13/06/2006

Une patte en moins, ça fait parfois du bien

La Vache Cosmique fait son check-up du début de l'été. Depuis longtemps, en effet, l'une de ses pattes lui pose problème. C'est celle baptisée "Ken Wilber". Au départ, ce philosophe américain me paraissait trés utile par son projet de fournir une "carte de tous les savoirs", une sagesse intégrale qui réunirait la religion et la science, la spiritualité et la politique. Malheureusement, le personnage ressemble de plus en plus à un gourou. Frank Visser lui-même, qui était pourtant l'un de ses plus ardant avocats, fait mine de se révolter dans son article "Talking Back To Wilber". En voyant les nouveaux sites de la "Integral University", on le comprend. C'est bizness à tous les étages.

Tout bien réfléchit, cette patte va donc disparaître, quoique certains livres de Wilber conservent leur valeur (on retiendra surtout A Brief History of Everything). Est-ce à dire que notre pauvre vache n'aura plus que trois pattes ? Pas du tout. Simplement, la patte restante redeviendra la Quatrième, la Mystérieuse au-delà des noms et des formes, sources éternelle des noms et des formes...

 

09:44 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : ken wilber, gourou, integral |  Facebook |

Commentaires

Conditionnement ? "Malheureusement, le personnage ressemble de plus en plus à un gourou."

Vous dites avoir une longue expérience de l'Inde, mais vous employez encore le mot Guru avec une connotation négative. :-)

Écrit par : Théo | 13/06/2006

Comment en suis-je arrivé là ? Est-ce à dire que notre pauvre vache n'aura plus que trois pattes ? Pas du tout. Simplement, la patte restante redeviendra la Quatrième, la Mystérieuse au-delà des noms et des formes, sources éternelle des noms et des formes... mais pourquoi ? Parce que nous sous-estimons, voire ignorons Ce Dans Quoi sa patte (et tout le reste) apparaît et disparaît. Et c'est l'Eveil. Et c'est toujours disponible. Ici. Non ?

Écrit par : lassée | 15/06/2006

Ce que nous désirons atteindre, ce que nous cherchons avec passion, avec ferveur, en y mettant tout notre coeur, tout notre Amour, quitte même à y laisser notre santé physique,oui, ce que nous trouverons, en fin de compte, après parfois un long chemin et bien des épreuves : c'est Nous ! Plus précisément, Notre ETRE réel, celui que nous sommes à chaque instant et que rien ne peut atteindre.

Il faut bien comprendre qu'il n'y a pas deux SOI : l'un cherchant l'autre. Par contre, et c'est bien pour cela que le chemin est long, il y a la manifestation et le non manifesté. Celui qui cherche est dans le monde manifesté alors que le cherché n'est pas manifesté ! Les deux sont réels, mais l'Un est stable, alors que l'autre, en comparaison, n'est qu'un millième de seconde.

Les gens voient un homme "réalisé", ils pensent qu'il est "réalisé", mais ils continuent à voir un homme, un corps. Si l'on ne voit qu'un homme, on ne trouvera pas un grand changement dans sa vie habituelle. Selon les Etres, ils continueront de paraître physiquement comme avant, mais ceci ne concerne que les apparences. En réalité, il en est tout autrement. L'Etre libre est libéré une fois pour toute de son individualité, il est libéré de la personne.

En réalité, on ne peut pas expérimenter le soi parce que l'expérience n'existe que dans et à cause de la dualité "expérimentateur-expérimenté". C'est pour ces raisons que l'on dit que Connaître le soi, c'est simplement ETRE le soi.

Mais la recherche est malgré tout indispensable bien sûr ! Ce qu'il faut bien définir, c'est le BUT de notre recherche : Que ou Qui cherchons nous ? Tant que nous sentons au plus profond de nous le besoin de comprendre le But de la vie, et de répondre aux questions que nous nous posons au sujet de notre condition d'être humain, de la finalité de la "création", il y a recherche et c'est la bonne voie. Il est indispensable de commencer par toutes ces questions et d'y apporter des réponses, celles-ci ne seront pas toujours les mêmes, elles vont évoluer lentement, proportionnellement à notre désir d'atteindre le But.

Mais, encore une fois, ce sont nos cinq sens qui expérimentent la manifestation et les événements qui s'y déroulent. C'est pour cette raison que les Yogis (par exemple) font tant et tant d'exercices pour maîtriser leurs sens et en devenir finalement maîtres. Dans quel but ? Tout simplement d'aller au-delà. Aller au-delà des sens, maîtriser les sens :
Tout cela pour dire que lorsque les sens sont transcendés, tout ce qui va avec l'est également : c'est cela le travail pratique d'une recherche.

Celui qui a maîtrisé les sens de l'ensemble corps/mental ne peut plus être identifié à l'individu parce qu'il n'y a plus possibilité d'expériences.
Tout a été réabsorbé à la source et il ne reste plus que l'Etre, c'est-à-dire l'Existence pure qui est non manifestée mais qui pourtant permet qu'il y ait manifestation, puisqu'elle est la base d'où tout provient et où en fait tout revient.
On peut dire en effet que c'est quand la recherche prend fin que le SOI est simplement ce qu'il Est et qu'Il a toujours été : la pure conscience d'Etre.


La recherche spirituelle est donc la recherche de soi-même, tout simplement.
Comment allons-nous procéder pour réaliser notre vraie nature ? Non pas en essayant vainement d'accumuler des "connaissances", ni en voulant à tout prix accéder à des "niveaux de conscience" imaginaires et de toutes façons inutiles, mais en éliminant tout ce que nous ne sommes pas.
A force de discriminer, de trier, d'éliminer tout ce qui est provisoire, éphémère, donc irréel, nous verrons peu à peu l'intérêt que nous portons pour le monde avec tout ce qu'il contient de souffrances et de joies bien illusoires, disparaître lentement et faire place à une PAIX intérieure que rien ne pourra jamais troubler.

L'expérience n'étant possible qu'en présence de l'expérimentateur, comprenons bien qu'il n'existe jamais une expérience de la non-dualité.
Mais en fait on ne peut pas réellement le comprendre. Comme le Soi est toujours et en permanence "réalisé", c'est plutôt lorsque les actions cessent que nous sommes dans un "état" propice à la perception intuitive de ce que nous sommes en réalité.



La "maîtrise" est indispensable et tous les ascètes du monde ont montré que cette voie était efficace. Maîtriser les sens, c'est simplement aller au-delà des impressions sensorielles. Aller au-delà des impressions sensorielles c'est prendre conscience que toute expérience ne peut être que sensorielle et qu'elle n'existe que dans la dualité. Notre vraie nature ne peut jamais faire l'objet d'une expérience particulière et c'est justement lorsque l'expérience prend fin que l'on Est tout simplement

De plus, rappelons-nous à chaque instant de notre investigation que le SOI ne résulte pas d'une prise de conscience quelconque.

Quant aux obstacles qui nous empêchent de voir cette Vérité que nous sommes le
SOI, ce sont toujours les mêmes et nous venons d'en parler. Le plus gros obstacle est bien sûr de croire à tort que quelque chose pourrait nous empêcher d'Etre. Je Suis, cela est le Soi et personne ne doute d'exister. Je suis telle personne, cela est l'ego, ce n'est pas permanent et ce qui n'est pas permanent n'est pas réel.

Nous ne pourrons jamais "comprendre" le SOI, c'est-à-dire ce que nous sommes.
Par contre, nous pouvons très facilement, par l'introspection intérieure, comprendre ce que nous ne sommes pas où encore, ce que nous ne sommes que par intermittence.
Il faut donc procéder par élimination Suis-je ce corps ? Suis-je ces cinq sens ? Suis-je le mental ? etc. Si nous procédons ainsi avec une forte conviction, à la fin, il ne restera que notre nature véritable, le SOI.

Pour être le SOI, il n'y a rien à faire de particulier puisque nous sommes déjà le SOI. Et c'est en ce sens que l'on dit qu'il n'y a pas besoin de recherche.

Mais puisque, pour le moment, nous pensons être un individu particulier, dans un corps, dans le monde et qui, de plus, agit, travaille, est attaché à une famille, à des pensées particulières etc... Il convient de rechercher pourquoi, bien que nous soyons convaincus au plus profond de nous-mêmes de ne pas être que cela, nous continuons à nous complaire dans ce rôle qui s'achève inévitablement par la mort de l'individu.

C'est là que réside le problème : pourquoi persistons-nous à nous identifier à notre corps, sachant qu'il ne peut rien nous apporter de durable ? La question n'est donc pas de savoir comment être le SOI.


Les attachements sont le résultat d'impressions laissées dans le mental par le plaisir et la souffrance et concernent l'individu.
Si l'on cherche sérieusement l'origine de l'attachement, on constatera à la fin qu'en fait, c'est à nous-mêmes que nous sommes attachés et donc tout simplement à la Vie.
L'attachement est le résultat des peurs que nous accumulons par nos habitudes mentales, la plus grosse peur étant la peur de ne plus être que l'on appelle la mort.
Au lieu de renoncer à nos attachements, comprenons ce qu'ils signifient, quel est leur origine et enfin qui est concerné par ces attachements.

Tout ce qui arrive ne peut pas durer, cela ne peut être qu'impermanent.
Tout état, toute expérience, toute impression aussi agréable soit-elle, est sensorielle.

On peut dire également que nous voyons réellement que cette identification, tellement forte, n'était en réalité qu'un concept. Dans le monde des formes, c'est-à-dire dans la dualité,nous tentons sans cesse d'expliquer ce qu'est réellement le SOI et la compréhension qui en résulte ne peut être que fausse puisque faite avec l'aide de l'ego...

Comment pourrait-il en être autrement ? Donc, n'essayez jamais de doser, de mesurer vos progrès spirituels, ce serait à coup sur l'échec ! Ne songeons donc pas à cette notion de progrès spirituels parce que ce ne sont en fait que des impressions dans le mental.
Au contraire, cultivons notre détermination, fabriquons des canaux d'irrigation pour étancher sa soif. Ces canaux sont par exemple l'observation "JE SUIS", l'observation du jaillissement de la sensation "je suis" au réveil etc.

Le véritable progrès, c'est en fait arriver à être certain que, n'étant pas un individu particulier, les progrès ne me concernent en rien. Mon But ultime, c'est de n'être plus que l'unique SOI. Alors commençons par écarter tout ce qui
ne le concerne pas, progrès, temps etc


En te réveillant, demain matin, ne pense pas : "je me suis éveillé", mais constate simplement : "l'état de veille succède à l'état de sommeil, mais moi je suis toujours là, je n'ai pas bougé : simplement un état a succédé à un autre.
Je ne suis concerné par aucun d'eux".
Il est nécessaire de cultiver l'attitude témoin. Plus je serai témoin, moins je serai affecté, concerné, perturbé, par les diverses sensations qui arrivent en permanence.

Le fait d'ETRE ne demande aucun effort et qu'il n'y a rien à faire pour Etre. Par contre, s'identifier à un corps et donc à un individu particulier demande énormément d'efforts et nous le constatons à chaque instant.

La seule solution est d'éliminer tout ce que nous ne sommes pas en permanence, tout ce qui n'existe pas de lui-même et si nous allons jusqu'au terme de cette recherche, nous trouverons facilement la réponse essentielle.
Pour qu'une chose existe, que ce soit les individus, le monde et tout le reste, il faut que je sois présent ! Le plus merveilleux spectacle au monde ne peut exister que si Je suis présent pour le voir. Le spectacle n'existe pas de lui même, il ne peut jamais dire : "j'existe" et son existence dépend uniquement du spectateur. Ce n'est donc pas ce qui est perçu qui est important, mais celui qui perçoit et Je préexiste à toute forme d'existence.
Si cela est correctement compris, un énorme pas sera fait...


Le SOI, c'est l'existence que l'on peut qualifier de PRESENCE, totale et permanente. Je suis toujours présent.

Dans la vie d'un individu, des événements se succèdent sans cesse, des pensées arrivent inlassablement dans le mental, les états de veille, rêve, sommeil profond chaque jour reviennent puis disparaissent.
Celui qui prétend ne pas être réalisé se trompe parce qu'il est encore identifié à l'ensemble corps/mental et il pense qu'il doit "devenir" un être réalisé, c'est-à-dire différent, meilleur, avec une connaissance particulière, et c'est cela la véritable difficulté.
Le SOI n'est pas un état à atteindre ni une expérience transcendante à obtenir, mais au contraire - et comprenez cela une fois pour toutes - c'est lorsque les expériences s'arrêtent et uniquement à ce moment là, que le SOI est "réalisé". Toute expérience relève des sens et n'est donc qu'un concept. Mais encore une fois il faut bien que cela soit constaté par Désirer intensément "connaître" notre nature véritable.


L'unique problème, mais il est de taille, c'est que l'homme, identifié à son corps, recherche le Bonheur avec les moyens du corps et ces moyens ce sont les sens. Les sens ne peuvent nous procurer que des sensations.
Si ces sensations sont agréables, nous les appellerons plaisirs et si elles sont désagréables, souffrances.

Les plaisirs ne sont ni bons ni mauvais, ils correspondent naturellement à une réaction des sens aux objets qui nous entourent. Mais ce qui est par contre certain, c'est qu'ils sont éphémères : ils apparaissent et puis disparaissent.

