20/02/2006

La philosophie intégrale de Ken Wilber

La philosophie intégrale de Ken Wilber

 

La philosophie intégrale prend le meilleur de :

 

PREMODERNE

MODERNE

POSTMODERNE

M
O
D
E
R
E

Nombreux nieaux d’existence

origine divine de l’homme

La Grande Chaîne de l’Être

L’apparition de la science

autonomie de l’ego

progrès culturel

Le sens est basé sur le contexte

l’ego humain n’est pas absolu

multiculturalisme

 

Mais il rejette leur version extrême :


E
X
T
R
E
M
E

conservatisme rigide

systèmes des castes

 oppression hiérarchique

Vision du monde du type “plat-pays”[1]

hyper-individualisme

Euro-centrisme

relativisme culturel

“Mort de l’auteur”

Acharnement contre l’Occident

 

[1] Cette expression désigne la manière qu’à la science positiviste de tout réduire à un simple objet, négligeant ainsi la dimension subjective – la profondeur – de l’expérience humaine, à laquelle seul le dialogue permet d'accéder.

 

Reproduit d’après le tableau du site de Frank Visser

 

21:23 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ken wilber, integral |  Facebook |

16/12/2005

Meuh ?

Il y a une des 4 pattes (de la Vache) dont je n'ai par encore parlé. Il s'agit de la Philosophie Intégrale de Ken Wilber.
 
Or, il y a une raison à cela : plus le temps passe, moins cette patte me semble viable telle quelle. Comme je l'indique trop brièvement dans la colonne de gauche, chaque patte a ses points faibles. Certes. Mais la papatte wilberienne paraît s'affaiblir au point de mettre en danger la survie de l'organisme tout entier.
 
En effet, sa philosophie m'a d'abord enthousiasmé: Enfin un philosophe (: quelqu'un qui aime réfléchir) qui médite et lit les textes des pensées orientales non-dualistes. De plus, il cherche à réconcilier le plus de point de vue possible. Plus exactement, il recherche le point de vue qui enveloppe le plus de perspectives différentes. Il pense ainsi qu'il existe un "point de vue" à partir duquel toutes les philosophies, les religions, les sciences, sont vraies, chacune à sa façon. C'est pourquoi il affirme que son système est "intégral". Il souhaite de cette façon réconcilier la science et la religion, l'Orient et l'Occident, les sagesses antiques et la pensée moderne, le matérialisme et le spiritualisme. Selon lui, ces points de vue contraires ne sont que différents regard posés sur une seule et même réalité. Il propose alors une grille de lecture "intégrale", qui prend en compte les attitudes objectives et subjectives, ainsi que les différents stades de développement présent selon chacun de ces points de vue. Ainsi, selon lui, la matière n'est pas inférieure à l'esprit, ni l'inverse : la matière et l'esprit sont simplement deux regards (objectif et subjectif, respectivement) portés sur la réalité. A chaque état subjectif correspond un état de la matière, et inversement. De sorte que science et religion sont réconciliées.
Je trouve cette idée de réconciliation, d'unification, trés intéressante et fort utile. Car aujourd'hui, un des problèmes qui se pose à nous est justement celui de la fragmentation des savoirs. Chacun se spécialise, et du coup "on sait presque tout sur presque rien, et presque rien sur presque tout". Dans une démocratie, c'est un grave problème, car cela veut dire que l'on ne peut pas se prononcer sur une question (le nucléaire, par exemple) sans s'appuyer sur l'opinion d'un expert-spécialiste... Par ailleurs, comme je vis depuis longtemps dans un univers de pensée "oriental", cette pensée-là, qui voulait jeter des ponts entre des savoirs qui, au mieux, s'ignorent, était bienvenue. En lisant son best-seller Une brève histoire de tout, j'avais le sentiment de retrouver une certaine harmonie, d'avoir remis un peu d'ordre entre mes différents domaines de savoir. Bref, j'y avais gagné en unité. Quant à l'allure du personnage - 45 ans, super musclé, "méditant 4 h par jours", "le génie américain", crâne rasé, ermitte avec toujours de belles femmes au bras, etc. - , je l'acceptais de bon gré, me disant que c'était simplement la culture américaine, et qu'on ne doit pas juger un philosophe sur sa garde-robe ou l'expression de son visage. 
 
Mais ensuite, j'ai pris de plus en plus pris conscience de certains défauts du personnage qui se retrouvent dans ses écrits. Le principal est sa tendance à se lancer dans de grandes affirmations, en prétendant qu'il y a "des centaines d'études qui ont prouvé cela", alors qu'il n'y a rien. Par exemple, dans la dernière version de sa philosophie ("post post-moderne"), il s'appuit sur ce qu'il nomme le "karma cosmique". Cela signifie entre autres choses que, plus un évènement se produit, plus il aura tendance à se produire aisément, et cela indépendament des distances. Or, il s'agit en fait d'une reformulation de la thèse de la "résonnance morphogénétique" du pseudo-biologiste new-age Rupert Sheldrake. Le hic, c'est qu'aucune étude, aucun protocole expérimental n'a jamais confirmé cette thèse selon les critère de la "bonne science" (tels que définits par Wilber lui-même). La théorie de Wilber n'est donc pas corroborée "scientifiquement", contrairement à ce qu'il prétend. Et il nous fait le même coup à propos des effets "merveilleux" et "indubitables" de la méditation transcenddentale, etc. Par ailleurs, il a apporté son soutient à des gourous comme Adi Da, un psychopathe de premier ordre inspiré (encore un !) par le Shivaïsme du Cachemire. Il croit à la folle sagesse, aux êtres "parfaits" (siddha). Bon, il est vrai qu'il revient parfois sur ses avis, mais il finit toujours par retomber dans les mêmes travers. Evidemment, il a tendance à lui-même devenir l'un de ses gourous...
Je vous conseille de lire cet article instructif, et ceux à propos d'autres gourous que l'on trouve sur le même site :
 
http://www.strippingthegurus.com/stgsamplechapters/wilber.asp
 
Alors, que faire de cette patte ? Et bien j'en conserve la superstructure, c'est-à-dire la grille de lecture "intégrale", mais dans un esprit sceptique. Faisons comme le cygne (hamsa) indien : buvons le lait sans boire l'eau, laissons les gourous dans leurs délires monomaniaques et goûtons seuls, comme des adultes, aux joies de la méditation, de l'observation et de la réflexion. Youpi !

15:55 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : guru, ken wilber, integral, gourou |  Facebook |

28/11/2005

Boires et déboires de la vache ...

Au fond, la plupart de mes billets depuis deux semaines portent sur la question de la connaissance de l'absolu : Est-il connu par lui-même ? par autre chose ? ou encore carrément inconnaissable ? Sur ce même thème, il y a également la question du rapport entre connaissance par concept, et connaissance intuitive, voire inconsciente (je pense à l'influence des "initiations-bénédictions" sur les traces karmiques).
 
Mon approche consiste à m'efforcer de trouver un point de vue dans lequel le plus grand nombre de vérités se trouvent embrassées.
Pour ce faire, je m'appuie sur l'expérience, la raison, et le témoignage de personnes faisant autorité dans ce domaine. Bien sûr, je pense que l'absolu se connait par lui-même, et que la connaissance de l'absolu est elle-même inséparable de l'absolu. Comme ce dernier n'est pas un concept, sa connaissance n'est pas conceptuelle non plus. Néanmoins, je persiste à dire que la pensée est un moyen assez direct pour réveiller en nous cette connaissance. De fait, nous faisons cela tous les jours : Nous utilisons des raisonnements pour arriver à des expériences directes. Par exemple, nous apprenons à jouer du piano en analysant et en raisonnant. Mais, rapidement et sans rupture dramatique, ces opérations mentales complexes deviennent une seconde nature, et le jeu devient "intuitif". De même,  quand on me demande "Passe moi le sel", bien que le sel soit en lui-même innacessible par le mot "sel", je sais très bien aller du mot (la connaissance par concept) à la chose (la connaissance directe, intuitive).
Pour discuter de tout ceci plus en détail, je me propose de m'appuyer sur des extraits de La Doctrine secrète de la Déesse et de La Lumière sur les Tantras, textes traduits et accessibles à tous.
J'ai bien conscience que mes billets paraissent embrouillés. C'est normal : Ce blog essaie d'être une synthèse jamais achevée de plusieurs pensées ("Les Quatre Pattes") qui sont en grande partie incompatibles (voir "Cette bête est-elle viable ?" en marge). De plus, il n'est pas toujours commode de distinguer entre ce que je pense et ce que pense la Reconnaissance sur tel ou tel sujet... 
En outre, je ne suis ni bouddhiste, ni chrétien, ni néo-védântiste. Les pensées sur lesquelles je m'appuie ici ne rentrent adéquatement dans aucune de ces catégories (Longchenpa est trés éloigné de l'orthodoxie bouddhiste, tout comme le Dzogchen dans son ensemble).
 
Enfin, j'aimerais relater quelques anecdotes d'Inde et d'ailleurs. Mais pour cela, il faudrait encore que je scanne quelques clichés. Patience donc... 

10:28 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dzogchen, pratyabhijna, tantra |  Facebook |