29/01/2006

Observer les pensées ou observer celui qui observe ?

Deux possibilités s'offrent à celui qui souhaite se délivrer des pensées (et de tous les phénomènes en général) :

 

- soit il peut observer les pensées. C'est la voie du Mahâmudra de Gampopa. En observant les pensées sans les manipuler, par une attention sans intention, les pensées se calment peu à peu et la connaissance non-duelle se fait jour.

- soit observer d'emblée celui qui observe. C'est la voie du Dzogchen de Longchenpa. En se laissant aller dans cette vision de celui qui voit, on s'établit d'emblée dans la connaissance non duelle, sans jamais se préocupper des pensées.

Ce dernier le confirme dans ses oeuvres, comme le Trésor de l'Elément Réel (Chöying Dzöd). Dans sa biographie intérieure, il intérroge Vajra Yoginî, personnification de la connaissance non-duelle :

 

""Lorsque j'introduis mes disciples à leur vraie nature, dois-je leur precrire de demeurer dans la nature incrée de la pensée, ou bien de laisser l'esprit sans juger d'aucune manière ?" Elle répondit : "A quoi bon calmer les pensées ? Introduit-les à la vaste étendue de la connaissance non-duelle [yéshé]!"". (A Marvelous Garland of Rare Gems, p.111).

 

La première méthode ici mentionnée est l'accès direct à la connaissance non-duelle par le retournement de l'attention - sans intention - vers sa source.

La seconde méthode est celle de l'attention aux pensées : on observe l'esprit ordinaire ; alors que dans la première méthode, on se situe dans la connaissance non-duelle qui se connait elle-même. Cette simple reconnaissance suffit à "purifier" ce qui doit l'être.

 

On peut rapprocher cette opposition de celle que Douglas Harding établit entre Krishnamurti - partisan de l'observation neutre des processus mentaux - et Ramana Maharshi - partisan de l'obervation de l'Observateur. La première voie est psychologique; la seconde est... noétique (?). Mais les deux voies sont graduelles, en ce qu'elles requièrent toutes deux que l'on pratique encore et encore.

Simplement, dans la voie psychologique, on se situe par rapport au mental. Dans la voie noétique, on se situe dans l'étonnement, dans ce que certains mystiques néoplatonniciens ont appelé "la fine pointe de l'âme", dans "l'Un de l'âme", qui n'est pas l'âme. Ainsi, notre expérience de notre vraie nature, de l'essence de notre âme, ne progresse pas. Mais en demeurant en elle, notre mental - notre âme - progresse.

 

14:05 Écrit par David Dubois dans Dzogchen | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ramana, longchenpa, douglas harding, dzogchen |  Facebook |

Commentaires

Méthode E BARET La seule possibilité de se libérer d'une perturbation émotive est de la ressentir. E.Baret

J’ai trouvé çà aussi qui marche très bien! (Dans les commentaires du post : Qu'elles sont jolies, ces dâkinîs !!!) ( c'est seulement un petit bout du texte complet)

Lorsqu’il y a une pensée, elle produit une sensation, si je laisse couler cette sensation (en me fixant sur la sensation et non sur la pensée qui l’a produite), cette dernière finira par s’éteindre.

Cordialement,



Écrit par : Pierre | 29/01/2006

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