14/10/2006

Le dzogchen ancien : de la liberté à la tradition ?

En lisant le livre de Sogyal Rimpoché Le livre tibétain de la vie et de la mort, peut-être avez-vous entendu parlé du dzogchen, cette fabuleuse école de méditation, fondée sur l'idée d'une perfection naturelle de toutes choses. Selon cette tradition, riche d'une immense littérature encore largement inexplorée, il n'y a qu'une seule réalité. Mais, selon qu'on la voit telle qu'elle est ou que l'on se méprend sur elle, elle apparait comme parfaite (c'est le fameux nirvâna),ou bien, au contraire, essentiellement hostile et étrangère (le samsâra).

Cependant, cette tradition enveloppe en fait plusieurs courants distincts qui ont évolués sur un millénaire au moins. Entre le dzogchen des origines et celui que l'on pratique aujourd'hui, l'on ne s'étonnera donc pas de remarquer des contradictions, à l'instar de ce qui se passe pour le christiannisme (et sans pour autant adhérer aux affabulations d'un Dan Brown).

En effet, le dzogchen était, à l'origine, une sagesse radicale, fondée sur une critique du tantrisme bouddhique. Celui-ci affirme en principe (mais il y a d'importantes variations) que nous sommes en réalité parfaits, purs, bienheureux, éternels et omniscients. Simplement, cette perfection innée est actuellement voilée par les nuages des passions et d'une imagination qui nous échappe, un peu comme dans un rêve. La "voie des mantras" propose alors de purifier ces voiles pour retrouver ce potentiel infini, grâce à une discipline de tout l'être ("corps, parole, esprit"). Arrivé à un certain point de purification, le soleil de notre vraie nature perce à travers les nuages des passions, prend le relais de la pratique, et achève de disperser ces nuages. Mais, jusqu'à ce cap décisif, l'effort et une pratique systématique sont indispensables. Les fruits de cette entreprise apparaissent peu à peu, et s'accompagnent de signes de succès comme la clairvoyance ou l'invisibilité du corps.

Mais à partir du Xème siècle, des textes apparaissent qui déconstruisent ce système basé sur l'effort délibéré. Ils constituent, jusque vers le XIIème siècle, ce qu'il convient d'appeler le dzogchen ancien et radical. En particulier, il y a les "Cinq transmissions premières", les premiers textes dzogchen traduits au Tibet. La tradition comme les chercheurs contemporains s'accordent pour y voir la forme primitive du dzogchen. Afin de montrer en quoi ce dzogchen est "radical", voici quelque extraits de ces textes. Il en existe actuellement trois traductions anglaises : celle d'Eva Neumaier-Dargyay (ND), celle d'Adriano Clemente (AC) et, plus récente, celle de Keith Dowman (KD). Le tibétain est ici concis à l'extrême, ce qui explique les différences de traduction, divergences dont je ne livre qu'un seul exemple.

 

Dans le Grand Art (Tsal Chen, chap. 27 du Kunjé Gyalpo; ND: Great Lore; AC: Great Potency; KD: Radical Creativity) on peut lire ceci :

"Sur la voie erronée des extrémistes où l'on pense en termes de "moi" et de "mien", les naïfs entreprennent une démarche religieuse dans laquelle ils ne trouverons jamais l'occasion de comprendre qu'elle ne mène nulle part ! Comment pourrait-on trouver le Réel en le cherchant ?

Les instructions des maîtres pareils à des singes et privés de jugement sont perclues d'idées fausses..."(v. 5-6).

"privés de jugement" donne "who lacks valid cognition" (ND), "devoid of qualities" (AC) et "who lacks direct insight" (KD). Malgré ces différences d'interprétation, le sens est clair : on ne peut pas trouver ce qui est parfait à l'aide de techniques et de purifications ("preparation and technique" dit KD pour "idées fausses").

Bien que KD penche souvent du côté de la glose, sa traduction me paraît être la plus convaincante. De plus, elle suit de près le commentaire qui accompagne ces textes - bien qu'il soit sans doute postérieur de plusieurs siècles.

