06/08/2007

L'Un et le Multiple

Je suis Un et sans second. (Shiva) fait apparaître l’univers entier ici-même, en moi, dans l’Apparence. Ayant fait apparaître (l’univers) dans l’intellect, dans le corps et aussi à l’extérieur, il me lie, moi qui suis consumé par les dilemmes. 185

 

L’Espace est Un. De même, l’Air, le Feu, l’Eau et la Terre, à la fois divisée et indivise. De même, notre Soi est toujours absolument Un. Il est aussi ce qui fait apparaître toutes choses, (c’est pourquoi) il apparaît comme différencié. 186

 

Bien qu’Un, il est perçu comme multiple et différencié par le temps et le lieu. Bien que multiple, il atteint l’unité à travers le lieu, le temps et la finalité. [Par exemple, une graine, l’eau et la terre concourent à engendrer un arbre]. 187

 

Ce jeune arbre du monde sensible, fait des mots et de leur sens, existant à l’intérieur mais apparaissant « à l’extérieur », est tout entier apparut spontanément. Quand je le vois se dissoudre en moi, je me réjouis. 188

 

Pour l’être accomplit, le royaume de la méditation profonde (samâdhi) dans laquelle tout est assimilé au Soi, est en vérité accompli. Il n’a pas à le devenir. Au contraire, pour l’être asservi dont l’intelligence n’a pas abandonné l’identification au corps, ce royaume demeure invisible, même après des centaines d’efforts. 189

 

Râmeshvar Jhâ, La liberté de la conscience

10:12 Écrit par David Dubois dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : tantra, pratyabhijna, reconnaissance |  Facebook |

Commentaires

Bonjour,

j'aimerais beaucoup, si cela est possible, commencer une analyse critique de la Vision sans Tête. Je vous invite donc à répondre ici, si vous êtes d'accord, aux questions posées là http://shivaisme-du-cachemire.skynetblogs.be/post/4671406/stage-vision-sans-tete#6451596 et là http://shivaisme-du-cachemire.skynetblogs.be/post/4671406/stage-vision-sans-tete#6438580 .

Je vous laisse également ci-dessous une copie du mail que j'ai envoyé à José Leroy.

Bien à vous,

Ben

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Monsieur Le Roy,

j'ai découvert, il y a peu, votre site consacré à la vision sans tête et je dois dire qu'après une analyse attentive de celui-ci, j'ai davantage de points d'interrogation que de réponses.

J'aimerais donc vous poser quelques questions, si cela ne vous ennuie pas.

Tout d'abord, j'aimerais connaître le prix des ateliers que vous animez. J'aimerais également savoir ce qu'un atelier peut "m'apporter" de plus que la lecture des ouvrages de Douglas Harding et que la pratique des exercices.

Pourquoi l' "Infinie Vacuité contenant le monde tout entier" qui se trouve au-dessus de mes épaules contient également la souffrance, les maladies comme le sida, les éruptions volcaniques, bref le mal ?

Comment se fait-il que je puisse souffrir (physiquement et/ou psychologiquement) étant entendu qu'il n'y a rien au-dessus de mes épaules ? L'infinie Vacuité serait-elle sado-masochiste ?

En rapport avec la question précédente -- Admettons que je souffre parce que je suis prisionnier dans un camp de concentration et que l'on me torture. Qui souffre? La première et/ou la troisième personne ? Si c'est uniquement la troisième personne qui souffre, alors c'est vrai pour tout le monde et pour tous ceux qui souffrent. Comment les aider dans ce cas ? En leur faisant découvrir la Vision sans tête? Ou alors, est-ce que cela n'est pas suffisant ?


Comment se fait-il que la découverte de l'absence de tête passe, chez la plupart des gens, par la pratique des exercices ? Comment se fait-il que cela ne soit pas spontané et constant ? L'Infinie Vacuité se bernerait-elle elle-même? Et si oui, pourquoi?

Si c'est la même Infinie Vacuité qui se trouve au-dessus des épaules de toute personne, pourquoi ne puis-je pas voir ce que vous êtes en train de faire maintenant?

Voilà. J'espère ne pas vous importuner avec mes questions qui vous sembleront sans doute bien naïves.