Si l'homme est privé d'un plaisir qu'il a l'habitude d'avoir, il en sera perturbé et cela engendre une souffrance.
Celui qui constate l'impermanence des plaisirs va alors se demander comment trouver réellement le Bonheur.
En approfondissant notre recherche, nous constaterons que ce Bonheur, qui se doit d'être permanent, ne peut pas être extérieur à nous. Cela seul qui est permanent est appelé le SOI et c'est en Lui seul que se trouve le Bonheur. C'est notre nature véritable que l'on qualifie de "ETRE - CONSCIENCE - BEATITUDE."
Donc, la recherche du SOI, ou de notre nature véritable est simplement la recherche du Bonheur.

L'existence est le Soi donc vous avez cette conscience d'exister et d'être en fait le Soi ! Le problème provient uniquement des habitudes mentales c'est-à-dire de tout ce que vous pensez savoir, de la vie, du monde, de vous et des autres. Tout ce que vous avez appris comme des vérités bien établies et qui ne sont que des "on dit", résultats des convictions des parents qui eux-mêmes l'on appris de leurs parents. Il en est de même de toutes les convictions, de toutes les croyances : de simples conceptions, de simples idées et pourtant, elles font marcher le monde depuis si longtemps... Constatez sérieusement que les plus belles idées, les plus grands principes, les plus grands personnages n'existent que si j'en prends conscience ! C'est de ma présence que dépend l'existence de toute perception.
N'est-ce pas évident ? Tout ce qui est perçu est contenu dans le mental. Quand
le mental apparaît (au réveil), le monde et tout ce qu'il contient,apparaissent.

Le Soi est toujours "expérimenté", mais les habitudes mentales que nous entretenons sans cesse font que nous nous prenons pour ce que nous voyons, c'est-à-dire un individu avec une forme corporelle.
A partir de cette fausse identification, il est certain qu'il n'est pas possible de trouver le Bonheur puisque l'ensemble corps-mental fonctionne au moyen des sens et que les sens ne peuvent nous procurer que des sens-ations qui, elles-mêmes, nous font expérimenter les plaisirs.



La plus grande difficulté dans la recherche dite spirituelle réside dans le fait que le chercheur n'a pas l'expérience de l'état Absolu. Comment comprendre ce que l'on n'expérimente pas soi-même ? C'est impossible ! Ne basez donc pas votre recherche uniquement sur la compréhension.

Observez inlassablement le jeu de la Conscience et reconnaissez, une fois pour toutes, que vous ne pouvez pas être ce que vous observez - événements, sensations etc... Vous êtes Celui qui constate cela.
Ne confondez plus les événements, les impressions ou sensations avec Celui qui constate leur existence: n'est-ce pas évident ? Vous n'êtes, à aucun moment le spectacle, mais vous êtes en permanence, l'Unique spectateur. Votre nature véritable, soyez cet Etre que vous êtes déjà !

Écrit par : | 17/06/2006

Ce que nous désirons atteindre, ce que nous cherchons avec passion, avec ferveur, en y mettant tout notre coeur, tout notre Amour, quitte même à y laisser notre santé physique,oui, ce que nous trouverons, en fin de compte, après parfois un long chemin et bien des épreuves : c'est Nous ! Plus précisément, Notre ETRE réel, celui que nous sommes à chaque instant et que rien ne peut atteindre.

Il faut bien comprendre qu'il n'y a pas deux SOI : l'un cherchant l'autre. Par contre, et c'est bien pour cela que le chemin est long, il y a la manifestation et le non manifesté. Celui qui cherche est dans le monde manifesté alors que le cherché n'est pas manifesté ! Les deux sont réels, mais l'Un est stable, alors que l'autre, en comparaison, n'est qu'un millième de seconde.

Les gens voient un homme "réalisé", ils pensent qu'il est "réalisé", mais ils continuent à voir un homme, un corps. Si l'on ne voit qu'un homme, on ne trouvera pas un grand changement dans sa vie habituelle. Selon les Etres, ils continueront de paraître physiquement comme avant, mais ceci ne concerne que les apparences. En réalité, il en est tout autrement. L'Etre libre est libéré une fois pour toute de son individualité, il est libéré de la personne.

En réalité, on ne peut pas expérimenter le soi parce que l'expérience n'existe que dans et à cause de la dualité "expérimentateur-expérimenté". C'est pour ces raisons que l'on dit que Connaître le soi, c'est simplement ETRE le soi.

Mais la recherche est malgré tout indispensable bien sûr ! Ce qu'il faut bien définir, c'est le BUT de notre recherche : Que ou Qui cherchons nous ? Tant que nous sentons au plus profond de nous le besoin de comprendre le But de la vie, et de répondre aux questions que nous nous posons au sujet de notre condition d'être humain, de la finalité de la "création", il y a recherche et c'est la bonne voie. Il est indispensable de commencer par toutes ces questions et d'y apporter des réponses, celles-ci ne seront pas toujours les mêmes, elles vont évoluer lentement, proportionnellement à notre désir d'atteindre le But.

Mais, encore une fois, ce sont nos cinq sens qui expérimentent la manifestation et les événements qui s'y déroulent. C'est pour cette raison que les Yogis (par exemple) font tant et tant d'exercices pour maîtriser leurs sens et en devenir finalement maîtres. Dans quel but ? Tout simplement d'aller au-delà. Aller au-delà des sens, maîtriser les sens :
Tout cela pour dire que lorsque les sens sont transcendés, tout ce qui va avec l'est également : c'est cela le travail pratique d'une recherche.

Celui qui a maîtrisé les sens de l'ensemble corps/mental ne peut plus être identifié à l'individu parce qu'il n'y a plus possibilité d'expériences.
Tout a été réabsorbé à la source et il ne reste plus que l'Etre, c'est-à-dire l'Existence pure qui est non manifestée mais qui pourtant permet qu'il y ait manifestation, puisqu'elle est la base d'où tout provient et où en fait tout revient.
On peut dire en effet que c'est quand la recherche prend fin que le SOI est simplement ce qu'il Est et qu'Il a toujours été : la pure conscience d'Etre.


La recherche spirituelle est donc la recherche de soi-même, tout simplement.
Comment allons-nous procéder pour réaliser notre vraie nature ? Non pas en essayant vainement d'accumuler des "connaissances", ni en voulant à tout prix accéder à des "niveaux de conscience" imaginaires et de toutes façons inutiles, mais en éliminant tout ce que nous ne sommes pas.
A force de discriminer, de trier, d'éliminer tout ce qui est provisoire, éphémère, donc irréel, nous verrons peu à peu l'intérêt que nous portons pour le monde avec tout ce qu'il contient de souffrances et de joies bien illusoires, disparaître lentement et faire place à une PAIX intérieure que rien ne pourra jamais troubler.

L'expérience n'étant possible qu'en présence de l'expérimentateur, comprenons bien qu'il n'existe jamais une expérience de la non-dualité.
Mais en fait on ne peut pas réellement le comprendre. Comme le Soi est toujours et en permanence "réalisé", c'est plutôt lorsque les actions cessent que nous sommes dans un "état" propice à la perception intuitive de ce que nous sommes en réalité.



La "maîtrise" est indispensable et tous les ascètes du monde ont montré que cette voie était efficace. Maîtriser les sens, c'est simplement aller au-delà des impressions sensorielles. Aller au-delà des impressions sensorielles c'est prendre conscience que toute expérience ne peut être que sensorielle et qu'elle n'existe que dans la dualité. Notre vraie nature ne peut jamais faire l'objet d'une expérience particulière et c'est justement lorsque l'expérience prend fin que l'on Est tout simplement

De plus, rappelons-nous à chaque instant de notre investigation que le SOI ne résulte pas d'une prise de conscience quelconque.

Quant aux obstacles qui nous empêchent de voir cette Vérité que nous sommes le
SOI, ce sont toujours les mêmes et nous venons d'en parler. Le plus gros obstacle est bien sûr de croire à tort que quelque chose pourrait nous empêcher d'Etre. Je Suis, cela est le Soi et personne ne doute d'exister. Je suis telle personne, cela est l'ego, ce n'est pas permanent et ce qui n'est pas permanent n'est pas réel.

Nous ne pourrons jamais "comprendre" le SOI, c'est-à-dire ce que nous sommes.
Par contre, nous pouvons très facilement, par l'introspection intérieure, comprendre ce que nous ne sommes pas où encore, ce que nous ne sommes que par intermittence.
Il faut donc procéder par élimination Suis-je ce corps ? Suis-je ces cinq sens ? Suis-je le mental ? etc. Si nous procédons ainsi avec une forte conviction, à la fin, il ne restera que notre nature véritable, le SOI.

Pour être le SOI, il n'y a rien à faire de particulier puisque nous sommes déjà le SOI. Et c'est en ce sens que l'on dit qu'il n'y a pas besoin de recherche.

Mais puisque, pour le moment, nous pensons être un individu particulier, dans un corps, dans le monde et qui, de plus, agit, travaille, est attaché à une famille, à des pensées particulières etc... Il convient de rechercher pourquoi, bien que nous soyons convaincus au plus profond de nous-mêmes de ne pas être que cela, nous continuons à nous complaire dans ce rôle qui s'achève inévitablement par la mort de l'individu.

C'est là que réside le problème : pourquoi persistons-nous à nous identifier à notre corps, sachant qu'il ne peut rien nous apporter de durable ? La question n'est donc pas de savoir comment être le SOI.


Les attachements sont le résultat d'impressions laissées dans le mental par le plaisir et la souffrance et concernent l'individu.
Si l'on cherche sérieusement l'origine de l'attachement, on constatera à la fin qu'en fait, c'est à nous-mêmes que nous sommes attachés et donc tout simplement à la Vie.
L'attachement est le résultat des peurs que nous accumulons par nos habitudes mentales, la plus grosse peur étant la peur de ne plus être que l'on appelle la mort.
Au lieu de renoncer à nos attachements, comprenons ce qu'ils signifient, quel est leur origine et enfin qui est concerné par ces attachements.

Tout ce qui arrive ne peut pas durer, cela ne peut être qu'impermanent.
Tout état, toute expérience, toute impression aussi agréable soit-elle, est sensorielle.

On peut dire également que nous voyons réellement que cette identification, tellement forte, n'était en réalité qu'un concept. Dans le monde des formes, c'est-à-dire dans la dualité,nous tentons sans cesse d'expliquer ce qu'est réellement le SOI et la compréhension qui en résulte ne peut être que fausse puisque faite avec l'aide de l'ego...

Comment pourrait-il en être autrement ? Donc, n'essayez jamais de doser, de mesurer vos progrès spirituels, ce serait à coup sur l'échec ! Ne songeons donc pas à cette notion de progrès spirituels parce que ce ne sont en fait que des impressions dans le mental.
Au contraire, cultivons notre détermination, fabriquons des canaux d'irrigation pour étancher sa soif. Ces canaux sont par exemple l'observation "JE SUIS", l'observation du jaillissement de la sensation "je suis" au réveil etc.

Le véritable progrès, c'est en fait arriver à être certain que, n'étant pas un individu particulier, les progrès ne me concernent en rien. Mon But ultime, c'est de n'être plus que l'unique SOI. Alors commençons par écarter tout ce qui
ne le concerne pas, progrès, temps etc


En te réveillant, demain matin, ne pense pas : "je me suis éveillé", mais constate simplement : "l'état de veille succède à l'état de sommeil, mais moi je suis toujours là, je n'ai pas bougé : simplement un état a succédé à un autre.
Je ne suis concerné par aucun d'eux".
Il est nécessaire de cultiver l'attitude témoin. Plus je serai témoin, moins je serai affecté, concerné, perturbé, par les diverses sensations qui arrivent en permanence.

Le fait d'ETRE ne demande aucun effort et qu'il n'y a rien à faire pour Etre. Par contre, s'identifier à un corps et donc à un individu particulier demande énormément d'efforts et nous le constatons à chaque instant.

La seule solution est d'éliminer tout ce que nous ne sommes pas en permanence, tout ce qui n'existe pas de lui-même et si nous allons jusqu'au terme de cette recherche, nous trouverons facilement la réponse essentielle.
Pour qu'une chose existe, que ce soit les individus, le monde et tout le reste, il faut que je sois présent ! Le plus merveilleux spectacle au monde ne peut exister que si Je suis présent pour le voir. Le spectacle n'existe pas de lui même, il ne peut jamais dire : "j'existe" et son existence dépend uniquement du spectateur. Ce n'est donc pas ce qui est perçu qui est important, mais celui qui perçoit et Je préexiste à toute forme d'existence.
Si cela est correctement compris, un énorme pas sera fait...


Le SOI, c'est l'existence que l'on peut qualifier de PRESENCE, totale et permanente. Je suis toujours présent.

Dans la vie d'un individu, des événements se succèdent sans cesse, des pensées arrivent inlassablement dans le mental, les états de veille, rêve, sommeil profond chaque jour reviennent puis disparaissent.
Celui qui prétend ne pas être réalisé se trompe parce qu'il est encore identifié à l'ensemble corps/mental et il pense qu'il doit "devenir" un être réalisé, c'est-à-dire différent, meilleur, avec une connaissance particulière, et c'est cela la véritable difficulté.
Le SOI n'est pas un état à atteindre ni une expérience transcendante à obtenir, mais au contraire - et comprenez cela une fois pour toutes - c'est lorsque les expériences s'arrêtent et uniquement à ce moment là, que le SOI est "réalisé". Toute expérience relève des sens et n'est donc qu'un concept. Mais encore une fois il faut bien que cela soit constaté par Désirer intensément "connaître" notre nature véritable.


