07/10/2006

L'Etre à la découverte de lui-même

Qui je suis vraiment est la solution à tous mes problèmes.

Où ça ? Dans les Himalayas ? Dans une cabine de retraite? Dans un esprit purifié par des années de "pratique"? Dans l'esprit parfaitement pur du maître? Dans l'au-delà? Dans l'Âme du Monde? Dans le coeur d'un enfant ? Non pas. Ici.

Quand ? Dans douze ans? Dans sept vies? Au prochain kalpa? Aprés une retraite de trois ans? Aprés avoir récité des millions de mantras ? Non Pas. Maintenant.

Voyons par vous-mêmes ! Ici et Maintenant : il suffit de retourner votre regard de 180° vers vous, vers Ici, vers Maintenant, vers cet Espace illimité, juste présent, tranquille, qui embrasse en sa simple majesté tous les "là-bas" et tous les "plus tard". Voyez-vous, cher lecteur, un poil de quoi que ce soit Ici ? Une forme ? Une couleur ? Une structure ? Sans faire appel à votre mémoire ou à votre imagination, pouvez vous dire "jusque là c'est moi, ensuite c'est dehors" ? Pouvez-vous VOIR une frontière entre l'intérieur et l'extérieur ?

 
Trimurti

Or, en l'absence de toute forme, comment peut-on parler de mort ? De vieillissement ? Peut-on mesurer le passage de ce qui n'a point de forme ? Dans cette ouverture, comment faire la différence entre un instant et une éternité ?

Vous me direz, cet espace est rempli. Rempli d'un tumulte. Soit. Mais vous laissez aller dans cet espace-conscience, sans repères ni soucis "comme un vieillard prenant le soleil" (dixit Longchenpa), cela n'a t-il pas pour effet de "mettre de l'huile" dans ce tumulte ? Ce n'est pas le mouvement en lui-même qui fait souffrir, mais l'idée que je suis une chose qui bouge, opposée à d'autres. Face à face. Alors que, de fait, nous sommes face à Absence de face. La Face qui ne périt jamais, dont parle le Coran.

Et puisqu'il n'y a nulle forme Ici et Maintenant, il n'y a donc aucune différence entre "vous" et "moi" Ici et Maintenant. En ce sens, vos problèmes sont les miens, et vice versa. Nous sommes un seul Être à milles yeux (des yeux uniques, notez bien), à mille bras, à mille jambes. Tous nos actes sont un seul Acte. Un seul Être - mille fenêtres sur Lui, sur soi, sur le Soi, sur la vacuité, la Nature de Bouddha. Toute expérience est le déploiement de l'Eveil. Hop ! Hop ! Hop !

Un jour, j'avais fait remarqué à Douglas Harding que nous ne sentons pas ce que sentent les autres. A quoi bon alors dire que nous sommes un seul Espace-conscience ? Il répondit : "Certes, certes. Voir Qui je suis vraiment ne permet sans doute pas de sentir ce que sent autrui, mais cela facilite grandement les relations". Mettre de l'espace, du rien, du vide. Ou plutôt, se laisser aller, en acceptant tout , même les crispations et les sensations de peur, parce que l'on VOIT directement, sans l'intermédiaire d'aucune idée ni d'aucune image, que nous englobons tout cela. Nous embrassons tout, que nous le voulions ou non. Alors embrassons-nous du mieux que nous pouvons.

12:23 Écrit par David Dubois dans Vision Sans Tête | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : eveil, douglas harding |  Facebook |

Commentaires

Déplacement des commentaires du billet précédent Suite à une attaques de "spam" sur le billet précédent ("Pour la liberté d'expression"), je copie-colle ses quatres commentaires ici. Merci de votre compréhension. ________________________________________

Commentaires

Commentaires pour le message "Pour la liberté d'expression"

2006-10-08, 11:04:19
Au-delà de l'éveil et du sommeil : Ici-Maintenant
Condor, je ne suis pas bouddhiste. Je ne crois pas que l'on puisse "passer à travers les murs", etc. Le karma, la réincarnation et les "pouvoirs occultes" (siddhi) sont soit des superstitions, soit des paraboles pour communiquer ce que l'on vit lorsque l'on voit "Qui je suis vraiment vraiment". Du point de vue de la première personne - c'est-à-dire vu d'Ici - il manque toujours un mur à la pièce. C'est un fait, et non du folklore ou une simple rumeur venue d'on ne sait où. Chacun peut le vérifier immédiatement. De même, cet espace qui accueil tout ne fait pas deux avec les formes qu'il embrasse. Il n'y a aucune distance : il suffit de prendre une règle et de mesurer. Par exemple, combien de centimètres entre l'espace-conscience et cet écran d'ordinateur ? Je prend une règle de laiton; je mesure - vu d'Ici et sans faire appel à la memoire - la largeur de l'écran : environ 19 cm. Mais cette distance est relative : elle varie selon la distance entre la règle et l'écran. En revanche, la distance entre l'absence de visage, Ici, et cet écran, là-bas, est toujours de 0 centimètres et pas un poil de plus. "Ici il n'y a ni yeux ni oreilles ni bouche... Le vide est la forme, la forme est le vide". Je ne vois nulle dualité entre le sujet et l'objet. En revanche, je vois et je peux mesurer la séparation entre le reflet d'anargala, là-bas dans le miroir, et la lampe, et tout le reste... C'est le monde de la dualité. Mais ce monde des formes est embrassé dans l'espace Ici, sans aucune dualité. Voyez par vous-mêmes ! Quant à la continuité de la conscience durant le sommeil profond : le "sommeil profond" n'est pas une expérience. C'est, encore une fois, du point de vue des autres ou à travers mon imagination que je me représente en train de dormir. Si je me contente d'observer ce qui est, je constate seulement la disparition d'une forme (mon lit et l'obscurité, disons), suivie de la réapparition d'une autre (mon lit et la lumière du jour). Entre les deux, rien. Seuls les formes apparaissent et disparaissent : la consciente demeure indivise. Mais cela ne vaut que pour qui le constate par lui-même. Enfin, il est vrai que la Vision (de l'absence de toute forme Ici) est "facile", en ce sens qu'elle est immédiatement accessible. Mais j'ai dit aussi que, en raison de cette facilité même, elle est trés difficile à pratiquer ! Selon la célèbre formule d'un tantra ancien : "Facile et difficile, difficile parce que si facile - l'Esprit Eveillé, invisible, embrasse toutes choses." Simplement, je crois qu'il faut dénoncer le mythe selon lequel le Soi - ou la Nature de Bouddha - serait un but lointain et le terme d'une longue carrière. Les tantras du dzogchen anciens eux-mêmes ne croient pas à ces approches mécanistes : "Ceux qui suivent la voie des Anciens Sages attrapent la maladie de l'attachement à la méditation ; ils prennent à la lettre les instructions de leur maître et en font une quête. Ils courent aprés leurs constructions maginaires comme aprés des mirages. La réalité parfaite ne peut être indiquée par des mots. Toute "vraie doctrine" n'est qu'une parodie de Vajrasattva". La "voie" consiste donc à voir Ici, à me laisser aller dans cette absence de repères au delà du mouvement des pensées volontaires. On ne peut pas se tromper. C'est déjà parfait, car parfaitement pur. Par contre, les vertus de cette vision (les "signes") se déploient peu à peu seulement, et à mesure que l'on s'abandonne. Cela demande certes une immense vigilance, une vigilance surhumaine, et sans doute maintes merveilles et découvertes jalonnent ce chemin. Mais les efforts de ceux qui veulent produire l'Eveil comme on construirait un navire sont vains.


anargala

2006-10-07, 16:37:26
Rêver que l'on est éveillé et être éveiller n'est pas la même chose
Tiens c'est marrant quelqu'un laisse un commentaire sur un blog à propos d'un autre blog et moins de 12 heures après un autre le dénonce auprès du blog concerné. Lol (je suis tout nouveau dans ce monde des blog c'est pourquoi cela m'étonne et m'amuse). Ce qui me gêne quand même c'est la manière de faire : une simple citation et un pseudo de circonstance. "Le relais" pourrait au moins avoir le courage de signer avec son vrai pseudo et nous dire son opinion. Anargala pourquoi parles-tu d'argument ad hominem ? "Il est fou" est un simple jugement ce n'est pas un argument. Ou bien penses-tu que "le relais" utilise la citation comme un argument ? (C'est vrai qu'on peut tout imaginer à partir de ce genre de procédé). A l'occasion je lirais les post que tu cites pour savoir plus précisément ce que tu penses. Mais à partir de ceux que j'ai déjà lu il me semble aussi que "tu es fou" (entre guillemets). Non pas que je pense que tu le sois vraiment mais que parfois tu aimes à dire et redire des choses insensées. Par exemple que l'éveil est facile (c'est peut-être vrai en soi mais pas pour nous qui sommes si compliqué). Dans ces histoire de décapités ou de guillotinés (c'est pour le jeu de mot) il me semble qu’on ne fait pas l'expérience d'une conscience non duelle, on ne fait que la pressentir ensuite il s'agit d'une simple concentration sur ce pressentiment. Cela peut déjà consister dans une forte expérience pour celui qui a toujours vécu dans son petit monde. Mais gardons le sens des proportions. L’éveil c’est autre chose. Cette concentration peut amener à un état de calme (on parle alors de nepa), les pensées sont mises de côté et l'esprit est momentanément apaisé. Mais est-ce cela l'éveil : un simple calme de l'esprit qui va te permettre d'être mieux avec toi même et avec les autres ? Mais peut-être que je me trompe et que je ne décris là que mon expérience ou celle que j'ai cru voir en discutant avec d'autres personnes ayant passé sous le fil de la guillotine. P.S. On peut toujours vérifier si l'on est éveillé ou non. L’éveil s’accompagne de signes. Est-ce que l'on est conscient dans toutes les phases de son sommeil ? Est ce que l'on peut traverser les murs ? (…)

