14/01/2006

Retour parmi les hommes...

Pour finir ce petit safari (du persan safar "voyage") photo, voici une vue d'une rue que je connais bien : Pahar Ganj, la rue de Delhi dans laquelle résident tous les jeunes Occidentaux de passage. Il y avait eu plusieurs attentats déjà dans cette rue trés fréquentées par le jeunes Israéliens, mais début Octobre, lors de la fête indienne de Dîvalî (fête des lumières), nos sympathiques amis islamistes ont remis ça : trois explosions, des dizaines de morts...

12:22 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pahar ganj |  Facebook |

Call off the Search !

Sur ce cliché, qui date également de mars 2004, on peut voir un groupe d'anciens disciples de Papaji (alias Poonja ji) en train de se recueillir. Vous noterez les ventilateurs, indispensables pour éloigner les moustiques !

Papaji, disciple du sage indien Ramana, basait son enseignement sur une oeuvre extraordinaire et insolite de la littérature de l'Inde : le Yoga Vâsishtha. En 32 000 (!) vers, l'auteur, anonyme, y enseigne l'irréalité de toutes choses, et ce à travers des histoires toutes plus incroyables les unes que les autres. Trés influencé par le Bouddhisme (notament le Vimalakîrti ou l'Avatamsaka), il met en abîme des histoires à l'intérieur des histoires (un peu comme dans Matrix), afin de faire littéralement exploser l'esprit du lecteur.

J'ai passé plusieurs mois à Lucknow, dans la vallée du Gange, où vivait Papaji. Cet homme était passionné par sa mission d'enseignant et trés doué pour cela. Mais il était également mégalomane, xénophobe et misogyne. Comme quoi, on peu être merveilleux dans un domaine et assez peu développé dans les autres, comme dit Ken Wilber.

12:17 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : papaji, poonja, lucknow, satsang |  Facebook |

11/01/2006

Bénédictions et gateaux

A la fin de la cérémonie a eu lieu l'initiation proprement dite : le grand chef a touché la tête de tous ceux présents, avec un genre de spatule affublée d'un bout de soie blanche. Sur ce cliché, il porte la tiarre typique des Bönpos. Aprés cela, chacun a reçu des bonbons des fruits et autres friandises, puis nous avons fait le tour du temple. 

 

17:57 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bonpo menri |  Facebook |

Initiation pour devenir intelligent

Un jour, le chef suprême a conféré l'initiation à la divinité Mawai Sengué, équivalent bönpo de Manjushri, bodhisattva de l'intelligence. Indispensable pour les moines et ceux qui souhaitent devenir savants. Mais toute la communauté Bön de la vallée était présente en beaux atours. Les jeunes filles lorgnaient les garcons, etc. Il y avait aussi un sympathique moine français. La cérémonie a eu lieu dans le temple principal, que l'on voit ici flanqué de ses rangées de moines.

17:52 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bonpo, menri |  Facebook |

Retour chez les Bönpos

Aprés Tso Péma, je me suis rendu au monastère bönpo de Dolanji. Dans cette vallée assez isolée vit une bonne partie de la communauté Bönpo en exile. Y réside le chef suprême de l'école, Lungtok Tenpai Nyima, avec une bonne centaine de moines. Les bâtiments sont neufs, avec des troquets, une petite boutique et même un café intenet, trés apprécié des jeunes moines. Il y a aussi un terrain de basquet, une boutique religieuse et une vaste "guest house". La nourriture est gratuite, mais chaque repas est identique : soupe aux nouilles (sans oeufs). Quand j'y étais, il y avait des Russes, des Polonais, des Américains et une Sud-africaines. Ce cliché est pris depuis la terrasse où je logais.

17:47 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : bonpo, menri |  Facebook |

The Lineage of Dalton Brothers

Interlude distrayant :

"L'Arbre qui Exauce les Souhaits : la Lignée du Glorieu Datta". Lignée tantrique spécialisée, comme on peut le constater, dans les cas difficiles...

17:37 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : dattatreya |  Facebook |

Un lama aux cheveux longs

Toujours à Tso Péma, un ngagpa. Ces partiquants du Bouddhisme tantrique se spécialisent dans les rituels "violents", c'est-à-dire destinés à "libérer" (comprenez "anéantir") les esprits qui s'en prennent aux adeptes du Bouddhisme et aux gens en général. Celui-ci est né au Tibet. Il avait un jeune apprenti, à qui il transmettait son savoir. Les ngagpas ne sont pas des moines, mais il s'engagent à suivrent certaines règles (liées notament à  leur habillement, hautement symbolique).

