle, si tu réussis à y pénétrer, tu deviendras le créateur de toutes choses.
 
Je vais te dire comment on y parvient, comment on accède à ce domaine. Pour cela, tu dois viser avec acuité [litt. "à l'aide de l'intellect subtil"] l'instant intermédiaire entre le sommeil et l'état de veille, ou bien le passage d'une idée à une autre [la conscience assume la forme des objets qu'elle connaît, comme un miroir; entre deux actes de connaissance - perception ou pensée -, elle n'a aucune forme, et cette absence de forme est sa forme propre]. 
 
Ce plan est celui de ta propre essence. Une fois que tu l'auras atteint, tu ne connaîtras plus l'égarement. L'univers, tel que nous le voyons, ne procède que de l'ignorance de cette réalité.
 
Là, il n'y a ni couleur, ni saveur ni odeur, ni forme tangible, ni son; il n'y a ni douleur, ni plaisir, ni objet connu ni sujet connaissant. Support de toutes choses, essence de toutes choses, cela est en même temps exempte de toute (détermination). Cela est le suprême Seigneur (Shiva), cela est Brahmâ, Vishnu, Rudra et Sadâshiva [autres formes de Shiva].
 
Sois sincère dans ton effort pour bloquer l'activité mentale, délaisse l'extraversion au profit de l'introversion et bientôt tu te verras toi-même par toi-même. Renonce, comme si tu étais aveugle, à l'idée même du "je vois". L'esprit immobile, abandonne le dilemme du "voir ou ne pas voir", et la forme que prendra ton expérience ne sera autre que toi-même. Hâte-toi d'y accéder !"
 
Est-ce là l'atteinte du Soi ? C'est ce que nous verrons l'année prochaine. En attendant, nous pourrons ce soir méditer sur l'intervalle entre le jour et la nuit, et sur l'intervalle entre 2005 et 2006. Bon réveillon à tous !

13:16 Écrit par David Dubois dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : pratyabhijna |  Facebook |

Commentaires

Pas tout compris tu dis "Là, il n'y a ni couleur, ni saveur ni odeur, ni forme tangible, ni son; il n'y a ni douleur, ni plaisir, ni objet connu ni sujet connaissant. Support de toutes choses, essence de toutes choses, cela est en même temps exempt de toute (détermination). Cela est le suprême Seigneur (Shiva), cela est Brahmâ, Vishnu, Rudra et Sadâshiva [autres formes de Shiva]."

Je suis nouveau, mais comment tu fais pour ne pas avoir d’accident dans la rue, si tu ne vois pas, tu n’entends pas, tu ne sens pas, etc…Ca semble débile !

Écrit par : Pierre | 02/01/2006

Sens littéral et sens figuré Bonjour, Pierre :

En fait, il y a deux sortes d'absorptions méditatives :

1/ "Les yeux fermés": fondée sur l'introversion, c'est elle qui est décrite, figurativement, dans le passage que vous citez. En effet, on y atteint la pure conscience en éliminant les objets. Du coup, elle n'est guère compatible avec les activités de l'état de veille. Mais aussi, cet état n'est pas le Soi en sa plénitude, car une fois sorti de cet état, on a l'impression (illusoire) que la conscience n'est plus évidente en sa pureté, qu'elle est comme "recouverte" par les sensations et les pensées.

2/ "Les yeux ouverts" : aprés avoir cultivé l'absorption introvertie, on ouvre les yeux, et on laisse de même les autres sens et le mental aller comme bon leur semble. Les apparences s'intègrent à l'Apparence inséparable de la conscience. On réalise, peu à peu, que les pensées et les choses n'obscurcissent point l'espace de la conscience. En particulier, on s'accoutume à perçevoir les choses sans les manipuler, en se laissant aller sans retenue. Ceci n'empêche nullement de traverser une rue, au contraire ! [Euh... enfin, ceci dit, ça peut être un peu dangereux. A ce sujet, voir le billet "Les rues de l'Inde"]

Écrit par : anargala | 02/01/2006

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