13/01/2007

Qu'est-ce qui meurt ?

Un grand sage est mort. Douglas Harding est décédé à l'aube du jeudi 11 janvier 2007, dans sa 98ème année.

Il avait, depuis plus d'un demi-siècle, inventé une douzaine d'exercices simples permettants à chacun, quelques soient ses croyances par ailleurs, de découvrir par lui-même sa vraie nature, infinie, limpide et, en un mot, divine.

Mais, se dira t-on peut-être, à voir bon voir cela si l'on doit finir par mourrir ? Socrate est mort, comme le Bouddha, comme Jésus, comme Ramana Maharshi... Cette constatation semble rappeler cette vérité banale de l'évanescence de toutes choses, thème central de la plus grande épopée du monde, le Mahâbhârata : "Exister, c'est exactement comme ne pas exister. Tout est transitoire et impermanent... Comme des bulles dans l'eau, les êtres surgissent et disparaissent. Tout cela sera réduit en miettes : c'est certain. Tout ce qui s'élève doit tomber. Toute union s'achève par une séparation et la vie par la mort..."

Rien n'échappe à l'emprise du Temps, ce maître universel.

A première vue, le cas de Douglas Harding n'est une preuve de plus de cette terrible vérité. Sa forme n'est plus. Pour être plus concrets, prenons cette photographie de Douglas prise par Colin Fox en 1992 :

DouglasTestament

 

Cette forme n'est plus. La photo elle-même est une trace qui, à son tour, devra disparaître. D'ici quelques milliards de milliards d'années, il ne restera plus rien de rien. Personne. Alors, à quoi bon écouter ce que Douglas Harding a dit ?

N'écoutons pas, si tel est notre intuition. Mais, au moins, voyons. Voyons quoi ? Ce regard, sur cette photo, a certes quelque chose de fascinant. Mais quoi ? Il semble n'être là que pour me rappeler que tout périt !

Pourtant, il reste une chose à voir : Vers quoi pointe ce regard ? En ce moment même, lorsque vous regardez ces yeux, vers quoi regardent-ils ?

Pour ma part, ils pointent vers cet espace au-dessus de ces épaules, ici même. Cet espace est vide. Je n'y aperçois aucune forme. Je vois, en toute évidence, que je suis cet espace transparent, plus limpide et dépouillé que la mort elle-même. Ici, la Mort ne trouve rien à dévorer. Il n'y a nul changement, et donc pas de temps. Cet espace est éternel, atemporel, immortel. Il est le refuge infaillible.

Soit mais, dira t-on encore, cet espace vide n'est-il pas le visage de la Mort elle-même, inerte et sans vie ? En quoi ce néant pourrait-il m'être un réconfort ? Regardons encore et encore : Cet espace, absolument limpide en lui-même, n'accueille t-il pas, en ce moment même, une profusion de formes et de couleurs, de son et de sensations ? N'est-il pas la Source et la Vie elle-même ?

Voilà pour moi, pour nombre de mes amis à travers le monde et pour tous ceux qui ont l'audace de VOIR, le sens de cette image. L'immortalité savourée maintenant. Tel est, assurément, le testament ultime de Douglas E. Harding. Puisse t-il naître et renaître toujours en chacun de nous !

 

Pour goûter d'autres manières de voir notre immortalité, voir d'abord ou bien par là-bas (en anglais), sans toutefois oublier qu'il s'agit toujours de simplement revenir Ici.

Commentaires

Le je est désir Le désir n’est pas une abstraction, il n’existe qu’en relation avec autre chose. Il surgit dans le contact, la relation. Sans contact il n’y a pas de désir. Le contact peut exister à tous les niveaux, mais sans lui il n’y a pas de sensation, pas de réponse, pas de désir. Nous connaissons le processus du désir, la façon dont il se manisfeste : perception, contact, sensation, désir. Quand sommes-nous conscients du désir ? C’est par le trouble du plaisir ou la peine que le désir est reconnu. Le désir est la réponse inadéquate à la provocation.

Le conflit est « conscience de soi » ; la concentration à travers le trouble est le désir. Le conflit et le plaisir sont tous les deux, sources du trouble. Tout le monde veut garder agréable et fuir le plaisir douloureux. Tous les deux causent le même trouble.

Quelle est la cause du conflit ? Le conflit survient lorsque la réponse n’est pas adéquate à la lutte ; et ce conflit est la concentration de l’attention sur la conscience en tant que soi. La conscience, la concentration de l’attention sur le « MOI » à travers le conflit est ce processus total de l’expérience, de la désignation, et d’enregistrement.

Le conflit cesse lorsqu’il n’y a plus de processus de dénomination. La perception directe où il n’y a ni sujet, ni objet d’expérience, ni expérimentation, ni expérimenté, est au-delà du « CONFLIT ».

Le conflit est la concentration de l’attention sur le « MOI », et avec la cessation de l’attention sur le « MOI », avec la cessation du conflit il y a la fin de toute pensée et le commencement de l’inépuisable.

Le désir peut s’exprimer sous divers besoins opposés et conflictuels. Nombreux ils finissent par constituer le « JE » avec ses souvenirs, ses anxiétés, ses peurs et ainsi de suite, et l’activité du « JE » circonscrit le champ du désir. Les désirs sont tous, à la fois exposés et cachés, conscients et invisibles. Ces derniers sont plus importants que les désirs évidents. Les désirs conscients doivent être observés et calmés.

Les désirs d’obtenir pour soi ou pour un groupe conduit à l’illusion, à l’ignorance, à la destruction et à la douleur. Le désir ne porte pas seulement sur un nombre croissant de satisfactions physiques mais aussi sur la puissance du savoir, de l’identification, de l’argent. Désirer davantage c’est faire naître le conflit et la douleur. Quelque soit le niveau où opère le désir, il engendre toujours le conflit et la souffrance. Notre vie est illusion et douleur avec de rares instants de clarté et de joie.

Toute connaissance de la réalité est illusion. La connaissance ou l’expérience doivent cesser pour que la réalité soit. On ne peut pas immobiliser l’esprit car celui qui impose cette immobilité, est lui-même un produit de l’esprit, du désir.

Écrit par : desir | 15/01/2007

Vision sans tête Un lien vers 10 petites vidéos...à voir

Écrit par : mind | 17/01/2007

rencontre je me demandais ce que produirait le regard d'un homme à vision sans tête sur un homme à vision avec tête.. chacun y trouve peut être sa propre presence grâce à cette absence, encore faut t il pouvoir l'affronter...




Écrit par : Stephune de Bethune | 19/01/2007

Eternelle "Vision sans Tête" Un bel hommage pour celui qui affirmait que le fait de "tirer au clair qui nous sommes vraiment, vraiment, vraiment est une question de vie ou de mort".

Merci.

Écrit par : aksysmundi | 04/02/2007

Bonjour,

Je me permets de vous écrire que le commentaire écrit par désir le 15.01.2007 est un copier coller d'un passage de Krishnamurti dans son livre Commentaire sur la Vie I, chapitre 67 : le désir et le conflit p236, 237, 238.

"Le désir n’est pas une abstraction, il n’existe qu’en relation avec autre chose...", ce texte rédigé par cet Internaute est un texte que l'on retrouve aussi sous la plume/clavier d'un soit disant maître Maître Zen Huê-Minh dont l'existence même semble être discutable.
Signé un Internaute qui en a marre de lire des textes qui sont copier coller et diffusé sans que l'on puisse connaître la source.

Écrit par : Voilà | 07/12/2011

la photo de harding pointe vers moi !

Écrit par : DOUG | 02/03/2014

Les commentaires sont fermés.