13/04/2015

Le Secret de la Kundalini

Le Secret de la Kundalini

Un enseignement traduit du sanskrit, inédit, par le maître du tantra traditionnel le plus connu du XXe siècle : Lakshman Joo du Cachemire. Il aborde les différentes voies d'éveil de la Kundalinî : par le souffle, par l'union sexuelle, et par la reconnaissance de la conscience au présent.

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Les Arcanes de la plénitude

Les Arcanes de la plénitude - Siddhamaharahasya

Inédit, traduit du sanskrit, un enseignement sur le tantra non-duel par un maître quasi inconnu qui a pourtant vécu au XXe siècle : Amritavâgbhava. Aborde tous les sujets du tantra.

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Pour la pureté de l'âme

Pour la pureté de l'âme Cittavishiddhiprakarana

Nouvelle traduction d'un texte sanskrit inédit de la tradition du bouddhisme tantrique. Un message radical sur la pureté de l'esprit, par-delà toute notion de pur et d'impur.

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La Voie de la conscience non-duelle

La Voie de la conscience non duelle

Nouvelle traduction inédite d'un texte du bouddhisme tantrique sur la conscience, voie de l'éveil naturel.

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18/02/2014

Retraite de méditation dans la tradition du Cachemire

 
 Vyoma linga, Mongolie
 
Une retraite dans l'esprit du tantra non-duel
 
Tous nos malheurs ont une seule source : nous croyons être une personne séparée de ce que nous désirons.
 
Comme dit le sage anglais Wei Wu Wei :
 
Pourquoi êtes-vous malheureux ? Parce que quatre-vingt dix neuf pour cent de tout ce que vous faites, vous le faites pour vous - or il n'y a pas de "vous" !
 
Comment vivre cela ?
En se donnant à cette évidence : tout ce qui est, est dans la conscience présente. Il n'y en a pas d'autre. Il n'y a rien d'autre qu'elle. Point d'effort, rien à atteindre : quoiqu'il arrive, tout est déjà en la conscience transparente. Quel soulagement !
 
Je vous propose de nous retirer, ensemble, pour savourer cette évidence à l'écart du brouhaha du monde. Rien n'est hors de la conscience, qu'on le sache ou non. La conscience est toujours présente. Mais il est bon de prendre des vacances pour se laisser aller à cette vacuité vibrante. Cette présence est toujours présente, mais d'ordinaire nous la négligeons à cause de nos croyances et de nos habitudes. 
Nous sommes ce que nous cherchons.
Pourquoi ne pas consacrer une semaine à savourer juste ce silence, en toute simplicité, sans but ni recherche, sans effort, pour en avoir le cœur net ?
 
Pendant cette semaine dans un hameau caché au coeur de l'Ardèche, nous prendrons à cœur l'essentiel, nous vivrons l'état naturel au cœur de la nature. La journée sera une alternance de périodes de silence, dans la nature si le temps le permet, et d'échanges sur les questions et les doutes qui nous retiennent au bord de nous-mêmes, qui nous font croire que nous sommes autres chose que la perfection bienheureuse.
 
Nous nous mettrons à l'écoute des conseils du coeur transmis par la tradition des yoginîs du Cachemire, une tradition qui part du pressentiment que nous sommes ce que nous cherchons. S'ouvrir à notre intuition naturelle du vrai : moins que cela ne suffirait pas, mais plus que cela n'est pas nécessaire. 
Nous explorerons en particulier la méditation de Bhairava (bhairava-mudrâ en sanskrit, la langue sacrée de l'Inde), expression naturelle de notre véritable nature. Non pas technique pour maîtriser le mental, mais laisser-aller spontané dans la fluidité de la conscience océane. Larguons les amarres !
 
Nous logerons dans une vieille demeure refaite à neuf, avec une alimentation saine et simple préparée par une cuisinière attentionnée. 
Dix places sont disponibles dans la maison, mais il est également possible de loger à proximité.
 
La retraite débutera le samedi 12 avril 2014 et s'achèvera le vendredi 18. Pour le lieu, Vernoux-en-Vivarais, voir ici
Pour plus de renseignements, écrire ou téléphoner :
 
deven_fr@yahoo.fr
06 03 33 05 58
 
Pour une idée de la tradition qui nous inspire, voir
La Doctrine secrète de la déesse Tripurâ (très accessible, à travers des fables et des dialogues vivants)
 
A bientôt !

10:35 Écrit par David Dubois dans Dzogchen, Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/11/2012

Conférences sur le shivaisme du Cachemire - 2013

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Les conférences sur le shivaisme non-dualiste du Cachemire se poursuivrons en février 2013 à Paris, avec une comparaison entre le non-dualisme "tantrique" de la Reconnaissance (pratyabhijnâ), et d'autres courants non-dualistes, notament celui de Shamkara.

L'absolu est-il statique ou dynamique ? La conscience est-elle le témoin immuable du devenir, ou bien ce devenir est-il une manifestation de la conscience ? Mais alors, comment expliquer que la conscience, identifiée à la félicité et au plaisir, puisse dans les jeux de sa liberté, accoucher de la souffrance ?

La prochaine saison du programme débutera à en février 2013 2012, les lundi 11, 18 et 25 février ainsi que le 25 avril 2013, au CPEC, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris, 18h30-20h30.

