02/01/2006

Compassion pour poisson vire au poison

On dit, dans le Bouddhisme du Grand Véhicule (mahayâna), que la vacuité sans compassion est stérile, et que la compassion sans compréhension de la vacuité des êtres et des choses mène au fanatisme ou à encore plus de souffrance.
 
Pour illustrer ce principe, allons faire un petit tour du côté du lac de Padmasambhava (Tso Péma), près de Dharamsala...
 
Ce cliché date de mars 2004. Il a été pris depuis une chambre du guest house du monastère Nyingma. Toute la nuit, j'avais entendu des drôles de bruits, genre "ploc!" "plouf!" etc. Je m'était dit, sans trop y croire, que ce devait être la manifestation de quelqu'être invisible perturbé par les incessantes activités magiques du monastère (spécialisé, en effet, dans les rituels anti-êtres-invisibles-et-pas-trés-aimables).
Mais, au petit matin, la réalité d'avéra moin pittoresque : des centaines de gros poissons (genre carpes) flottaient à la surface, morts ou agonisants. Sinistre. Dans les restaurants tibétains des environs, je m'enquis des causes de ce drame.
De fil en aiguille, j'appri que, lors du nouvel an tibétain (Losar), le Dalaï Lama était venu avec le Karmapa et plus de 50 000 personnes. Par compassion, tout le monde avait souhaité nourrire les poissons ! Résultat : les poissons mouraient par millier, asphixiés par les offrandes. On avait eu beau injecter de l'oxigène, rien n'y fit... Durant cette fête, les grands lamas avaient également inauguré une grande statute de Padmasambhava au bord du lac. Mais cette construction en béton, située qu'elle était au bord de ce charnier peu ragoûtant, offrait un spectacle assez misérable de la folie des hommes. Mais bon, les singes ont pu se régaler de poissons durant un mois, alors...
A l'arrière-plan, on voit des temples de Shiva. 

14:35 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tso pema |  Facebook |

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