L'unique problème, mais il est de taille, c'est que l'homme, identifié à son corps, recherche le Bonheur avec les moyens du corps et ces moyens ce sont les sens. Les sens ne peuvent nous procurer que des sensations.
Si ces sensations sont agréables, nous les appellerons plaisirs et si elles sont désagréables, souffrances.

Les plaisirs ne sont ni bons ni mauvais, ils correspondent naturellement à une réaction des sens aux objets qui nous entourent. Mais ce qui est par contre certain, c'est qu'ils sont éphémères : ils apparaissent et puis disparaissent.

Si l'homme est privé d'un plaisir qu'il a l'habitude d'avoir, il en sera perturbé et cela engendre une souffrance.
Celui qui constate l'impermanence des plaisirs va alors se demander comment trouver réellement le Bonheur.
En approfondissant notre recherche, nous constaterons que ce Bonheur, qui se doit d'être permanent, ne peut pas être extérieur à nous. Cela seul qui est permanent est appelé le SOI et c'est en Lui seul que se trouve le Bonheur. C'est notre nature véritable que l'on qualifie de "ETRE - CONSCIENCE - BEATITUDE."
Donc, la recherche du SOI, ou de notre nature véritable est simplement la recherche du Bonheur.

L'existence est le Soi donc vous avez cette conscience d'exister et d'être en fait le Soi ! Le problème provient uniquement des habitudes mentales c'est-à-dire de tout ce que vous pensez savoir, de la vie, du monde, de vous et des autres. Tout ce que vous avez appris comme des vérités bien établies et qui ne sont que des "on dit", résultats des convictions des parents qui eux-mêmes l'on appris de leurs parents. Il en est de même de toutes les convictions, de toutes les croyances : de simples conceptions, de simples idées et pourtant, elles font marcher le monde depuis si longtemps... Constatez sérieusement que les plus belles idées, les plus grands principes, les plus grands personnages n'existent que si j'en prends conscience ! C'est de ma présence que dépend l'existence de toute perception.
N'est-ce pas évident ? Tout ce qui est perçu est contenu dans le mental. Quand
le mental apparaît (au réveil), le monde et tout ce qu'il contient,apparaissent.

Le Soi est toujours "expérimenté", mais les habitudes mentales que nous entretenons sans cesse font que nous nous prenons pour ce que nous voyons, c'est-à-dire un individu avec une forme corporelle.
A partir de cette fausse identification, il est certain qu'il n'est pas possible de trouver le Bonheur puisque l'ensemble corps-mental fonctionne au moyen des sens et que les sens ne peuvent nous procurer que des sens-ations qui, elles-mêmes, nous font expérimenter les plaisirs.



La plus grande difficulté dans la recherche dite spirituelle réside dans le fait que le chercheur n'a pas l'expérience de l'état Absolu. Comment comprendre ce que l'on n'expérimente pas soi-même ? C'est impossible ! Ne basez donc pas votre recherche uniquement sur la compréhension.

Observez inlassablement le jeu de la Conscience et reconnaissez, une fois pour toutes, que vous ne pouvez pas être ce que vous observez - événements, sensations etc... Vous êtes Celui qui constate cela.
Ne confondez plus les événements, les impressions ou sensations avec Celui qui constate leur existence: n'est-ce pas évident ? Vous n'êtes, à aucun moment le spectacle, mais vous êtes en permanence, l'Unique spectateur. Votre nature véritable, soyez cet Etre que vous êtes déjà !

Écrit par : | 17/06/2006

Ce que nous désirons atteindre, ce que nous cherchons avec passion, avec ferveur, en y mettant tout notre coeur, tout notre Amour, quitte même à y laisser notre santé physique,oui, ce que nous trouverons, en fin de compte, après parfois un long chemin et bien des épreuves : c'est Nous ! Plus précisément, Notre ETRE réel, celui que nous sommes à chaque instant et que rien ne peut atteindre.

Il faut bien comprendre qu'il n'y a pas deux SOI : l'un cherchant l'autre. Par contre, et c'est bien pour cela que le chemin est long, il y a la manifestation et le non manifesté. Celui qui cherche est dans le monde manifesté alors que le cherché n'est pas manifesté ! Les deux sont réels, mais l'Un est stable, alors que l'autre, en comparaison, n'est qu'un millième de seconde.

Les gens voient un homme "réalisé", ils pensent qu'il est "réalisé", mais ils continuent à voir un homme, un corps. Si l'on ne voit qu'un homme, on ne trouvera pas un grand changement dans sa vie habituelle. Selon les Etres, ils continueront de paraître physiquement comme avant, mais ceci ne concerne que les apparences. En réalité, il en est tout autrement. L'Etre libre est libéré une fois pour toute de son individualité, il est libéré de la personne.

En réalité, on ne peut pas expérimenter le soi parce que l'expérience n'existe que dans et à cause de la dualité "expérimentateur-expérimenté". C'est pour ces raisons que l'on dit que Connaître le soi, c'est simplement ETRE le soi.

Mais la recherche est malgré tout indispensable bien sûr ! Ce qu'il faut bien définir, c'est le BUT de notre recherche : Que ou Qui cherchons nous ? Tant que nous sentons au plus profond de nous le besoin de comprendre le But de la vie, et de répondre aux questions que nous nous posons au sujet de notre condition d'être humain, de la finalité de la "création", il y a recherche et c'est la bonne voie. Il est indispensable de commencer par toutes ces questions et d'y apporter des réponses, celles-ci ne seront pas toujours les mêmes, elles vont évoluer lentement, proportionnellement à notre désir d'atteindre le But.

Mais, encore une fois, ce sont nos cinq sens qui expérimentent la manifestation et les événements qui s'y déroulent. C'est pour cette raison que les Yogis (par exemple) font tant et tant d'exercices pour maîtriser leurs sens et en devenir finalement maîtres. Dans quel but ? Tout simplement d'aller au-delà. Aller au-delà des sens, maîtriser les sens :
Tout cela pour dire que lorsque les sens sont transcendés, tout ce qui va avec l'est également : c'est cela le travail pratique d'une recherche.

Celui qui a maîtrisé les sens de l'ensemble corps/mental ne peut plus être identifié à l'individu parce qu'il n'y a plus possibilité d'expériences.
Tout a été réabsorbé à la source et il ne reste plus que l'Etre, c'est-à-dire l'Existence pure qui est non manifestée mais qui pourtant permet qu'il y ait manifestation, puisqu'elle est la base d'où tout provient et où en fait tout revient.
On peut dire en effet que c'est quand la recherche prend fin que le SOI est simplement ce qu'il Est et qu'Il a toujours été : la pure conscience d'Etre.


La recherche spirituelle est donc la recherche de soi-même, tout simplement.
Comment allons-nous procéder pour réaliser notre vraie nature ? Non pas en essayant vainement d'accumuler des "connaissances", ni en voulant à tout prix accéder à des "niveaux de conscience" imaginaires et de toutes façons inutiles, mais en éliminant tout ce que nous ne sommes pas.
A force de discriminer, de trier, d'éliminer tout ce qui est provisoire, éphémère, donc irréel, nous verrons peu à peu l'intérêt que nous portons pour le monde avec tout ce qu'il contient de souffrances et de joies bien illusoires, disparaître lentement et faire place à une PAIX intérieure que rien ne pourra jamais troubler.

L'expérience n'étant possible qu'en présence de l'expérimentateur, comprenons bien qu'il n'existe jamais une expérience de la non-dualité.
Mais en fait on ne peut pas réellement le comprendre. Comme le Soi est toujours et en permanence "réalisé", c'est plutôt lorsque les actions cessent que nous sommes dans un "état" propice à la perception intuitive de ce que nous sommes en réalité.



La "maîtrise" est indispensable et tous les ascètes du monde ont montré que cette voie était efficace. Maîtriser les sens, c'est simplement aller au-delà des impressions sensorielles. Aller au-delà des impressions sensorielles c'est prendre conscience que toute expérience ne peut être que sensorielle et qu'elle n'existe que dans la dualité. Notre vraie nature ne peut jamais faire l'objet d'une expérience particulière et c'est justement lorsque l'expérience prend fin que l'on Est tout simplement

De plus, rappelons-nous à chaque instant de notre investigation que le SOI ne résulte pas d'une prise de conscience quelconque.

Quant aux obstacles qui nous empêchent de voir cette Vérité que nous sommes le
SOI, ce sont toujours les mêmes et nous venons d'en parler. Le plus gros obstacle est bien sûr de croire à tort que quelque chose pourrait nous empêcher d'Etre. Je Suis, cela est le Soi et personne ne doute d'exister. Je suis telle personne, cela est l'ego, ce n'est pas permanent et ce qui n'est pas permanent n'est pas réel.

Nous ne pourrons jamais "comprendre" le SOI, c'est-à-dire ce que nous sommes.
Par contre, nous pouvons très facilement, par l'introspection intérieure, comprendre ce que nous ne sommes pas où encore, ce que nous ne sommes que par intermittence.
Il faut donc procéder par élimination Suis-je ce corps ? Suis-je ces cinq sens ? Suis-je le mental ? etc. Si nous procédons ainsi avec une forte conviction, à la fin, il ne restera que notre nature véritable, le SOI.

Pour être le SOI, il n'y a rien à faire de particulier puisque nous sommes déjà le SOI. Et c'est en ce sens que l'on dit qu'il n'y a pas besoin de recherche.

Mais puisque, pour le moment, nous pensons être un individu particulier, dans un corps, dans le monde et qui, de plus, agit, travaille, est attaché à une famille, à des pensées particulières etc... Il convient de rechercher pourquoi, bien que nous soyons convaincus au plus profond de nous-mêmes de ne pas être que cela, nous continuons à nous complaire dans ce rôle qui s'achève inévitablement par la mort de l'individu.

C'est là que réside le problème : pourquoi persistons-nous à nous identifier à notre corps, sachant qu'il ne peut rien nous apporter de durable ? La question n'est donc pas de savoir comment être le SOI.


Les attachements sont le résultat d'impressions laissées dans le mental par le plaisir et la souffrance et concernent l'individu.
Si l'on cherche sérieusement l'origine de l'attachement, on constatera à la fin qu'en fait, c'est à nous-mêmes que nous sommes attachés et donc tout simplement à la Vie.
L'attachement est le résultat des peurs que nous accumulons par nos habitudes mentales, la plus grosse peur étant la peur de ne plus être que l'on appelle la mort.
Au lieu de renoncer à nos attachements, comprenons ce qu'ils signifient, quel est leur origine et enfin qui est concerné par ces attachements.

Tout ce qui arrive ne peut pas durer, cela ne peut être qu'impermanent.
Tout état, toute expérience, toute impression aussi agréable soit-elle, est sensorielle.

On peut dire également que nous voyons réellement que cette identification, tellement forte, n'était en réalité qu'un concept. Dans le monde des formes, c'est-à-dire dans la dualité,nous tentons sans cesse d'expliquer ce qu'est réellement le SOI et la compréhension qui en résulte ne peut être que fausse puisque faite avec l'aide de l'ego...

Comment pourrait-il en être autrement ? Donc, n'essayez jamais de doser, de mesurer vos progrès spirituels, ce serait à coup sur l'échec ! Ne songeons donc pas à cette notion de progrès spirituels parce que ce ne sont en fait que des impressions dans le mental.
Au contraire, cultivons notre détermination, fabriquons des canaux d'irrigation pour étancher sa soif. Ces canaux sont par exemple l'observation "JE SUIS", l'observation du jaillissement de la sensation "je suis" au réveil etc.

Le véritable progrès, c'est en fait arriver à être certain que, n'étant pas un individu particulier, les progrès ne me concernent en rien. Mon But ultime, c'est de n'être plus que l'unique SOI. Alors commençons par écarter tout ce qui
ne le concerne pas, progrès, temps etc


En te réveillant, demain matin, ne pense pas : "je me suis éveillé", mais constate simplement : "l'état de veille succède à l'état de sommeil, mais moi je suis toujours là, je n'ai pas bougé : simplement un état a succédé à un autre.
Je ne suis concerné par aucun d'eux".
Il est nécessaire de cultiver l'attitude témoin. Plus je serai témoin, moins je serai affecté, concerné, perturbé, par les diverses sensations qui arrivent en permanence.

Le fait d'ETRE ne demande aucun effort et qu'il n'y a rien à faire pour Etre. Par contre, s'identifier à un corps et donc à un individu particulier demande énormément d'efforts et nous le constatons à chaque instant.

La seule solution est d'éliminer tout ce que nous ne sommes pas en permanence, tout ce qui n'existe pas de lui-même et si nous allons jusqu'au terme de cette recherche, nous trouverons facilement la réponse essentielle.
Pour qu'une chose existe, que ce soit les individus, le monde et tout le reste, il faut que je sois présent ! Le plus merveilleux spectacle au monde ne peut exister que si Je suis présent pour le voir. Le spectacle n'existe pas de lui même, il ne peut jamais dire : "j'existe" et son existence dépend uniquement du spectateur. Ce n'est donc pas ce qui est perçu qui est important, mais celui qui perçoit et Je préexiste à toute forme d'existence.
Si cela est correctement compris, un énorme pas sera fait...


Le SOI, c'est l'existence que l'on peut qualifier de PRESENCE, totale et permanente. Je suis toujours présent.