 

Le vol du Grand Garouda (Khyung Chen) reprend ce thème de "l'absence d'effort délibéré" (djyadrel) :

"Les anciens sages, obnubilés par la passion de l'effort, s'égarèrent dans les tourments du labeur acharné. L'omniscience - l'immersion dans l'état naturel - devient méditation artificielle lorsqu'elle est articulée" (9)

"Ceux qui, infecté par la maladie des passions, s'efforcent de les trancher, ont soif de progrès, tels des animaux courants aprés un mirage. Leur destination n'est qu'une utopie ! Même les Dix Terres (des bodhisattvas) voilent le plus pur des esprits." (11)

 

L'or extrait de sa gangue affirme quant à lui :

"L'entendement conditionné par les discours de la tradition - à savoir les "trois samâdhis, etc. - se conforme aux dogmes. Au regard de la transmission dépourvue d'effort délibéré, c'est là un travers, une illusion. Reposez-vous plutôt dans le bien-être naturel de la perfection sans rien à faire !" (9)

 

Enfin, le Vaste espace de Vajrasattva fait dire à ce dernier :

"La nature intangible qu'est le Réel innonde l'esprit quand cesse toute recherche. Mettre l'accent sur le comment et le pourquoi empêche son apparition naturelle." (7)

"Certains prennent l'Esprit d'Eveil (=la nature de l'esprit) pour une méthode subtile. Ils cherchent alors à l'isoler; ils s'attachent à vider la nature de l'esprit de l'enchaînnement des pensées. Parce qu'ils s'y efforcent, cette méditation n'est qu'un artifice." (13)

"Non ! Le Royaume du Bouddha ne peuvent être atteint par la recherche et l'effort délibéré. A l'instar de tous les objets, ce n'est pas "quelque chose". Ceux qui le cherchent ainsi sont comme un aveugle qui voudrait attraper le ciel !" (20)

"Le chemin de la purification qui s'élève peu à peu contredit le dharma de l'absence d'effort délibéré. A supposer qu'il existe un tel chemin, jamais son terme ne sera atteint, à l'image de l'espace." (21)

"Extérieur et intérieur ne font qu'un. L'extérieur est l'intérieur. Il n'existe donc nul "état profond" à percevoir." (30a)

Quant à la question des "signes de réussite spirituelle", il ajoute :

"Affranchie de toute image, homogène, la voie du yoga est comme l'empreinte d'un oiseau dans le ciel. En ce qui est incréé et non-né, où trouverait-on trace de son passage ?" 29

KD explique : "Le yogin ne laisse aucune trace de son accomplissement ou de la façon dont il s'est accomplit, ni doctrine ni dogme, ni signes ni indications." Le tantra poursuit :

"Chacune des innombrables techniques produit sa fleur. Mais la perfection est dépourvue de signes caractéristiques, c'est pourquoi elle n'a point de champ spécifique." (39)

 

Ce genre de propos va à l'encontre de la lettre de la plupart des tantras - bouddhistes et hindous - obsédés qu'ils sont de pouvoirs surnaturels et de merveilleux. Cette fascination pour la puissance et ce "règne de la quantité" comme eut dit Guénon, est le sujet de moqueries constantes dans le dzogchen ancien (voir The Supreme Source d'Adriano Clemente) comme dans les sagesses non-dualistes en général. Ces pouvoirs existent certes : mais ils existent déjà. Les rechercher à coups de millions de mantras est donc le comble du ridicule, à l'image de l'imbécile cherchant partout le collier qu'il porte sur lui. D'ailleurs ce collier, ces lunettes, n'est-ce pas l'Oeil Unique, le fameux "Troisième Oeil" par lequel nous voyons tous ? Combien avez-vous d'yeux, en ce moment ? Voyez-vous ces mots au travers de deux trous ? Ou bien n'apparaissent-ils pas plutôt dans un espace grand ouvert ?

