16/03/2006

A quoi bon s'interroger sur la signification du mot "est" ?

Paroles directrices pour la méditation se rapportant à l'être

 

L'être est ce qu'il y a de plus vide tout en étant profusion

L'être est ce qu'il y a de plus commun tout en étant l'unique

L'être est ce qu'il y a de plus compréhensible tout en étant le retrait

L'être est ce qu'il y a de plus galvaudé tout en étant origine

L'être est l'appui le plus sûr tout en étant abîme

L'être est ce qui est sans cesse redit et en même temps ce qui garde le silence

L'être est ce qui est le plus oublié tout en étant la mémoire

L'être est la contrainte la plus contraignante tout en étant libération

 

Profonde récapitulation des paradoxes de ce que la Reconnaissance appelle l'Apparence (prakâsha) ! tirée du Concept fondamentaux de Heidegger (p.71sqq.).

17:56 Écrit par David Dubois dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : heidegger, pratyabhijna, etre |  Facebook |

Commentaires

Héhé Savais-tu, mon bon Anargala, qu'en Arabe il n'y a pas de verbre "être" ??

Je ne m'en rendais pas compte, c'est récemment que ça m'a sauté aux yeux ...

Il me semble que ça m'est venu en essayant d'expliquer le concept de vacuïté à mes parents : les mots me manquaient. C'est drôle, non ?


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Écrit par : Tenryu | 17/03/2006

Etre ou ne pas être Salâm, cher Tenryu.
Oui, la plupart des langues ignorent la copule "est". En général, il y a des équivalents, mais ils ne sont pas aussi utilisés qu'en français. Ainsi, en sanscrit, il n'est presque jamais formulé. On dit "Je assis", "Tu riche", etc. Pire encore, les sanskritophones ont tendance à suprimer TOUS les verbes ! En plus, tout est passif. Ex: "Chaise assise par moi" pour dire "je suis assis sur la chaise"!
Mais ça ne veut pas dire que le verbe être n'y joue aucun rôle. Un peu comme l'espace, ou la vacuité !
L'être dont parle Heidegger est, je pense, synonyme de la pure Apparence indifférente de la Reconnaissance. Notez aussi, cher ami, que la Reconnaissance ne parle jamais de l'être (sat). Mais être peut, peut-être, marcher aussi. hihi.

Écrit par : anargala | 17/03/2006

Copule ? Quel drôle de mot alors ! on dirait qu' "être" est un intrus parmi ce monde, une sorte de giclée cosmique, ruisellement de quelque copulation de la conscience !

Oui, oui, en arabe aussi c'est comme ça, on dit "je assis", et le verbe est effectivement sous-entendu. Pour l'existence, on dit "il y a " ou "il n'y a pas", mais je trouve que le concept d'existence n'a pas du tout la lourdeur qu'on lui trouve dans la langue ou la philosophie française.
Donc au lieu de parler d'existence, je finis par parler, en arabe, de présence ou d'absence, donc d'apparence, ce qui quand même très différent. Je trouve pas de vocabulaire pour parler de la vacuïté, ce qui ne doit pas être le cas en sanskrit, copule ou pas.

Écrit par : Tenryu | 18/03/2006

L'être comme vide et comme richesse Copule:
Comme dit Rûmî, l'amour est le secret de l'univers !
La question de l'être est également discutée en arabe ("littéraire") par Avérroes and co, puisqu'ils ont abondament commenté Aristote. Voir aussi l'école shaykhie en Iran et sa métaphysique de l'acte d'être. A mon humble avis, exposer la vacuité d'existence propre comme interdépendence ne devrait pas poser trop de problème. Même en chinois ils y sont arrivé... avec des aménagements luxueux. Par exemple, le moine je-sais-plus-qui a construit une pièce avec un lion d'or entouré par des miroirs pour la princesse bidule. T'as qu'à essayer avec une peluche !

Écrit par : anargala | 18/03/2006

Parents Ils viennent dîner ce soir, alors je vais essayer d'abord l'interdépendance, on verra avec la peluche plus tard.

Merci en tout cas pour l'éclairage amusant


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Écrit par : Tenryu | 18/03/2006

ouf Citer du Heidegger a bien passé. En voilà un qui divise le monde des philosophes. Je trouve que fabrice Midal sait bien valoriser son apport par rapport au bouddhisme ; et vous ?

Écrit par : mind | 19/03/2006

Si tu rencontres Heidegger, tues-le ! Fabrice Midal ? Là je sens que je vais encore me faire des ennemis...
En fait, je me situe à l'opposé de la pensée de Heidegger, prise globalement. Sa haine du progrès, son mépris de la démocratie, son adhésion au parti nazi... Un peu comme Trungpa, en somme (je rigole...encore que). Mais ses quelques réflexions sur l'être comme vide et comme richesse me parlent, pour les motifs déjà énoncés.
Le Bouddhisme ? L'écoute, l'ouverture, le Dzogchen ancien, certains yogas sexuels, les baîllements, regarder le ciel, Longchenpa, le Chan, le Kalamasoûtra : oui ! Les démons, les sectes, la mégalomanie, la mysoginie, la haine de la vie, le zen militarisé, le tantrisme féodal : non !

