15/06/2009

Tout simplement

Voici un recueil de petites "expériences" aussi simples que profondes pour partir à la découverte de notre véritable identité. Mais attention, il ne s'agit pas de psychologie. Ces expériences font appel aux cinq sens comme à l'esprit de découverte scientifique pour remettre en question les croyances sur ce que nous sommes vraiment.

Des sages de toutes les traditions nous disent que ce que nous sommes vraimpent est ce à quoi nous aspirons, au-delà même de nos espérances les plus folles. Mais comment les croire ? D'ailleurs, faut-il les croire ? Ce livre propose des outils simples pour vérifier par soi-même, sans exotisme, sans avoir à s'engager auprès d'un "maître" ou d'une tradition.

Un véritable petit trésor de liberté dans la lignée du Vijnâna Bhairava Tantra. A voir sur Amazon et sur le blog de José Leroy.

 

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14:41 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vision sans tete, harding, leroy |  Facebook |

19/05/2007

Les pattes de la vache

Reconnaissance (Pratyabhijnâ), Grande Complétude (Dzogchen) et Vision Sans Tête : qu'ont-elles en commun, ces pattes de la vache cosmique ? Tout simplement ceci. Dans ces trois systèmes, il s’agit de re-connaître dans la conscience les plus hautes valeurs ou personnes dont parlent différentes religions et cultures : les Puissances de Shiva, les Trois Corps d’un Bouddha, les attributs de Dieu ou de Jésus (Douglas Harding, surtout durant la dernière partie de sa vie, se référait fréquemment au christiannisme). Ces attributs sont autant de portes vers soi-même. J'ajoute qu'ils composent une sorte de tableau harmonieux, conférant ainsi à ce vénérable animal une touche cosmétique...

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10:59 Écrit par David Dubois dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pratyabhijna, dzogchen, vision sans tete |  Facebook |

13/01/2007

Qu'est-ce qui meurt ?

Un grand sage est mort. Douglas Harding est décédé à l'aube du jeudi 11 janvier 2007, dans sa 98ème année.

Il avait, depuis plus d'un demi-siècle, inventé une douzaine d'exercices simples permettants à chacun, quelques soient ses croyances par ailleurs, de découvrir par lui-même sa vraie nature, infinie, limpide et, en un mot, divine.

Mais, se dira t-on peut-être, à voir bon voir cela si l'on doit finir par mourrir ? Socrate est mort, comme le Bouddha, comme Jésus, comme Ramana Maharshi... Cette constatation semble rappeler cette vérité banale de l'évanescence de toutes choses, thème central de la plus grande épopée du monde, le Mahâbhârata : "Exister, c'est exactement comme ne pas exister. Tout est transitoire et impermanent... Comme des bulles dans l'eau, les êtres surgissent et disparaissent. Tout cela sera réduit en miettes : c'est certain. Tout ce qui s'élève doit tomber. Toute union s'achève par une séparation et la vie par la mort..."

Rien n'échappe à l'emprise du Temps, ce maître universel.

A première vue, le cas de Douglas Harding n'est une preuve de plus de cette terrible vérité. Sa forme n'est plus. Pour être plus concrets, prenons cette photographie de Douglas prise par Colin Fox en 1992 :

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Cette forme n'est plus. La photo elle-même est une trace qui, à son tour, devra disparaître. D'ici quelques milliards de milliards d'années, il ne restera plus rien de rien. Personne. Alors, à quoi bon écouter ce que Douglas Harding a dit ?

N'écoutons pas, si tel est notre intuition. Mais, au moins, voyons. Voyons quoi ? Ce regard, sur cette photo, a certes quelque chose de fascinant. Mais quoi ? Il semble n'être là que pour me rappeler que tout périt !

Pourtant, il reste une chose à voir : Vers quoi pointe ce regard ? En ce moment même, lorsque vous regardez ces yeux, vers quoi regardent-ils ?

Pour ma part, ils pointent vers cet espace au-dessus de ces épaules, ici même. Cet espace est vide. Je n'y aperçois aucune forme. Je vois, en toute évidence, que je suis cet espace transparent, plus limpide et dépouillé que la mort elle-même. Ici, la Mort ne trouve rien à dévorer. Il n'y a nul changement, et donc pas de temps. Cet espace est éternel, atemporel, immortel. Il est le refuge infaillible.

Soit mais, dira t-on encore, cet espace vide n'est-il pas le visage de la Mort elle-même, inerte et sans vie ? En quoi ce néant pourrait-il m'être un réconfort ? Regardons encore et encore : Cet espace, absolument limpide en lui-même, n'accueille t-il pas, en ce moment même, une profusion de formes et de couleurs, de son et de sensations ? N'est-il pas la Source et la Vie elle-même ?

Voilà pour moi, pour nombre de mes amis à travers le monde et pour tous ceux qui ont l'audace de VOIR, le sens de cette image. L'immortalité savourée maintenant. Tel est, assurément, le testament ultime de Douglas E. Harding. Puisse t-il naître et renaître toujours en chacun de nous !