Dans la vie d'un individu, des événements se succèdent sans cesse, des pensées arrivent inlassablement dans le mental, les états de veille, rêve, sommeil profond chaque jour reviennent puis disparaissent.
Celui qui prétend ne pas être réalisé se trompe parce qu'il est encore identifié à l'ensemble corps/mental et il pense qu'il doit "devenir" un être réalisé, c'est-à-dire différent, meilleur, avec une connaissance particulière, et c'est cela la véritable difficulté.
Le SOI n'est pas un état à atteindre ni une expérience transcendante à obtenir, mais au contraire - et comprenez cela une fois pour toutes - c'est lorsque les expériences s'arrêtent et uniquement à ce moment là, que le SOI est "réalisé". Toute expérience relève des sens et n'est donc qu'un concept. Mais encore une fois il faut bien que cela soit constaté par Désirer intensément "connaître" notre nature véritable.


L'unique problème, mais il est de taille, c'est que l'homme, identifié à son corps, recherche le Bonheur avec les moyens du corps et ces moyens ce sont les sens. Les sens ne peuvent nous procurer que des sensations.
Si ces sensations sont agréables, nous les appellerons plaisirs et si elles sont désagréables, souffrances.

Les plaisirs ne sont ni bons ni mauvais, ils correspondent naturellement à une réaction des sens aux objets qui nous entourent. Mais ce qui est par contre certain, c'est qu'ils sont éphémères : ils apparaissent et puis disparaissent.

Si l'homme est privé d'un plaisir qu'il a l'habitude d'avoir, il en sera perturbé et cela engendre une souffrance.
Celui qui constate l'impermanence des plaisirs va alors se demander comment trouver réellement le Bonheur.
En approfondissant notre recherche, nous constaterons que ce Bonheur, qui se doit d'être permanent, ne peut pas être extérieur à nous. Cela seul qui est permanent est appelé le SOI et c'est en Lui seul que se trouve le Bonheur. C'est notre nature véritable que l'on qualifie de "ETRE - CONSCIENCE - BEATITUDE."
Donc, la recherche du SOI, ou de notre nature véritable est simplement la recherche du Bonheur.

L'existence est le Soi donc vous avez cette conscience d'exister et d'être en fait le Soi ! Le problème provient uniquement des habitudes mentales c'est-à-dire de tout ce que vous pensez savoir, de la vie, du monde, de vous et des autres. Tout ce que vous avez appris comme des vérités bien établies et qui ne sont que des "on dit", résultats des convictions des parents qui eux-mêmes l'on appris de leurs parents. Il en est de même de toutes les convictions, de toutes les croyances : de simples conceptions, de simples idées et pourtant, elles font marcher le monde depuis si longtemps... Constatez sérieusement que les plus belles idées, les plus grands principes, les plus grands personnages n'existent que si j'en prends conscience ! C'est de ma présence que dépend l'existence de toute perception.
N'est-ce pas évident ? Tout ce qui est perçu est contenu dans le mental. Quand
le mental apparaît (au réveil), le monde et tout ce qu'il contient,apparaissent.

Le Soi est toujours "expérimenté", mais les habitudes mentales que nous entretenons sans cesse font que nous nous prenons pour ce que nous voyons, c'est-à-dire un individu avec une forme corporelle.
A partir de cette fausse identification, il est certain qu'il n'est pas possible de trouver le Bonheur puisque l'ensemble corps-mental fonctionne au moyen des sens et que les sens ne peuvent nous procurer que des sens-ations qui, elles-mêmes, nous font expérimenter les plaisirs.



La plus grande difficulté dans la recherche dite spirituelle réside dans le fait que le chercheur n'a pas l'expérience de l'état Absolu. Comment comprendre ce que l'on n'expérimente pas soi-même ? C'est impossible ! Ne basez donc pas votre recherche uniquement sur la compréhension.

Observez inlassablement le jeu de la Conscience et reconnaissez, une fois pour toutes, que vous ne pouvez pas être ce que vous observez - événements, sensations etc... Vous êtes Celui qui constate cela.
Ne confondez plus les événements, les impressions ou sensations avec Celui qui constate leur existence: n'est-ce pas évident ? Vous n'êtes, à aucun moment le spectacle, mais vous êtes en permanence, l'Unique spectateur. Votre nature véritable, soyez cet Etre que vous êtes déjà !

Écrit par : | 17/06/2006

Belle formulation Nous sommes tous une seule et meme absence. Mais, a l'encontre du point de vue du Vedanta que vous exposez ici, je crois 1/ Que le Soi peut etre connu et experimente, mais pas a la maniere d'une chose; 2/ Que la maitrise des sens est vaine et inutile (au dela du degre de controle que nous demande toute vie en societe); 3/ Je ne vois pas de separation aussi nette entre la connaissance et l'action. L'action (pratique rituelle ou meditative, par exemple) est le prolongement de la connaissance.
Mais sur l'essentiel, je suis tout a fait d'accord avec vous. Malheureusement, je ne suis pas en mesure de repondre convenablement pour le moment.

Écrit par : anargala | 19/06/2006

Questions - Réponses
QUESTIONS - REPONSES

1/ Si le SOI est l'état dans lequel il n'y a plus aucune distinction entre le
bien et le mal, pourquoi est-il nécessaire de demeurer dans le bien pour accéder
à cet état ?

R - Il faut bien "comprendre" que le SOI n'est pas un état et donc qu'Il ne peut
être question de l'atteindre. Nous sommes toujours le SOI. Par contre, les trois
états, de veille, de rêve et de sommeil profond sont eux, des états et ne
concernent que la Manifestation. Dans ces états, la distinction est établie
entre ce que l'on appelle "le Bien" et "le Mal". En règle générale, nous
appelons "Bien" ce qui nous rend heureux et "Mal" ce qui nous rend malheureux.
Pour celui qui vit dans le monde et qui est donc identifié à son corps,
c'est-à-dire à une forme déterminée, cette distinction existe réellement et la
question pourrait se résumer ainsi : Est-ce qu'il est préférable de faire le
bien plutôt que le mal ? La réponse est évidente.



2/ Quel est le moyen le plus aisé, ou disons plutôt le plus sûr de passer d'une
"compréhension" intellectuelle de ce qu'est le SOI à une véritable expérience du
SOI ?

R - En comprenant bien que la compréhension ne peut justement être
qu'intellectuelle et qu'il n'existe jamais un seul moment pendant lequel nous
n'expérimentons pas le SOI. Ce que nous sommes, c'est uniquement le SOI et ce
que nous pensons être n'est que son ombre. Mais c'est vrai qu'il est
indispensable de passer par le cheminement intellectuel qui comprend trois
étapes successives : Ecouter - Méditer ce que nous avons entendu - Expérimenter.
L'expérience spirituelle est le résultat naturel des deux premières étapes et
elle n'est jamais provoquée. Elle survient au moment où l'on s'y attend le moins
et efface pour un instant l'Ego, c'est-à-dire les pensées. Nous expérimentons
toujours le SOI, mais comme cette expérience est perturbée par la dualité
résultant de la manifestation, nous confondons l'ETRE avec le PARAITRE, le
spectateur avec le spectacle.
En fait, la recherche spirituelle, qui doit nous donner un jour la réponse au
"Qui suis-je ?" ne peut être qu'une démarche intellectuelle. On ne peut
comprendre que ce qui est inconnu, on ne découvre que des choses nouvelles or,
le SOI est toujours connu. C'est donc en éliminant tout ce qui nous empêche de
n'être que le SOI que nous serons réellement ce que nous sommes en permanence.
On peut même dire et essayer de comprendre qu'il ne peut pas y avoir
d'expérience du SOI, mais il y a toujours, dans le monde manifesté, expérience
du non-Soi, c'est-à-dire de l'EGO.



3/ Lorsque nous dormons, durant la phase de sommeil profond, a-t-on conscience
d'être ?
Si oui, pourquoi n'en garde-t-on pas un souvenir (ou une trace quelconque) ?
Si non, l'Absolu est-il alors un état dans lequel on ne peut avoir conscience
d'être ?

R - Il faudrait poser la question à celui qui dort ! Est-ce que dans le sommeil
profond, une telle question apparaît ? La réponse est non ! Qui dit ne pas être
conscient durant le sommeil profond ? On ne peut pas dire que l'on n'était pas
conscient durant le sommeil profond. Ce qui est vrai, c'est que nous ne nous en
souvenons pas. Mais, un trou dans la mémoire n'est pas un trou dans la
conscience.
En fait, dans cette question, c'est l'individu, donc l'Ego qui demande s'il a
conscience d'être présent durant le sommeil profond. Cette fois, et vu sous cet
angle, la réponse est bien sur : non ! L'Ego n'est pas présent durant le sommeil
profond car lorsqu'il est présent durant le sommeil, il s'agit alors du rêve.
Parlant de l'état de rêve, on pourrait se demander : A-t-on conscience d'être
durant le rêve ? Oui, le rêveur a conscience d'être, mais seulement d'être, à
aucun moment, il ne s'aperçoit qu'il rêve. Tout ce qui est perçu en rêve lui
semble bien réel. C'est lorsqu'il sort de cet état de rêve que l'individu peut
se dire : "Mais ce n'était donc qu'un rêve !". De la même manière, lorsque
l'individu sortira de l'état dit "de veille", c'est-à-dire, lorsqu'il réalisera
sa vraie Nature, tout en soupirant et en riant, il dira : "Ce n'était donc qu'un
rôle dans un film ! Mais répondons clairement à cette question avec une mise en
garde toutefois : il n'est pas nécessaire d'essayer de comprendre ce qu'il y a
lorsque l'EGO est absent ou ce qu'il n'y a pas. Tout raisonnement à ce sujet ne
mènerait à rien.
La conscience d'être, c'est-à-dire l'Etreté est permanente ; ce sont les états
qui sont impermanents et qui changent, pas le SOI. Le SOI est l'écran sur lequel
les images (les états) apparaissent et puis disparaissent. Le SOI n'est jamais
affecté, bien qu'étant à la base de la manifestation.
Encore une fois, ce que l'on appelle l'ABSOLU, ou le SOI, ou DIEU s'il le faut
n'est pas un état parce qu'un état n'existe que par rapport à un autre. L'Absolu
est au-delà des états, mais il les sous-tend. Lorsque l'Absolu n'est pas
manifesté, il est le SOI, c'est-à-dire l'ETRETE. La différence entre le SOI non
manifesté et le SOI manifesté, c'est que le premier existe de lui-même, par
lui-même et qu'il est le TOUT, alors que le SOI manifesté, qui prend le nom
d'EGO, se heurte à l'espace-temps et a donc besoin d'une forme qui, pour un
homme, par exemple, est un corps. Le SOI EST, mais l'EGO apparaît par
intermittence. C'est pour cette raison que l'on peut dire que l'Ego n'existe pas
réellement, en ce sens qu'il n'a pas d'existence propre, indépendante. Il n'est
qu'un pâle reflet du SOI. Dans l'Hindouisme, on dit souvent que l'Ego est un
imposteur parce qu'il se fait passer pour le SOI. L'exemple est excellent, et
RAMANA d'ajouter : "découvrez l'imposteur et soyez libre !"




4/ Nisargadatta Maharaj, lors d'un de ses nombreux entretiens, a mis en évidence
l'ironie de la quête spirituelle en expliquant que ce qui est cherché est le
chercheur lui-même ! Comparant alors le chercheur à un oeil, il pose la question
suivante : "un oeil peut-il se voir ?"
Quelle est la solution à ce problème ? Que faut-il faire ou ne pas faire pour
permettre à l'oeil de se voir ?

R - C'est ce que l'on répète sans cesse et c'est vrai ! Ce que nous désirons
atteindre, ce que nous cherchons avec passion, avec ferveur, en y mettant tout
notre coeur, tout notre Amour, quitte même à y laisser notre santé physique,
oui, ce que nous trouverons, en fin de compte, après parfois un long chemin et
bien des épreuves : c'est Nous ! Plus précisément, Notre ETRE réel, celui que
nous sommes à chaque instant et que rien ne peut atteindre.
C'est vrai, et c'est sans doute bien de le rappeler souvent, mais pour celui qui
cherche, ce ne sont malheureusement que des mots. Rassurants certes, puisque,
s'il a bien entendu, il sait à présent qu'il ne peut absolument pas ne pas
arriver au But qu'il s'est fixé, puisque le But, c'est Lui, le SOI ! Mais
combien de chercheurs ont réellement entendu ces mots précieux ? Combien
agissent en fonction de cette évidence ? Très peu !
Cela prouve que c'est loin d'être évident et que, au-delà des mots et des belles
expressions, le mental, les pensées, en résumé, l'Ego, n'est pas très disposé à
accepter d'emblée que l'on ne tienne plus compte de lui, et bien souvent, c'est
lui qui l'emporte. C'est pour cela qu'il existe une recherche, un long chemin,
des masses de techniques de méditation, de multiples exercices de YOGA qui
permettront à l'élève de se relaxer, de méditer, puis enfin, le calme venu,
d'entrevoir, grâce à certaines expériences qui arriveront en temps voulu, qu'il
n'est peut-être pas qu'un corps physique.
Il faut bien comprendre qu'il n'y a pas deux SOI : l'un cherchant l'autre. Par
contre, et c'est bien pour cela que le chemin est long, il y a la manifestation
et le non manifesté. Celui qui cherche est dans le monde manifesté alors que le
cherché n'est pas manifesté ! Les deux sont réels, mais l'Un est éternel, alors
que l'autre, en comparaison, n'est qu'un millième de seconde.
Alors, quelle est la solution à ce problème ? C'est bien entendu de trouver la
réponse. Sachant qu'elle est en nous, concentrons toute notre attention sur le
fonctionnement des pensées, plongeons à la source d'où elles jaillissent et
elles disparaîtront d'elles-mêmes. C'est vrai, l'oeil ne peut se voir, mais si
l'on met un miroir devant lui, il se verra. Pour le chercheur, le miroir c'est
le SOI.