17:31 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ngakpa, tso pema |  Facebook |

Baba-au-lit

Interlude :

Un pratiquant de thögal (ou longde, vu son âge) version sikh. N'empêche, au penjâb, des dizaines de milleir de personnes pratiquent thögal. Si, si.

17:24 Écrit par David Dubois dans Dzogchen | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : thogal |  Facebook |

08/01/2006

Nature et culture

Vue des abords immédiats des grottes. Les mantras gravés sur les rochers et imprimés sur les drapeaux sément une graine d'Eveil en tous ceux qui voient ces formes ou sont effleurés par le vent qui a passé à travers les drapeaux.

20:18 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tso pema |  Facebook |

Le tsok

Vue de l'intérieur de la grotte qui sert de temple aux yogis des grottes de Padmasambhava. En l'occurence, on voit les nonnes en train de pratiquer une sâdhanâ (une liturgie tantrique pour obtenir l'état de Bouddha). Ces nonnes étaient trés courtoises. Elles nous on offert le thé au beurre et du riz à la viande de mouton délicieux.

20:15 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tso pema |  Facebook |

L'Empreinte des pieds du maître

A côté des grottes, dans une petite cavité surchauffée par les dizaines de lampes à beurre qu'y s'y consument en permanence, on peut voir au plafond une empreinte de pied de Padmasambhava. Les empreintes de pieds sont trés importantes dans la civilisation indienne. Les Bouddhistes anciens vénéraient les empreintes des pieds du Bouddha, et le culte des sandales du maître (gurupâdukâ) est le culte central du tantrisme non-dualiste.

20:11 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tso pema, padmasambhava |  Facebook |

Une grande âme

Interlude :
Voici une photo du maître de feu Lilian Silburn, pionnière de la redécouverte du Shivaïsme du Cachemire. Son maître, Râdhâmohan Adhauliyâ, que l'on voit ici, n'avait aucun rapport avec le Shivaïsme. Mais il appartenait à une branche exceptionnelle de la confrérie soufie musulmane Naqshbandiyyâ. Cette lignée, remontant directement au Prophète Mahomet, est réputée dans tous le monde musulman pour son orthodoxie : application de la chariâ, pratiques de jeûnes, prière silencieuse, etc. Pourtant, au début du XXème siècle, un maître indien de cette prestigieuse lignée décida de transmettre toute son autorité à un Hindou. Celui-ci transmit la Grâce dans sa communauté, hindoue, trés puritaine, mais proche de la culture musulmane. Le maître Râdhâmohan vivait avec sa famille à Kânpur, dans la vallée du Gange. Il travaillait dans l'administration. C'est lui que décrivent les témoignages rassemblés à la fin du volume de la collection "Hermès", consacrée au "maître spirituel", paru aux Deux Océans. Il était également imprégné de la traditions des Sants, au premier rang desquels figure Kabîr. Mais il transmettait la Grâce d'abord par sa Présence. Il eut une autre disciple, anglaise, Irina Tweedie, laquelle a eu à son tour des disciples qui on fondé le Golden Soufi Center présent sur le net. Le fameux Sahaj Marg (différent du Sahaj Yoga de Nirmâlâ Devî) en est également dérivé.
Lilian Silburn a transmis à son tour cette spiritualité extrêmement dépouillée à un cercle de disciples dans la banlieue de Paris, jusqu'à sa mort en 1993.

20:08 Écrit par David Dubois dans Islam | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : lilian silburn |  Facebook |

07/01/2006

La seconde grotte de Mândâravâ

Adjacente à la grotte principale, il y a la grotte de Mândâravâ. Au fond, à droite, on peut voir une petite statue de cette dâkinî, particulièrement importante pour les pratiques de longue vie indispensables pour atteindre le Corps de Lumière (appelé aussi Corps d'Arc-en-Ciel). Au fond à gauche, au-dessus de la décoration typique des salles de bains indiennes (et des temples), on peut apercevoir un petit "A" blanc, dans sa sphère quinticolore.

19:42 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mandarava, tso pema |  Facebook |

Le Précieux Maître

Dans la grotte principale, en forme de pyramide, il y a une statue de Padmasambhava. Au-dessus, il y a une petite ouverture vers le sommet des rochers, ouverture qui laisse passer quelques rais de lumière.