En attendant de vous lire, je vous prie d'agréer, Monsieur Leroy, l'expression de mes salutations distinguées et respectueuses.


Écrit par : Ben | 06/08/2007

Bonjour,

1/ Le prix du stage d'une semaine a été de 145 euros par personne, plus environ 50 euros pour la nourriture, plus 3 euros pour la femme de ménage.
2/ Le stage propose des "exercices". On peut utiliser ce terme dans la mesure ou ils sont répétables. Cependant, il n'y a nul progrès à accomplir, ni facultée à exercer. On peut donc aussi parler d'expériences, au sens scientifique. En effet, ces dispositifs (par exemple "pointer du doigt") servent à verifier une hypothèse ("nous ne sommes pas ici ce que nous semblons être à un mètre de distance"). Mais au fond, il ne faut pas prendre ces appellations trop au sérieux.
3/ José Leroy et autres "animateurs" des stages ou soirées ne possèdent rien de plus que les autres. Dès qu'on sait expliquer un exercice/expérience, on sait tout ce qu'il y a à savoir. En ce sens, c'est enfantin. De plus, chacun est invité à partager son interprétation, ses impressions et à proposer de nouveaux exercices.
4/ Enfin, et pour répondre à votre question sur l'existence du mal et de la souffrance :
La Vision Sans Tête fait une distinction cruciale entre les faits ("Ici, au-dessus des épaules, il n'y a qu'espace") et leur interpétation ("Ici, je vois Dieu, la Nature de Bouddha, le Soi, le Néant", etc.).
Pour ma part, je considère que cet Espace n'est pas un être divin, c'est-à-dire une personne avec des projets, un dessein ou un plan providentiel. Pourquoi ? Pour les même raisons que vous avancez, cher Ben, dans votre lettre. Comment en effet réconcilier l'idée d'un Dieu tout-puissant et parfaitement bon avec la souffrance des enfants ? Donc, pour moi cette Vacuité n'est pas Dieu, ou bien alors seulement en un sens métaphorique, partiel et provisoire. A vrai dire, je ne crois pas en une Providence et nulle théodicée ne m'a jamais convaincu. Mais, encore une fois, d'autres personnes "voient" le même Espace que moi, et le reconnaissent comme étant Dieu. Voyez par exemple l'hindouisme et le bouddhisme : les expériences méditatives sont très proches, mais les doctrines sont opposées...
5/ J'ajoute, pour finir, que je ne comprend pas exactement la raison d'être de vos questions, vu que a/ le prix du stage est indiqué (même si le prix réel s'est avéré inférieur), et que b/ ce blog a d'emblée porté un regard critique sur l'oeuvre de Douglas Harding (le philosophe qui a "inventé" les exercices), comme on peut le lire sur la colonne de gauche "les quattres pattes de la vache").

Écrit par : anargala | 07/08/2007

Ad personam Cher et sympathique Sunyata,

Mensonges, calomnies, insultes, procès d'intentions... je ne vois guère d'esprit critique et encore moins d'esprit philosophique dans tout cela !

"Anytos et Mélétos peuvent bien me tuer ; ils ne peuvent me nuire."

Écrit par : anargala | 08/08/2007

Réponses bis Cher Ben (ou dois-je dire chère Benjamine?)

Je ne doute pas que vos élèves profitent grandement de votre sagacité remarquable !
Je m'aperçois que je n'ai pas répondu à toutes vos questions, alors voici :

"Comment se fait-il que je puisse souffrir (physiquement et/ou psychologiquement) étant entendu qu'il n'y a rien au-dessus de mes épaules ? L'infinie Vacuité serait-elle sado-masochiste ?"
Comme je vous l'ai déjà écrit, à mon sens cet Espace qu'est la conscience n'est pas une personne, bien qu'on puisse la personnifier de diverses manières. Sur ce point, ma position se rapproche davantage de celle du bouddhisme : la conscience peut se perdre, libre qu'elle est d'errer. Sado-maso ? Pourquoi pas ? Je me rappelle avoir posé cette question (avec l'exemple de la Shoa) à un pandit shivaïte. Il me répondit "Shiva se divertit". Ce genre de réponse, un peu comme les théodicées monothéistes, me paraît choquante. Voilà pourquoi j'incline en faveur de la thèse de l'égarement pur et simple, sans rien de divin.