http://cigshen.blogspot.com/
condor

2006-10-07, 14:35:12
Lege et relege
J'ai déjà abordé ces questions dans plusieurs billets. Voir, entre autres : "Soyons fous et disons que l'éveil est à la fois éternel et progressif". Quant aux contradictions entre la théorie et la pratique (actuelle) du dzogchen, je propose une esquisse d'explication historique dans les billets "De l'origine de certaines pratiques de la Grande Complétude" et "Reconnaître les pensées, ou bien développer les visions de l'Eveil". Avant de porter un jugement sur ce que je dis (ce qui est bien venu), il conviendrait de lire ce que j'ai écris. Quant aux arguments ad hominem (i.e. "il est fou"), je vous prie de bien vouloir lire le billet "Desipere est juris gentium".


anargala

2006-10-07, 12:45:35

flopinette said... Tiens c'est marrant, quand tu dis "voie du jour et de la nuit", ça me fait penser à "pratiques du jour et de la nuit" dans le dzogchen (espace et noir). Sinon j'ai trouvé ton commentaire sur le blog d'Anargala, derrière "pourquoi les textes". Tu as exprimé exactement ma pensée. J'ai l'impression que ce type est fou. Il "nous" oppose les textes ("nous", tenants du travail acharné), croyant sincèrement que les textes disent de se prélasser dans un fauteuil. Alors que lorsqu'on lit la vie des maîtres, on ne voit que des gens qui rivalisent de qui-va-pratiquer-plus-que-l'autre. 07 octobre, 2006 01:10

http://cigshen.blogspot.com/2006/10/fragment-ii-suite-2.html#links
le relais

2006-10-04, 19:46:08
Actualité qd tu nous tiens !
Un texte chouette a été pondu sur ce site. va voir dans les actualité ( caricature), j'aime cette plume ! http://www.cyclesystemique.be/ Ce qui m'insurge pour l'instant, c'est la pseudo politique et prostitution Bien à toi

http://ewennallien.skynetblogs.be/
Ewenn



Écrit par : anargala | 08/10/2006

Folie Tiens, moi aussi il parait, je suis fou !!

La flopinette, ou plutôt la Ghibellini comme je préfère l'appeler, s'est servie de cet attitude, lorsqu'à court d'arguments, elle me trouvait de plus en plus gênant, jusqu'à représenter une menace pour le petit monde qu'elle s'est crée.

Je comprends mieux maintenant pourquoi tant de monde sur le net a envie de lui faire des croc-en-jambe, la malhonnêteté intellectuelle insistante agace, à force ....

Écrit par : Tenryu | 08/10/2006

Ici où ? Maintenant quand ? Que l’éveil ne soit pas à produire évidemment. Mais il faut des efforts et c’est ce que tu admets lorsque tu parles de vigilance surhumaine. Il faut se lire au-delà de la querelle des mots. Me voilà (en partie) rassuré. En partie parce qu’il est tellement facile de s’illusionner soi-même.

Je pense aussi qu’à un certain stage toute pratique est inutile ou que la vie elle-même devient une pratique. Mais avant cela il y a du chemin à parcourir. La pratique n’a jamais consisté à ajouter mais à retrancher. On enlève ce faisant les obstacles qui nous empêchent de voir ce qui est.

Les signes (je range les siddhis dans cette catégories) sont précisément là pour vérifier ou nous sommes. Si je pense être à Pise et que je ne trouve pas la célèbre tour penchée mais une droite à la place je dois alors me poser la question de savoir si je suis vraiment à Pise. Car Pise n’est pas la seule ville d’Italie. A côté de l’expérience quotidienne il y a place pour une infinité d’autres expériences dans lesquelles on peut facilement se laisser égarer. Le rêve ou la manière dont il évolue fait partie de ces signes. Je ne te demande pas de me répondre mais de te poser la question. Est-ce que je ne rêve plus ou est-ce que j’ai seulement de la peine à me souvenir de mes rêves ? Est-ce que je prends facilement conscience que je rêve lorsque je rêve ? Est-ce que je peux les diriger ? Reflètent-ils mes préoccupations de la journée ou sont-ils d’une autre nature ? La manière dont on réagit à nos émotions constitue aussi un signe. J’imagine nombre de personnes sans tête qui la retrouverait vite fait si on leur donnait une simple gifle.

Sinon j’avoue qu’aujourd’hui sans le vouloir je me suis promené sans tête ou la tête ouverte dans l’espace (plus facile de le ressentir sous un ciel dégagé) parce que je venais de répondre à ton post. C’est une expérience que je comprends mais je ne sais pas ou elle conduit. Car pour moi cela reste du domaine de l’expérience (encore bien loin de ce que j’appelle l’éveil).

Écrit par : condor | 09/10/2006

hop...

Écrit par : Suite | 10/10/2006

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