5/ On parle souvent de purification de l'esprit ou de la psyché comme une étape
essentielle avant l'acquisition de la connaissance du SOI. De quoi l'Esprit
doit-il être purifié ? En quoi cette étape est-elle nécessaire au cours de la
quête du SOI ? Quel est le moyen d'effectuer cette purification ?

R - Tout d'abord, précisons encore une fois qu'il n'y a aucune connaissance à
acquérir pour être le SOI, puisque nous Le sommes déjà. Connaître le SOI, c'est
tout simplement Etre le SOI. Comme nous sommes le SOI, mais que nous ne le
savons pas réellement, c'est ce que nous prenons pour le SOI, c'est-à-dire l'EGO
qu'il faut éliminer !
Quant à purifier l'esprit, c'est-à-dire l'Ame ou Ego, cela fait partie des
diverses techniques utilisées par les religions ou mouvements spirituels ou
encore écoles de Yoga. Cette purification n'a aucun sens pour celui qui suit le
chemin de JNANA.
Mais précisons tout de même que procéder à une éventuelle purification suppose
que nous sommes, au départ, impurs... Comprenons très clairement et une fois
pour toutes que nous ne sommes jamais, à aucun moment impurs ! L'idée même
d'impureté provient certainement, comme une foule d'autres conceptions, des
multiples procédés de culpabilisation inventés par les religions... "Je" n'est
pas le corps, comment pourrais-je un instant être pur ou impur ? Même le corps
lui-même ne peut pas être pur ou impur, il est simplement provisoire et de ce
fait soumis à des changements, à un début et donc une fin, c'est tout. D'autre
part, vous rappelez-vous avoir un jour sollicité un corps ? Est-ce vous qui avez
demandé à venir dans ce corps qui pour le moment est votre forme physique ? Il
n'existe absolument rien d'impur ni en l'homme ni en aucune autre forme en ce
monde. Tout ce qui existe, arrive simplement. Les choses sont simplement ce
qu'elles sont : c'est après l'apparition de ces choses, formes, etc... que nous
leur mettons des étiquettes : ceci est bien, cela est mal ; cette chose est
pure, celle-ci est impure ; cet homme est blanc, celui-ci est noir, etc... Tout
cela n'est que simple conception ! Qui suis-je moi, lorsque, dormant
profondément le soir, ces idées, pensées, conceptions, convictions, certitudes,
croyances, disparaissent ? Et si elles existent réellement, pourquoi ne
sont-elles pas présentes dans le sommeil profond ?
Comme beaucoup d'autres mots, celui de purification doit être effacé de votre
vocabulaire.
Au lieu de vouloir purifier l'Ego, il est préférable de réaliser qu'il n'existe
que parce que le SOI le permet. Découvrons qui se cache derrière l'Ego et le
chemin sera accompli !




6/ Comment un être ayant réalisé sa véritable nature, ne faisant qu'un avec
l'Absolu, étant en dehors du temps et de l'espace, peut-il s'intéresser au monde
manifesté et à ce qui s'y passe ? Comment peut-il même encore percevoir le monde
manifesté ?

R - Comprenons bien ceci : une personne ne peut pas être libérée, mais au
contraire, l'Etre Réalisé est libéré de la personne. La différence est
essentielle et il faut absolument s'imprégner de cette vérité.
Cette question concerne l'individu, l'ensemble corps-mental, c'est-à-dire la
forme que "les autres" perçoivent. En réalité cela ne se passe pas comme on le
croit. Il serait sage de répondre à ce genre de question en disant : "Réalisez
d'abord et vous verrez ensuite !"
On ne peut pas tout dire, tout expliquer lorsqu'il s'agit d'un état qui n'en est
pas un puisqu'il se situe dans la non-dualité et que nous parlons à partir de la
dualité, ce qui est inévitable. Le problème est toujours le même : les gens
voient un homme "réalisé", ils pensent qu'il est "réalisé", mais ils continuent
à voir un homme, un corps. Si l'on ne voit qu'un homme, on ne trouvera pas un
grand changement dans sa vie habituelle. Selon les Etres, ils continueront de
paraître physiquement comme avant, mais ceci ne concerne que les apparences. En
réalité, il en est tout autrement. L'Etre libre est libéré une fois pour toute
de son individualité, il est libéré de la personne de façon définitive et disons
qu'il regarde le film de la vie de cet individu qu'il a cru être comme si
c'était un rêve, sans plus. Lorsque vous sortez de l'état de rêve, vous pouvez
songer aux rêves que vous avez vécus durant cet état, mais vous n'y songerez pas
très longtemps, sachant très bien que ce n'était qu'un rêve. L'Etre qui a
réalisé sa véritable Nature, de la même façon, sortant de cet état que l'on
appelle "veille", constate que ce n'était en fait qu'un autre rêve et "assiste"
à la suite du film sans en être perturbé. L'écran n'est pas affecté par les
images qui s'y reflètent.
L'Etre réalisé ne dit pas qu'il perçoit le monde manifesté, parce que pour Lui,
il n'existe rien en dehors du SOI. Le SOI est la totalité du manifesté et du
non-manifesté et pour l'Etre libéré, il n'y a aucune différence, mais un tout
unique. Mais les mots n'exprimeront jamais ce qui n'est pas exprimable.




7/ Existe-t-il plusieurs niveaux de conscience ? Si oui, le rêve et le monde
manifesté sont-ils issus du même niveau de conscience ?

R - Oui, on peut dire qu'il existe plusieurs niveaux d'inconscience.
Considérant que seul le Soi est la véritable conscience, il faut admettre qu'il
y a des personnes plus ou moins inconscientes de leur nature réelle.
Les états de veille et de rêve font tous les deux partie du monde manifesté. La
différence entre le rêve et la veille se situe uniquement dans la durée. Peut-on
voir le monde sans corps ? Peut-on voir le rêve sans corps ?
Non, la seule différence là encore, c'est le corps. Dans le rêve il s'agit du
corps astral et dans la veille du corps physique. Ce n'est pas ce qui est vu qui
est important, mais celui qui voit. Donc, les états de veille et de rêve ne
concernent que l'EGO ou individualité.




8/ Le concept de la recherche spirituelle implique qu'il y a un chercheur d'une
part et quelque chose de cherché d'autre part : il y a donc dualité. La
recherche serait-elle alors un obstacle à son propre aboutissement ? Faut-il
arrêter de chercher pour expérimenter le Soi ?

R - Il faut absolument comprendre, ou essayer d'avoir toujours un regard porté
un peu plus loin que notre raisonnement intellectuel. Le raisonnement est
indispensable, le besoin de comprendre également sinon, il n'y aurait pas de
recherche... Toutefois, nous ne devons jamais oublier qu'il n'y a absolument
rien à faire de particulier pour "expérimenter le SOI" puisqu'IL est toujours, à
chaque instant, "Expérimenté". Comme il n'existe absolument rien "en dehors" du
SOI et qu'il est toujours présent, c'est tout le reste (Monde, individus, états,
pensées) qui fait l'objet d'une expérience particulière, jamais le SOI !
En réalité, on ne peut pas expérimenter le SOI parce que l'expérience n'existe
que dans et à cause de la dualité "expérimentateur-expérimenté". C'est pour ces
raisons que l'on dit que Connaître le SOI, c'est simplement ETRE le SOI.
Mais la recherche est malgré tout indispensable bien sûr ! Ce qu'il faut bien
définir, c'est le BUT de notre recherche : Que ou Qui cherchons nous ? Tant que
nous sentons au plus profond de nous le besoin de comprendre le But de la vie,
et de répondre aux questions que nous nous posons au sujet de notre condition
d'être humain, de la finalité de la "création", il y a recherche et c'est la
bonne voie. Il est indispensable de commencer par toutes ces questions et d'y
apporter des réponses, celles-ci ne seront pas toujours les mêmes, elles vont
évoluer lentement, proportionnellement à notre désir d'atteindre le But.
Mais, encore une fois, ce sont nos cinq sens qui expérimentent la manifestation
et les événements qui s'y déroulent. C'est pour cette raison que les Yogis (par
exemple) font tant et tant d'exercices pour maîtriser leurs sens et en devenir
finalement maîtres. Dans quel but ? Tout simplement d'aller au-delà. Aller
au-delà des sens, maîtriser les sens : tout cela pour dire que lorsque les sens
sont transcendés, tout ce qui va avec l'est également : c'est cela le travail
pratique d'une recherche. Celui qui a maîtrisé les sens de l'ensemble
corps-mental ne peut plus être identifié à l'individu parce qu'il n'y a plus
possibilité d'expériences. Tout a été réabsorbé à la source et il ne reste plus
que l'Etre, c'est-à-dire l'Existence pure qui est non manifestée mais qui
pourtant permet qu'il y ait manifestation, puisqu'elle est la base d'où tout
provient et où en fait tout revient.
Pour en revenir au dernier élément de la question, on peut dire en effet que
c'est quand la recherche prend fin que le SOI est simplement ce qu'il Est et
qu'Il a toujours été : la pure conscience d'Etre. Mais il ne faut surtout pas
arrêter volontairement la recherche, au contraire, il faut se battre de toutes
ses forces, de toute son Ame, avec la conviction que le BUT sera atteint.
L'échec est impossible pour celui qui veut absolument y arriver !
La recherche s'arrêtera d'elle-même lorsque le mental, las de lutter rendra les
armes ! Pendant des années, nous cherchons, sans trop savoir quoi, sachant qu'il
y a quelque chose, en nous, au plus profond de nous, qui nous appelle, une
vérité intérieure en quelque sorte. Alors nous partons à la recherche de cette
Vérité avec son flot de questions inévitables. Au fil du temps, notre conception
de la Vérité va changer totalement, les questions vont diminuer, le raisonnement
ne fonctionnera plus comme avant, les doutes vont diminuer.
En fait, à force de harceler le mental, de le forcer à se plier à notre volonté
; à force d'efforts répétés pour devenir maître des sens, nous deviendrons
libres, car ce que nous montre le monde, c'est que l'homme est esclave de ses
sens ! Si nous parvenons à inverser ce processus, le plus gros du travail sera
réalisé...




9/ Quels sont les moyens qui permettent de ne plus tout analyser de façon
rationnelle, de franchir cette barrière qu'est l'intellect pour le cheminement
spirituel ?

R - En dehors de l'introspection, de l'investigation qui ne peuvent être
qu'intellectuelles, la méditation est un bon moyen de "mise au calme". Mais ce
n'est qu'un moyen et il ne faudra jamais l'oublier ! Mais en fait, l'intellect
n'est pas une barrière puisqu'il est malgré tout indispensable à toute
recherche. Il ne faut jamais perdre de vue que la recherche ne peut être que
subjective et qu'à partir de là, le seul handicap, la seule barrière, c'est
justement de penser qu'il puisse y avoir une barrière.




10/ "L'identification résulte du concept imaginaire d'une entité autonome
indépendante qui se croit l'auteur de ses actes et par ce fait prend livraison
des actions et de la responsabilité de leurs conséquences." Cela signifie donc
que nous n'agissons pas mais que les choses "arrivent" !
Cela implique-t-il que nous ne devons plus rien faire et que nous devons laisser
les événements agir sur nous ?
Au contraire, devons nous continuer à nous sentir responsable de nos actions
tant que nous sommes identifiés au corps ? Cela ne représente-t-il pas un
obstacle dans notre Quête de la Vérité ?

R - Qui pose de telles questions ? Pour dire que nous n'agissons pas, mais que
les choses arrivent, il faut être libre ou, comme l'on dit, "réalisé". Avant ce
jour, il est bon de le savoir, en arrière plan, comme base de travail et
uniquement dans ce sens. Sinon, cela ne veut absolument rien dire. Celui qui
entreprend une quête spirituelle ne doit tenir pour Vrai que ce qu'il
expérimente lui-même et prendre tout le reste pour des "on dit". Il ne faut
absolument rien accepter en dehors de ce que nous expérimentons. C'est le
meilleur moyen de réussir ! Il suffit de regarder l'histoire des religions avec
leurs montagnes de credos, leurs multitudes de rites, cultes, affirmations de
toutes sortes, que les hommes ont acceptés comme on est obligé d'accepter
qu'après le lundi vienne le mardi, c'est-à-dire passivement, pour se rendre
compte que cette façon de faire mène à la catastrophe et ne conduit pas l'homme
au But ultime, quel que soit le nom que l'on donne à ce But. Les religions,
philosophies diverses, etc... nourrissent le mental et donc la personnalité,
l'individu et fortifient l'Ego : comment pourraient-elles de ce fait parvenir à
un résultat qui, en l'occurrence, est de rendre l'homme libre ?
Quant à cet éternel problème qui consiste à dire : "si les choses arrivent et
que je n'y peux rien changer, alors, je ne fais plus rien !" La réponse est
simple : essayer ! Tant qu'il existe un individu, l'action est inévitable parce
que c'est un tout. Là encore, il est bon d'avoir cette éventualité en arrière
plan, comme base de travail, mais tant que l'on ne sera pas libéré de la
personnalité, ce ne seront que des mots...
Alors, en effet, doit-on se sentir responsable de nos actions tant que nous
sommes identifiés à cet ensemble corps-mental ? Nous sommes responsables de ce
que nous pouvons changer. Mais que pouvons-nous changer dans notre vie, dans les
événements qui se succèdent à chaque instant ? En réalité : Rien ! Nous n'avons
aucune emprise sur ce qui arrive, la seule chose que nous pouvons changer, c'est
notre attitude. En tant qu'individu, nous n'avons aucune responsabilité quant
aux événements qui se déroulent dans le monde. Mais, avant d'être libéré de
l'illusion provoquée par la dualité, tous ces mots, ces affirmations n'ont
certes aucun sens...




