06/07/2007

Comment pourrait-on obtenir le Tout ?

Pendant les vacances, je vous propose quelques vers traduits de La liberté de la conscience (Samvitsvâtantryam), composés par le maître du shivaïsme du Cachemire Râmeshvar Jhâ.

 

Matrika

 

L’élément Terre est grossier par rapport à l’Eau. Le Feu est plus subtil que l’Eau. Plus subtil encore est l’Air ; puis l’Espace, le Mental et l’Intellect. De fait, on voit vers l’amont des causes de plus en plus subtiles. Je suis plus subtil encore que tout, dépourvu de nom et de forme. 170-171

 

Je ne peux dire que « j’existe », ni que « je n’existe plus » ou que "j’existerais" de nouveau.

« Cela est », « C’est cela seulement qui est », « C’est imaginaire », « C’est réel » : tout cela n’est que construction imaginaire qui apparaît en toi comme en moi ! 172

 

On pourrait objecter : Si en ce moment j’existe – et toi aussi – seulement parce que je perçois et suis conscient, (alors) je n’existe pas avant (d’être conscient). Nous n’existerons pas au début : comment pourrais-je exister avant tout le reste ?

-         Allons ! Toi et moi, pourquoi n’existerions-nous pas toujours ? Je suis le (temps), le « maintenant », « l’avant », l’après » et le « toujours ». 173-174

 

Je suis absolument un. Il n’y a rien d’autre. Et je suis toi aussi. Observe et rend-toi à l'évidence : « toi » et « je » sont mutuellement dépendants. 175

 

La catégorie « Shiva » est construite comme étant « dépourvue de constructions imaginaires », débordante de liberté, éternelle, présent sans commencement ni fin. 176

 

Shiva est présent au commencement, au milieu et à la fin de tout. Sans pensée, il engendre les pensées comme s’il avait un corps. 177

 

La « délimitation », c’est la délimitation d’une chose par une autre lorsque apparaissent les objets séparés (les uns des autres). Mais elle est impossible en soi-même/dans le Soi. 178

 

Le Soi limpide absolument certain engendre sans les toucher les phénomènes agréables et désagréables en lui-même, au sein de sa forme propre indivise. 179

 

Il n’y a pas de limites dans le Soi spontanément apparent, sans besoins, sans entraves, absolument comblé, indivis de quelque façon qu’on le regarde. 180

 

Tout ce qui est vivant ou inerte est infusé par un seul Tout-puissant.  Alors il n’y a plus de moi, il n’y a plus rien d’autre. Pour moi, il n’y a que l’existence du Tout-puissant. 181

 

Seule son Existence existe et non l’existence de quoi que ce soit d’autre. Je suis le Tout-puissant incomparable, le Bienfaisant (Shiva), transparent. Je ne suis rien (d’autre). 182

 

Ayant abandonné l’idée fausse (selon laquelle « je suis seulement) le corps », comment pourrait-on parler ? S’il y a (ma) parole, c’est qu’il (peut) exister un sujet connaissant qui a (à la fois) la connaissance (de sa vraie nature et, en même temps), qui  a un corps. 183

 

Notre esprit est plongé dans l’océan insondable des Ecritures. Nous avons la certitude, ayant échappé à la tempête des dilemmes (vikalpa). Nous folâtrons sans entraves de-ci de-là… Shiva est naturellement présent/prouvé/accompli. Comment pourrions-nous l’obtenir ? 184

 

11:17 Écrit par David Dubois dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rameshvar jha |  Facebook |

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