 

Ces leçons du dzogchen ancien, le dzogchen "moderne" (j'entend par là le genre "nyinthig") les a largement oubliées. C'est que, s'il n'y a rien à "faire", s'il n'y a pas de temples à construire, de stoupas à financer, de rituels à mener, quels mobiles reste t-il pour mobiliser les foules ? S'il suffit de voir, par soi-même, ici et maintenant, et si la seule difficulté est de s'incliner devant cette évidence, qu'est-ce qui justifierait l'existence des églises et autres communautés ? Le bouddhisme, comme toutes les religions, a donc eut vite fait de s'incliner devant cette autre "évidence" que l'on nomme réalisme ou pragmatisme.

 

Mais nous, chers lecteurs, ne sommes nullement obligés de suivre cette voie-là. Je suggère que nous prenions plutôt celle de l'oiseau, ce chemin sans chemin sur lequel notre Absence nous attend patiemment...

12:43 Écrit par David Dubois dans Dzogchen | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : dzogchen, eveil, yoga, vajrayana, tantra |  Facebook |

Commentaires

rappel très utile Anargala, tu frappes encore très fort. C'est aspect est très important.
Paradoxalement, en tant qu'humains nous sommes physiquement "équipés" pour faire des choses. La vie nous oblige à faire ! Donc hélas, pour vouloir nous libérer d'une condition recouverte de voiles, on est tenté de faire encore dans ce but, car c'est ce que nous connaissons. Cela nous semble être le seul moyen. Il nous est facile d'imaginer atteindre l'inconnu avec ce que nous connaissons.

M'est avis qu'il y a un moyen terme entre ceux qui pensent que faire comme des dingues est l'issue et ceux qui imaginent que des toiles d'araignées - signe du non faire - doivent s'installer. Ce pourrait être de faire en voyant pour l'amour de faire dans l'instant, pas chercher à obtenir mais chercher à rendre grâce simplement à la vie en faisant tout simplement ce que l'on fait.

Écrit par : mind | 14/10/2006

... Ton post va sûrement satisfaire la flo au plus haut point. Tu es en train de renforcer la belle image qu'elle a de toi.
Son image on s'en fout quand on a pas de tête, on s'intègre à la tête qu'il y a dans le miroir.
;-)

Écrit par : mind | 14/10/2006

le dzogchen n'est pas un yaourt Pourquoi ne pas aller au bout de ton raisonnement et dire non seulement que l'effort est vain mais que l'opposition que tu fais entre effort et non effort est tout aussi vain. Car en voulant ne pas t'efforcer tu t'efforces sans cesse.

Incapable de comprendre ce qu'est le non effort tu en fais un concept qui n'est pas ce dont parlais l'auteur du texte.
Car le non effort n'est pas l'absence d'effort, il échappe à l'opposition entre effort et non effort. Il en résulte que le non effort sera présent aussi bien dans l'effort que le non effort -ou absent.

"Cependant, cette tradition enveloppe en fait plusieurs courants distincts qui ont évolués sur un millénaire au moins »
Non je ne penses pas, c'est une tradition tout à fait original qant à son essence parce qu'elle est fondée sur un une réalité et une capacité humaine, ensuite évidemment elle s'inscrit dans une culture déterminée comme n'importe quel autre courant spirituel.
Il n'y a pas à opposer un dzogchen ancien ou nouveau, il y a ce qui relève du dzogchen et ce qui relève d'autre chose. Le contenu des textes que tu cites peuvent se retrouver et se retrouve à toutes les époques. Ensuite il reste à les comprendre ce qui est une autre chose.

Car il ne faut pas oublier le point essentiel :
le problème ne porte pas quasiment jamais sur le textes mais sur leur interprétation.
C'est ce que ne veux pas savoir le fondamentaliste qui sort une citation de son contexte et s'en sert pour justifier tout et n'importe quoi. Heureusement ton fondamentalisme est moins dangereux que celui des pseudos musulmans (car un fondamentaliste musulman n'est pas un musulman. Au passage il faudrait toujours parler de pseudo musulmans à leur propos ce qui aurait l'avantage de clarifier les choses.) Mais on pourrait imaginer qu'un jour tu passes à côté d'une personne qui se noie en te disant que tout est bien, ce n'est qu'une illusion : et pourquoi tremper son vêtement pour une illusion ?