 

Pour goûter d'autres manières de voir notre immortalité, voir d'abord ou bien par là-bas (en anglais), sans toutefois oublier qu'il s'agit toujours de simplement revenir Ici.

22/11/2006

La conscience du Soi doit-elle être ininterrompue ?

Lorsque l'on découvre la Vision de l'absence de tête Ici, au-dessus des épaules, ou bien - ce qui revient finalement au même - la conscience pure de soi, on se demande souvent comment faire pour faire durer cet état. Parce qu'on y expérimente une joie et une paix sans mesure et, surtout, sans cause objective. Ce bien-être ne dépend que de lui-même. Il est donc gratuit et toujours disponible. Sauf que l'on a inmanquablement l'impression d'en sortir, on ne sait comment, par distraction sans doute. Pourtant, c'est le Soi. Ce n'est ni ceci ni cela. C'est tout, et ce n'est rien. Comment diable peut-on délaisser ce délicieux "rien" ? Parce que nous en faisons un état, une chose. Nous réifions, comme disent les philosophes d'aujourd'hui, cette parfaite ouverture, cette fluidité sans le moindre grumeau. Dès lors, il semble raisonnable d'aspirer à ne plus objectiver, à ne plus quitter ce non-état.

Ceci étant, à mieux y réfléchir (activité vitale trop souvent dédaignée par nos contemporains), qu'est-ce que cela peut bien changer ? Comment la conscience - l'absence de visage Ici - pourrait-elle cesser ? Et qui serait le témoin de cette cessation ? De toutes les façons, qu'on le voit ou pas, personne n'a de tête Ici. Comme dit Douglas Harding, nous sommes bâtis de cette manière, c'est un fait, une réalité. Eveillé ou endormi, la réalité est la réalité. Vaguement initié seulement ou parfait profane, telle reste notre situation : nous ne sommes jamais nulle part. Suspendus, flottants, et insubmersibles tout autant, si vous préferrez. Tomber où ? Avoir une tête, oui. Mais où ? Ici ? Dans cet espace à partir duquel vous percevez ces mots ? Allons-donc ! Une tête ne perçoit rien, encore moins des mots.

A fortiori, une fois que l'on a "vu" cet espace, à quoi bon vouloir le prolonger ? N'est-ce pas là un acharnement inutile, voire nuisible ? Ne vaut-il pas mieux se laisser aller, laisser là, devant, tous soucis et inquétudes ? De plus, cette vision ne voit rien. Pas de forme, pas de changement. Donc pas de temps. Comment alors peut-on affirmer : "Durant cet instant, durant cette heure, durant ce jour, j'ai vu" ? N'est-ce pas une simple erreur due à une habitude, une façon de parler ? Et puis, chacun pourra constater que le "je" - la conscience de la conscience de la conscience - est toujours présent, même si l'on continue d'entonner la rengaine du "Mais ça ne dure pas !" De fait, n'entendez-vous pas cette résonnance ininterrompue, ce choc - rien - miraculeusement se répétant à chaque instant ? Comment pourrions-nous même nous lamenter, si vraiment ce Néant venait à cesser ?

Bref, que l'on voit "toujours", "une fois" ou même jamais, cela ne change rien à cette essence capable de changer tout, et plus si affinités. Mais rassurez-vous, cette demeure n'est guère exigeante. Omnisciente, elle ne voit rien. Inutile donc de vous soucier de votre apparence, même de votre intérieur. C'est elle, l'intérieur. C'est elle, qui vous explore et vous découvre, sonde et éprouve sa richesse à travers les mille fenêtres de nos visages.

Or, si l'on se lâche ainsi, l'émerveillement ne fait que croître et durer plus, si cela avait un sens.   

ShivaGandhara

 

21/10/2006

Quand atteint-on l'Eveil ?

Depuis longtemps, le bouddhisme est agité de débats sur les causes et les circonstances de l'Eveil. Dans le bouddhisme tardif, et dans le chan et le dzogchen en particulier, cette tension est au centre de l'enseignement.

Contre les rituels, les yogas et les techniques, le dzogchen ancien va droit à l'essentiel, droit à cet espace à partir duquel nous percevons les choses, espace transparent qui embrasse le samsâra comme le nirvâna.

Cependant, à partir du XIIème apparait une nouvelle forme de dzogchen basé sur un yoga visant le développement spontané de vision lumineuses à partir de la contemplation du ciel, du soleil ou de l'obscurité. Ces visions sont "spontanées" en ce sens qu'elle ne proviennent ni de l'imagination ni du mental, mais de notre nature de Bouddha inconditionnée. Au lieu donc de changer notre monde en changeant notre façon de voir ce monde, cette nouvelle méthode propose de changer notre monde pour changer notre façon de le voir : le spectacle de ces orbes colorées a, en lui-même, le pouvoir de dissoudre le mental, laissant l'espace transparent de notre nature de Bouddha briller de nouveau.