Pour plus de détails, voir ici.
Enfin, vous pouvez entendre les conférences en lisant les textes traduits du sanskrit qui leur ont servi de support.

18:41 Écrit par David Dubois dans Général, Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/07/2012

Conférences shivaisme du Cachemire - printemps 2012

 

 

 

 

Yoni - Sud de l'Inde

 

Toutes les séances du printemps 2012 sont désormais disponibles ici en audio, avec leurs textes traduits du sanskrit. Le thème est celui de la mémoire. La mémoire prouve t-elle la permanence de la conscience ? Elles font partie du cycle II du programme de six années organisé dans le cadre d'un programme du Collège International de Philosophie.
Les prochaines conférences auront lieu les lundi 15 et lundi 22 octobre 2012, au CPEC, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris, 18h30-20h30.
Pour plus de détails, voir ici.

14:10 Écrit par David Dubois dans Général, Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/01/2012

Shivaïsme du Cachemire - CIPh printemps 2012

Les nâgas, gardiens de la mémoire


Attention, changement de date, la séance du 30 avril est déplacée le 3 mai !
 
Qu'est-ce que la conscience ? Un phénomène secondaire, un produit dérivé, voire une illusion ?
 
Partant, qu'est-ce que le "moi" ?
 
Le bouddhisme répond qu'il n'est qu'une illusion engendrée par le langage et l'imagination. Le "Soi" - ce "moi" transcendant, permanent - dont parlent les philosophes de l'Occident comme de l'Inde ne serait donc qu'un faux-semblant qu'il faudrait démystifier pour atteindre la liberté dans la sécurité.
 
Mais la Reconnaissance (pratyabhijnâ en sanskrit), la philosophie du shivaïsme du Cachemire, voit au contraire dans la conscience une source d'émerveillement sans pareille. La conscience est liberté, créativité. Elle est notre vraie nature, permanente.
 
L'un des arguments de cette permanence est la mémoire. La reconnaissance de soi en dépit des changements n'est-elle pas la preuve que le moi n'est pas une pure illusion évanescente ?
 
Après avoir introduit les thèses de la Reconnaissance et les objections bouddhistes, nous allons donc consacrer ce printemps à l'examen de la mémoire. Loin d'être un simple outil mental que nous utiliserions de temps à autre, la mémoire se dévoile être l'âme de la conscience et une porte vers notre vraie nature.
 
A moins que ce ne soit qu'une autre illusion ?
 
Six séances, gratuites et accessibles à tous, au cœur de Paris, de 18h30 à 20h30 :
 
1 - Lundi 6 février 2012
CPEC (Centre Parisien d'Etudes Critiques) 37 bis rue du Sentier 75002 Paris
2 - Lundi 12 mars 2012
CPEC (Centre Parisien d'Etudes Critiques) 37 bis rue du Sentier 75002 Paris
3 - Lundi 19 mars
Lycée Henry IV, salle N34
4 - Jeudi 3 mai 2012
CPEC (Centre Parisien d'Etudes Critiques) 37 bis rue du Sentier 75002 Paris 
5 - Lundi 7 mai 2012
CPEC (Centre Parisien d'Etudes Critiques) 37 bis rue du Sentier 75002 Paris
66 - Lundi 21 mai 2012
CPEC (Centre Parisien d'Etudes Critiques) 37 bis rue du Sentier 75002 Paris
 
Pour plus de déteils, voir le site du Collège International de Philosophie - CIPh.
 

10:06 Écrit par David Dubois dans Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/11/2011

Sur le shivaïsme du Cachemire - séances automne 2011 à écouter

 
 
Les conférences sur le shivaïsme du cachemire reprendront en février 2012. 
La première aura lieu le lundi 13 février (date à confirmer), de 18h30 à 20h30, au Centre d’Études Critiques de Paris, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
 
Nous continuerons de lire les Stances pour reconnaître le Seigneur en soi (Îshvara-pratyabhijnâ-kârikâ).
Après les objections bouddhiste (le Soi n'existe pas, ce n'est qu'une illusion), nous verrons la réponse de la Reconnaissance, notamment l'argument de la mémoire comme "voie royale d'accès au Soi".
 
En attendant, vous pouvez écouter les deux séances de l'automne 2011 et lire les textes qui vont avec (voir au bas de la page).
 
Avant de prendre l'avion pour rejoindre un petit village perdu au fin fond de l'Inde du Sud, quelques mots sur mes projets de traduction en cours :
 
1. Une traduction de la Parade des cygnes ( Hamsa-vilâsa) un pur chef-d’œuvre  dans lequel un couple de pratiquants tantriques du XVIIIe siècle célèbre une voie d'intériorité qui emploie l'art, le corps et la beauté. C'est aussi une anthologie et une fenêtre unique sur la vie intime du tantrisme à Bénares à l'époque de la Révolution française.
 
2. Une anthologie du Kâlî-krama. Cette tradition est la seule tradition tantrique non dualiste dès l'origine. Elle est considérée par les maîtres les plus réputés comme étant la crème de la crème du tantrisme. Il y aura de nombreux textes inédits, dont quelques extraits ont étés publiés sur ce blogue.
 