L’oiseau ne laisse pas de trace dans le ciel lorsqu’il vole mais il laisse des empreintes en marchant sur le sol. Avant de voler il lui faut sortir de son œuf et grandir, l’espacement des ses empreintes sur le sable pourra témoigner de ses tentatives de vol.

Si on ne lira jamais assez les textes qui décrivent notre vraie nature il est tout aussi important de savoir qui les lit. Bref d'être conscient de notre condition actuelle sinon en pensant voler tu ne voleras que le temps de la chute. "Jusqu'ici tout va bien" ( le problème n'a jamais été la chute mais après, le contact avec le sol).

Au passage le tantrisme n'est pas la voie des mantras mais celle de la transformation, la visualisation joue un rôle essentiel.

On peut oublier que le monde est illusoire et s'oublier dans une pratique acharnée mais on peut aussi oublier que le monde est provisoirement réel (si l'on peut dire) et s'oublier dans une douce illusion.

La critique guénonienne s'adresse au deux.
En pensant que la spiritualité est aussi facilement accessible et consommable que n'importe quel bien de consommation tu te situes en plein dans sa critique du monde moderne.
Le dzogchen n'est pas un yaourt.

Écrit par : condor | 14/10/2006

El ... d'or passa Pas mal d'arguments boîteux..."le tantrisme n'est pas la voie des mantras" on sait que tu écoutes sagement Norbu mais la définition classique est quand même celle-là.

N'importe quel imbécile sait que l'on a une dimension physique, pas la peine d'user de toute une batterie d'arguments pour avancer une chose aussi bête.

"Tradition originale car fondée sur une réalité et une capacité humaines" : Ouaip, lis un peu sur la diffusion du dzogchen dans les différents mondes et univers et tu verras que c'est loin de ne s'adresser qu'aux humains et de ne reposer que sur leur capacité...il te faudra trouver ces textes au niveau 1 du SMS.

Quant à Guénon après ton extraordaire démonstration, par pitié, laisse le tranquille !

En gros pas la peine de te donner tant de mal,
c'est bancal (c'est pour la rime).

Écrit par : mind | 15/10/2006

LE RETOUR DE L'OBSCURANTISME Il existe d'utiles casseurs de pub. Je ne suis qu'un briseur de rêves.
J'ai longtemps hésité avant de dénoncer l'imposture du dzogchen. Cette tradition magique a dénaturé le message non-dualiste du taoisme-tchan. Le Tchan est une interprétation géniale du VEDANTA. La trilogie dzogchen (semdé, longdé...) est loin d'égaler la maïeutique du Tchan.
Plus grave, Le VAJRAYANA est une sorte de fascisme religieux, ses aspects les plus contestables se trouvent sur Internet :
http://www.trimondi.de/
http://bouddhismes.info/1.html
http://linked222.free.fr/cp/index_nibonze.html

Même le pourfendeur des associations de lutte contre les sectes, JOËL LABRUYERE, n’épargne pas le clergé tibétain, cheville ouvrière d’un complot international de domination des peuples :
http://conspiration.cc/sujets/religion/conte_fee_tibet_labruyere.html

Dans la conspiration des lamas de JOËL LABRUYERE se retrouvent des nazis, le général des jésuites, la loge des illuminati. Ces thèmes dépassent mon entendement. Par contre, j’ai vu dans mon monastère tibétain la violence des religieux et l’existence de châtiments corporels. http://www.urbandharma.org/bmonk/boymonk3.html

Des enfants sont victimes de la pédophilie de lamas pervers. L’entourage d’un lama est constitué de bigots flagorneurs. Ces adulateurs protègent leur gourou et sont les complices de ses agissements graveleux qui n’épargnent pas les enfants. « Bien sûr, ces débordements restent souvent secrets, connus seulement d’un petit cercle d’intimes, jusqu’à l’éclosion du scandale qui vient rassasier les médias. Et même après cela, les disciples justifient les égarements des maîtres ou font mine de les ignorer. » Daniel ODIER « Le grand sommeil des éveillés »)

Il est impossible de composer avec le bouddhisme tibétain. C’est une entreprise malhonnête. Le lama CHOGYAM TRUNGPA, disait du Tibet de son enfance : « Plus personne ne pratiquait réellement, c’était une grosse arnaque. Pas étonnant que les communistes aient décidé de prendre le pouvoir, ils avaient raison de ce point de vue. » (Selon Fabrice MIDAL « La pratique de l’éveil de Tilopa à Trungpa ».)