11/ Vous avez affirmé, après avoir répondu à mes questions, avoir découvert les
réponses en même temps que vous les lisiez ! J'aimerais savoir "Qui" a découvert
ces réponses ! En effet il ne peut s'agir de votre ego, ni de votre
"corps-mental" puisque vous êtes complètement "désidentifié". Il est clair pour
moi que ces réponses ont été directement dictées par le Soi avec lequel vous ne
faites qu'Un. La question reste donc entière : comment avez-vous pu "découvrir"
les réponses à mes questions ?

R - Ce genre de question n'a aucun intérêt en ce sens qu'elle n'apportera rien
qui puisse servir au progrès spirituel. Si, comme il est dit dans la question,
il est clair que ces réponses ont été directement dictées par le Soi, où est le
problème ? Mais, plus sérieusement, pourquoi essayer de comprendre ce qu'est
l'"Etat" d'un Etre réalisé quand on ne comprend pas encore son état présent ?
C'est tout simplement impossible ! Oui, l'homme libre, le libéré, l'Etre
réalisé, ou toute autre appellation, est désidentifié, mais pas seulement de la
personne, de l'individu, mais de l'ensemble de la manifestation. Alors
effectivement on peut dire, mais seulement quand on y est, que les choses
arrivent puisque l'on en est "témoin".
Mais le chercheur peut-il comprendre que tout cela n'est réel que pour celui qui
observe dans la manifestation ? Pour l'Etre réalisé, la vérité est simplement
qu'il ne se passe absolument rien !




12/ Est-il possible de s'intéresser à autre chose qu'au Soi lors de la quête du
Soi (amour, études, vie professionnelle, famille, etc...) ou faut-il abandonner
toute activité ou préoccupation extérieure pour ne se consacrer qu'au Soi ?

R - Avant de commencer une recherche spirituelle, définissons bien Ce que nous
allons rechercher. Certains l'appellent DIEU, d'autres La Vérité, etc... Nous
préférons dire le SOI qui est l'unique source du Bonheur. Nous savons, au moins
intellectuellement ce qu'Est le SOI : notre Vraie Nature, Celle qui ne change
pas, stable, éternelle, source de tout ce qui existe.
La recherche spirituelle est donc la recherche de soi-même, tout simplement.
Comment allons-nous procéder pour réaliser notre vraie nature ? Non pas en
essayant vainement d'accumuler des "connaissances", ni en voulant à tout prix
accéder à des "niveaux de conscience" imaginaires et de toutes façons inutiles,
mais en éliminant tout ce que nous ne sommes pas. A force de discriminer, de
trier, d'éliminer tout ce qui est provisoire, éphémère, donc irréel, nous
verrons peu à peu l'intérêt que nous portons pour le monde avec tout ce qu'il
contient de souffrances et de joies bien illusoires, disparaître lentement et
faire place à une PAIX intérieure que rien ne pourra jamais troubler.
Il n'est pas nécessaire, ni souhaitable d'abandonner nos activités, quelles
qu'elles soient pour partir en quête du SOI. Ce qu'il faut abandonner peu à peu,
c'est l'illusion d'être l'auteur des actes. Ce n'est pas simple au début, mais
les efforts répétés, le désir ardent d'arriver au But et une Foi à toute épreuve
nous donneront la victoire, car il s'agit bien d'une lutte ! On peut donc dire
en fait, qu'il ne s'agit pas d'abandonner nos activités, mais de faire en sorte
que ces "activités" nous quittent.
Oui, on peut s'intéresser à autre chose qu'au Soi, au cours de notre recherche
spirituelle, surtout au tout début. Avec le temps et disons les "progrès
spirituels", l'intérêt que l'on avait pour d'autres activités ou passions
tiendra moins de place parce que le Soi brillera davantage. C'est un peu comme
un enfant qui admire la lumière émise par une ampoule et qui, soudain, découvre
le soleil et son extraordinaire rayonnement. Il ne pensera plus jamais de la
même manière à la petite lumière d'une ampoule.
Souvent, nous donnons une importance exagérée à des choses qui en fait n'ont
qu'une importance toute relative. Ce que nous trouvions magnifique autrefois ne
nous intéresse plus aujourd'hui. Tout est relatif, tout change, rien n'est
stable. Alors quand il s'agit d'aller à la rencontre de La Vérité, il est
certain qu'elle nous attirera comme un aimant et qu'elle captivera toute notre
énergie. Tout le reste nous apparaîtra alors sous un autre jour, totalement
différent.
En fait, lorsque l'on expérimente réellement que l'on n'est pas cet ensemble
"corps-mental" auquel nous nous sommes toujours identifiés, comment pourrait-on
s'intéresser à autre chose ? Car alors, tout est vu comme éphémère et vraiment
"tout petit", notre vision change totalement. Et puis, cette expérience peut
être faite assez rapidement, au cours d'une bonne méditation. C'est un réel
encouragement pour celui qui cherche !




13/ Dans quelle mesure est-il possible de comparer l'état de sommeil profond
avec la Conscience pure quand on sait que le premier est passager alors que
l'autre est atemporelle ?

R - La réponse se trouve en partie dans la question... C'est vrai, l'on compare
très souvent l'état de sommeil profond avec "l'état initial", parce que nous
comprenons mieux avec des exemples et celui-ci est bon. En effet si nous
arrivons à comprendre que durant le sommeil profond, et bien qu'il n'y ait
conscience ni du corps, ni du monde, ni de Dieu, nous existons malgré tout, un
grand pas sera effectué dans la bonne direction.
La comparaison ne se situe qu'à ce niveau cependant. Il est très simple de
comprendre que si nous continuons d'exister sans avoir conscience du corps,
c'est que nous ne sommes pas uniquement le corps. C'est ce que nous
expérimentons chaque nuit, au cours du sommeil profond, mais nous n'en gardons
pas le souvenir...
Mais la comparaison est également trompeuse parce que le sommeil profond n'est
qu'un état, alors que le SOI se trouve au-delà des états et c'est pourquoi l'on
se presse d'ajouter que la réalisation ressemble au sommeil profond avec la
Conscience en plus... Ce qui en fait ne veut pas dire grand chose, mais c'est ce
qui se rapproche le plus de la réalité qui ne peut être exprimée.
Le sommeil profond n'existe que parce ce qu'existent également la veille et le
rêve, c'est-à-dire les trois états. Ce qu'il faut absolument comprendre, c'est
que ce ne sont pas les états qui importent, mais celui qui constate les états,
le Témoin qui se trouve, Lui, au-delà de tout état. Il n'existe qu'un SOI, mais
il existe plusieurs états. Si donc nous supprimons les états, que restera-t-il ?
Le Soi. Pendant l'état de veille, je suis, durant l'état de rêve, je suis, au
cours du sommeil profond, je suis encore : c'est le fait "Je suis" qui ne change
pas et ce sont les états qui changent sans cesse tout simplement parce qu'ils
n'ont aucune existence propre. Les états sont irréels en tant que simples états,
mais ils sont réels en tant que ce qui se présente à nous sous l'apparence de
ces états.
Tout le monde est habitué à dire : "j'ai bien dormi, j'étais heureux durant mon
sommeil" Mais tout le monde reconnaît également ne pas savoir ce qui se passe
durant le sommeil profond... Nous pouvons tirer deux éléments importants de ces
constatations : d'une part une impression de bonheur et d'autre part
l'inconscience, l'ignorance de cet état quand il se produit. Mais pour pouvoir
dire à l'état de veille "j'étais heureux durant le sommeil, c'était la Paix
parfaite", il a bien fallu que cette expérience se produise et qu'il y ait
quelqu'un pour l'apprécier ! Donc,la conscience existe réellement durant le
sommeil profond, mais elle n'est pas activée parce qu'il n'y a pas les formes
perceptibles dans l'état de rêve ou l'état de veille. La félicité éprouvée
durant le sommeil profond provient de l'absence de perception, les sens étant,
disons, engourdis.
Il faut à nouveau préciser que la comparaison de "l'état de réalisation" avec le
sommeil profond concerne la félicité éprouvée pendant cet état, mais uniquement
son côté négatif parce que cette félicité est le résultat de l'absence de
pensées et qu'elle n'est que transitoire. Ce n'est donc qu'un petit aperçu, un
flash de la félicité suprême qui Elle est permanente.




14/ En quoi la voie de la dévotion peut-elle aider le chercheur ? L'adoration
d'un Dieu ou d'une personne extérieure à soi n'est-elle pas contradictoire avec
l'introspection et la compréhension de la non dualité ?

R - Tant que nous pensons être un corps particulier, une forme déterminée, il
n'y a aucun mal à adorer DIEU et à être donc un dévot. Disons même que c'est une
voie semée d'expériences sensibles, remplies d'Amour, de Joie et de Paix et qui
laissent dans notre coeur des marques que rien ne pourra remplacer, du point de
vue humain. Il n'existe rien de plus terrible pour un chercheur que d'être
"tiède", c'est-à-dire, uniquement cérébral, un intellectuel qui ne serait qu'une
"boite à raisonnements", aussi beaux soient-ils.
L'Ame est comme un instrument de musique, il faut donc la faire vibrer afin
qu'elle s'anime, danse, sorte de l'apathie dans laquelle elle se complaît trop
facilement. La méditation, les prières, les cultes, les dévotions etc... sont
autant de moyens pour accorder l'instrument. A nous ensuite de savoir à quoi
nous voulons l'accorder ... Et puis, il suffit de lire, par exemple "carnets de
pèlerinage" de Swami RAMDAS pour comprendre l'utilité de la dévotion dans la
recherche spirituelle.
D'autre part, une personne est toujours "extérieure" à soi puisque tout le monde
est persuadé d'être une personne. Dans l'Absolu, il n'y a ni extérieur ni
intérieur ni personne. Tout ce qui est objet d'expérience n'est en fait que
conceptuel. Comme tout concept, la dévotion a un côté positif et bien sûr un
côté négatif. Le "piège" de la dévotion, c'est évidemment d'en rester là, et
c'est ce qui se passe la plupart du temps... Sauf pour celui qui garde, en lui,
un sens critique qui n'accepte jamais la facilité intellectuelle. Celui qui
cherche avec toute son énergie et qui désire plus que tout au monde "trouver"
finira par comprendre qu'il existe de multiples voies, de très nombreuses
méthodes et qu'en définitive, il faut arriver à une "non-voie".




15/ Maharaj dit souvent à ceux qui viennent l'écouter qu'un certain type de
réceptivité est nécessaire à la compréhension véritable de ses paroles, il parle
souvent d'"aperception". Quels sont les moyens qui permettent d'atteindre ce
type de réceptivité? Comment la réception des paroles d'un Maître peut elle se
faire si celles-ci doivent être a-perçues (=non perçues) ?

R - Il ne faut surtout pas se compliquer la vie au cours d'une recherche
spirituelle... Les mots n'expriment pas toujours et même rarement ce qu'il
convient d'entendre. Disons tout simplement que seule l'expérience, la pratique
régulière, quotidienne, de l'introspection, nous amènera à une compréhension
intuitive et toute intérieure de ce que l'on lit ou entend au sujet de cette
Vérité que nous cherchons. L'intellect a son rôle à jouer, mais avec la
pratique, la compréhension intellectuelle, le raisonnement, feront place à un
état différent dans lequel les choses "arrivent". L'intellect qui par nature
"veut" comprendre, "veut" toujours, progressivement n'a plus besoin de vouloir
parce que la compréhension se fait toute seule de même que les nuages
s'éloignent dans le ciel et disparaissent lentement, faisant place à un ciel
d'azur, sans que l'on ait eu à faire quoi que ce soit.




16/ Comment se crée l'identification de la conscience au complexe corps-mental ?
Une fois la naissance de cette identification connue, n'est-il pas possible
d'effectuer le processus inverse, c'est-à-dire de se désidentifier de la même
manière ? Une question reste alors, la conscience individuelle peut-elle être
consciente du début de l'"attachement" ?

R - L'absolu qui est non manifesté, non duel, se manifeste en créant l'espace
et le temps ; ce processus entraîne la dualité et donc l'apparition d'une forme
: il y a alors ce que l'on nomme "naissance". Mais de quelle naissance s'agit-il
? Non pas de l'Absolu qui existait déjà, mais de la forme particulière qu'il a
prise. Il en est ainsi de toute vie dans le monde manifesté et donc des êtres
humains. C'est tout simple et pourtant, la sensation d'être une personne,
c'est-à-dire, en fait, une forme déterminée, particulière, est très forte ! Mais
là encore, il ne s'agit que d'une impression, et cette impression n'est pas
permanente puisqu'elle n'existe plus dans le sommeil profond. Ce qui n'est pas
permanent n'a aucun intérêt dans notre recherche puisque nous recherchons la
Vérité. Cette Vérité doit être permanente et la permanence est notre vraie
nature.
Pour ce qui concerne la personne - l'ensemble corps-mental - l'expérimentation
de la naissance n'existe pas. Le début de l'identification à une forme
déterminée est la sensation "je Suis". "Je suis" est une expérience qui ne peut
être appréhendée que dans la dualité. Bien que ce ne soit pas compréhensible, ce
que l'on nomme conscience est relatif au monde manifesté et à l'expérience que
l'on en a. Or, l'expérience ne peut concerner que l'état de dualité donc de
l'individu, de la personne, puisque pour qu'une expérience soit possible, il
faut obligatoirement l'expérimentateur et la chose expérimentée. C'est pourquoi
il faut essayer de "comprendre", mais c'est intellectuellement impossible, que
ce que l'on appelle "Absolu" ne peut jamais faire l'objet d'une expérience,
quelle qu'elle soit. C'est aussi pour cette raison que peu de chercheurs vont
jusqu'au bout du chemin, tant l'homme est attaché aux concepts que l'expérience
est tout. En réalité, l'expérience est très importante tant qu'elle est
nécessaire, mais vient un temps où même cela doit être dépassé.