3. Une collection de traductions et de livres prenant pour fil conducteur le Vijnana-bhairava-tantra. Par exemple, il y a aura un recueil de textes de yoga inédits, un livre sur le sexualité tantrique, un autre sur les méditations sans formes. C'est un travail virtuellement sans fin, mais qui est déjà riche de plusieurs centaines de pages et qui débutera par la publication de deux commentaires inédits de ce texte unique, véritable trésor de la spiritualité universelle.
 
J'essaierais, si cela est possible de continuer à écrire sur le blogue de la nouvelle vache depuis l'Inde.

28/09/2011

Shivaïsme du Cachemire - CIPh octobre 2011

 

Les prochaines conférences du CIPh sur la philosophie de la reconnaissance (pratyabhijnâ) auront lieu :
les lundis 3 et 17 octobre 2011,
de 18h30 à 20h30,
au Lycée Henry IV,
salle N34 (ou salle des Actes, si elle est libre),
à Paris 5e,
métro Cardinal Lemoine.

Le thème du programme (sur six années : 2011-2016) est la conscience dans la philosophie de la reconnaissance. Cette année, nous poursuivrons notre lecture du texte fondamental de ce courant quasi inconnu, mais qui se situe dans la mouvance du tantrisme.
Au printemps dernier, nous avons présenté les idées essentielles de la reconnaissance : la liberté de la conscience peut être redécouverte par un examen des expériences ordinaires.
Mais y a-t-il une conscience permanente, hors des pensées évanescentes ? Il y a certes des pensées sur soi, mais existe t-il un Soi ? Nous allons donc examiner les objections que les bouddhistes formulent contre le Soi dans le second chapitre des Stances pour la reconnaissance (Pratyabhijnâkârikâ), en les confrontant à leur homologues dans les pensées occidentales. Surtout, nous nous interrogerons sur la pertinence de ces objections : L’esprit n'est-il qu'un "automate spirituel" ? Peut-on parler d'une "physique de l'esprit" ? Sommes-nous des machines ?
Il est tout à fait possible de suivre ces conférences sans avoir suivit les précédentes. Toutefois, pour ceux qui souhaitent découvrir le contenu des quatre premières séances, c'est possible ici.
En outre, les auditeurs sont invités faire connaissance avec le texte lu à l'aide, par exemple, de cette paraphrase, ou en se procurant notre traduction des Stances pour la reconnaissance. Nous lirons le second chapitre des Stances.
Pour se familiariser avec la pensée bouddhiste dont sont issues les objections que nous étudierons, on peut écouter un bref exposé sur l'idéalisme bouddhique par Stéphane Arguillère, formulé dans un esprit comparatiste, pour un public déjà formé aux philosophies de l'Occident moderne. Malheureusement, il n'existe pas, en français, de présentation accessible de la pensée de Dharmakîrti, le principal interlocuteur bouddhiste dans les Stances pour la reconnaissance.

Cependant, pour une initiation accessible à la controverse sur le Soi, on peut lire Comment la philosophie indienne s'est-elle développée ? : La querelle brahmanes-bouddhistes, de Michel Hulin.
Un homologue contemporain du bouddhisme, auquel nous aurons l'occasion de nous référer, est Daniel Dennett. Un livre d'introduction, facile d'accès.
A bientôt !

09:48 Écrit par David Dubois dans Général, Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/06/2011

Conférences sur la pratyabhijnâ - printemps 2011

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La philosophie de la Reconnaissance (pratyabhijnâ) veut réaliser la majesté de la conscience dans les actes les plus humbles. Dilectique, spéculative, cette phénoménologie n'en d'en n'est pas moins une manière de vivre, une voie de connaissance de soi.

Des enregistrements des conférences données dans le cadre du CIPh au printemps 2011, avec les textes correspondants au format PDF sont téléchargeables ici.

Pour la suite du programme à l'automne 2011, voir sur ce même site.

Un poème de Kabir - "il n'y a qu'un seul yogi" (précisons : ce yogi n'est pas le monsieur sur la photo, en l'occurence Osho. Ce "seul yogi" n'est autre que l'Espace-conscience clairement visible au-dessus de nos chères épaules) :

16/02/2011

Conférences sur la Pratyabhijnâ

 

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Des pensées sans penseur ?

Polémiques sur l'identité personnelle dans l'Inde au XIe siècle

18h30-20h30

Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

Lundi 28 février : salle JA01

Lundi 4 avril, lundi 2 mai, lundi 6 juin : Salle JA05

La querelle du Soi (ātman) est la problématique centrale des philosophies de l'Inde. D'un côté, les tenants du brahmanisme pensent qu'il y a un Soi qui organise les pensées, ainsi qu'un Soi "suprême" (un Dieu) qui agence le monde. De l'autre, les Bouddhistes soutiennent qu'il n'y a nulle part un tel Soi en dehors de l'imagination des ignorants, pas plus qu'il n'existe une quelconque intelligence créatrice.

Parmi les formes qu'a revêtue cette controverse, celle mise en scène dans les textes de la Reconnaissance (pratyabhijñā) est sans doute l'une des plus aboutie, notamment à cause de sa capacité à inventer des concepts ou à donner un sens inédit à de vieilles notions. Ce programme est une recherche qui s'appuie sur le texte fondateur de cette philosophie (Les stances pour la reconnaissance). Il a deux objectifs. Premièrement, comprendre cette pensée en éclairant les auteurs auxquels elle s'oppose tout en récupérant leur concepts, d'une part, et d'autre part en proposant des comparaisons avec des problématiques, des thèses et des arguments de la tradition occidentale. Deuxièmement, il va s'agir de critiquer les thèses et les arguments de la Reconnaissance en évaluant les réponses aux objections formulées dans le texte, mais aussi en formulant des objections nous-mêmes, nous inspirant pour cela des pensées contemporaines. En bref, notre questionnement est le suivant : D'où viennent les organisations que nous observons en nous et hors de nous ? Y a-t-il un organisateur de tout cela, ou bien l'ordre émerge-t-il spontanément ?

Cette première année sera consacrée à une lecture de l'exposé de la thèse centrale de la Reconnaissance laquelle, en cinq stances, nous permettra notamment de nous interroger sur les questions suivantes : La Reconnaissance est-elle une philosophie ou une théologie ? Faut-il choisir entre recherche de la vérité et aspiration à une certaine forme de salut ? Peut-on dire que la conscience existe ? Est-elle une chose ? Peut-on connaître notre conscience ? Et comment connaît-on celle d'autrui ?


Entrée libre

Voir les détails pratiques sur le site du CIPh

10:15 Écrit par David Dubois dans Reconnaissance, Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/08/2009

Lectures du Vijnâna Bhairava

Sarasvatî, Bhaktapur


Rencontres autour du
Vijnâna Bhairava Tantra
Lectures de textes du shivaïsme du Cachemire animées par David Dubois


 

Ce tantra est le plus célèbre et le plus commenté depuis la redécouverte du shivaïsme cachemirien au début du XX ème siècle. Extrêmement original par rapport aux autres tantras, il se présente comme un extraordinaire catalogue d'expériences spirituelles allant des techniques yogiques les plus sophistiquées jusqu'aux circonstances de la vie quotidienne la plus banale. Nous lirons ensemble le tantra en sanskrit et ses commentaires, ainsi que plusieurs textes apparentés. Le but de ces lectures est de partager nos interprétations dans une ambiance conviviale.

Chaque séance a lieu un dimanche sur deux de 14 à 16 heures à Nogent sur Marne, non loin de Vincennes. Aucune connaissance du sanskrit n'est requise. Des photocopies du texte translittéré sont distribuées.

Si vous souhaitez venir, nous vous demandons juste d'écrire à l'auteur du blog afin de recevoir l'adresse où se tiendront ces rencontres.

NB : ce blog n'est plus régulièrement mis à jour. La vache cosmique s'est réincarnée sous d'autres cieux.

09/09/2007

Vedic Metal

Tout ce qu'il est possible de faire sera fait tôt ou tard. Vous avez entendu parler des Upanishads, ces textes philosophiques contemporains de Socrate, qui enseignent l'identité de soi et de l'absolu ? Eh bien en voici une version musicale, "death metal" (sic), par des Indiens. Les paroles "ayam âtmâ brahmâ", "aham brahma asmi", signifient "Ce Soi est l'Absolu", "Je suis l'Absolu".

17:41 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vedic metal, upanishad |  Facebook |

08/07/2007

La danse de la yoginî

Le chant, la danse et les arts de la scène occupent une grande place dans les tantras, et cela depuis le shivaïsme ancien, celui des adeptes du Maître des Bestiaux (pâshupatâh).

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Cette place centrale se retrouve dans les tantras ésotériques du bouddhisme, dont les pratiques ont été conservées au Népal. C'est ainsi qu'on y trouve les chants des adeptes accomplis (mahâsiddhâh) mis en musique, dans différents modes, ou râgas. Cette pratique est encore bien vivante au Népal, comme en témoignent ces spectacles. Bien sur, les éléments sexuels ont été expurgés (notamment la nudité), mais l'essentiel, me semble t-il, demeure.

Une danse de la yoginî. Notez le chant en accompagnement, remarquablement sobre, et d'un style assez original par rapport à la musique hindoustanie.

Un deuxième exemple de la même danse.

Une danse "des cinq Târâ". On comparera avec cette danse par des nonnes tibétaines.

Vajrapâni, le Gardien des Secrets.

Les Cinq Bouddhas.

La Dâkinî à tête de lion, Singhamukhâ : un exemple de divinité "courroucée".

Et enfin, le ballet des"divinités d'offrande", qui offrent au maître et aux bouddhas seizes délices, à commencer par la danse, la musique et le chant (nritta-vâdya-gîti)

 

 

11:13 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vajrayana, yogini, caryagiti, tantra, tantrism, vajrayogini |  Facebook |

22/06/2007

Alexis Sanderson

L'un des plus grands chercheurs sur le shivaisme du Cachemire est le professeur Alexis Sanderson d'Oxford. Il a désormais son site, sur lequel on peut télécharger ses principaux articles.

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Son article de 1988 Saivism and the Tantric Traditions reste indispensable pour se faire une idée de l'organisation des différents courants du tantrisme de l'âge classique (IV-XII siècles).

En ce qui concerne le bouddhisme tantrique, il montre dans un article de 1994 combien le bouddhisme a plagié consciemment - et de manière critique - le shivaisme pour se constituer. Le tantra de La Roue du Temps (Kâlacakra) en est l'exemple le plus aboutit. En revanche, un tantra comme celui de Cakrasamvara a "copié" des passages de tantras shivaïtes verbatim. Du coup, certains de ces passages sont devenus incompréhensibles dans un contexte bouddhiste (Sanderson donne un exemple dans un article fort technique mais passionnant : "History Through Textual Criticism", pp. 44-47)... 

Enfin Sanderson, qui a étudié auprès du maître Lakshman Joo (voir la photo ci-dessus), est aussi réputé pour sa rigueur et ses critiques, particulièrement à l'endroit du travail de Lilian Silburn. Voyez par exemple son évaluation de la traduction par Silburn du commentaire de Kshemarâja aux Shiva Sûtras. Les remarques de Sanderson sont dures mais exactes, et il est incontestable que Silburn a déformé sa lecture des textes pour l'adapter à l'enseignement de son gourou - qui était un soufi - et que ses traductions sont souvent inexactes, sans parler de l'aspect historique ou philosophique, qui lui échappe complètement. Cela étant, ses livres restent magnifiques et profonds.

D'un autre côté, les études de Sanderson manquent, à mon (très) humble avis, de la problématisation nécessaire quand on aborde des oeuvres à caractère philosophique. Cependant, il a livré récemment un commentaire impressionant à l'introduction du Tantrasâra d'Abhinavagupta. De plus, il a écrit un article sur la philosophie bouddhiste (école sarvâstivâda) !

Sanderson est un virtuose du sanskrit et manie les manuscrits avec une aisance stupéfiante. On ne peut que le respecter, tout en regrettant qu'il ne publie pas davantage, et qu'il ne livre pas plus de réflexions d'ensemble sur l'oeuvre d'Abhinavagupta.

16/04/2007

Rap-Kool Rimpoché bis

Vous en avez rêvé : il l'a fait ! Le jeune Singha Rimpoché invente le rap tantrique pour, dit-il, aider à propager le dharma du bouddha. On l'entend ici chanter le mantra du bouddha tantrique Vajrasattva. Alors, mondialisation ou adaptation "aux mentalités des êtres à convertir" ?

11:30 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : singha rimpoche, rap, bouddhisme |  Facebook |

12/04/2007

Y a t-il une "voie du milieu" dans le shivaisme cachemirien ?

L'absence de tout précepte moral dans les oeuvres attribuées à Abhinavagupta aura sans doute frappé plus d'un lecteur. Plus encore, il n'y va pas d'une simple absence, mais bien d'une critique des morales brahmaniques et tantriques.

papilli

 

Dans le quatrième chapitre de la Lumière des tantras, en particulier, il offre un développement dialectique sur ce point, d'une vaste portée pratique. Sa conclusion est que les règles ne sont ni une aide, ni un obstacle. De fait, on peut s'en passer, comme le conseillent certaines traditions tantriques non-dualistes, mais on peut aussi bien s'y conformer sans perte aucune. Tel fut, d'ailleurs, le choix d'Abhinavagupta, qui siégeait parmi ses disciples revêtu des attributs du dévot de Shiva (graines de rudrâksha, cendre, rosaire, etc.). De même, dans son commentaire au Chant du Bienheureux Seigneur (Bhagavad Gîtâ, dont une nouvelle traduction vient de paraître chez GF), il affirme que la morale brahmanique est fausse en théorie, mais que l'on doit s'y conformer en pratique : " Les adeptes parfaitement accomplis ne se disent pas 'En servant un brahmane, j'accumulerais du mérite'. Ils ne croient pas aux vertus purificatrices de la vache, ni que posséder un éléphant les enrichirra, etc. A leurs yeux, le chien n'est pas impur. Pour eux, même l'intouchable n'est pas impur ni pécheur. Ils regardent toutes les créatures d'un regard égal. Cependant, ils n'agissent pas ainsi dans la vie quotidienne (na tu vyavaharanti)." (ad V, 19). Le maître invoque ici la célèbre théorie - bouddhiste à l'origine - des "deux vérités", l'une absolue et l'autre superficielle mais pratique dans tous les sens du terme. Distinction elle-même fort pratique il est vrai, et qui n'est pas sans rappeler celle d'un Ibn Rushd (Averroès) en contexte musulman. Il va sans dire que cette distinction peut justifier tous les mensonges et toutes les manipulations. Cependant, s'il y a sans doute un "côté obscure" de la théorie des deux vérités, et si cette voie fut suivie, dit-on, par des adeptes de la non-dualité védântique, telle n'est pas, à notre avis, l'option choisie par Abhinavagupta. En effet, bien que celui-ci n'appelle certe point au soulèvement des opprimés du système des castes, il n'en reste pas moins qu'il ne craint pas de proclamer haut et fort sa propre doctrine, y compris dans ses parties les moins conformistes. C'est ainsi qu'il décrit en détail les rituels transgressifs sans céder à la tentation de les édulcorer, s'efforçant de les justifier contre les tenants de l'orthodoxie védique. Dans son commentaire à la Gîtâ, il se moque de ceux pour qui les femmes, les enfants et les intouchables n'auraient pas droit à la connaissance salvatrice. De même, dans la vaste glose au Tantra de la Guirlande de Victoire : "... le Kâlapâda Tantra affirme que "l'on doit initier les intouchables" (MVV, 197ab). Or ce tantra fait parti du corpus du shivaisme dualiste ! On surprend donc Abhinavagupta en pleine tentative de corruption, si j'ose dire, de ses coreligionnaires shivaïtes qui se veulent orthodoxes.