" En rapport avec la question précédente -- Admettons que je souffre parce que je suis prisionnier dans un camp de concentration et que l'on me torture. Qui souffre? La première et/ou la troisième personne ? Si c'est uniquement la troisième personne qui souffre, alors c'est vrai pour tout le monde et pour tous ceux qui souffrent. Comment les aider dans ce cas ? En leur faisant découvrir la Vision sans tête? Ou alors, est-ce que cela n'est pas suffisant ?"

Je crois que c'est aussi la première personne qui souffre, mais peut-être d'une autre manière. Voyez le témoignange d'Etty Hilesum ou encore Jacques Lusseyran. La distinction entre première et troisième personne doit sans doute être dépassée. Pour ce qui est de mon expérience, je constate quand même que la vision aide. Mais, cela ne marche que si l'on n'en fait pas un usage "technicien". Il n'y a pas de technique. Au contraire, cette posture d'absence est plutôt contemplative, esthétisante, par la distance qu'elle découvre entre soi et la situation, et aussi par la mise entre parenthèse du mode d'être utilitariste.
La VST ne suffit pas à règler tous les problèmes, bien évidemment. Si je veux être riche, et gagner au loto, voir l'Espace ici ne me livrera pas le bon numéro. En revanche, savourer cet Espace, tranquillement et à mon rythme, est tout simplement bon.

" Comment se fait-il que la découverte de l'absence de tête passe, chez la plupart des gens, par la pratique des exercices ? Comment se fait-il que cela ne soit pas spontané et constant ? L'Infinie Vacuité se bernerait-elle elle-même? Et si oui, pourquoi?"
Même réponse que plus haut. Vos questions impliquent que l'Espace soit une personne, et que donc l'existence de tous nos maux doive être réconciliée avec sa parfaite bonté. Pour moi, l'Espace ne nous aime pas. Il est aussi neutre que le Dieu de Spinoza. Il n'est pas le Bien, mais il est bon, au sens où me baigner en lui me fait du bien : silence, espace, légèreté, etc.

"Si c'est la même Infinie Vacuité qui se trouve au-dessus des épaules de toute personne, pourquoi ne puis-je pas voir ce que vous êtes en train de faire maintenant?"
C'est la même conscience qualitativement, mais pas numériquement.

J'ai bien conscience que ces réponses vous paraîtront par trop elliptiques, ou que peut être elles ne seront pas à votre goût.
J'espère du moins avoir suggéré quelques pistes, en toute courtoisie et franchise.

PS: les stages de D. Harding n'ont jamais été prohibitifs, à ma connaissance. Cela dépendait du prix de la salle à louer. Le principe de M. Harding, que José Leroy et moi partageons, est que l'on ne doit tirer nul profit de ces "stages". Chacun vit de son métier et se débrouille pour garder le tarif le plus bas possible. Soit-dit en passant, je n'ai pas "animé" ce dernier stage. Je suis rentré de Thailande plus tard que prévu. Je n'ai donc assisté qu'aux quatres dernier jours, sans intervenir d'ailleurs. Je ne suis nullement "expert en VST" et j'ai payé ma place comme les autres. Si vous souhaitez le vérifier, il suffit de contacter les propriétaires du "chateau", les Riollet. Il est vrai que je me sens proche de la philosophie de D. Harding. J'ai toujours été touché par sa franchise et son ouverture d'esprit. Voilà pourquoi j'en parle dans ce blog (bien que le thème principal soit la philosophie de la Reconnaissance), et c'est aussi la raison pour laquelle j'ai accepté de participer à ce stage lorsque José Leroy m'y a invité.

Écrit par : anargala | 08/08/2007

Bonjour,

Tout d’abord, je tiens à vous dire que je suis désolé de n’avoir pu reprendre plus tôt le fil de cette conversation. Je souhaite également vous remercier d’avoir eu la courtoisie de répondre à mes questions.

Voici donc mes commentaires.