17/ Lors de nos activités quotidiennes, nous sommes harcelés par un flot de
pensées et celui-ci semble continu, désordonné et souvent incontrôlable.
Existe-t-il un moyen, non pas de stopper toute pensée car ceci s'avère quasiment
impossible à faire, mais au moins de juguler ce torrent qui emporte tout sur son
passage, ou alors de l'orienter dans une direction donnée qui puisse être
bénéfique à la recherche spirituelle ?

R - Qui est harcelé ? En allant à la source des pensées, celles-ci
disparaîtront peu à peu, c'est une certitude. Il existe pour cela une multitude
de méthodes dont les principales sont la méditation et la vigilance de chaque
instant. En observant régulièrement les pensées, nous comprendrons le
fonctionnement du mental.
La maîtrise du mental est possible. L'ego peut "disparaître" parce qu'il n'est
qu'une ombre du Soi et qu'il n'a pas d'existence propre. Tant que nous lui
donnons de la nourriture (les pensées) il continuera à nous faire croire qu'il
est notre nature. Mais, lorsqu'il est privé d'alimentation, il s'efface et le
Soleil (le Soi) peut briller de toute sa splendeur. L'ego est un imposteur et
les pensées représentent sa forme.
Quant à orienter le mental, bien sûr, non seulement c'est à recommander, mais
c'est absolument indispensable et surtout au début, après, il sera habitué. De
même qu'un homme amoureux ne pense qu'à sa bien-aimée, celui qui est en quête
d'Absolu ne pense qu'à son objectif et la comparaison est loin d'être excessive.
Ce n'est qu'à ce prix, le prix d'une passion qui dévaste tout sur son passage,
que le but peut être atteint !
Il est absolument impossible d'envisager de "trouver la Vérité" sans être
totalement consacré à sa recherche et cette recherche ne peut être qu'une
passion dévorante, un feu qui nous consume, nous brûle, nous emporte comme une
avalanche emporte tout sur son passage. En fait, il faut être totalement fou.
Mais dans ce monde complètement insensé, où les hommes sont passionnés à l'excès
par des quantités d'activités passagères qui, c'est une certitude, les rendent
plus esclaves que libres, quelle est la meilleure folie ?




18/ Est-il nécessaire de faire des efforts pour réaliser l'Etre absolu ? La
notion d'effort n'est-elle pas contradictoire avec la spontanéité et l'inaction
qui sembleraient être plus indiquées à l'accomplissement d'une recherche ? Mais
d'autre part, une recherche sans efforts est-elle possible ?

R - On ne peut pas réaliser l'Etre Absolu pour la simple raison que l'on est
déjà cet Etre Absolu et que l'Absolu n'est pas expérimentable. L'Etre est notre
nature véritable. Ce que l'on pense être n'est qu'une surimpression provisoire
provoquée par la sensation "je suis", dans le sens "je suis une entité
particulière".
Par contre, les efforts sont indispensables pour réaliser que nous ne sommes pas
un individu avec une forme déterminée. Les efforts de chaque instant sont
nécessaires pour que cesse cette identification provoquée par la dualité
"spectateur-spectacle". Il faut beaucoup d'efforts (et le terme est très
faible), pour que l'illusion prenne fin et qu'enfin nous comprenions
définitivement que nous ne pouvons pas être ce que nous voyons...
Plus que dans toute autre recherche, la quête spirituelle est synonyme
d'efforts. Mais comprenons encore clairement que pour Etre, aucun effort n'est
nécessaire, mais comme nous sommes persuadés du contraire, faisons beaucoup
d'efforts pour le comprendre !
C'est pourquoi il est très important de bien définir ce que nous recherchons
réellement. Avant toute chose, que cherchons-nous ? Il faut au moins que le But
de notre recherche soit bien clair.
Du point de vue de l'Absolu, il est certain que Ce que nous cherchons, c'est
Nous. Partant de cette certitude, toute recherche de Soi est absurde. Est-ce
qu'une personne, assise sur une chaise, entreprend des recherches pour la
trouver ? N'est-ce pas étrange ? Et pourtant, dans la recherche spirituelle
c'est exactement ce que nous faisons... Si nous pouvions comprendre cela...




19/ Dans la mesure où la non-dualité n'est pas compréhensible en dehors de
l'expérience directe, comment savoir si nos actions favorisent une situation ou
un état propice à la réalisation du Soi ? Est-il possible de le savoir ? Y
a-t-il seulement une influence quelconque de nos actions à ce sujet ?

R - L'expérience n'étant possible qu'en présence de l'expérimentateur,
comprenons bien qu'il n'existe jamais une expérience de la non-dualité. Mais en
fait on ne peut pas réellement le comprendre. Comme le Soi est toujours et en
permanence "réalisé", c'est plutôt lorsque les actions cessent que nous sommes
dans un "état" propice à la perception intuitive de ce que nous sommes en
réalité. Mais, là encore les mots sont insuffisants pour comprendre, parce que
dans ce que l'on appelle la "non-dualité", les actions n'existent pas puisqu'il
n'y a pas d'acteur. Où sont donc passées les actions durant le sommeil profond ?
et le corps, et le monde ? On compare très souvent la réalisation au sommeil
profond. C'est justement à cause de l'absence d'expérience que cette comparaison
peut être faite. Le Soi est au-delà de l'expérience, mais il permet que celle-ci
soit possible. Quant à "l'influence de nos actions"... Que pouvons-nous changer
au déroulement de notre vie ? Toutes ces questions ne concernent en fait que
l'individu, donc l'ensemble "corps-mental". Ce que l'on appelle la recherche du
Soi pose comme condition, au départ, de supposer très sérieusement que nous ne
sommes justement pas cette forme que nous percevons et il ne faut jamais
l'oublier ! Qui est concerné par les actions et qui peut être influencé par
elles ?




20/ Lorsque nous nous sentons découragés ou faisons preuve de relâchement dans
notre recherche, les encouragements ou les "reprises en main" nous viennent du
monde qui nous entoure, indépendamment de notre volonté, pour la réveiller.
Quelle est l'origine de ces manifestations extérieures ? Qu'est-ce que la
volonté ?

R - Cette question est mal formulée. Comment des encouragements pourraient-ils
"venir" du monde "qui nous entoure" ? Le monde existe-t-il de lui même, est-ce
qu'il nous parle ? Cela n'a aucun sens. D'autre part, les manifestations sont
toujours extérieures puisqu'elles ne concernent que le monde perçu par nos sens.
Ce que l'on pourrait appeler des encouragements, ce sont simplement des éclairs
de conscience du Soi qui Lui, est toujours présent. Le Soi est permanent et n'a
besoin de rien pour Etre, mais comme nous l'oublions pratiquement toujours,
disons que le souvenir de notre Nature réelle est interprété de manières
différentes avec des noms et des formes multiples. De même, la "recherche
spirituelle" est par elle-même impossible, mais comme il faut des mots pour
désigner chaque chose, admettons ! Mais le mot "RECHERCHE" qui signifie chercher
à nouveau, suppose donc que nous avons déjà cherché... Alors prenons ce mot à la
lettre, il vient du latin circare qui veut dire "parcourir" : c'est mieux ainsi
parce que parcourir "notre vie", c'est suivre, visiter, dans toute son étendue
ou dans tous les sens ce qu'est réellement cette vie. A présent, le mot
"recherche" trouve son véritable sens.
Quant à la volonté... C'est l'action de vouloir et c'est bien là le propre de
l'homme ! L'homme veut en permanence et souvent même, il exige ! Pour ce qui
concerne la quête du Soi, la volonté est totalement illusoire et il est
préférable de remplacer ce mot par "Passion" ou "désir intense" ou encore
"nostalgie de notre nature réelle".




21/ Plutôt que de formuler des questions, je trouve plus profitable de me
concentrer sur la conscience d'être. Une telle attitude est-elle efficace, ou la
formulation de questions est-elle absolument nécessaire ?

R - Ce qui est nécessaire, c'est justement d'arriver au point où il n'y aura
plus de questions, mais de façon naturelle, sans effort particulier, tout
simplement parce que les réponses à nos différentes interrogations auront été
assimilées. Jusqu'à ce jour, il est "profitable" de formuler des questions, mais
surtout essentiel de bien Entendre les réponses...
Quant à la "conscience d'Etre", il n'est pas nécessaire de se concentrer pour
Etre. C'est pratiquement le contraire qui est vrai ! C'est lorsque la
concentration, c'est-à-dire l'effort, cesse que l'être Est ce qu'Il Est. Etre
tout simplement, sans mot pour le dire...




22/ Le japa est-il autre chose qu'une technique pour calmer le mental ? Se
concentrer sur autre chose peut-il avoir le même effet ?

R - Au cours de cette recherche spirituelle que nous entreprenons avec une
passion sans mesure et avec la ferme conviction de parvenir au But, différentes
pratiques sont utilisées et toutes, ont une utilité à partir du moment ou nous
en avons besoin. Lorsque nous avons épuisé une technique, elle n'a dès lors, pas
plus d'intérêt qu'une voiture sans roues... N'oublions jamais que cette fameuse
recherche est comme un chemin et que nos besoins changent tout au long du
parcours. Un nouveau né ne peut pas marcher et c'est pourtant le même qui plus
tard sera capable de courir. Il en est de même du cheminement spirituel.




23/ Est-ce que seule compte l'intensité de la recherche, ou est-ce que les
moyens de la recherche ont aussi leur importance ?

R - L'intensité fournira les moyens. Seul le But que l'on s'est fixé est
important, les moyens sont secondaires. Il n'y a que dans les religions qu'une
importance exagérée est donnée aux moyens, mais à trop s'attarder sur les
moyens, on en oublie le But... Alors n'ayons pas peur d'insister encore, seule
la Passion sans mesure, la conviction que l'échec est impossible et une intense
nostalgie de cette sensation d'éternité que nous ressentons au fond de nous,
pour peu que l'on y prête attention, nous mèneront au But.




24/ J'ai très souvent l'impression de vivre dans le monde comme un acteur dans
une pièce de théâtre. Je trouve cela bénéfique car dans cet état je me sens très
serein. Faut-il entretenir cela, ou cela peut-il être un obstacle à la recherche
?

R - Cette impression représente la réalité concernant la manifestation du Soi
dans un individu et il suffirait de passer de la simple impression à
l'expérience permanente pour "réaliser" ce que l'on est réellement. Mais il ne
faut surtout pas rechercher cette expérience passagère pour ressentir une
sérénité illusoire puisqu'elle n'est que sensorielle, mais plutôt parce qu'elle
est un éclair de ce qu'est réellement l'individu, c'est-à-dire un dispositif
psychosomatique qui n'a aucune emprise sur les événements qui arrivent quoique
l'on en pense. D'autre part, entretenir ces impressions reviendrait à s'y
complaire, il faut donc aller au-delà en se demandant, lorsque cette expérience
survient : "Qui expérimente ces impressions ?" Il n'y a aucun obstacle à la
recherche si ce n'est cette forte et tenace "impression" d'être une personne
déterminée qui pense agir dans un monde illusoire. Où se trouvent cette même
personne, ces mêmes actions et ce même monde lorsque nous dormons profondément ?




25/ La réalisation du Soi signifie-t-elle la disparition de l'ego, ou simplement
la conscience de ne pas être l'ego ?

R - Il existe une multitude d'exemples pour faire comprendre ce qu'est
réellement cette fameuse réalisation... Parmi eux, il y a celui que tous les
adeptes de l'Advaïta Vedanta (la non-dualité) connaissent ; cette reine qui
pendant des jours cherche son collier de perles et qui est désespérée de l'avoir
perdu car il représente une immense fortune. Elle cherche partout, elle veut
absolument le retrouver, oubliant même de manger et de dormir. Puis, un jour, un
serviteur ne comprenant pas son inquiétude et lui ayant demandé ce qu'elle
recherche, lui fait remarquer que ce collier est autour de son cou... La reine
se rend alors compte de son erreur et exulte de joie d'avoir enfin retrouvé ce
collier. Voilà ce qu'est la recherche spirituelle : retrouver ce qui a toujours
été là, n'est-ce pas incroyable ? La reine a toujours eu ce collier autour de
son cou et pourtant, elle était persuadée de l'avoir perdu et en était très
malheureuse. Il en est ainsi du chercheur spirituel : un beau jour, il sera fou
de bonheur d'avoir retrouvé ce qu'il a toujours été !




26/ Qu'est-ce l'Amour dans la recherche spirituelle ?