Quoi qu'il en soit, Abhinavagupta se montre globalement libéral et souvent extrêmement original. Ainsi, à la "voie du millieu" bouddhiste, il propose cette alternative surprenante, fondée sur une lecture singulière d'un passage de la Gîtâ ! : "Il est dit ici que ceux qui aspirent à la délivrance doivent honorer les objets des sens :

[suit la stance de la Gîtâ III, 11:]

"Grâce à cette (forme d'activité sans visée utilitaire), les dieux seront nourris et te nourriront. En se nourrissant mutuellement, tous atteindront le Souverain Bien."

Abhinavagupta formule une exégèse toute tantrique, fondée sur l'Hymne de louange au ballet des dieux présents dans le corps (cf. Les Hymnes d'Abhinavagupta traduits par L. Silburn). "Les dieux" sont les objets des sens, tandis que leurs déesses respectives sont nos organes, à savoir les cinq sens, mais aussi le mental, la faculté de juger et l'ego. Lorsque, à travers une étreinte rituelle, ces couples sont assouvis, ils délivrent l'adepte. Autrement dit, ils ne sont plus source de peur et de jalousie, mais participent au contraire à la vaste dilatation qui caractérise la conscience affranchie au grand large de son immensité. Ainsi, banqueter c'est, comme nous l'assure le Tantra de l'Intuition (Vijnânabhairava), ouvrir la porte de l'Infini. Cependant, il n'y va pas d'un hédonisme simpliste, travers affligeant auquel on réduit trop souvent le tantrisme. En effet, cette jouissance n'est libératrice que si elle est précédée de l'absorption en la pure conscience de soi. Sans elle, cette dilation est vaine, au sens augustinien, et donc finalement asservissante. L'idéal est d'alterner les deux, comme l'on frotte deux morceaux de bois pour allumer un feu (ad II, 11) : "On atteint l'Absolu quand la différence entre (méditation et vie quotidienne) a disparue. Le Bien Souverain est obtenu sans délais lorsque l'on pratique sans interruption le mélange des périodes de méditation et celles de la vie quotidienne qui s'engendrent mutuellement, mélange signalé par (la conviction que) l'Essence est identique à la satisfaction des sens."

C'est que ces deux aspects se corrigent en quelque sorte mutuellement. L'intériorisation prépare le terrain - ce vide dans lequel la joie va pouvoir venir m'habiter -, et l'extériorisation est la joie elle-même, en forme de partage avec le monde et les autres. Tel est le sens du "banquet" (melâpa, ganacakra) tantrique, si souvent carricaturé par ses propres adeptes. De cette manière l'homme et la femme deviennent créateurs et auteurs de leur existence, d'authentiques gastronomes de la vie, explorant sans crainte la "voie du centre" qui n'exclu rien mais embrasse tout dans une expansion sans fin.

 

 

12:20 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : hedonisme, tantra, morale, brahmanisme, conformisme |  Facebook |

24/03/2007

Hommage aux pandits cachemiriens

Voici un nouveau blog sur le tantrisme, animé par Mrinal Kaul, petit-fils de Jankinath Kaul, lequel fut l'un des principaux diciples du célèbre Swami Lakshman Joo de Shrinagar. C'est un jeune homme courageux que j'ai rencontré à Bénares. A présent installé à Oxford, il a du surmonter maints obstacles. Sa famille ne voyait pas d'un bon oeil son projet d'explorer la voie de ses ancêtres pandits. Alors même qu'ils sont persécutés par les islamistes et qu'ils se plaignent de la disparition de leur culture, la communauté des "pandits" cachemiriens se préoccupe en effet davantage de business que du sort des quelques collections de manuscrits qui ont échappé aux fous d'Allah.

KashmiriPandits

 

Sur ce blog qui promet d'être passionnant, vous pourrez découvrir qui furent les véritables passionnés du Shivaïsme du Cachemire, ceux grâce à qui nous pouvons aujourd'hui lire ses textes extraordinaires. Regardez par exemple la photo du pandit Harabhatta Shastri. Saviez-vous qu'il a été l'éditeur du fameux Vijnâna Bhairava Tantra ? Sans sa rigueur de sanskritiste et de logicien, nous ne pourrions pas nous délecter de ces merveilles. La méditation est sans doute essentielle. Mais sans grammaire, sans métrique ni logique, cet essentiel resterait inaccessible à la plupart d'entre nous. Rendons donc hommage à ceux qui ont la patience de faire ce qui nous ennuie mais dont nous avons besoin !

16:04 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tantrisme, cachemire, pandit |  Facebook |

29/10/2006

Le rituel de la déesse Suprême - 2

Cette liturgie de la Suprême (parâvidhi) décrit la journée de l'adepte, depuis le lever jusqu'au coucher. Le rituel principal doit être accomplit quatre fois : à l'aube, à midi, au crépuscule et à minuit. En pratique cependant, le rituel de minuit est écarté. Si il ne peut faire qu'un rituel, l'adepte le fait en fin de matinée.

La structure de la liturgie est cyclique. Un jour, une nuit, un inspir, un expir... Ces deux phases se correspondent et correspondent à tous les autres aspects de l'existence cosmique ou individuelle. L'inspir est accroissement dans tous les domaines : intelligence, richesse, fertilité, durée de vie... L'expir est retour à l'état de repos et mort. Il est le moment de tous les rituels "nocturnes" de destruction.

Toutefois, la liturgie de la Suprême (parâkrama) met l'accent sur les intervalles, les solstices et les équinoxes, auquelles correspondent les quatres moments de la journée et les quatres moments de chaque cycle respiratoire. En prenant conscience encore et encore de ces intervalles, la conscience de l'adepte se détent peu à peu et s'affranchi de la dualité. L'espace de pure conscience, d'abord vécu en ces moments d'équilibre, imprègne peu à peu le jour et la nuit et l'ensemble de la dualité, "comme de l'huile se répand dans un tissu". La dualité est ressentie comme une respiration harmonieuse, une oeuvre dont l'adepte n'est plus la victime, mais l'auteur et l'agent. Il est tous ces couples de contraire, et il est aussi au-delà. Espace et nuages, miroir et reflets, océan et vagues : un seul tout, un seul mouvement. 

 

En se levant, l'adepte commence par s'asseoir sur son lit. Il fait un geste (mudrâ), au-dessus de sa tête, qui exprime la présence du couple divin, le Dieu unit à la Déesse. De cette union s'écoule un nectar et une pluie de pétales dorées qui emplissent et baignent le corps de l'adepte. Ainsi, tout ce qu'il perçoit est Dieu, pure Apparence lumineuse, étroitement unie à sa conscience épanouie - la Déesse. S'accompagnant ou non d'un hymne de louange, il imagine ce couple divin descendu dans son coeur, entouré de huits autres couples qui sont comme leurs reflets : les cinq sens, auquels s'ajoutent l'ego, le mental et l'intellect. Ainsi, tout ce qu'il sent, imagine ou pense est une offrande et une célebration.

 

Une fois transformé, il baigne son corps. Il s'asperge d'eau avec le mantra qui est la Déesse Suprême (parâvidyâ) sous sa forme subtile et immédiate : SAUH, prononcé ssâouhou. C'est la Suprême, l'essence de tous les mantras, de toutes les pensées, images et sensations. Puis, il infuse différentes parties de son corps de cette Déesse.

 

Après ce bain, il se rend à l'entrée de son temple privé. Il frappe le sol trois fois, en claquant des doigts, pour chasser de ce lieu tout obstacle : il y entre comme pour la première fois.

 

Puis il vénère son siège, toujours avec la Déesse SAUH. Le texte précise que l'adepte doit garder les yeux grands ouverts durant tout le rituel. Ensuite il se parfume, revêt une guirlande, allume de l'encens, puis vénère sa clochette et la lampe sacrée (kuladîpa), toujours à l'aide de la Déesse, la prise de conscience "je" qui en un instant dénoue la conscience ordinaire.

 

A l'aide du mantra du maître et de la maîtresse, il vénère au-dessus de sa tête le couple de ses maîtres humains, identiques au Dieu et à la Déesse. Ici, cela donne : Aim sauh shrîm krîm hrîm klîm shrî ânandanâtha shrî pâdukâm pûjayâmi namah. Telle est la "mémoration constante des sandales du maître" (gurupâdukâsmriti), thème récurrent de cette tradition kaula. Kaula est le nom de ces traditions qui adorent la Déesse dans le corps, ou qui du moins mettent l'accent sur le corps comme contenant de tout l'univers.

 

Puis l'adepte infuse les différentes parties du mantra - de la Déesse - dans son corps. Il devient la Déesse, car seule une divinité peut adorer une divinité. Mais ici, le mantra - SAUH - n'a pas de parties ! Il est donc répété et imposé sur cinq parties du corps à l'aide de ce seul mantra, avec les gestes appropriés. On commence par le sommet de la tête, puis la bouche, la poitrine, le sexe et enfin le corps entier.

 

Puis, avec de la bouse ou de l'eau parfumé, il trace sur le sol (ou un plateau) un carré, à sa gauche. Ensuite, il sent ses narines. Selon la narine prédominante (celle dans laquelle le souffle passe plus facilement) en cet instant, il déploie une variante du "geste du poisson" au dessus d'une coupe d'eau. Puis il trempe son annulaire dans l'eau et trace le reste du mandala à l'intérieur du carré : cercle et double triangle. Puis, dans une coupe placée sur ce mandala, il infuse la Déesse. Avec cette eau, il trace un second mandala à sa droite, identique. Il y dépose une coupe remplie d'alcool et y infuse la Déesse de l'ivresse, la prise de conscience qui dépasse le mental en le dévorant : "je". Il y a pour cela un mantra un peu plus élaboré qui signifie "SAUH,  hommage à cette Déesse, conscience ayant pour cause et conséquence le plaisir - elle porte une coupe d'alcool dans une main, et de la viande dans l'autre - je la salue et la vénère, SVÂHÂ." Il dispose alors également de la viande (mais l'alcool est l'ingrédient indispensable).

 

Assis, la bouche ouverte et détendue ("comme un corbeau"), l'adepte inspire, récite vingt-sept fois SAUH et expire. Il répète ce cycle trois fois.

