24/09/2006

De l'origine des pratiques visionnaires du dzogchen

Le Yogavâshishta (YV) est un immense poème en sanskrit, qui veut nous persuader que tout n'est qu'un rêve perdu dans un recoin de l'espace infini de la conscience.

Sa version originale, intitulée "La méthode de la délivrance" (Mokshopâya) fut composée au Cachemire vers 950. L'auteur était un homme d'une culture immense. Il connaissait le Védânta, l'école Spanda du Shivaïsme du Cachemire, mais aussi la philosophie bouddhiste, en particulier celle du Lankâvatâra Soutra (récemment traduite en français par P. Carré).

Le monde est une illusion, donc. Parmis les exemples, le YV parle des figures colorées "pareilles aux cercles bariolés des plumes de paon" qui apparaissent lorsqu'on fixe le regard sur un ciel bleu. Il mentionne également la vision d'un "collier de perles" dans les rayons du soleil. 

Or, dans le dzogchen, tradition bouddhiste soi-disant purement "tibétaine", il existe des pratiques où l'on fixe le ciel, l'obscurité ou encore les rayons du soleil (ou d'une lampe) pour y aperçevoir des sphères multicolores et des "chaines de diamants indestructibles". Ce sont ces formes qui, par la suite, se transforment en "corps de bouddhas" avec leur mandalas.

Le YV, à l'instar de nombreux autres textes indiens, ne permet t-il pas de penser que les phénomènes visionnaires décrits dans le dzogchen étaient déjà connus dans la culture yogique de l'Inde ? J'ai déjà posté quelques billets à ce sujet, et j'y reviendrai à chaque fois que l'occasion se présentera.

13:20 Écrit par David Dubois dans Dzogchen | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dzogchen, yoga vasistha, moksopaya |  Facebook |

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