16/02/2011

Conférences sur la Pratyabhijnâ

 

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Des pensées sans penseur ?

Polémiques sur l'identité personnelle dans l'Inde au XIe siècle

18h30-20h30

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Lundi 28 février : salle JA01

Lundi 4 avril, lundi 2 mai, lundi 6 juin : Salle JA05

La querelle du Soi (ātman) est la problématique centrale des philosophies de l'Inde. D'un côté, les tenants du brahmanisme pensent qu'il y a un Soi qui organise les pensées, ainsi qu'un Soi "suprême" (un Dieu) qui agence le monde. De l'autre, les Bouddhistes soutiennent qu'il n'y a nulle part un tel Soi en dehors de l'imagination des ignorants, pas plus qu'il n'existe une quelconque intelligence créatrice.

Parmi les formes qu'a revêtue cette controverse, celle mise en scène dans les textes de la Reconnaissance (pratyabhijñā) est sans doute l'une des plus aboutie, notamment à cause de sa capacité à inventer des concepts ou à donner un sens inédit à de vieilles notions. Ce programme est une recherche qui s'appuie sur le texte fondateur de cette philosophie (Les stances pour la reconnaissance). Il a deux objectifs. Premièrement, comprendre cette pensée en éclairant les auteurs auxquels elle s'oppose tout en récupérant leur concepts, d'une part, et d'autre part en proposant des comparaisons avec des problématiques, des thèses et des arguments de la tradition occidentale. Deuxièmement, il va s'agir de critiquer les thèses et les arguments de la Reconnaissance en évaluant les réponses aux objections formulées dans le texte, mais aussi en formulant des objections nous-mêmes, nous inspirant pour cela des pensées contemporaines. En bref, notre questionnement est le suivant : D'où viennent les organisations que nous observons en nous et hors de nous ? Y a-t-il un organisateur de tout cela, ou bien l'ordre émerge-t-il spontanément ?

Cette première année sera consacrée à une lecture de l'exposé de la thèse centrale de la Reconnaissance laquelle, en cinq stances, nous permettra notamment de nous interroger sur les questions suivantes : La Reconnaissance est-elle une philosophie ou une théologie ? Faut-il choisir entre recherche de la vérité et aspiration à une certaine forme de salut ? Peut-on dire que la conscience existe ? Est-elle une chose ? Peut-on connaître notre conscience ? Et comment connaît-on celle d'autrui ?


Entrée libre

Voir les détails pratiques sur le site du CIPh

10:15 Écrit par David Dubois dans Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |