13/04/2015

Le Secret de la Kundalini

Le Secret de la Kundalini

Un enseignement traduit du sanskrit, inédit, par le maître du tantra traditionnel le plus connu du XXe siècle : Lakshman Joo du Cachemire. Il aborde les différentes voies d'éveil de la Kundalinî : par le souffle, par l'union sexuelle, et par la reconnaissance de la conscience au présent.

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10:38 Écrit par David Dubois dans Dzogchen, Général, Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les Arcanes de la plénitude

Les Arcanes de la plénitude - Siddhamaharahasya

Inédit, traduit du sanskrit, un enseignement sur le tantra non-duel par un maître quasi inconnu qui a pourtant vécu au XXe siècle : Amritavâgbhava. Aborde tous les sujets du tantra.

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Pour la pureté de l'âme

Pour la pureté de l'âme Cittavishiddhiprakarana

Nouvelle traduction d'un texte sanskrit inédit de la tradition du bouddhisme tantrique. Un message radical sur la pureté de l'esprit, par-delà toute notion de pur et d'impur.

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La Voie de la conscience non-duelle

La Voie de la conscience non duelle

Nouvelle traduction inédite d'un texte du bouddhisme tantrique sur la conscience, voie de l'éveil naturel.

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18/11/2012

Rappel : nouveau blog

Mon blog actif - la nouvelle Vache Cosmique - est ici.

12:27 Écrit par David Dubois dans Anecdotique, Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/11/2012

Conférences sur le shivaisme du Cachemire - 2013

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Les conférences sur le shivaisme non-dualiste du Cachemire se poursuivrons en février 2013 à Paris, avec une comparaison entre le non-dualisme "tantrique" de la Reconnaissance (pratyabhijnâ), et d'autres courants non-dualistes, notament celui de Shamkara.

L'absolu est-il statique ou dynamique ? La conscience est-elle le témoin immuable du devenir, ou bien ce devenir est-il une manifestation de la conscience ? Mais alors, comment expliquer que la conscience, identifiée à la félicité et au plaisir, puisse dans les jeux de sa liberté, accoucher de la souffrance ?

La prochaine saison du programme débutera à en février 2013 2012, les lundi 11, 18 et 25 février ainsi que le 25 avril 2013, au CPEC, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris, 18h30-20h30.

Pour plus de détails, voir ici.
Enfin, vous pouvez entendre les conférences en lisant les textes traduits du sanskrit qui leur ont servi de support.

18:41 Écrit par David Dubois dans Général, Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/07/2012

Conférences shivaisme du Cachemire - printemps 2012

 

 

 

 

Yoni - Sud de l'Inde

 

Toutes les séances du printemps 2012 sont désormais disponibles ici en audio, avec leurs textes traduits du sanskrit. Le thème est celui de la mémoire. La mémoire prouve t-elle la permanence de la conscience ? Elles font partie du cycle II du programme de six années organisé dans le cadre d'un programme du Collège International de Philosophie.
Les prochaines conférences auront lieu les lundi 15 et lundi 22 octobre 2012, au CPEC, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris, 18h30-20h30.
Pour plus de détails, voir ici.

14:10 Écrit par David Dubois dans Général, Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/11/2011

Sur le shivaïsme du Cachemire - séances automne 2011 à écouter

 
 
Les conférences sur le shivaïsme du cachemire reprendront en février 2012. 
La première aura lieu le lundi 13 février (date à confirmer), de 18h30 à 20h30, au Centre d’Études Critiques de Paris, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
 
Nous continuerons de lire les Stances pour reconnaître le Seigneur en soi (Îshvara-pratyabhijnâ-kârikâ).
Après les objections bouddhiste (le Soi n'existe pas, ce n'est qu'une illusion), nous verrons la réponse de la Reconnaissance, notamment l'argument de la mémoire comme "voie royale d'accès au Soi".
 
En attendant, vous pouvez écouter les deux séances de l'automne 2011 et lire les textes qui vont avec (voir au bas de la page).
 
Avant de prendre l'avion pour rejoindre un petit village perdu au fin fond de l'Inde du Sud, quelques mots sur mes projets de traduction en cours :
 
1. Une traduction de la Parade des cygnes ( Hamsa-vilâsa) un pur chef-d’œuvre  dans lequel un couple de pratiquants tantriques du XVIIIe siècle célèbre une voie d'intériorité qui emploie l'art, le corps et la beauté. C'est aussi une anthologie et une fenêtre unique sur la vie intime du tantrisme à Bénares à l'époque de la Révolution française.
 
2. Une anthologie du Kâlî-krama. Cette tradition est la seule tradition tantrique non dualiste dès l'origine. Elle est considérée par les maîtres les plus réputés comme étant la crème de la crème du tantrisme. Il y aura de nombreux textes inédits, dont quelques extraits ont étés publiés sur ce blogue.
 
3. Une collection de traductions et de livres prenant pour fil conducteur le Vijnana-bhairava-tantra. Par exemple, il y a aura un recueil de textes de yoga inédits, un livre sur le sexualité tantrique, un autre sur les méditations sans formes. C'est un travail virtuellement sans fin, mais qui est déjà riche de plusieurs centaines de pages et qui débutera par la publication de deux commentaires inédits de ce texte unique, véritable trésor de la spiritualité universelle.
 
J'essaierais, si cela est possible de continuer à écrire sur le blogue de la nouvelle vache depuis l'Inde.

28/09/2011

Shivaïsme du Cachemire - CIPh octobre 2011

 

Les prochaines conférences du CIPh sur la philosophie de la reconnaissance (pratyabhijnâ) auront lieu :
les lundis 3 et 17 octobre 2011,
de 18h30 à 20h30,
au Lycée Henry IV,
salle N34 (ou salle des Actes, si elle est libre),
à Paris 5e,
métro Cardinal Lemoine.

Le thème du programme (sur six années : 2011-2016) est la conscience dans la philosophie de la reconnaissance. Cette année, nous poursuivrons notre lecture du texte fondamental de ce courant quasi inconnu, mais qui se situe dans la mouvance du tantrisme.
Au printemps dernier, nous avons présenté les idées essentielles de la reconnaissance : la liberté de la conscience peut être redécouverte par un examen des expériences ordinaires.
Mais y a-t-il une conscience permanente, hors des pensées évanescentes ? Il y a certes des pensées sur soi, mais existe t-il un Soi ? Nous allons donc examiner les objections que les bouddhistes formulent contre le Soi dans le second chapitre des Stances pour la reconnaissance (Pratyabhijnâkârikâ), en les confrontant à leur homologues dans les pensées occidentales. Surtout, nous nous interrogerons sur la pertinence de ces objections : L’esprit n'est-il qu'un "automate spirituel" ? Peut-on parler d'une "physique de l'esprit" ? Sommes-nous des machines ?
Il est tout à fait possible de suivre ces conférences sans avoir suivit les précédentes. Toutefois, pour ceux qui souhaitent découvrir le contenu des quatre premières séances, c'est possible ici.
En outre, les auditeurs sont invités faire connaissance avec le texte lu à l'aide, par exemple, de cette paraphrase, ou en se procurant notre traduction des Stances pour la reconnaissance. Nous lirons le second chapitre des Stances.
Pour se familiariser avec la pensée bouddhiste dont sont issues les objections que nous étudierons, on peut écouter un bref exposé sur l'idéalisme bouddhique par Stéphane Arguillère, formulé dans un esprit comparatiste, pour un public déjà formé aux philosophies de l'Occident moderne. Malheureusement, il n'existe pas, en français, de présentation accessible de la pensée de Dharmakîrti, le principal interlocuteur bouddhiste dans les Stances pour la reconnaissance.

Cependant, pour une initiation accessible à la controverse sur le Soi, on peut lire Comment la philosophie indienne s'est-elle développée ? : La querelle brahmanes-bouddhistes, de Michel Hulin.
Un homologue contemporain du bouddhisme, auquel nous aurons l'occasion de nous référer, est Daniel Dennett. Un livre d'introduction, facile d'accès.
A bientôt !

09:48 Écrit par David Dubois dans Général, Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/02/2010

Abhinavagupta - La Liberté de la conscience

abhinavagupta ft

 

Durant l'Âge d'or de l'Inde, le Cachemire fut le coeur vivant
du Tantra, ce vaste mouvement qui cherche à réconcilier
spiritualité et sensualité.
Ce livre est une introduction à l'enseignement du génie
le plus fulgurant du Tantra, Abhinavagupta (Xe siècle).
Il nous fait voir dans l’existence humaine le jeu de l’absolu
jouant à s’oublier dans les choses de ce monde pour ensuite
mieux s’y reconnaître. Abhinavagupta se donne corps et âme
à cette reconnaissance du Soi divin à travers les joies et les
misères de la vie quotidienne, partageant son expérience
paradoxale avec rigueur et vigueur, en mélangeant des registres
que l’Occident oppose. Chez lui, l’expérience et la théorie,
l’intellect et la vie, l’art et l’ascèse, la philosophie et la religion
se conjuguent pour réveiller la conscience libre depuis toujours,
mais assoupie dans ses habitudes mécaniques. Sa métaphysique
s’enracine toujours dans l’expérience. Maître de la parole,
Abhinavagupta n’oublie jamais de s’abreuver à la Source.
Sans moralisme, Abhinavagupta esquisse, au fil des extraits
présentés dans ce livre, une véritable voie d’exploration et de
célébration de la liberté. Loin de tout formalisme religieux ou
conceptuel, il joue de tous les registres du savoir disponible
en son temps pour s’émerveiller et entraîner son lecteur.
Cette oeuvre intéressera le chercheur d’aujourd’hui par sa
dimension universelle et pratique. Sans exotisme, sans
dogmatisme, elle va droit à l’essentiel. Chaque extrait proposé
veut être une ouverture possible vers l’essence de notre être.

Sur Amazon

Chez Almora

15/06/2009

Tout simplement

Voici un recueil de petites "expériences" aussi simples que profondes pour partir à la découverte de notre véritable identité. Mais attention, il ne s'agit pas de psychologie. Ces expériences font appel aux cinq sens comme à l'esprit de découverte scientifique pour remettre en question les croyances sur ce que nous sommes vraiment.

Des sages de toutes les traditions nous disent que ce que nous sommes vraimpent est ce à quoi nous aspirons, au-delà même de nos espérances les plus folles. Mais comment les croire ? D'ailleurs, faut-il les croire ? Ce livre propose des outils simples pour vérifier par soi-même, sans exotisme, sans avoir à s'engager auprès d'un "maître" ou d'une tradition.

Un véritable petit trésor de liberté dans la lignée du Vijnâna Bhairava Tantra. A voir sur Amazon et sur le blog de José Leroy.

 

decoration

 

 

 

14:41 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vision sans tete, harding, leroy |  Facebook |

05/07/2007

Doit-on s'abandonner au dieu Marché ?

Toujours dans la série "documentaires sur le net", voici quelques exemples qui donnent à réflechir sur l'étendue du problème suivant - Comment des millions d'hommes peuvent-ils abdiquer leur liberté au profit de quelques uns ? - discuté notamment par Etienne De La Boétie dans son court essais intitulé Discours sur la servitude volontaire :

 

Un film sur la scientologie. Un jour, un écrivain de SF a décidé de créer une religion à partir de ses romans pour gagner beaucoup d'argent. Voilà en gros ce que cela donne, plus de trente années plus tard...

 

Les religions d'Orient - hindouisme et bouddhisme -, mais aussi le christiannisme, s'accordent pour affirmer que la volonté peut tout. "Frappez et on vous ouvrira", "La foi qui déplace les montagnes", etc. Il est vrai que "l'imagination dispose de tout" (Pascal), comme le montre ce documentaire de marketing, véritable chef-d'oeuvre de  mercatique (comme on dit en France) et de rhétorique, avec sa ribambelle de "philosophes", "métaphysiciens" et autres "visionnaires" bardés de "MBA" et "PhD". Ils appellent ça "Le secret". En bref, il suffit de "ressentir" une chose ou une situation pour l'obteinir tôt ou tard. Bonne nouvelle pour les millions de gens qui crèvent de faim !

 

Enfin, et juste pour offrir un bref apperçu du pouvoir sans limites du consummérisme, voici un site qui vous vend le "je suis" (I am), présenté comme une "marque déposée", protégé par un droit de copie. Le plus triste est qu'il n'est même pas le premier, et sûrement pas le dernier...

19:40 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : scientologie, le secret |  Facebook |

25/06/2007

A quoi ressemblait la vie des brahmanes ?

Voici un beau documentaire sur Shankara, le maître très célèbre de la tradition non dualiste fondée sur les Upanishads.

Adi_shankara

 

C'est une tradition brahmanique, orthodoxe donc. Dans cette reconstitution, tous les dialogues sont en sanskrit, la langue sacrée de l'Inde et, par suite, d'une bonne partie des pays bouddhistes. L'enfance de Shankara a été tournée au Kerala, état du sud de l'Inde où les brahmanes de la communauté Nambudiri ont perpétué d'anciennes traditions. Mais surtout, on peut apprécier dans cette représentation ce que l'Inde a pu être avant la mondialisation et le culte actuel de la vitesse et de l'agitation. Je ne dis pas que ce monde était idyllique, bien sur. Il y avait un système de discrimination raciale très dur. Mais il reste la beauté de l'Inde, de ses paysages, de son architecture, ses ambiances et la rigueur intellectuelle des brahmanes, alliée à une sorte de sensualité archaïque, sans oublier la couleur de la terre ...

19:58 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shankara, non dualite, kerala, brahmanisme, brahmane |  Facebook |

13/06/2007

Tantrisme extrême

Le shivaïsme est une vieille religion. Ou plutôt, un ensemble de religions, assez distinctes les unes des autres mais toutes révélées ou inspirées par Shiva, un peu comme le christiannisme, le judaïsme et l'islam se réclament tous du Dieu d'Abraham.

Aghori1

 

Parmi ces courants, l'un des plus anciens et des plus curieux est celui des Pâshupatas, ascètes au corps couvert de cendres et vivants dans les champs de crémation. Vers le IVème siècle, leur ont succédé les Kâpâlikas ("Crâneurs"), qui devinrent rapidement une figure de l'imaginaire indien. Ils sont l'objet de nombreuses satyres dans les pièces de théâtres et farces de l'Inde médiévale. Ils boivent, copulent et se livrent à toutes sortes de pratiques antinomiques. C'est dans leur milieu que va s'élaborer, des IV ème au XII ème siècles, la littérature des tantras, avec leur symbolisme érotique ou morbide.

Que sont-ils devenus ? Les Nâtha, "inventeurs" du Hâtha-yoga, sont toujours présents en Inde et au Népal, bien que  largement corrompus par la mafia du BJP, du RSS et du VHP... Leur chef actuel (Avedya Nâth) est, comme souvent dans le Nord de l'Inde, à la fois député et brigand notoire.

L'une des sectes qui peut se réclamer de la parentée  des Kâpâlikas de l'Inde ancienne est celle des Aghoris, peu nombreux mais que l'on peut encore croiser sur les ghats de Bénares. Malheureusement, je ne les ai ni filmé ni même photographié. Cependant, voici un excellent documentaire anglais sur l'un d'eux à Haridvar non loin de Rishikesh. Le personnage est attachant. Originaire du Bihar  l'état indien qui compte le plus de guérisseurs tantriques - on l'accompagne dans une partie de son parcours intérieur et extérieur. Sa pratique donne une idée de ce que pouvait être celle des ascètes de l'Inde médiéval et des adeptes du bouddhisme tantrique. On voit que Râm Nâth désobéit à son gourou et ne craint pas de rendre visite à sa famille ou à des prostituées de Calcutta. Une existence libre mais risquée.

Un autre document, filmé sans doute à Bénares, où l'on voit un aghori manger un morceau de chair humaine. Ce petit film, réalisé par et pour des Indiens, donne un aperçu assez juste de l'image que les Indiens eux-mêmes se font du tantrisme, qui finalement est pour eux l'équivalent de ce que l'occultisme et de l'astrologie sont chez nous. Dans cette série ("kaal kapaal mahakaal"), vous pourrez également regarder d'autres documents intéressants sur le tantrisme contemporain, avec notamment un gourou buvant des litres de whisky devant ses fidèles et des rituels d'exorcisme.

Enfin, un documentaire de qualité fait par le National Geographic. L'alcool y est omniprésent. J'ai assisté à des rituels à base d'alcool dans un temple dédié à Batuk Bhairava. Mais les adeptes ne consommaient rien. Toute la nourriture, imbibée de vodka, était donnée aux chiens. En revanche, il était obligatoire, pour pouvoir assister à la cérémonie, de boire au moins trois coupelles de whisky !

A travers ces films, on mesurera la distance entre ce tantrisme rustique et le néo-tantrisme californien raffiné...  

15:30 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tantra, tantrisme, sadhu, aghora, aghori, varanasi |  Facebook |

04/06/2007

Gourous graves

Dès que l'on parle d'Inde et de spiritualité, les gens craignent d'avoir à faire à des sectes, d'être manipulés par des gourous. Et ils n'ont pas tord. Le mot de "secte" me  parait néanmoins problématique. La secte, c'est toujours l'Eglise de l'autre... De fait, beaucoup de Chrétiens utilisent cette peur des gens afin de les éloigner des sagesses orientales, comme par exemple le "Père Verlinde" (!). 

adi-da-samraj

 

Cependant, il existe bel et bien des gourous criminels. Le cas le plus célèbre en Inde est peut-être celui de Sai Baba, étudié dans ce documentaire par une courageuse journaliste indienne. Elle se retrouve même face à un ministre indien, Murali Manohar Joshi, qui finit par sortir de ses gonds et la menace directement ! "Mais vous ne savez pas ce que signifie s'adresser à un ministre de mon rang ! Non, non, non !" On croirait voir le méchant Palpatine de Star Wars... Et il n'est pas le seul disciple influent de Sai Baba. Il y a aussi des juges, des policiers, de nombreux ministres, tous prêts à couvrir ses crimes (pédophilie, pots-de-vin...). C'est à vous dégoûter de l'humanité.

A côté de ces gourous "multinationals", il y a aussi des gourous spécialisés dans le shivaïsme du Cachemire. En Inde, il y a eu Muktânanda, lui aussi souçonné de pédophilie. Voici un vieux cliché de son gourou, Nityânanda, dans les bras de son propre gourou :

Nityananda

 

Sa disciple, Chidvilâsânandamayî, est à la tête d'une véritable multinationale, très puissante en Inde et aux Etats-Unis. Ils ont une branche "académique", le Muktabodha Institute, qui octroie des bourses de recherche. Pour ma part, j'ai refusé de recevoir quoi que ce soit, les ayant vu à l'oeuvre, avec leurs méthodes de télévangélistes.

Mais Muktânanda a également inspiré des gourous occidentaux, comme Chetanânanda, directeur d'un institut britannique, qui se paie les services d'un spécialiste réputé du shivaïsme cachemirien pour reconstituer certains rituels tantriques (notamment celui de la déesse Suprême).

Mais dans ce domaine, le maître des maîtres est Adi Da, alias Franklin Jones et une bonne douzaine d'autres pseudos, qui sévit depuis plus de trente ans. Orateur brillant, bon écrivain, il a été l'un des premier à voir le "potentiel" du shivaïsme cachemirien. Il a un ashram aux Fidjis, où il vit avec son harem. Il est même parvenu à embrigader le philosophe américain Ken Wilber, qui depuis semble avoir pris ses distances, mais bien tard...

Comment expliquer cette dévotion, cet aveuglement ? A mon sens, ces comportements donnent raison à Spinoza. Ce n'est pas le gourou qui rend les gens aveugles. Ce sont les gens qui, aveuglés par leur besoin de sécurité, créent leur gourou. Ce n'est pas parce qu'une chose est bonne qu'on la désire, mais c'est parce qu'on la désire qu'on la juge bonne. Autrement dit, ces hommes et ces femmes à gourous sont habités par un tel désir d'infini, qu'à l'image d'une midinette débarquant dans la "capitale", ils sont prêts à cristalliser leurs aspirations sur la première personne venue, pour peu que cette dernière sache s'y prendre. Au fond, peut importe le flacon, pourvu qu'on ai l'ivresse. D'ailleurs, le patron de la chaîne de restaurants "Hard Rock Café", disciple de Sai Baba, le dit explicitement dans le documentaire : "Peu importe qu'il ait violé ou non de jeunes garcons, puisqu'à moi, il m'a fait du bien"... Par où l'on voit le lien entre nihilisme consummériste et fanatisme. 

12:15 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : adi da, sai baba, muktananda, gourou |  Facebook |

19/05/2007

Les pattes de la vache

Reconnaissance (Pratyabhijnâ), Grande Complétude (Dzogchen) et Vision Sans Tête : qu'ont-elles en commun, ces pattes de la vache cosmique ? Tout simplement ceci. Dans ces trois systèmes, il s’agit de re-connaître dans la conscience les plus hautes valeurs ou personnes dont parlent différentes religions et cultures : les Puissances de Shiva, les Trois Corps d’un Bouddha, les attributs de Dieu ou de Jésus (Douglas Harding, surtout durant la dernière partie de sa vie, se référait fréquemment au christiannisme). Ces attributs sont autant de portes vers soi-même. J'ajoute qu'ils composent une sorte de tableau harmonieux, conférant ainsi à ce vénérable animal une touche cosmétique...

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10:59 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pratyabhijna, dzogchen, vision sans tete |  Facebook |

19/04/2007

Comment aller jusqu'au bout ?

Il y a bien un courant qui traverse toutes les traditions, quelques soient par ailleurs leur dogmes. En témoigne ce beau poème de Jean de la Croix :

 

"Moyen de parvenir au tout.

Pour parvenir à ce que tu ne sais pas

Tu dois passer par où tu ne sais pas.

Pour parvenir à ce qui ne te plaît pas

Tu dois passer par ce qui ne te plaît pas.

Pour parvenir à ce que tu ne possèdes pas

Tu dois passer par où tu ne possèdes pas.

Pour parvenir à ce que tu n'es pas

Tu dois passer par où tu n'es pas.

 

Moyen de posséder le tout

Pour parvenir à savoir tout

Ne désire rien savoir de rien.

Pour parvenir à tout ce qui te plaît

Ne désire rien posséder de rien.

Pour parvenir à être tout

Ne désire être quelque chose en rien.

 

Moyen de ne pas empêcher le tout.

Quand tu t'arrêtes à quelque chose,

Tu cesses de te jeter dans le tout.

Pour parvenir totalement au tout,

Tu dois renoncer totalement à tout.

Et quand tu parviendras à tout posséder,

Tu dois le posséder sans rien désirer.

Car si tu dois posséder quelque chose en tout

Tu ne possèdes pas ton trésor, pur, en Dieu.

 

Indice que l'on possède tout.

Dans ce dénuement l'esprit trouve

Quiétude et repos,

Car, ne convoitant rien, rien

Ne le pousse vers le haut, et rien

Ne l'oppresse vers le bas, car il

Se trouve au centre de son humilité.

Car lorsqu'il désire quelque chose

En cela même il se lasse.

 

Néant, néant, néant, néant, néant.  Et sur le mont, néant. Et là il n'y a pas de chemin, car pour le juste, il n'y a pas de loi."

 

Cité par Ramon Panikkar (théologien qui fréquenta longuement les ghats de Bénares) dans Le silence du Bouddha, Acte Sud, coll. Spiritualité, p. 78.

15:25 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jean de la croix, paradoxes |  Facebook |

17/12/2006

De l'infini dans du fini ?

Cette animation trouvée sur Google m'inspire ces commentaires :

- Les mathématiques sont aussi une forme de spiritualité.

- L'intellect est source d'émerveillements inouïs.

- Contrairement à ce qu'on croit, le fini peut contenir d'infinies richesses.

papilli

 

14:54 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : paradoxes, mathematiques, fractales |  Facebook |

04/12/2006

Peut-on mesurer l'Eveil ?

Il me semble que l'Eveil est la reconnaissance de soi, Ici. "Je suis je". Cette ouverture est infinie en étendue et en richesse. En effet, l'Eveil s'accompagne de l'intuition que l'on sait tout, que l'on est tout et, surtout, que tout est bien, au-delà de tout pourquoi et de tout comment.

A première vue, moi seul puis savourer cet espace dans lequel je baigne comme "de l'eau versée dans de l'eau". Cela ne pose d'ailleurs guère de problème, car il reste possible de le communiquer et de le partager, puisque la conscience est toujours présente, comme l'espace pour les corps. C'est même, peut-on dire, la chose la plus aisée à partager. La plus intime et la plus commune à la fois.

Ceci étant, je me suis toujours demandé s'il était possible d'objectiver - de rendre visible - les effets de l'Eveil, et des différentes sortes d'états qui l'accompagnent ou en découlent. Des textes vénérables, comme le Yogavâsishtha, affirment qu'il est impossible de reconnaître depuis l'extérieur cet état de "fraîcheur intime" (antahshîtatva). Autrement dit, tous les symptômes peuvent être imités par d'habiles comédiens ou des charismatiques. Par contre, leur absence ne prouve rien. Tout cela me semble fort prudent : il ne saurait être question d'une sorte de "championnat de l'Eveil". Néanmoins, la curiosité n'est pas toujours un vilain défaut. Aussi serais-je intéressé d'avoir votre avis sur ce petit document, diffusé sur Youtube, et qui montre Ken Wilber (voir lien à droite) se livrant à quelques expériences de corrélation entre des états de conscience et des figures apparaissant sur un écran d'EEG (électro-encéphalo-gramme). 

Ce qui surprend ici, c'est l'apparente aisance et la soudaineté (quelques secondes) avec laquelle il semble faire disparaître son activité cérébrale. Alors, est-ce une corrélation significative ? ou bien une énième pirouette de la divine Mâyâ ?

BuddhaPada

 

14:23 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : meditation, ken wilber, eveil, carottes |  Facebook |

30/11/2006

Pourquoi sommes-nous distraits ?

Le phénomène de la distraction est l'un des thèmes incoutournables de la littérature contemplative, en Orient comme en Occident. Le plus souvent, elle est décrite comme un défaut, comme un manque d'attention qui nous prive de la meilleure compagnie qui soit, que l'on nomme celle-ci Dieu, Soi ou Nirvâna - peu importe. La distraction serait comme une voleuse, à combattre par tous les moyens. Ainsi les hommes ont-ils imaginés d'innombrables méthodes pour remettre l'attention sur le droit chemin, sur l'objet à contempler. Les uns jêunent, les autres veillent. Certains ont crus bon de s'attacher à des cordes, d'autres ont espéré un remède chimique. Quelques uns, enfin, ont choisi de ruser en constatant que l'esprit est attentif à ce qu'il désire. C'est la stratégie tantrique, et la raison d'être de ses visualisations érotiques. L'attention est désir, et le désir est manque. Il suffit donc de présenter les choses - LA chose - sous un jour désirable. Mais la parfaite concentration, la focalisation unipointée ne finit jamais de se faire désirer. Si bien que l'on finit par retomber sur des conseils du genre : "Il faut faire attention à faire attention !", injonction impossible à réaliser et impossible à rejetter, source d'angoisses que chacun gèrera comme il pourra...

Sur le plan éthique, les conséquences de la distraction sont partout condamnées. Pascal en vient à définir la vie de l'homme sans Dieu - la misère de nous sans Lui - comme une suite de distractions. La vie profane est divertissement; la vie sacrée est concentration. Du multiple à l'un. Il faut rester sur ses gardes, veiller comme le chat sur le trou de la souris. L'ennui, c'est que ceci n'est rien d'autre qu'une prison. Une prison pour Dieu, pour le Soi ou pour le Bouddha, mais une prison quand même. Or, comme dans toutes les prisons, le surveillant est au moins aussi privé de liberté que son surveillé. On fait attention, au prix de sa liberté présente, pour le bénéfice d'une hypothétique liberté future.

TangtongGyalpo

 

Observons la concentration de plus près. Il s'agit de focaliser son attention sur un même objet, sans discontinuer. C'est la définition que donne le yoga classique du fameux samâdhi. Mais focalisation signifie aussi contraction. Donc effort et douleur. Et lien. Être concentré sur ceci, c'est être distrait de cela. Or, n'est-ce ce pas ce que justement nous faisons à longueur de journées ? Notre vie de sujet ne peut-elle pas se décrire comme une succession de concentrations plus ou moins longues, plus ou moins intenses ? Des visages, des sensations, des idées, des souvenirs... Parfois mêmes, nous restons sur une idée plus que de raison, trop longtemps pour que cela reste agréable. Nous sentons alors l'urgence d'une distraction, d'un oubli. Changer de disque. Borges, je crois, décris le cas pénible d'un homme ayant une parfaite mémoire - ce qui, du reste, nous montre ce que serait l'horreur d'une conscience omni-sciente, d'un regard qui verrait toutes choses à tout instant. La concentration ne semble donc pas désirable absolument, mais seulement lorsque son objet l'est. La distraction peut donc, en ce sens, être une libération. Méditer, c'est parfois ruminer, et c'est parfois insupportable.

 

Padma2

 

Mais regardons-y encore de plus près. Concentration et distraction sont deux facettes de tout acte mental, avons-nous dis (et c'est pourquoi le yoga classique affirme qu'il y a du samâdhi dans chaque état psychique). Faisons maintenant un pas de plus : être concentré sur un objet, c'est souffrir. Ou, du moins, s'identifier à lui et devenir un objet. Comme tout objet est limité, toute concentration est source de mal-être et d'esclavage. La distraction, au contraire, me délivre de cette tension arqueboutée sur l'objet, et me jette dans... quoi ? dans l'espace de conscience de soi - concience pure de soi, sans identification à aucun objet. Les Stances sur la Vibration l'affirment, à contre-courant des autres traditions : lorsqu'on est distrait d'un objet dans lequel nous étions comme absorbés, cette distraction est arrachement à la finitude de l'objet (fut-ce un état de calme douillet) et réveil fulgurant à ce regard sans visage qui est notre vrai visage. Voilà pourquoi les maîtres chan criaient, voilà pourquoi les maîtres dzogchen crient - p'hat ! - pour éveiller leurs ouailles à leur face immaculée. Voilà la raison secrète pour laquelle nous cherchons l'ivresse et le mouvement. C'est une purification. Un retour à l'espace. N'importe quel méditant a fait cette expérience : vous vous concentrez, et c'est à l'instant où une porte claque que la lumière intérieure semble s'allumer.

Le sens ultime de la distraction, c'est que nous ne sommes rien de ce que nous pouvons penser, faire, ou méditer. La distraction est pure liberté. Puissions-nous y être attentifs !

18:56 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : meditation, shivaisme du cahemire, samadhi |  Facebook |

22/10/2006

Et après ?

"...

On purifie son corps avec des jeûnes, et aprés ? On a des fils légitimes, et après ? On pratique la rétention du souffle, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

L'ennemi est vaincu dans la bataille, et après ? L'ami est favorisé, et après ? Les pouvoirs du yoga sont conquis, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On marche sur le eaux, et après ? On contrôle le souffle par la "respiration du vase", et après ? On soulève le mont Mérou dans la main, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On boit du poison comme du lait, et après ? On mange du feu comme du riz, et après ? On vole dans le ciel comme un oiseau, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

Les cinq éléments sont maîtrisés, et après ? De réelles blessures ne sont que rougeurs, et après ? Des pierres sont lancées par des mains invisibles, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On devient un empereur, et après ? On acquiert la suprématie d'Indra sur le autres dieux, et après ? On parvient à la toute-puissance de Shiva, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On obtient tout avec des formules magiques, et après ? On est transpercé sans dommage par des flèches, et après ? On connaît le sort par les astres, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

Le dard d'Eros est brisé, et après ? L'aiguillon de la colère est émoussé, et après ? L'étreinte du désir est repoussée, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

La présomption est repue, et après ? Plus rien sur la terre ne nous exalte, et après ? Les affres de l'envie ont disparu, et après ? Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

On conquiert le monde de Brahmâ, et après ? On contemple le monde de Vishnou, et après ? On commande dans le monde de Shiva, et après ?Certes, ce n'est pas ainsi que le Soi est perçu.

Celui dans le coeur duquel ce saint dédain du non-Soi sourd constamment et pleinement devient un vase d'élection pour la perception directe du Soi que ne connaîtront pas ici-bas ceux qui s'égarent dans le tourbillon d'un univers illusoire."

 

Le saint dédain du non-Soi (Anâtma-shrî-vigarhanam), attribué à Shankara, extrait de Hymnes et chants Védantiques, traduits du sanskrit par René Allar, Editions Orientales, Paris, 1977 et republié dans Nirvâna, "Les cahier de l'Herne", sous la direction de François Chenet, Paris, 1993.

13:36 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : shankara, eveil, yoga, tantra |  Facebook |

19/10/2006

Une nonne tibétaine abattue par les soldats chinois devant les touristes...

Quel gâchis ! Le 30 septembre dernier, un groupe de trekkers (dont un officier de police australien) assistent, impuissants, à une scène horrible. Des soldats chinois se mettent à tirer, à 300 mètres d'eux, sur une colonne de jeunes tibétains qui tentent de rejoindre le Dalaï Lama. Une nonne tombe, se relève, puis s'écroule définitivement, comme on peut le voir sur ce film.

J'avais vu cet été, à Dharamsala, un film sur les horreurs commises par "l'armée de libération". Voilà un crime de plus. Les Tibétains, de même que les populations himalayennes en général, sont donc prises en tenaille par les maoïstes chinois d'un côté, et par les maoïstes népalais de l'autre ! Et, s'ils leurs échappent, ils tombent sous la coupe du roi du Népal, des trafiquants himalayens, ou encore des fonctionnaires indiens corrompus...

Pas loin de chez moi se trouve un pavillon de banlieue ordinaire. Sauf que le drapeau chinois flotte dans le jardin, avec un autel maoïste dans l'entrée. Du côté rue, on peut admirer des couvertures de livres sur "Le Tibet merveilleux d'aujourd'hui", "La liberté et l'épanouissement en Chine", etc. Cette antenne de propagande grotesque est manifestement financée directement par le gouvernement chinois. Quels sont les Français qui osent collaborer avec ces gens ? 

17:08 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tibet, droits de l homme |  Facebook |

24/09/2006

Ouverture intérieure et tolérance philosophique

Le Yogavâshishta est un magnifique exemple de tolérance, au sens où il s'efforce d'inclure les autres points de vue, de les comprendre dans sa propre perspective. Walter Slaje, éditeur de la version originale cachemirienne du YV (le Mokshopâya), critique cette interprétation. Selon lui, l'auteur du YV n'est pas "tolérant". Simplement, il ne prend pas au sérieux les autres points de vue (bouddhisme, yoga, dévotion vishnouïte, etc.). De fait, cet auteur anonyme affirme que les théories ne sont que des opinions, des constructions mentales exprimant autant d'états subjectifs. Chacun se fait une philosophie à l'image de son tempérament. Le YV se situe lui-même au-delà de toute représentation, échappant ainsi à ce relativisme.

Cependant, il me semble que le YV, même s'il adopte parfois un ton polémique (comme Shankara, Abhinavagupta ou Longchenpa), fait parfois preuve d'une réelle tolérance. Je ne peux mieux faire que citer l'excellente étude de François Chenet sur le YV :

"Rien de plus faux que de voir dans l'enseignement du YV une sorte d'éclectisme, voire de syncrétisme". Le YG est bien plutôt une "encyclopédie de toutes les sciences [spirituelles]" (samastavijnânashâstrakosha) "typiquement indien". En effet le YV affirme que :

"(Cette cause originelle), principe absolument pur - est ce que les partisans du Sâmkhya nomment le Pourousha, les Védântins le Brahman, les tenants du Rien-que-conscience la Conscience, et les tenants de la Vacuité, la Vacuité ; ce qui fait resplendir la lumière du soleil, ce qui est en soi la Vérité, ce qui est à jamais le sujet de la parole, de la pensée et de la vision, l'agent et le sujet de l'expérience affective, ce qui apparaît non-existant, bien que partout existant dans le monde, ce qui apparaît inaccessible tout en résidant dans les corps, ce qui constitue cette lumière de la Conscience qui brille de soi-même telle la lumière (du soleil éclairant le monde), ce dont sont issus les dieux Vishnou et les autres comme les rayons du soleil, et ce dont émanent les mondes innombrables comme les bulles de la mer." "Ce qui se trouve mis en lumière par les assertions des doctrines du Védânta, du bouddhisme, du Sâmkhya, de la doctrine jaïna, du Maître aux trois yeux (Shiva), c'est l'Absolu même en tant que dispensateur des bienfaits que désirent leur tenants ; et c'est du même que tous obtiennent l'entier fruit céleste correspondant ; telle est la splendeur de l'Absolu, dont l'âme emplit tous les corps."

La Bhagavad Gîtâ ne dit pas autre chose, et certains soûtras du bouddhisme mahâyâna enseignent que l'activité de compassion propre aux bouddhas est illimitée et prend toutes les formes de l'univers. On se rappellera également la citation d'Ibn Arabî. F. Chenet conclut :

"Au mouvement centrifuge des doctrines et des courants sectaires, le YV oppose donc un mouvement centripète de marche vers l'intuition centrale où les divergences des doctrines se résolvent en leur géométral, comme eût dit Leibniz, en ce point géométrique fictif qui serait le point de focalisation de toutes leurs perspectives, et qui impose à leur totalité un ordre, une necessité, une finalité transparente. Pour un peu, on songerait au mot de Leibniz selon lequel tous les systèmes sont vrais en ce qu'ils affirment, mais faux en ce qu'ils nient." (Psychogenèse et cosmogonie selon le YV, éd. De Boccard, pp. 130-131).

Je suis d'accord, sauf sur l'idée de finalité, car je ne crois pas en une finalité de l'univers, en une providence ou en un dessein intelligent. Ces formules me paraissent trop anthropomorphiques, au point que je me dis plutôt athée et agnostique. Comme dit le YV lui-même, tous les phénomènes ne sont que des coïncidences, "comme une noix de coco qui tombe sur un corbeau qui passait par là pile à ce moment".

13:54 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : yogavasistha, moksopaya |  Facebook |

16/09/2006

L'éléphant dans le noir

Une chose me gêne dans le bouddhisme de Nâgârjuna comme dans le Védânta de Shankara. Ils disent "non" à toute pensée, à toutes les constructions mentales.

Je me sens plus proche du point de vue d'Abhinavagupta ou du jainisme. Cette religion fort ancienne, basée sur la non-violence, a développé une véritable philosophie de la tolérance. Elle consiste à dire que toutes les théories sont vraies, d'un certain point de vue. Cela sonne t-il comme une platitude ? Pourtant, c'est là le seul moyen de justifier une attitude véritablement tolérante. Il ne s'agit pas de fermer les yeux sur les différences de point de vue, mais simplement de réaliser que, justement, ce sont des points de vue, c'est-à-dire des représentations partielles de la réalité, basées sur des présupposés. Le bouddha, quant à lui, s'appuie là-dessus pour discréditer toutes les opinions. Il ne veut pas s'égarer dans le "fourré des opinions" et des vaines spéculations. Cet agnosticisme calme le mental et le rend moins prétentieux, mais à quel prix ! Le bouddhisme prêche la tolérance, parce qu'au fond il pense que tout est faux. C'est guérir le malade en le tuant ! Le jainisme, au contraire, essaie de voir que chaque théorie est vraie, dans certaines conditions. Il n'utilise pas une opinion pour en détruire un autre, comme le fait Nâgârjuna. Autrement dit, une théorie philosophique n'est pas fausse simplement parce qu'elle est une construction mentale. Là où elle devient fausse, c'est lorsqu'on oublie les conditions et le contexte dans lequel elle est vraie. La réalité est riche de facettes innombrables. Une théorie qui prétend être vraie absolument est dangereuse, car elle nourrit l'agressivité présente en chacun. Mais le remède ne consiste pas à rejetter toute théorie, car cela est impossible. Ce remède - s'il existe - consiste plutôt à admettre qu'il existe une infinité de perspectives possibles sur la réalité.

Comme les philosophes jains et comme Abhinavagupta, je préfère une vision inclusiviste à la démarche exclusiviste de Nâgârjuna. L'univers - la "réalité" - est comme un éléphant dans le noir, que chacun décrit selon sa perspective. Cela ne veut pas dire qu'on accepte n'importe quoi. Mais cela signifie que la réflexion est une pratique, dans laquelle on essaie de se mettre à la place de l'autre, de "sortir de son trou", de comprendre autrui et de l'inclure, de l'embrasser dans une perspective de plus en plus tolérante.

14:05 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : abhinavagupta, nagarjuna, eveil, shankara, pratyabhijna |  Facebook |

06/09/2006

La vision du Soi est-elle une pratique ?

L'effort et la grâce, les oeuvres et le pur amour... La querelle entre les partisans du volontarisme et ceux du quiétisme n'est certes point nouvelle, ni exotique. Technique contre spontanéité.

A y regarder de plus près (comme Sherlock - et comme Ramana aussi), les deux affirmations ne sont pas incompatibles. La question est plutôt de savoir QUI "pratique", et ce que l'on entend par là. Personnellement, j'entretiens peu d'espoir d'atteindre un jour à une quelconque perfection de ma personne. L'égoisme est inséparable du corps. Tant qu'il y aura une vie organique, je serais - à un degré variable il est vrai - "égocentré". Or, chacun sait bien que l'effort pour se libérer de ce travers naturel est lui-même nourri d'égoisme.

En revanche, je VOIS la perfection Ici, plus proche de moi-même que mes propres sentiments égoistes. Perfection de silence, de transparence et de légèreté. Le moindre coup de chiffon, et ce serait une souillure de plus.

Dire cela ne revient nullement à prôner la résignation. Il ne fait pour moi aucun doute que la Vision sans fissures requiert un effort. Mais c'est un effort colossale, sur-humain, justement. Je ne crois pas trop à un Dieu - ou une Déesse - qui ne seraient que la Personne Suprême. Mais l'expérience m'enseigne que ma personne doit se laisser aller dans l'espace immaculé de la Vision comme dans des bras invisibles. Et cela exige une pratique, un attention, un sacrifice, un effort, une volonté bref, bien autre chose qu'une simple réflexion ou même une concentration épisodique. Mais voyez comment cet effort-là est singulier ! Unique en son genre, puisque la source de cette énergie ne peut être que la fin que je vise - Ici. Ô hyper-paradoxe ! De fait, l'effort et la grâce forment une boucle mystérieuse, insondable autant que peut l'être la fameuse Trinité.

Pratique donc, ou plutôt "loisir fidèle", "libre vacance" où début et fin se confondent ainsi que toutes choses.

19:32 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : eveil, meditation, tantra, yoga, pratyabhijna, deesse, shiva, shakti |  Facebook |

27/08/2006

De l'avantage des livres sur les gourous et autres bienfaiteurs

Partout on nous serinne qu'un "maître vivant" est indispensable pour progresser spirituellement. Rien ne peut remplacer, nous assure t-on, la "présence" d'un "éveillé", et surtout pas un livre.

Pour évaluer cette opinion, lisons ce passage d'un ouvrage arabe médiéval, cité dans le merveilleux roman de Denis Guedj, Le théorème du perroquet (p. 303). L'auteur semble d'abord reconnaître que l'on ne saurait, en effet, attribuer aux livres les miracles dont les "êtres réalisés" sont réputés capables :

"Les livres ne ressuscitent pas les morts, ne métamorphosent pas un idiot en homme raisonnable, ni une personne stupide en individu intelligent." Mais alors, que font-ils ? "Ils aiguisent l'esprit, l'éveillent, l'affinent et étanchent sa soif de connaissances. Quant à celui qui veut tout connaître, il vaut mieux, pour sa famille, le soigner ! Car cela ne peut provenir que d'un trouble psychique quelconque.

Muet quand tu lui imposes le silence, éloquent lorsque tu le fais parler. Grâce au livre, tu apprends en l'espace d'un mois ce que tu n'apprendrais pas de la bouche de connaisseurs en une "éternité" et cela, sans contracter de dette du savoir. Il te débarrasse, te délivre du commerce de gens odieux et des rapports avec des hommes stupides, incapables de comprendre. Il t'obéit de jour comme de nuit, aussi bien durant tes voyages que pendant les périodes où tu es sédentaire. Si tu tombes en disgrâce, le livre ne renonce pas pour autant à te servir. Si des vents contraires soufflent contre toi, le livre, lui, ne se retourne pas contre toi. Il arrive, parfois, que le livre soit supérieur à son auteur..."

Paroles à méditer.

11:52 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : gourou, maitre spirituel, eveil |  Facebook |

06/05/2006

Détail technique

Comme vous voyez, j'essaye d'utiliser les signes diacritiques pour la translitération du sanscrit. Pour qu'ils s'affichent convenablement sur votre écran, vous devez, dans le menu "affichage" de votre navigateur choisir le codage "Unicode (UTF-8)" et avoir installé sur votre ordinateur la police Arial Unicode MS (normalement livrée avec Windows)...

13:02 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/04/2006

Une tradition non-dualiste bien vivante

Trop souvent, l'Advaita Védânta de Shankara est réduit à quelque clichés, du genre "tout n'est qu'illusion". En réalité, selon Shankara tout est l'Absolu (brahman), définit comme "être, conscience, béatitude", et ultimement inéffable. Selon lui, la méthode enseigné dans les Upanishads (le Védânta) pour connaître l'Absolu consiste à affirmer puis nier tout ce que l'on projette sur lui (arohâpavâdaprakriyâ). A strictement parler (et Shankara est trés précis), aucune activité (rituelle ou yogique) n'est un moyen de connaître l'Absolu.

 

Cette tradition, fondée ou refondée par Shankara au VIIIème siècle, à suscité un immense courant philosophique et spirituel. Au XXème siècle, l'un des plus grand maîtres de l'Advaita traditionnel et bien vivant fut sans doute Swâmi Satchidânandendra, décédé en 1975 aprés une vien bien remplie.

 

Il est notamment l'auteur de The Method of Vedanta (éd. Motilal Banarsidass), traduit du sanskrit par un Anglais. Oeuvre colossale (mille pages !) rédigée en sanscrit, elle passe en revue, de manière critique et sans jamais perdre de vue la délivrance spirituelle, toute l'histoire de l'Advaita Védânta. C'est donc aussi une trés précieuse anthologie de cette littérature.

Sur le non-dualisme de Shankara (car il y en a bien d'autre !), voir aussi l'excellent groupe de discussion Advaitin.

 

 

15:02 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : soi, vedanta, satchidanandendra, shankara, eveil, advaita |  Facebook |

06/03/2006

Les évangiles chrétiens sont-ils dérivés des soutras bouddhistes ?

Chers amis Bouddhistes et Chrétiens, la Trinité n'est-elle pas une déformation du Triratna, etc. etc ? On se le demande, en lisant le site bien argumenté Jesus is Buddha, par un bouddhologue des plus compétents.

 

PS trés trés important : Aprés avoir écrit ce billet, je retourne sur le site de ce monsieur, histoire de déguster mon Smack au lait entier en bonne companie, avant que ma copine ne revienne et que je doive pour de bon faire la vaisselle. Et là, sur la page "liens", je lis, tout en bas :

"Are we to believe, like most people do, in the rumours about some physically and technically impossible gas chambers in which millions of Jews were killed - even though no one to this day has been able properly to locate such places of horror on the map? Even though not even one victim can be mentioned by name? Even though there be no Hitler order?"

Gasp. Méga-gasp, archi-gasp, re-gasp, hyper-gasp, en fait. Comme quoi, il ne faut jamais céder aux belles apparences sans réfléchir. Il faut toujours revenir, vérifier, douter, même si c'est pénible. De toutes façons, cela ne nous empêchera pas de méditer et de profiter de la vie, non ?

17:30 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

25/02/2006

La mémétique ou "comment les idées acquièrent des hommes"

L'autre jour, en me balladant à la FNAC, je prend un livre et lis une page, au hasard : "Pourquoi lisez-vous ce livre ? Vous avez étudié la philosophie [... s'ensuit une liste des philosophes que j'ai effectivement étudiés...] Avec George Berkeley, vous vous êtes finalement demandé si le monde était réel. Vous êtes allé jusqu'en Orient, vous avez grimpé l'Himalaya et vous vous êtes baigné dans le Gange. Vous avez rencontré des hommes sages, des jnani, et tranquillement, tout seul, sans que personne vous voie, tôt le matin, vous vous êtes assis en tailleur et vous avez essayé de méditer sur cette idée simple : "Je suis".

Et puis vous êtes revenu vers les contrées de la rationalité et de l'investigation. Probablement par nécessité de discuter, ou par nostalgie de l'enfance. Car vous aimiez les sciences. On y jouait bien. Vous avez gardé ce goût pour la modélisation, pour la dualité, pour la coexistence des mondes, et particulièrement pour le vertige de l'auto-référence qui vous saisit par exemple lorsque vous lisez avec amusement : "Cette phrase a vingt-huit lettres" ou, mieux encore : "Ceci n'est pas une phrase." [...] Faisons un pari : je dis que si vous n'avez pas lu vous-même l'incroyable Gödel, Escher, Bach : les brins d'une guirlande éternelle, de Douglas R. Hofstadter, quelqu'un dans votre entourage connaît sans doute quelqu'un qui l'a lu, sinon c'est vous qui ne liriez pas ceci. Ai-je raison ?"

"- Argh !" me dis-je aprés avoir lu ces lignes. "Qu'est-ce ? Comment est-ce possible ? Serait-ce un livre commis par une Madame Soleil, omnisciente qui plus est ?"

Eh bien pas du tout. Ce livre, je l'ai trouvé dans le rayon "science". Il s'intitule Comment les systèmes pondent : Une introduction à la mémétique. La mémétique est l'étude de la manière dont les idées se propagent et évoluent. Cette quasi-discipline scientifique part d'une analogie simple : les idées se reproduisent et évoluent comme les gènes (d'où le terme de "même"), comme si elles avaient leur vie propre. Un même est une représentation ou un ensemble d'idées qui détermine notre comportement, comme le fait un gène. Certains biologistes du comportement pensent que les individus ne sont que des véhicules au service de leurs gènes. N'en va t-il pas de même pour les idées ? Est-ce qu'on "a" des idées, ou bien ne faut-il pas plutôt admettre que ce sont nos dées qui nous "possèdent" ? Comme le dit un méméticien (cité ib. p. 41):

"L'important n'est pas de savoir comment un homme acquiert des idées, mais de savoir comment une idée acquiert des hommes."

Ce livre est lui même un "même", mais un même anti-mêmes, car l'une des ambitions de la mémétique est de nous faire prendre conscience de l'emprise de certaines idées ou représentations, de manière à commencer à nous désintoxiquer. La mémétique, même si elle n'est sans doute pas une science "dure", est du moins un outil pour se déconditionner et penser par soi-même. A ce titre, elle rejoint le Bouddhisme et le Shivaïsme du Cachemire dans l'effort de l'homme pour défendre son autonomie.

13:42 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : memetique |  Facebook |