« Pour ce qui est des enseignements : il y a des prêtres et des prédicateurs populaires qui s'adonnent aux rituels et aux cérémonies et qui sont habiles dans les diverses incantations et dans les arts de l'éloquence; il ne faut pas les honorer ni les servir avec révérence, car ce que l'on tire d'eux n'est que de l'excitation émotionnelle et un plaisir mondain ; ce n'est pas le Dharma. De tels prédicateurs, par leur habile manipulation de mots et de phrases, et divers raisonnements et incantations ; qui ne sont que du babillage d'enfant, dans la mesure où on peut faire croire ce qui n'est pas du tout en accord avec la vérité ni à l'unisson avec le sens ; ne font qu'exciter le sentiment et l'émotion, tout en stupéfiant l'esprit. Comme il ne comprend pas lui même le sens des choses, il ne fait que confondre l'esprit de ses auditeurs avec ses vues dualistes. Incapable de comprendre par lui-même qu'il n'y a rien que ce qui est vue de l'esprit, et lui-même attaché à la notion de la nature propre des choses extérieures, et incapable à distinguer un chemin d'un autre, il n'a pas de délivrance à offrir aux autres. Donc ces prêtres et prédicateurs populaires qui sont habiles dans diverses incantations et habiles dans les art de l'éloquence, ne s'étant jamais émancipés eux-mêmes de calamités telles que la naissance, la vieillesse, la maladie, le chagrin, la lamentation, la souffrance et le désespoir, conduisent les ignorants à la confusion au moyen de leurs divers mots, phrases, exemples, et conclusions. » (rappelle le LANKAVATARA SUTRA, texte fondamental de l’éveil par soi-même.)

Moine ouvrier libertaire, la cupidité des hiérarchies religieuses, l'hypocrisie des prélats et l'immense naïveté de la clientèle des gourous m'amusent beaucoup. Toutefois, quand des enfants sont les victimes de la folie des adultes, je peux devenir assez corrosif.



Écrit par : Félix | 15/10/2006

Concours de bêtises Mind,

Tu as raison le tantrisme est aussi appelé mantrayana j'efface ma remarque mais comme exemple d'argument boiteux il fallait trouver autre chose car c'est une remarque pas un argument.

C'est vrai que le dzogchen a aussi été diffusé dans d'autre monde, un autre bon point. Qui se retourne aussitôt contre toi (ou Anargala) car si tu admets une diffusion dans d'autre monde il te sera difficile de réduire le dzogchen à un mélange de courants spirituels préexistant.

"N'importe quel imbécile sait que l'on a une dimension physique, pas la peine d'user de toute une batterie d'arguments pour avancer une chose aussi bête."
Vraiment ? Savoir une chose c'est en tirer les conséquences sinon ton savoir ne vaut pas grand chose. Si tu penses j'ai une dimension physique et que tu vis comme si tu n'en avais pas il y a un problème.


Shengyel,

Je veux bien croire que le bouddhisme n'est pas à son apogée ni le dzogchen mais il faut garder le sens des proportions. Vouloir réduire le dzogchen actuel a des pratiques magiques ou dire que l'origine du dzogchen c'est le tchan c'est simplement absurde.
Un pédophile avec ou sans robe est un pédophile et doit être traité comme criminel. Ou est l'argument contre le bouddhisme ? Si effectivement telle ou telle communauté favorise ou laisse faire ce genre de crime il faut les dénoncer et prendre des mesures mais ce n'est certainement pas le cas du bouddhisme en général. Il faut distinguer entre le criminel et le milieu où il exerce. La majorité des actes pédophiles ont lieu dans le cadre familial proche ou éloigné, et quoi ? Tu veux supprimer l’institution familiale ?

Fâches-toi d’abord contre toi-même : si tu veux que ton combat soit utile il faut qu’il soit moins stupide.

Écrit par : Mind, | 15/10/2006

erreur de signature dans le post précédent lire condor à la place de Mind

Écrit par : condor | 15/10/2006

Absence de tête ici, prise de tête là-bas Cette belle citation du maître zen Lintsi, sur le blog de Félix :
"Je vous le dis : il n'y a pas de Buddha, il n'y a pas de Loi; pas de pratiques à cultiver, pas de fruits à éprouver. Que voulez-vous donc tant chercher auprès d'autrui? Aveugles qui vous mettez une tête sur la tête ! Qu'est ce qui vous manque ?"
Malheureusement, l'école qui revendique son héritage - l'école Rinzai - est devenue une institution comme les autres...

Écrit par : anargala | 15/10/2006

Om shânti shânti shântihî ! Je n'ai pas, contrairement à notre ami Félix, condamné en bloc le bouddhisme ni le dzogchen "moderne". Il y a dans celui-ci une tension entre subitisme et gradualisme qui n'est pas forcément négative, bien au contraire. Ce sera peut-être le sujet de mon prochain billet. Pour ma part, je dis que la Vision de l'absence de tête ici demande une vigilance de tous les instants et une mobilisation de tout l'être. Simplement, je constate, aprés moultes essais et erreurs, que les postures et les rituels ne me sont pas indispensables. Cela peut aider, mais ce n'est pas - et de loin ! - le plus important. Mais je ne nie pas que cela marche pour d'autres. La liberté souveraine de l'Être consiste justement en cette diversité des expériences.
En attendant, voici une liste d'aphorismes bien rafraichissante sur le miracle de la conscience de soi :
http://aubinsahallor.free.fr/etonn/apho.html

Écrit par : anargala | 15/10/2006

Felix,
Heureusement que tu es la pour nous ouvrir a LA Verite.
Parles nous toi qui es eveille,de ce qui est bon et de ce qui est mal,ouvres nous,au messager divin a la parole de sagesse et quides nous jusqu a la liberation....

Écrit par : carnyx | 30/10/2006

l'absence d'effort délibéré très instructif le texte d'Anargala sur le Dzogchen. mais également très déroutant. en effet, n'y a-t-il donc rien à faire, comme pratique...pour pratiquer le "Dzogchen" ? dans ce cas, que vient faire ce mot, si ce n'est parler de qque chose dont il n'y a rien à attendre. car, en attendant (!!), il cristallise bien des attentes (une in-tension), des espoirs(de pur accomplissement) et des interrogations sur ce qu'il représente en tant que forme de méditation : si aucun effort délibéré n'est à entreprendre, Dzogchen est-il une sorte d'absence de méditation, sans méditant ni coussin, juste une conscience de tous les instants d'un individu dans un environnement inconditionné, ce que laisse entrevoir la description qui en est faite ? Dans ce cas, pour élargir un peu plus cette vision, le bouddhisme (ou Dharma, comme on voudra) ne serait-il pas une "injonction" à ne rien changer qui ne nous éloigne de ce que l'on est en train de faire, une simple invitation à en être pleinement conscient. pourtant, toutes les pratiques invitent le "méditant" à s'abstraire de sa vie quotidienne pour un instant (+ ou - long)et à prendre la-dite position du Bouddha. Le Dzogchen ne fait pas (je pense, même si je ne le pratique pas pour l'instant) exception à la règle. et cette ambiguité me plonge souvent dans une désagréable incertitude (cette tension née de l'intention) lorsque je décide (ou pas) de pratiquer la méditation (cet acte vers lequel je suis venu un jour par amour pour les valeurs constitutives du bouddhisme) : dois-je continuer sur cette voie ou n'en garder que le message de sagesse intuitive qu'il porte en lui ? l'avenir ne me le dira pas puisqu'il n'existera jamais, alors je m'en remets au présent qui m'apportera peut-être un jour la réponse.

Écrit par : Christian | 19/04/2010

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