1) VST, expériences scientifiques et faits

Le 07/08, vous avez écrit :
« Le stage propose des "exercices" (…). On peut donc aussi parler d'expériences, au sens scientifique. En effet, ces dispositifs (par exemple "pointer du doigt") servent à verifier une hypothèse ("nous ne sommes pas ici ce que nous semblons être à un mètre de distance"). . Mais au fond, il ne faut pas prendre ces appellations trop au sérieux. »

Une expérience au sens scientifique… Permettez-moi d’en douter. En effet, s’il s’agit de tester une hypothèse de manière scientifique, pouvez-vous préciser dans quel cas l’hypothèse pourrait être réfutée ?
Ne s’agit-il pas plutôt de donner un verni d’honorabilité à une pratique « spirituelle » ? Ainsi, on peut lire que « L a Voie Sans Tête est un modèle contemporain d’inspiration scientifique de la place de l’humanité dans l’univers », que « Le travail de Douglas Harding, s’enracine dans la tradition scientifique occidentale » et que « La science s’appuya plutôt sur l’évidence fournie par les sens dans sa recherche de vérité. Douglas Harding utilisa la même méthode en se l’appliquant à lui-même » ( http://www.visionsanstete.com/articles/Richard_Lang_vision_sans_tete.html ) . Et j’aurais pu multiplier les exemples.

Par ailleurs, d’après vous,
a) qu’est-ce qu’une expérience scientifique ?
b) de quel type d’expérience scientifique se rapprochent le plus les « exercices » de la Vision sans Tête ?

Vous avez également écrit :
« La Vision Sans Tête fait une distinction cruciale entre les faits ("Ici, au-dessus des épaules, il n'y a qu'espace") et leur interpétation ("Ici, je vois Dieu, la Nature de Bouddha, le Soi, le Néant", etc.). »

« Ici, au-dessus des épaules, il n’y a qu’espace » serait donc un fait, d’après vous ! Pour moi, ce n’est pas un fait. Il s’agit simplement d’un abus de langage, abus sur lequel semble reposer l’édifice de Douglas Harding.

En effet, prenons l’expérience du tube, par exemple (la plus puissante selon Harding). En face, je vois un visage. Ok. Maintenant, je retourne mon attention à 180°. Que vois-je ? Harding dirait sans doute : « Rien ! Il n’y a pas de tête. Ce n’est qu’espace d’accueil, Vacuité, Dieu ».

Or, en fait, quand je retourne mon attention, je ne vois pas de visage (et pour cause mes yeux me permettent de regarder vers l’avant, pas vers l’arrière), mais je ne peux pas en conclure pour autant que je n’ai pas de tête. Je peux juste dire : « je ne vois pas que j’ai une tête », ou mieux « je ne vois pas si, oui ou non, j’ai une tête ».

La prochaine fois que vous retournerez votre attention de 180°, utilisez également votre main et dirigez-la au-dessus de vos épaules. Vous risquez d’être surpris ;-).

Dans la VST, il semble qu’on utilise l’abus de langage mais également qu’on réactive des processus cognitifs propres aux enfants : la pensée égocentrique et syncrétique (cf. Piaget). Exemple : « je ferme les yeux, le monde disparaît ». Ou encore « Quand je suis dans une pièce, il manque un mur ». (Voir notamment le dessin sur la page http://www.visionsanstete.com/temoignages/Richard_Lang_pas_en_prison.htm ) .

Enfin, il semble que la VST s’appuie également sur l’hypnose. Les exercices, surtout lorsqu’ils sont pratiqués dans les ateliers, paraissent en présenter toutes les caractéristiques. Regard fixé sur objet ou sur un visage, puis injonction paradoxale impossible à réaliser mais que l’on présente comme possible (« regardez ce qui se trouve au-dessus de vos épaules » ) et suggestions (« voyez-vous une forme rose ? Ou voyez-vous plutôt un espace, un vide ?" "N'utilisez pas votre raison, voyez").

Si on ajoute à l’abus de langage mentionné plus haut, à l’activation de processus « archaïques » et au processus hypnotique, les discours qui mettent à mal les croyances des individus présents, la présentation de concepts inhabituels, les répétitions des exercices, le climat très chaleureux, on obtient tous les ingrédients pour un bon lavage de cerveau, à défaut d’une décapitation.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, je vous fournirai mes autres commentaires dans quelques jours.
A bientôt !