19:37 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tso pema, padmasambhava |  Facebook |

Le royaume de Mandî

Vue du lac de Padmasambhava depuis les grottes. A l'arrière-plan, on devine la ville de Mandî, dont était originaire la princesse Mândâravâ. Cette cité était le centre d'un important royaume à l'époque où Padmasambhava le visita. Aprés les persécutions, le roi finît par avoir foi en le Maître et sa compagne. Le roi remit alors à Padmasambhava la fameuse "coiffe de Zahor". Zahor est un autre nom de Mandî.

19:35 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tso pema, padmasambhava |  Facebook |

Les Trois Corps

Vue de la chaine himâlayenne depuis les grottes au-dessus de Tso Péma. Selon les enseignements du Nyingthig - l'Essence Secrète de la Grande Complétude de Claire Lumière -, le ciel correspond au Nirvâna. Les montagnes et les arbres correspondent au Samsâra. Il y a aussi des correspondances avec les Trois Corps, etc.
Ahhh...

19:30 Écrit par David Dubois dans Dzogchen | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tso pema |  Facebook |

06/01/2006

La grotte des yogis

Au-dessus du lac, il y a un mandala de grottes et de rocher symbolisant l'assemblée des Paisibles et des Courroucés (voir le Livre des Morts Tibétains), ou bien les 735 divinités des "mandalas des Huit Mandats" (voir l'encyclopédie de P. Cornu).
Le lieu est aujourd'hui habité par des yogins et des yoginîs pratiquant le Dzogchen, la Grande Complétude, sous la direction de Wangdor Rimpoché, disciple de Khunu Lama Tenzin Gyaltsen, un des plus remarquables adeptes du Dzogchen du XXème siècle (voir A Garland of Rare Gems de Nyoshul Khenpo), et l'un des précepteurs du Dalaï Lama. Lama Wangdor a passé une trentaine d'années à méditer en ce lieu. Ses disciples pratiquent dans les grottes ou dans les cabanons construits entre les rochers.

17:41 Écrit par David Dubois dans Dzogchen | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tso pema, padmasambhava |  Facebook |

Grasses grâces

Deux singes se repaissent des restes des rituels d'offrandes effectués par les moines du monastère nyingmapa dans lequel je logeais. Ces offrandes sont des petites sculptures façonnées dans des mélanges de farine et de beurre, souvent à l'image de démons personnifiants les habitudes profondes qui empêchent l'adpete de vivre les choses telles qu'elles sont.

17:35 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tso pema |  Facebook |

Mândaravâ

Continuons ce début d'année avec quelques autres clichés, datants toujours du printemps 2004. Dans une ruelle adjacente au lac de Padmasambhava,  encastrée entre des canivaux puants et des constructions bidonvillesques, gardé par une vieille nonne à moitié târée, il y a une petite grotte de Mândaravâ.
Elle était princesse de Mandî, la ville d'en-dessous. Un jour, Padmasambhava arriva, et l'enmena avec lui pour des pratiques de yoga sexuel bouddhistes, essentielles pour atteindre l'Eveil d'un Bouddha dès cette vie. Mais le père de Mâdaravâ les rattrapa. Furieux de voir ainsi son honneur royal bafoué, il les fît ligoter sur un bûcher. Celui-ci brûla durant sept jours. Mais lorsque la fumée disparût, il y avait un lac à la place du bûcher. Au centre trônaient, dans leur corps de lumière immortelle, Padma et Mândaravâ.
On peut y voir une allégorie de la manière dont l'adepte du tantrisme bouddhique transmute les persécutions dont il peut être la victime en un accomplissement spirituel. Le poison devient remède : c'est le principe même du tantrisme.

17:32 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : padmasambhava, tso pema |  Facebook |

02/01/2006

Des moines nudistes

Peu avant Tso Péma, j'étais pour une semaine à Dharamsala. Le Dalaï Lama y enseignait un texte de Longchenpa, le Semnyi Ngèlso. Il s'agit d'une sorte de voie graduée (lamrim) dzogchen. Mais il y avait tant de monde qu'on ne pouvait accéder à la salle des enseignements. Et les hauts-parleurs étaient de médiocre qualité. N'ayant pas le karma d'un Richard Gere, je suis aller voir les montagnes. Et là, surprise ! Je vis que je n'étais pas le seul à faire l'école buissonière. Des centaines de moines se prélassaient un peu partout dans la nature. Sur cette photo, les points rouges ou jaunes, ce sont les robes des moines. Les points roses... hum... ben ce sont les moines... En plus, il y avait de nombreux trekkeurs (et trekkeuses) passant sur les côtés pour rejoindre les glaciers. C'est ce qu'on appelle "la libération par la vue". Mais, le pieux pratiquant qui sommeil en moi (assez profondément il est vrai) se dit qu'ils devaient pratiquer tummo (la chaleur intérieure) ou une méditation dzogchen...

14:46 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dharamsala |  Facebook |

Compassion pour poisson vire au poison

On dit, dans le Bouddhisme du Grand Véhicule (mahayâna), que la vacuité sans compassion est stérile, et que la compassion sans compréhension de la vacuité des êtres et des choses mène au fanatisme ou à encore plus de souffrance.
 
Pour illustrer ce principe, allons faire un petit tour du côté du lac de Padmasambhava (Tso Péma), près de Dharamsala...
 
Ce cliché date de mars 2004. Il a été pris depuis une chambre du guest house du monastère Nyingma. Toute la nuit, j'avais entendu des drôles de bruits, genre "ploc!" "plouf!" etc. Je m'était dit, sans trop y croire, que ce devait être la manifestation de quelqu'être invisible perturbé par les incessantes activités magiques du monastère (spécialisé, en effet, dans les rituels anti-êtres-invisibles-et-pas-trés-aimables).
Mais, au petit matin, la réalité d'avéra moin pittoresque : des centaines de gros poissons (genre carpes) flottaient à la surface, morts ou agonisants. Sinistre. Dans les restaurants tibétains des environs, je m'enquis des causes de ce drame.
De fil en aiguille, j'appri que, lors du nouvel an tibétain (Losar), le Dalaï Lama était venu avec le Karmapa et plus de 50 000 personnes. Par compassion, tout le monde avait souhaité nourrire les poissons ! Résultat : les poissons mouraient par millier, asphixiés par les offrandes. On avait eu beau injecter de l'oxigène, rien n'y fit... Durant cette fête, les grands lamas avaient également inauguré une grande statute de Padmasambhava au bord du lac. Mais cette construction en béton, située qu'elle était au bord de ce charnier peu ragoûtant, offrait un spectacle assez misérable de la folie des hommes. Mais bon, les singes ont pu se régaler de poissons durant un mois, alors...
A l'arrière-plan, on voit des temples de Shiva. 

14:35 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tso pema |  Facebook |

La Danse du Seigneur du Dharma

Quelques bons et augustes souvenirs, en ce début d'année :
 
Le Seigneur du Dharma, le Précieux Joyau Céleste (Chögyal Namkhaï Norbou Rimpoché), enseignant à ses disciples la Danse du Vajra lors de la retraite de juillet 1994, près d'Orléans.
Je me rappelle sa gentillesse lorsqu'il nous montrait inlassablement les pas de ces danses bouddhistes vajrayâna, qu'il avait reçues en rêve de la princesse Gomadevî. Cela pourra paraître un peu ridicule, mais pour ma part, je trouve ce maître dzogchen remarquable par sa créativité et son enthousiasme. Le sol est couvert d'un mandala symbolisant les enseignements dzogchen, mais aussi la Terre et beaucoup d'autres choses.

14:22 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : namkhai norbu |  Facebook |

01/01/2006

Que la Force soit avec vous !

Tous mes meilleurs voeux à tous. Que Shiva, Shakti et leur petits vous couvrent de leur bénédictions !
 
NB : Les lecteurs de ce blogs sont invités à lire les billets précédents avant d'intervenir. Je n'ai, en effet, pas le temps de répéter sans cesse les mêmes points. Bon, évidemment je répéterais, mais ce serait quand même trés gentil de faire un effort pour s'informer de ce que j'ai déjà écrit. Par ailleurs, les commentaires désobligeants, hors-sujets ou postés sous un faux pseudo ou un speudo usurpé, seront supprimés. Mille  fois merci !

17:58 Écrit par David Dubois dans Anecdotique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31/12/2005

L'atteinte du Soi, suite et fin

Toujours dans le chapitre 9 de la Doctrine secrète, la princesse achève d'instruire son époux par ces mots :
 
"Prince ! Discerne donc cette essence qui est la tienne ! Cette conscience universelle au sein de laquelle le monde se révèle, si tu réussis à y pénétrer, tu deviendras le créateur de toutes choses.
 
Je vais te dire comment on y parvient, comment on accède à ce domaine. Pour cela, tu dois viser avec acuité [litt. "à l'aide de l'intellect subtil"] l'instant intermédiaire entre le sommeil et l'état de veille, ou bien le passage d'une idée à une autre [la conscience assume la forme des objets qu'elle connaît, comme un miroir; entre deux actes de connaissance - perception ou pensée -, elle n'a aucune forme, et cette absence de forme est sa forme propre]. 
 
Ce plan est celui de ta propre essence. Une fois que tu l'auras atteint, tu ne connaîtras plus l'égarement. L'univers, tel que nous le voyons, ne procède que de l'ignorance de cette réalité.
 
Là, il n'y a ni couleur, ni saveur ni odeur, ni forme tangible, ni son; il n'y a ni douleur, ni plaisir, ni objet connu ni sujet connaissant. Support de toutes choses, essence de toutes choses, cela est en même temps exempte de toute (détermination). Cela est le suprême Seigneur (Shiva), cela est Brahmâ, Vishnu, Rudra et Sadâshiva [autres formes de Shiva].
 
Sois sincère dans ton effort pour bloquer l'activité mentale, délaisse l'extraversion au profit de l'introversion et bientôt tu te verras toi-même par toi-même. Renonce, comme si tu étais aveugle, à l'idée même du "je vois". L'esprit immobile, abandonne le dilemme du "voir ou ne pas voir", et la forme que prendra ton expérience ne sera autre que toi-même. Hâte-toi d'y accéder !"
 
Est-ce là l'atteinte du Soi ? C'est ce que nous verrons l'année prochaine. En attendant, nous pourrons ce soir méditer sur l'intervalle entre le jour et la nuit, et sur l'intervalle entre 2005 et 2006. Bon réveillon à tous !

13:16 Écrit par David Dubois dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : pratyabhijna |  Facebook |

30/12/2005

L'atteinte du Soi, épisode II

Suite du chapitre 9 de la Doctrine secrète :
 
Le prince conclut de ses réflexions que ce qui l'empêche d'avoir l'expérience "directe" du Soi, de la Déesse Tripurâ, ce sont les objets, les choses, les sensations et l'activité des 5 sens nourrie par le mental. Il bloque donc le mental "par le mental". En résulte plusieurs expériences : ténèbres, puis océan de lumière infinie, sommeil, rêves étranges, volupté de l'esprit arrêté.
 
Le prince est perturbé par cette multiplicité d'expériences. A chaque fois qu'il arrête le mental, il fait une expérience différente. Comment le Soi peut-il être tout cela ? Ces expériences ne seraient-elles pas, elles aussi, des illusions ? Comment discerner le vrai du faux ?
Il interroge donc son gourou, qui est aussi son épouse (!). Il lui demande "Est-ce le Soi, ou autre chose ?" 
 
Cette sage-femme affirme alors:
"Tes efforts pour refouler le monde extérieur sont en eux-mêmes excellents. Tous ceux qui connaissent le Soi t'approuveront... Mais ces efforts ne sont pas la cause de l'atteinte du Soi car celui-ci est, par nature, déjà atteint". Toujours déjà. "S'il n'était pas quelque chose 'qu'il n'est pas besoin d'atteindre' comment serait-il 'soi-même'? Il est absolument 'hors d'atteinte'. Aussi bien, le contrôle de l'esprit n'est-il pas le 'moyen' de l'atteindre... Il ne convient pas d'aller au loin pour le trouver : c'est en demeurant sur place qu'on l'a contament à sa disposition. Il ne faut pas raisonner pour le connaître : c'est lorsqu'on ne raisonne pas qu'il se manifeste". On ne peut le connaître ni par les sens, ni par la pensée. Elle poursuit :
"Qui donc réussira à rejoindre l'ombre de sa propre tête en courant aprés elle ? De même qu'un petit enfant peut voir mille choses reflétées dans un miroir immaculé sans soupçonner la présence même du miroir, de même les gens perçoivent le reflet des mondes dans le grand miroir de leur propre Soi et ne discernent pas le Soi lui-même, faute d'être instruit à son sujet. Ainsi l'homme qui n'est pas informé de l'existence de l'espace perçoit bien le monde visible mais non l'espace, son substratum." Aprés ces métaphores, elle introduit le Soi à partir la question de savoir s'il est possible de "démontrer" l'existence du Soi:
" Prend bien soin de noter, cher époux, que l'univers est fait de la connaissance [Shakti] et du connaissable [Shiva]. Or, la connaissance [=la conscience] est démontrée par elle-même [=elle est évidente], puisque sans elle rien n'existerait." En effet, sans conscience, rien n'est possible. Sans Shakti, Shiva n'est qu'un cadavre (shava). Sans la conscience, l'univers pourrait bien exister, mais ce serait comme s'il n'existait pas. Tout dépend de la conscience, y compris les raisonnements (bouddhistes par exemple) qui viseraient à démonter qu'elle est irréelle ou inexistante. La conscience "s'impose d'elle-même, sans le secour d'aucun moyen de connaissance valide [=perception, inférence, témoignage autorisé], car ces derniers ne sont eux-mêmes connus qu'à travers elle. Originellement établie, son existence n'a pas à être démontrée : c'est elle, au contraire, qui est l'âme de toute démonstration. Ici, les questions du sceptique n'ont pas leur place et pas davantage une éventuelle réponse à ces questions. Il n'y a pas de sens à nier (la conscience), surface polie du grand miroir en qui toutes choses se réfléchissent. Ni le temps ni l'espace ne la délimitent car ils ne se manifestent eux-mêmes que dans le champ de cette conscience. Ils ne la délimitent qu'apparemment, comme les objets visibles [semblent délimiter] le vide cosmique."
 
Ahhh...

15:13 Écrit par David Dubois dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : pratyabhijna |  Facebook |

26/12/2005

Le Danseur

Juste pour attirer l'attention sur la chanson n° 10 du dernier album d'Arthur H Adieu tristesse intitulée "Le danseur".
Je ne suis sûr de rien, mais ses paroles m'évoquent furieusement la figure de Shiva "roi de la danse" (natarâja), "qui va si vite qu'il paraît immobile". Un peu comme une toupie. Dans la Reconnaissance, ce "mouvement immobile" est une image de la conscience, car celle-ci possède ce merveilleux pouvoir d'être à la fois elle-même et autre, d'être identique et changeante, d'être soi et d'être tout ce que l'on voit, comme un miroir.

10:36 Écrit par David Dubois dans Musique | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : arthur h, spanda |  Facebook |

24/12/2005

L'atteinte du Soi

La doctrine secrète de la déesse Tripurâ, chapître 9 :
 
"...écoute moi avec la plus grande attention car le sujet est ardu. C'est avec un esprit entièrement purifié qu'il convient de réfléchir sur la nature du Soi. Il n'est rien de visible, rien d'exprimable. Comment pourrais-je te le décrire ? Cependant, une fois que tu auras connu ta propre nature, tu connaîtras aussi celle qui est ta mère. Cette essence qui est la tienne, personne ne peut te la désigner de l'extérieur. C'est à toi de la voir par toi-même, à l'aide de ton esprit (buddhi, l'intellect) purifié (...) Partout et toujours manifeste pour chacun, il échappe à la pensée. Qui donc, en quel lieu, à quel moment serait capable de le décrire, même partiellement ? C'est comme si l'on demandait à quelqu'un de vous montrer vos propres yeux. On n'a pas besoin d'un instructeur pour cela. Aussi habile soit-il, comment le maître pourrait-il y parvenir ?"
 
La princesse va ici à l'encontre de deux préjugés : 1/ Que le Soi - ou la nature de Bouddha, etc. - est un état nouveau que l'on doit atteindre par la méditation. Elle affirme plutôt que le Soi est connu par le Soi, c'est-à-dire par un intellect "purifié". Qu'est-ce à dire ? Selon qu'on est agité ou serein, notre pensée a plus ou moins d'impact. Lorsque nous sommes fatigués, stressés, ce que nous pensons est confus et, même clair, cela est vite oublié, "comme des flocons de neige sur une pierre chaude". Alors qu'un esprit limpide pense activement, avec précision, d'une manière qui engage tout l'être. Ce que nous pensons alors, même si nous ne l'articulons pas clairement, même si cela reste une pensée intuitive, nous touche profondément. L'entrainnement à la concentration, par l'observation des pensées, de la respiration ou tout autre moyen, n'est qu'un préalable à la réflexion sur la question "Qui suis-je ?" 2/ Que le Soi ne peut être vraiment connu ("réalisé") que par l'aide d'un maître. Or, le "maître" ne peut que nous renvoyer à nous-même, en nous proposant des indications. Il offre alors ces conseils :
 
"Considère ce qui, en toi-même, se laisse désigner comme "mien". Ta propre nature intime est précisément ce qui ne se laisse pas désigner ainsi. Retiré dans un lieu tranquille, efforce-toi d'éliminer systématiquement tout ce qui en toi peut-être appelé. Reconnais ensuite (ce qui reste) comme le Soi suprême."
 
Le prince applique ce conseil. Il s'installe comfortablement, et se dit "En vérité, le monde entier est fou. Aucun homme n'a la moindre connaissance de lui-même et cependant chacun agit "pour soi".(...) Chacun agit dans son propre intérêt, mais tous ignorent ce qu'ils sont au fond d'eux-mêmes."
 
Les titres, les possessions, les qualités, les richesses, les amis, la famille, les époux et les épouses, les enfants... le corps, les sensations, les impressions, les sentiments, les souvenirs, les pensées, les expériences, les opinions... Tout cela est de l'ordre du "mien". Tout cela relève de la catégorie "objet connu". Ce que je suis vraiment, le Soi, est le sujet qui connait tous ces objets, mais qui lui-même jamais ne devient un objet, susceptible d'être "à moi", puis séparé de moi. Non, le Soi est ce qui est "moi" et qui ne peut jamais être "à moi".
 
Mais peut-être qu'au terme de cette énumération, il ne restera rien, absolument rien ? "Aprés tout, peut-être que je n'existe pas" se dit le Prince. Ou bien, peut-être ne suis-je que cet assemblage sans cesse changeant de sensations, d'idées, d'états... Car c'est bien cela que nous voyons en nous lorsque nous y regardons de près, n'est-ce pas ?  Nous ne voyons que des objets, des choses, multiples et changeantes, plus éphémères et insubstancielles encore que des nuages.
"Mais non !" reprend le prince, "Je suis toujours manifesté, sans aucun doute ! Pourquoi donc, alors, ne perçois-je pas clairement ma manifestation ?" Cet homme sagace en arrive à la conclusion que ce sont les choses qui l'empêchent de voir le Soi, cette manifestation ininterrompue.
 
Ce qui lui arriva, nous le verrons aprés le passage du Père-Noël.

15:43 Écrit par David Dubois dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : pratyabhijna |  Facebook |

18/12/2005

Moi je dis que Maître Yoda n'était pas illettré, na !

Nisargadatta Maharaj est un bel exemple de la manière dont les "chercheurs de vérité" se bâtissent des mythes à leur convenance.
 
On dit que Nisargadatta était un homme humble, limite pauvre, vendant des cigarettes indiennes (bidis) dans un bidonville de Bombay. C'est inexact : Il était fabriquant de bidis, c'est-à-dire patron, et propriétaire de plusieurs points de vente. Il était également propriétaire de son logement ce qui, à Bombay, est un véritable privilège.
 
On dit qu'il appartenait à la lignée des Navnâth. C'est inexact. Il n'existe aucune "lignée" Navnâth, seulement un recueil, en langue mârathe, de leur exploits occultes. Ensuite, libre à chacun de se revendiquer d'eux. Le gourou du gourou de Nisargadatta (Bhâva Sâhab Maharâj) appartenait, en revanche, à la lignée de Nîmbârka, célèbre saint dévot de Vishnou.
 
On raconte aussi que Nisargadatta était analphabète et sans aucune culture livresque, une sorte de Yoda des slums. Cela est également inexact. Son discours regorge de concepts datés et localisés précisément. Je ne vais pas rentrer dans les détails ici, mais sa source principale, et celle de son gourou, est un commentaire de la Bhagavad Gîtâ écrit par Jnânadeva, un trés célèbre yogi du Maharâshtra appartenant à la mouvance des Nâth (les vulgarisateurs médiévaux du hâthayoga et de l'alchimie tantrique). On y retrouve la théorie des 4 (ou 5) états de la conscience, les 4 plans de la Parole (voir The Experience of Nothingness), les 4 corps (dans ses poèmes), le Grand Vide (mahâshûnya) au delà du "Je suis" (ahambhâva), la récitation mentale du "je-je". On y trouve aussi les 4 lumières, dont la fameuse lumière bleue de Muktânanda. Ce qui s'est sans doute passé, c'est donc que le gourou de Nisargadatta à lu cette littérature, et en a tiré sa propre pensée. L'idée principale de sa "réforme" de cet enseignement est une critique des éléments yogiques (la "voie de la fourmi") présents chez Jnânadeva, pour n'en conserver que les éléments védântiques (la "voie de l'oiseau", c'est-à-dire de la pensée).
 