Au XIVème siècle Longchenpa, un maître dzogchen virtuose, tente une synthèse de la voie progressive (lamrim) et du dzogchen radical des origines, dans un texte disponible en anglais sur le net, le Grand Chariot (Shingta Chenpo).

Il y présente les thèmes traditionnels du catéchisme bouddhique : la souffrance, ses causes, les conséquences inéluctables des actes (karma) - avec moultes détails sur les différents enfers -, la compassion, la concentration, l'interdépendence des phénomènes, la vision pure, les rituels tantriques et les yogas intérieurs... jusqu'au chapitre X (sur un total de XIII), dans lequel il présente la perspective du dzogchen radical. Il invite alors le disciple à "passer le cap". Cette expression revient encore et encore sous sa plume. C'est qu'elle exprime la philosophie de Longchenpa dans cette oeuvre : l'on doit pratiquer méthodiquement les vertus jusqu'à un certain point - une sorte de seuil critique - à partir et au-delà duquel il n'y a plus, du point de vue du pratiquant, ni pratique ni progression. On monte un escalier, on arrive à une porte. Mais, une fois cette porte franchie, il n'y a jamais eu de porte. Autrement dit, il y a bien une voie et des efforts à fournir, il y a des conditions, jusqu'à ce que l'on parvienne à l'Inconditionné. Ce paradoxe est symbolisé dans l'Avatamsaka Soûtra par la "Tour des miracles de Vairocana". Vairocana est la personnification de notre nature de Bouddha. Un adepte exemplaire, Soudhana, parvient enfin, aprés d'innombrables épreuves et pratiques variées, jusqu'à cette tour. Vue de l'extérieur, elle semble avoir une certaine taille; elle est située quelque part dans l'univers, et on peut y parvenir au terme d'un long voyage. Mais, une fois que Soudhana franchit son seuil il découvre, émerveillé, que l'intérieur de la tour est infini, qu'il contient tout, y compris tous les endroits qu'il a parcouru jusque-là. Autrement dit, tant qu'on a pas atteint l'Eveil, cet Eveil apparaît comme un état localisé dans l'espace-temps, produit par des causes précises. Mais, dès que le cap de l'Eveil est franchi, tout a toujours été pur et parfait. C'est d'ailleurs logique, si l'on se souvient qu'un Bouddha est éternel : pour lui, passé, présent et futur sont contemporains. Dès lors, on peut supposer que le maître et les déités que l'adepte rencontre sur la Voie ne sont que la manifestation de son propre Eveil, situé pour lui dans le futur.

Dans la perspective de ce dzogchen progressif, le but de la pratique serait d'atteindre une "masse critique", suffisante pour que notre nature de Bouddha se réveille et poursuive d'elle-même la pratique, ce qui rend crédible la libération en une seule vie (normalement, selon le bouddhisme mahâyâna, il faut des millions de vies successives). L'adepte continue toutefois de pratiquer, du point de vue des autres tout au moins, afin de leur offrir, sans aucune volonté ni plan de sa part, un modèle de la Voie à suivre.

Je suggère que ce "cap" est franchi lorsque l'on retourne la flèche de son attention de 180°. On passe alors la Porte, et l'on voit que l'on a jamais été nullepart, mais plutôt que tout les lieux et tous les état ont toujours reposé en nous, en cet espace. Du point de vue de la troisième personne bien sûr, je suis une chose parmis les choses, contenue dans l'univers. Mais du point de vue de la première personne, c'est moi, en tant qu'espace-conscience, qui contient l'univers. "Misère du petit, grandeur du Grand" pourrait-on dire en paraphrasant Pascal.

Le "cap" est différent pour chacun, de même que la durée du voyage. Mais le but est le même : voir (et non pas croire, imaginer, penser ou visualiser) Qui je suis vraiment, voir cette Absence au-dessus des épaules, Absence qui accueille toutes les voies, spirituelles ou non.

Car l'essentiel est Ici. L'essentiel est attention à ce qui est, et non à ce qui devrait être. Juste une conversion du regard de la conscience vers elle-même, en un instant. Le Diable se cache dans les détails, dit-on. "Elémentaire..." dit Holmes. "Evident !" ajoute Ramana... Encore faut-il avoir l'humilité de se rendre à cette évidence ! Pour certains, cela peut durer fort longtemps à ce qu'il semble. Mais peu importe la durée et peu importes les quantités. Toute Voie, directe ou non, artificielle ou spontanée, est une manière dont l'Être éternel se découvre lui-même. Toute Voie se parcourt Ici, dans l'absence de tête au-dessus des épaules.

Le grand oiseau Garouda plane sans effort, depuis toujours, dans l'espace limpide. Car il est né dans l'azur. Cet espace est son oeuf, sa matrice et sa mère. Puisse t-il lui rendre hommage !

12:08 Écrit par David Dubois dans Dzogchen | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : dzogchen, eveil, vision sans tete, longchenpa |  Facebook |