Ben

p.s. : au fait, vous parlez de mes élèves dans votre réponse. Comment pouvez-vous savoir que j'ai des élèves ? Mmmm... ?

Écrit par : Ben | 16/08/2007

Le Maître de la spéculation est actif Toutes ces interventions sont très intéressantes et montrent bien comment se pérennise l'identification au "moi".
Moult questions sont posées et l'on s'acharne sur la VST et l'on veut débusquer la faille, cela qui va discrétiter ce bon papa DOUG qui ne pouvait pas faire autrement que de faire ce qu'il a fait pour la bonne raison que ce qu'il préconisait ne venait pas de lui mais était initié par le jeu de la vie toujours et sans cesse à l'oeuvre pour une invitation au retournement. Cette invitation magistrale que j'ai suivie grâce à la VST (je n'ai fait aucun séminaire ni réeelt lu de livre) permet la vision depuis un autre point de vue que celui étriqué et distordu du petit "moi" qui ramène toujours sa fraise.
Il est bien évident qu'il n'y a rien là où je me trouve, car si je perçois quelque chose, il faut bien qu'il n'y ait rien là où je me situe. Si je construis une maison, il faut bien qu'il n'y ait rien là où elle va s'édifier. Si je pose un objet sur un meuble il faut bien que l'espace soit vide. C'est pourquoi dès que je perçois qque chose, ce que je crois être ne peut que disparaître.
La compréhension est possible depuis la perspective de l'activité unique qui demeure quand la séparation apparente entre sujet et objet a disparu. Dès que je parle de qque chose d'extérieur je suis dans cette séparation. L'intellect ne peut rien faire de mieux que de reconnaître son modus opérandi. Pour comprendre nous devons comprendre pourquoi nous ne pouvons pas comprendre. L'intellect est persuadé qu'à chaque question correspond une réponse compréhensible et juste. Nous pouvons poser des milliers de questions, aucune réponse ne pourra nous donner satisfaction ni la connaissance de ce que nous cherchons.
S'il y a des maîtres et des disciples, c'est parfait car c'est ainsi
S'il n'y a pas de maîtres ni de disciples, c'est parfait car c'est ainsi
S'il y a des pratiques c'est parfait car c'est ainsi
S'il n'y a pas de pratiques c'est parfait car c'est ainsi.
CELA EST, point final il n'y a rien à en dire, en dire qque chose reviendrait à vouloir marchander avec le jeu de la vie. Ce n'est pas ce qui découle de l'activité du jeu de la vie qui importe mais c'est l'ACTIVITE même. Ce qui se déroule dans le déploiement du SOi n'a strictement aucune importance. De toute façon on ne peut pas changer ce qui est. CELA EST !
Je remercie Douglas de m'avoir permis de découvrir ce que je cherchais depuis toujours. En parler sans connaître de quoi on parle est obsolète.
Bien cordialement et merci de permettre ces partages qui, je l'espère permettrons de dépasser toutes les certitudes auxquelles nous sommes accrochés.

Écrit par : Claudie | 24/08/2007

La tête sur les épaules ( réponse à Claudie) Puisque tout m’est servi sur un plateau d’argent, pourquoi me priverais-je?

« Sunyata, beaucoup de virulence contre ce bon papa DOUG, lequel ne s'est jamais positionné en "maître". »

Ainsi, dans une seule et même phrase repose toute la critique que j’ai énoncée précédemment. Elle reflète également votre niveau de conscience, chère Claudie.
Douglas Harding ne s’est peut-être jamais présenté comme un maître explicitement, mais insidieusement c’est bien la place qu’il occupe auprès de ses disciples serviles.
Ce « bon papa Doug », voilà donc ce qu’il est pour vous : un père, un bon père, une autorité. Les mots que nous utilisons ne sont pas le fruit du hasard. Ils expriment des choses précises, le plus souvent issues de notre inconscient. Ainsi dans la même phrase, vous vous contredisez sans la moindre conscience de ce que vous dites. Vous n’avez aucune conscience de ce que Douglas Harding comble chez vous, de la place qu’il occupe, des projections que vous effectuez sur lui.