Mais, si cet homme était cultivé, pourquoi ses disciples ont-il propagé cette image de sage inculte ? Le principe en est simple : On cherche - et on veut trouver - ce qu'on croit ne pas avoir, ou ne pas être. Or, depuis que les classes moyennes accèdent à l'éducation gratuite, les gens ont souvent tendance à haïr les livres et tout ce qui est "intellectuel". Si on va en Inde, c'est donc parce que "ça parle au coeur", c'est parce qu'on y cultive de l'authentique (comme dit Hugolin), on y vit "hors du temps", etc. Les sages indiens devant être à l'image du pays, les mots doivent leur venir "du Coeur" et non "de la tête". S'il savent, c'est d'un savoir au-delà des mots, intemporel. 
Que tout cela soit sans fondement n'a aucune importance : en effet, rien n'est vrai, science et mythe se valent, et pis laissez-moi méditer tranquille !
 
C'est ainsi que l'Inde, pays de l'abstraction par excellence, est devenu le pays des pétards sur la plage avec les sâdhus, des raves sous cocotiers et des longues siestes à l'ashram. Et c'est ainsi que Gangaji, réincarnation non-duelle de Candy, vient donner satsang ("bonne compagnie", "while the company is true", comme dit Galadriel) dans un 5 étoiles de Bénares entre deux séquences "shopping" en Floride et en Californie. Comme disait Einstein, "je connais deux choses infinies : l'univers et la bêtise humaine, mais je n'ai pas de certitude absolue au sujet de l'univers"... 

16:54 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inde, nisargadatta, eveil, ashram, meditation |  Facebook |

Les mythes sur le Mythe de l'Eveil

Dans le chapitre 8 de la Doctrine secrète, la princesse livre à son époux la clef de l'allégorie du chapitre 5. Le sens de cette fable est assez clair, me semble t-il, aussi n'y reviendrais-je pas trés longuement. Toujours est-il qu'à la suite de ces dialogues, le prince se livre à un culte ardent de la Déesse. Il se met alors à réfléchir de manière intense. Le texte souligne, une fois de plus, l'importance de la réflexion:
 
"Cette propension de l'esprit à la réflexion est le signe principal de la (proximité de la) délivrance. Aussi longtemps, ô Râma, que l'esprit ne s'est pas entièrement consacré à la réflexion il ne peut, en aucun cas, accéder au salut, même en usant de centaines de moyens divers."
 
Sur ce, il va questionner son épouse, qui lui répond en lui livrant le sens de l'allégorie et en lui conseillant de s'en servir pour atteindre le "Bien suprême". Cette fable (voir le billet intitulé "Encore un problème de famille !") a un sens limpide : la mère de la princesse, c'est-à-dire aussi bien notre mère à tous, est la "conscience suprême", tombée apparement sous le pouvoir de l'Inconnaissance. De là s'ensuivent tous nos déboires. Mais, à vrai dire, cette allégorie est assez succinte. Elle n'explique pas le pourquoi des choses, et encore moin le "comment" de la délivrance.
Mais il y a peut-être une raison à cela : par son côté simple et simpliste, cette fable symbolise l'idée que se font la plupart des gens au sujet de la sagesse non-dualiste. Nous avons tous plus ou moin une représentation de seconde main de ce qu'est cette sagesse selon laquelle, en dépit des apparences, tout est bien. A travers les médias, les films, les BDs, nous nous sommes forgés une image, assez nette pour nous faire prendre conscience qu'il y a peut-être un vrai trésor là-dedans, mais pas assez claire pour nous y faire accéder en personne. Nous demeurons dépendants de clichés, d'opinions toutes faites, selon lesquelles, il y a des "sages" illuminés, éveillés, sans lesquels jamais nous ne pourrons arriver à une transformation de soi. Il faudrait devenir Chevalier Jedi mais, comme chacun sait, ces choses-là n'existent pas. Voilà à peu prés où en est le prince, à l'instar de notre propre situation. La sagesse, la connaissance de soi, l'Eveil, paraissent toujours inaccessibles, voire exotiques.
 
L'atteinte de l'Eveil en sa plénitude aura lieu dans les deux prochains chapitres. En attendant, qui lit ces lignes ?
 

16:21 Écrit par David Dubois dans Reconnaissance | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : eveil, pratyabhijna |  Facebook |

16/12/2005

Du pur bouillon

Un réservoire d'eau, toujours dans le temple, pour se purifier. Comme dit un Indien : "Ce n'est pas l'eau qui est sale, c'est la saleté !" Certes certes...

16:25 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arunachala |  Facebook |