Écrit par : anargala | 19/03/2006

Heidegger vivant ! Ah oui, cela dérange que Heidegger soit le plus grand philosophe après Aristote et Kant !... Cela dérange qui ? Ceux qui ne peuvent pas le comprendre !
Alors on lui cherche des poux... qu'on ne trouve pas vraiment... on accuse sans preuve, on critique sans discernement, on fait du bruit, on dit n'importe quoi... médisez, bonnes gens, il en restera toujours quelque chose.
Et après ?... Les chiens aboient, la caravane...
Le penseur, le vrai, l'ami de la sagesse, sait reconnaître bon grain de l'ivraie. Il reconnait, lui, les nourritures qui sont celles de l'esprit critique, de l'esprit qui ne se laisse pas emballer par des slogans sans consistance, par des jalousies mesquines, par des élucubrations d'ignares en mal de reconnaissance.
"Etre et Temps" est insurpassable, servez-vous de pleines louches, vous serez rassassiés.
N'en déplaise aux demi-instruits !

Écrit par : mitso | 19/03/2006

Vitupere est juris gentium Cher Mitso :
Que personne ne s'énerve, Heidegger est profond, etc, etc. Mais bon, si c'est un philosophe, on a le droit de s'interroger, non ? Quant aux ouvrages parus sur Heidegger et le Nazisme, ils forcent le trait sans doute. Mais les arguments ad personnam par vous avancés, ici comme ailleurs, ne font guère avancer le schmilblick.
Par ailleurs, Heidegger serait sans doute mieux connu si ses ayants-droits cessaient de menacer les professeurs de philosophie qui veulent simplement faire lire ses textes à leurs élèves...
PS : la phrase "Si tu rencontres Heidegger, tues-le !", était une allusion au célèbre propos du Chan "Si tu rencontres le Bouddha, tues-le !".

Écrit par : anargala | 20/03/2006

Calmons-nous Cher ami,

Je n'avais pas compris l'allusion au "Si tu vois le Bouddha..." pour Heidegger.
Désolé pour ce coup de gueule.
J'aime beaucoup ton site.
Pourrais-tu me conseiller un bon ouvrage sur le shivaïsme. J'ai lu, in illo tempore, deux ou trois ouvrages d'Alain Danielou...
Merci et Bien à toi !

Écrit par : mitso | 20/03/2006

Hmmmmm Je suivrai bien ton conseil, Mitso, mais Heidegger, ce sera peut-être pour mes vieux jours. J'ai essayé, pourtant, de le lire, mais il m'est resté obscur, je n'ai pas compris une ligne de ses écrits.

A vrai dire, même jusqu'aujourd'hui, je ne comprends pas d'où et comment sortent ses affirmations sur "l'être". Je comprends vaguement à quoi il fait référence (et encore), mais ça c'est plutôt récent.

Écrit par : Tenryu | 20/03/2006

Shivaïsme Sur le Shivaïsme, je ne peux que recommander Les stances sur la reconnaissance du Seigneur, chez l'Harmattan (voir le lien dans la colonne de droite, en haut). L'introduction décrit les principales croyancs et pratiques. Sinon, la Doctrine secrète de la déesse Tripurâ présente cette même philosophie, mais sous un angle moins technique. D'où mes petits billets hébdomadaires sur ce texte.
En dehaords de cela, trés honnêtement, je ne vois rien de valable. En effet, les présentations "générales" du Shivaïsme ne mentionnent même pas le Shivaïsme du Cachemire ou le Virashaivisme (60 millions d'adeptes en Inde aujourd'hui) !
Daniélou est peu recommandable. Il a fait de bonnes choses pour la musique, mais son interprétation du Shivaïsme est surtout inspirée par son amour des "jeunes hommes de 16 ans aux corps de dieux" !

Écrit par : anargala | 21/03/2006

Merci... pour les renseignements relatifs au shivaîsme... pour Danielou, je m'en doutais un peu... son frère, cardinal et jésuite était brillant lui aussi...

Écrit par : mitso | 22/03/2006

Daniel Odier J'ai son livre depuis très longtemps, sans l'avoir lu et l'autre jour, je l'ai lu en diagonale, et ma première impression a confirmé ce que tu en disais, Anargala.

Ca m'a rappelé Castaneda, qui a invité de toutes pièces un sorcier, une lignée remontant aux toltecs, et le tout a maintenu en haleine des millions de lecteurs, et a suscité moultes vocations.

Loin de moi le soupçon que l'aventure de M Odier soit inventée, mais certainement le récit ne paraît pas si fiable, et certainement pas pour représenter une tradition.

C'est pas très objectif, ni argumenté, mais mon sentiment a été très net.

Écrit par : Tenryu | 22/03/2006

être S'il n'a que lui et que c'est moi, S'ils sont tous lui et que j'en sois,
Alors que d'être il ne peut pas, Sans que vide il ne soit,
Alors que plein de moi je suis, Et que plus être je ne puis,
S'il est autant que lui en soi, Qu'il le soit donc mais pourquoi moi ?
Et s'il faut que je le voie, Que cela soit en moi, en toi,
Pour qui j'ai tant languis déjà. Anonyme de mon être J'ai osé rentrer au lieu de regarder par la fenêtre. J'espère que je vous dérange pas.
Je suis une amoureuse de Krishna.
Malika :-)

Écrit par : Mimi | 24/03/2006

Moi aussi j'aime (bien) Krishna ! Mais non Mallika, vous êtes trés bien venue.
Comme disent les gens de Vrindâvan : "Radhe radhe !"

Écrit par : anargala | 25/03/2006

MIDAL L'aliéné Midal est un cornichonnesque zélateur du gourou alcoolique et violeur Trungpa, un zozo inculte et pédant qui se la pète mais qui n'abusera que les niquedouilles!

Écrit par : guesswho | 29/07/2007

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