Vous avez pratiqué des exercices, et, telle une chèvre attachée à un pieu, vous irez aussi loin que la corde vous le permettra. C’est à dire que vous irez aussi loin que le laisse miroiter la technique. Ces exercices font partie de votre expérience et celle-ci appartient désormais à votre passé. Mais ce passé est conditionné et agit sur votre expérience présente. La méditation se distingue de toute forme de conditionnement et d’autorité.

Douglas Harding a laissé s’établir autour de lui tout un petit monde de disciples plus serviles les uns que les autres. Il a laissé derrière lui des techniques, une méthode, une vision. Mais attention, ce n’est pas un maître : c’est « bon papa Doug ». La spiritualité béate, voilà ce que tout cela est. Ce n’est pas votre voie que vous effectuez mais celle d’un autre, celle de Douglas Harding. Vous vous inscrivez dans les pas d’un autre tant votre vide intérieur est grand. Vous vous remplissez de lui, faute de vous remplir de vous-même. Vous n’avez aucune réflexion, aucune intelligence dans votre démarche. Juste une servilité creuse et profondément infantile : ce « bon papa Doug ».

Vos expériences ont été, à vous entendre, extraordinaires, au-delà des mots. Vous en voulez des expériences ? De la poudre de perlimpinpin j’en ai plein mon sac. Je vais vous éblouir. Je vais vous éblouir de ce que d’autres ont réalisé, pensé et dit. Régression karmique, méditation dans les yeux pour voir vos vies antérieurs, visions, voyages astraux, … Des exercices du type vision sans tête, j’en ai des dizaines à vous présenter. Vous croyez réellement que Douglas Harding a inventé quelque chose ? Des sensations fortes et sensationnelles vous attendent. Ça vous dit ? L’illusion vous adorez cela. S’anesthésier des autres, quel bonheur ! Mais la réalité est toute autre. Je les ai faites moi aussi ces expériences, puis je les ai défendues envers et contre tout. Et puis un jour la conscience survient, et l’on se rend compte que tout cela n’avait pas plus de valeur qu’un tas de cendres.

Un blog d’égaré ne construit que des égarés qui remercient je ne sais quoi à travers ce blog. Je n’ai aucun problème avec cela. Mais c’est le mercantilisme qui se cache derrière qui me dérange.

Je trouve les interventions de Ben très justes et très pertinentes. Il y a ceux qui suivent servilement les traces des grands « Maîtres » afin de combler leur manque intérieur et/ou se donner un brin de consistance et il y a les autres : ceux qui sont capables de réfléchir et d’analyser par eux-mêmes, ceux qui ne s’en remettent en rien d’extérieur à eux-mêmes, ceux qui ne pratiquent pas, qui n’imitent pas, qui ne se conforment pas, qui se sont libérés de toute forme de conditionnement et d’autorité. Ils sont de plus en plus rares et de moins en moins entendus.

Écrit par : Sunyata | 25/08/2007

L'ignorance Sunyata, quelle est votre démarche exactement au sein de ce blog ? Vous dites qu'un blog d'égarés ne construit que des égarés, ce n'est sûrement pas un hasard si vous y participez !
Vous luttez contre quoi exactement si ce n'est avec vous-même ?
De quoi avez-vous peur en vous cachant derrière un pseudo oriental ? Je ne comprends pas bien comment vous pouvez vous insurger contre quelque chose qui n'a pas d'existence à vos yeux ? (je parle de la vision)Si ça n'existe pas il n'y a pas lieu d'en parler. si vous en parlez c'est que ça existe non ? On ne lutte que contre ce qui a une existence.
Nous devons créer ce contre quoi nous luttons, sinon il n'y a plus de guerre.
Vous avez occulté toute la partie de mes propos qui mettais en avant qu'il n'y avait pas de Douglas pour décider de quoi que ce soi, donc pas d'autorité en tant que Douglas qui n'est qu'un instrument du jeu de la vie.
Vous devez avoir une grande expérience, une intelligence au-dessus de la moyenne et une autorité sans faille pour déterminer mon pauvre niveau de conscience que je revendique, car c'est dans l'absence de conscience que se trouve ce qui nous anime. C'est dans l'absence qu'est la présence.
Au lieu parler de ce que vous ne connaissez pas, parlez-moi plutôt de vous, de votre ressenti à la lecture de mon message. C'est ce qui se passe ici qui est important et non pas là-bas.
Vous parlez de passé, mais de quel passé ?. Il n'y a jamais de passé. Si je pense au passé c'est dans le présent, idem pour le futur. Tout est toujours là présent,il n'y a pas d'autre instant.
Je vous pose cette question:
- Pouvez-vous être conscient de qque chose qui ne soit pas dans votre conscience ?