R - Tant que nous n'aurons pas réalisé notre vraie nature, nous ne comprendrons
pas ce qu'est réellement ce que l'on appelle "l'Amour".
L'homme parle beaucoup de l'amour et depuis bien longtemps. Que de livres
écrits, que de discours... "Tu aimeras ton prochain comme toi-même", ce
commandement, ou tout simplement ce conseil de Jésus est bien connu, mais mal
compris... Que n'a-t-on pas dit au sujet de l'Amour ? Ce fameux Amour est un peu
comme la politique, très passionnant en théorie, mais pratiquement inexistant en
pratique. Car dans la vie quotidienne, où est cet Amour ? Et comment se porte le
monde malgré cet amour ? de plus en plus mal ! Alors que faut-il en conclure ?
L'Amour n'est possible que dans la dualité et il est aussi réel que l'individu
dans le monde. L'Amour, c'est uniquement un besoin vital de vivre et c'est la
nature de toute vie manifestée qui représente en fait l'Amour du Soi. Mais
l'impression d'être ce que l'on voit et donc de confondre le spectateur avec le
spectacle, fait que l'on s'identifie à tort à une forme particulière et c'est
cette forme que l'on Aime par dessus tout !




27/ "A force de harceler le mental, de le forcer à se plier à notre volonté, à
force d'efforts répétés pour devenir maître des sens, nous deviendrons
libres..." Qu'entend-on exactement par "maîtriser ses sens" ?

R - C'est vrai que cette "maîtrise" est indispensable et tous les ascètes du
monde ont montré que cette voie était efficace. Maîtriser les sens, c'est
simplement aller au-delà des impressions sensorielles. Aller au-delà des
impressions sensorielles c'est prendre conscience que toute expérience ne peut
être que sensorielle et qu'elle n'existe que dans la dualité. Notre vraie nature
ne peut jamais faire l'objet d'une expérience particulière et c'est justement
lorsque l'expérience prend fin que l'on Est tout simplement. Malgré tout,
l'homme est la plupart du temps esclave de ses sens et il est préférable
d'inverser le processus...




28/ Il me semble que la volonté se manifeste à travers le mental. Lorsque le
mental cesse son activité, il n'y a donc plus de volonté ?
Le libre-arbitre est-il une "illusion nécessaire" ?

R - La volonté est une impression et cette impression est totalement illusoire.
Mais qui est prêt à admettre cette éventualité ? Quelle est l'activité du mental
dans le sommeil ? Où se trouve la volonté quand nous dormons profondément ?
Quelle expérience a-t-on du "libre-arbitre" ? Tout cela n'a aucun sens pour
celui qui cherche sa véritable nature et qui ne doit tenir pour vrai que ce
qu'il expérimente directement et non par ouï-dire.
D'autre part, peut-on dire que l'illusion est nécessaire ou qu'elle ne l'est pas
? Ce qui est certain, c'est qu'elle est inévitable pendant un certain temps.
Mais l'essentiel est de "comprendre" Qui est concerné par ce que l'on appelle le
"libre-arbitre"...




29/ Quel est le rapport d'un "Etre réalisé" à la souffrance physique ? Peut-elle
avoir une quelconque emprise sur lui et si oui, le fait de savoir que l'on n'est
pas ce corps permet-il de moins appréhender la douleur ?

R - Comme l'expression l'indique clairement, la souffrance est justement
physique. On peut même aller encore plus loin en disant que la douleur concerne
le corps et que la souffrance est mentale et résulte de la peur de la douleur et
de ses conséquences. Le problème est toujours le même, on parle d'un Etre
réalisé, mais on persiste à l'identifier à un corps physique ! Bien sûr qu'un
corps ressent la douleur, mais ce n'est pas le corps qui est réalisé... On a
réalisé que l'on n'était pas ce corps, c'est différent ! Par contre celui qui
sait qu'il n'est pas ce corps physique ne peut plus appréhender quoi que ce soit
et donc, entre autres choses, la douleur. Mais ce genre de question n'est pas
utile au chercheur spirituel, que peut-elle lui apporter ? Il est préférable
d'essayer de comprendre le mieux possible ce qu'est réellement cette réalisation
: Qui réalise quoi ?




30/ Il est souvent dit que pour que le chercheur atteigne son But, la présence
d'un GURU est indispensable. Celui-ci lui accorde alors une initiation ainsi
qu'une Upadesha (direction). En quoi consiste cette initiation ? Quelle est
alors la direction à suivre ?

R - On dit souvent n'importe quoi et la spiritualité n'échappe malheureusement
pas à la règle... Le But, c'est le Soi, c'est-à-dire notre vraie Nature et cette
vérité c'est simplement le fait d'Etre. L'Etre existe en permanence et il est de
ce fait toujours présent. Le Guru ne peut donc rien donner de nouveau. Comme
tout est déjà là mais que le chercheur ne le voit pas, ne le comprend pas
encore, le rôle du Guru va dans l'autre sens. Il montre au chercheur ce qu'il
n'est pas et il aide celui-ci à se débarrasser de tout ce qui encombre la claire
perception de ce qu'il Est réellement. C'est tout ! Mais c'est beaucoup pour
celui qui veut vraiment entendre... Pour résumer cette question, nous redirons
ce qui a été dit dans une précédente réponse : si notre désir d'atteindre le But
est grand, si notre Passion ne laisse aucune place à d'autres passions
secondaires, ne nous inquiétons jamais des directions que nous prendrons parce
que, de toutes façons, elles seront inévitables et nous conduiront au But
ultime.




31/ Sri RAMANA MAHARSHI assigne au "coeur spirituel" une localisation bien
précise dans le corps humain, c'est-à-dire dans la poitrine, à droite du milieu.
Quelle est la nature exacte de ce coeur spirituel ? En quoi sa localisation
peut-elle être utile au chercheur ?

R - Les paroles des sages s'adaptent toujours à la personne qui pose la
question et tiennent compte inévitablement de la réponse que cette personne est
capable d'accepter pour son évolution spirituelle. Si la personne a encore
besoin de localiser DIEU, ou le Soi, ou dans cet exemple, le "coeur spirituel",
on peut toujours aider le chercheur en indiquant un endroit. Ramana, en donnant
une localisation bien précise pour le "coeur spirituel" ne faisait que confirmer
certains textes védantiques que la personne avait certainement lus. Il est
simple de comprendre que ce qui peut être localisé ne concerne que la forme. Ce
que l'on appelle le "coeur spirituel", c'est simplement le Soi. Mais tant que
l'homme demeure identifié à son corps physique, il comprend mieux avec des
exemples formels.
En de multiples autres occasions, Ramana a dit très clairement que vouloir
localiser le Soi avait autant de réalité que de se prendre pour un corps
particulier.




32/ Comment peut-on expliquer le changement qui se produit souvent, au fond de
nous lors d'une rencontre avec un Etre Réalisé ?

R - Le Darshan est l'instant privilégié par excellence, mais l'européen a
beaucoup de mal à le comprendre et c'est bien dommage. Plus que toute
instruction verbale, bien plus que toutes les pratiques spirituelles et que
toutes les lectures les plus merveilleuses, Etre en présence d'un Etre réalisé,
c'est en fait Etre en présence de Soi-même donc tout simplement, c'est ETRE. Le
jour où nous comprendrons cela, tout sera "vu" différemment et nous comprendrons
enfin ce qu'est le But de notre recherche. Mais combien sont prêts à accepter
ces paroles ? Il faut avoir renoncer totalement à soi, c'est-à-dire à sa
personnalité, pour bien entendre de telles affirmations et seul un chercheur
faisant preuve d'une Passion totale et d'une détermination inconditionnelle,
aura l'humilité nécessaire. Car, regardons cette démarche objectivement :
l'homme, même spirituel, et essentiellement dans la culture judéo-chrétienne, a
énormément de mal à considérer qu'un autre puisse en "savoir" plus que lui.
C'est le propre de l'être humain et il faudra l'admettre pour avancer sur le
chemin. Il faut absolument comprendre qu'un être "Libéré" comme le terme
l'indique clairement, est libre, totalement libéré de tout sentiment de
discrimination et qu'il ne peut jamais rechercher ni la gloire, ni la louange,
pas plus d'ailleurs que des disciples ; soyons-en totalement convaincus et tout
ira beaucoup mieux. Essayons également de comprendre, mais ce n'est pas évident,
que nos critères de jugement, de comparaison pour tenter de savoir si tel être
est ou non réalisé, seront toujours faussés par l'idée que nous nous faisons de
la "réalisation", sachant également que nos impressions, aussi grandes
soient-elles, ne seront toujours que des "impressions".
L'être réalisé n'a rien à prouver, rien à attendre du monde et lorsqu'il parle
du cheminement spirituel, c'est uniquement pour témoigner. Il sait également, et
de façon définitive, qu'il n'a absolument rien "réalisé" de particulier qu'un
autre n'aurait pas. Mais les hommes qui s'accrochent à la dualité ne peuvent
avoir qu'une compréhension dualiste de cette libération, et comment pourrait-il
en être autrement ? Pour "comprendre" l'état d'un être réalisé, il faut être
réalisé soi-même, il n'existe pas d'autre moyen. En attendant ce jour, mettons
tout en oeuvre pour y parvenir : cherchons de toutes nos forces et jusqu'à
épuisement s'il le faut ; lisons, prions, méditons à en perdre haleine,
abandonnons-nous totalement à notre désir intense de parvenir au But ultime et
peu à peu nos doutes feront place à une intuition qui ne trompe pas. Alors
viendra le jour où notre sens critique sera plus profond, mieux aiguisé et la
confiance grandira.
Le disciple est toujours très exigeant, il juge, dose, compare et la plupart du
temps sur des bases très approximatives. L'être réalisé ne juge pas. Témoin de
l'Absolu qu'il sait Etre en permanence, il n'est qu'un simple miroir pour celui
qui a soif de cet Absolu. Il sait, sans aucun doute possible, que celui à qui il
parle n'est en rien différent de lui-même. Et c'est justement dans cette
parfaite non-dualité que ce que l'on peut nommer la "Présence", agit comme un
révélateur. Comprenons bien que seul le SOI est réel et qu'il n'existe rien en
dehors de Lui ; alors l'essentiel du chemin sera accompli.
Alors pour revenir à la question, que se passe-t-il durant le Darshan ? Et bien,
Il ne se passe justement rien, dans le sens "expérimentation habituelle",
c'est-à-dire, dans la dualité, et c'est cela qui permet une "perception"
consciente beaucoup plus intense du Soi.
Il est essentiel de comprendre ce qu'est réellement le Darshan et cette
compréhension ne peut être qu'intuitive. Durant le Darshan, abandonnons tout
raisonnement, toute intellectualisation : efforçons nous simplement d'être
présent. Si nous pouvions Entendre correctement ce conseil... Et puis, après le
Darshan, nous analyserons ce qui a été entendu, nous raisonnerons, nous
méditerons, nous accepterons ce qui nous semble intéressant et nous rejetterons
ce qui ne nous convient pas... Tout cela est bien normal et c'est ça le chemin
spirituel, la Sadhâna !
Il est courant de dire que très peu de chercheurs parviennent à la Libération.
Mais la seule raison de ce petit nombre réside dans le fait que très peu ont
réellement le désir intense d'aller jusqu'au bout. La plupart du temps, on se
contente d'"expériences" parce que l'on ne veut pas se rendre compte que ces
fameuses expériences ne sont que des impressions ressenties par les sens. Tout
ce qui est sensoriel ne peut durer et de ce fait, une expérience, aussi
merveilleuse qu'elle puisse paraître, est toujours provisoire. L'étape suivante
ne peut être que la non-dualité.




33/ A quoi reconnaît-on un Etre réalisé ?

R - Il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ! Cela veut dire
qu'un chercheur sérieux, c'est-à-dire ultra passionné, avide de vérité, animé du
désir brûlant de parvenir au But ultime - et lui seul - sera capable de
reconnaître ce qu'en fait il recherche ardemment.
Il serait temps de comprendre que ce que l'on appelle "réalisation" ou
"libération" concerne le Soi et non la personne. L'être réalise qu'il n'est pas
cette personne qu'il a cru être si longtemps. L'être est libéré de l'illusion de
n'être qu'une personne physiqu

Écrit par : | 20/06/2006

C'est plus simple de donner le lien, non ? http://eti.martin.free.fr/meditation/adva-franc.htm
http://eti.martin.free.fr

Écrit par : tirelire | 20/06/2006

C'est plus simple de donner le lien, non ? http://eti.martin.free.fr/meditation/adva-franc.htm
http://eti.martin.free.fr

Écrit par : tirelire | 20/06/2006

ma question trouve une réponse Je dois dire que je ne connais pas bien ken Wilber, je n'ai jamais que parcouru souvent en diagonale les textes que je trouvais chez des amis, mais le peu que j'en lisais alors et la formule même de la langue me paraissait ne pas être à égalité avec les autres pattes de notre vache bien aimée. Ce sentiment renforçait une confusion en moi, comment était -il possible que l'esprit pourtant si appréciable d'anargala puisse mélanger la reconnaissance et ken ?
Voilà encore une fois l'univers vient de répondre à mon interrogation et pour le coup en allant dans le sens de mes ressentis (je ne suis pas capable de faire une analyse des positions de ken et encore moins de comprendre sa langue truffée de concepts); merci donc et recevez l'expression de ma gratitude et mon plus franc soutient pour ce que nous pouvons partager ici même ensemble.
je vous embrasse anargala

Écrit par : naj lop | 23/08/2009

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