Quand l'ego est en colère il va chercher des alliés cela le rassure et lui prouve qu'il a raison.
Voulez-vous avoir raison ou être heureux ? Les deux sont incompatibles.




Écrit par : Claudie | 26/08/2007

Réponses ter Chère Benjamine,

1/ Comme vous signez "Ben", j'en ai déduit que vous étiez Benjamine, comparse de "Mitso" et "Sunyata". D'après votre blog, il semblerait que vous soyez professeur de philosophie du côté de Marseille.
2/ Vous me posez des questions auxquelles j'ai déjà répondu.
3/ Je ne suis pas un "représentant officiel" de Douglas Harding, ni un "disciple servile", ni même un disciple. Par conséquent, je parle en mon nom sur ce blog, qui propose des réflexions nourries de plusieurs points de vue, le principal restant la philosophie de la Reconnaissance (pratyabhijnâ).
4/ Si vous désirez en savoir plus sur le rapport entre VST et épistémologie, vous pouvez consulter "La science de la première personne". Quant au critère de non-réfutabilité, je crois qu'il est bien plus pertinent de l'adresser à la psychanalyse, par exemple, qu'à la VST.
5/ En ce qui concerne la main qui glisse juqu'au visage, vous pouvez également consulte (si vous le souhaitez, etc.) un article de Harding ("Avoir une tête", in La Troisième voie, A. Michel, pp. 324-345). Pour ma part, je constate une succession de sensations, mais rien de semblable à une petite masse de chair opaque, avec un âge précis, etc. Bref, ce visage senti n'a pas grad'chose à voir avec celui vu dans la glace.
6/ A ma connaissance, D. Harding ne dit pas qu'il n'a pas de tête, mais seulement que cette tête n'est pas ici, au-dessus des épaules. En revanche, elle apparait dans les surfaces réfléchissantes et dans le regard d'autrui.
7/ En ce qui concerne la question de l'enfance, voire de l'infantilisme que prônerait Harding, là encore vous lisez un peu rapidement, même si, je vous l'accorde, un risque de régression existe (voyez la colonne de gauche, dans "Douglas Harding, faiblesses"). Cependant, en réalité, il n'a jamais suggéré, et encore moins ordonné, de redevenir un enfant, mais plutôt de voir les choses, provisoirement, "comme" un enfant, c'est-à-dire en s'efforçant de suspendre son jugement autant que possible.
8/ Les "stages" ou "atteliers" de D. Harding auxquels j'ai pu assister n'ont jamais inclu la fixation hypnotique ou des exercices répétés pendant des heures. Au contraire, j'ai toujours trouvé que ces atteliers manquaient un peu de discipline et de receuillement.
9/ Je sais bien que de nombreux gourous de présentent comme des "anti-gourous" ou des "amis". Krishnamurti en est le cas le plus typique. J'ai eu aussi l'occasion de voir ceci chez Poojaji (alias Papaji) à Lukcnow. A lire ses livres, on aurait pu s'attendre à des dialogues socratiques assez intimes. En fait, il était, surtout vers la fin de sa vie, entouré d'une "cour" de disciples assez serviles. En revanche, j'ai toujours constaté chez M. Harding des efforts constants et délibérés pour éviter que ce genre de dynamique de groupe ne prenne. En dépit du désir de certains de le "gouroutiser", il gardait ses distances. Un des éléments qui décourageait le culte de la personnalité était le fait qu'il ne parlait jamais seul, "sur un trône", mais toujours aux côtés de son épouse et d'autres amis. De plus, chacun était invité à intervenir et à formuler des objections.
Quant au reste de vos affirmations, j'y vois de purs procès d'intention. Par conséquent, vous me pardonnerez sans doute si je me permet de ne pas les relever.
Bien à vous.

Écrit par : anargala | 01/09/2007

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