 

Puis il visualise, autour d'un point situé sous son nombril, une guirlande de septs fois cinq morceaux de ghee (beurre clarifié), blanc et lumineux. Ils symbolisent les trente-cinq catégories (tattva) qui regroupent tout ce qui existe, le réel et l'irréel, le passé et le futur, le parfait et l'imparfait. Placant son pouce droit sur sa tête, l'adepte éveille alors le "feu" de la conscience situé sous le nombril. Le texte l'appelle la "Lovée" (kundalinî). Cette flamme consumme la "guirlande des catégories" dans la "roue" (cakra) du nombril, au fure et à mesure que l'adepte énonce leur nom en sanskrit.

 

Puis il visualise une guirlande de  trente-cinq fleurs dans son coeur, guirlande qui représente les choses ressenties désormais comme apparaissant dans la conscience et créées par elle, par la Déesse unie au Dieu. Au centre de cette guirlande, il imagine la Déesse, avec un corps transparent et éclatant comme la lune, souriante, tenant le texte de la Science Suprême (parâvidyâ, c'est-à-dire SAUH ou AHAM - "je"), un rosaire de cristal, faisant les gestes du don et de l'absence de peur.

 

Prenant la coupe remplie d'alcool, il la boit peu à peu, d'abord en offrande au cercle des divinités auparavant visualisées dans le coeur, puis au maître et à l'ensemble de la lignée, d'abord divine, puis parfaite et humaine enfin, avec trois maître et leur compagne à chaque fois, sauf pour les maîtres humains, qui font huits couples. L'alcool doit donc être dilué, ou remplacé par du lait, car il est dit explicitement que l'ivresse provoquée doit être légère. Il n'est pas question de tomber raide comme le suggère d'autres tantras !

 

Le reste de l'offrande est remis pour une part aux pauvres, puis à soi-même. Ce rituel se fait seul, à deux ou en groupe. Abhinavagupta précise que tous les éléments du culte doivent êtres agréables, voire excitants. Dans le cas d'un rituel en couple, les sécrétions sexuelles doivent également être offertes à la Déesse. Pour cela, les adeptes touchent leur sexe de l'annulaire de la main gauche, puis le trempe dans une coupe d'alcool, et le boivent.

 

Deux remarques pour finir :

- Ce rituel peut sembler long et complexe, mais il est trés simple pour l'Indien habitué à des procédures redondantes et interminables. N'oublions pas que l'exécution des rituels est la profession du brahmane orthodoxe ! Retenons aussi qu'il existe de nombreuses variantes de ce rituel. Ici, nous n'avons décrit que la forme destinées à ceux qui n'aspirent qu'à la délivrance (moksha). Mais la trame demeure la même dans tous les cas.

- Tout ceci est empli d'images et de symboles qui parlent directement à l'inconscient de l'Indien. Par exemple, boire de l'alcool, consommer (même en quantité infime !) du sperme ou du sang menstruel, constitue le pire des crimes. Plus qu'un acte dégoûtant ou bizarre, c'est là véritablement briser un tabou. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'Abhinavagupta affirme que la meilleure des initiation consiste pour le maître à offrir une coupe d'alcool au candidat. Si celui-ci hésite, si sa main tremble, alors il est encore impur, il n'a pas reçu la grâce. Ce rituel est donc aussi une façon de tester la foi du disciple et de découvrir si les doutes et scrupules mondains ont été éliminés en profondeur.

 

DeviDorée

 

 

11:57 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : tantra, shivaism, deesse, rituel |  Facebook |

28/10/2006

Le rituel de la déesse Suprême - 1

J'avais, avant les vacances de l'été 2006, proposé une lecture d'une oeuvre apparentée au Shivaïsme du Cachemire, la Doctrine secrète de la déesse Tripurâ (Tripurârahasya).

Les récits initiatiques qui la composent sont reçus par Parashurâma de son maître, après douze années de culte rendu à la Déesse. Ce culte est exposé dans la Liturgie de Parashurâma en aphorismes (Parashurâmakalpasûtra).

C'est un système de pratique complet et encore transmis de nos jours, en particulier dans le sud de l'Inde. Il propose la pratique successive de cinq divinités corrélées à cinq cakras et cinq périodes de la journée : Ganapati, Candî, Vârtâlî (alias Vârâhî), Tripurâ et Parâ.

1 - Ganapati ou Ganesh est censé purifier les tendances fabricatrices (samskâra) inconscientes accumulées dans le "corps subtil", plus précisément dans le cakre de la base (mûlâdhâra). De fait, il sert de pratique préliminaire, en faisant fondre les plus gros obstacles : Ganesh est le Soi en tant que "Destructeur des obstacles" (Vighneshvara). Dans le cadre d'une retraite, cette pratique atteint son but en 40 jours. Quatre est, en effet, "le chiffre de Ganesh". L'objectif est atteint lorsque l'adepte fait certains rêves considérés comme auspicieux.

2 - Puis, il adore la Déesse sous sa forme de Candî dans le nombril (manipûra), pratique qui est réputée éveiller pour de bon la "Lovée" (kundalinî), qui n'est autre que la prise de conscience "je". Non pas - notez bien - "je suis untel, je suis gros" ou "maigre", "jeune" ou "vieux". Simplement "je". Telle est la clef de la connaissance de soi, qui va ensuite s'épanouir dans les pratiques suivantes. Les tendances fabricatrices, les impressions fausses, les représentations erronées vont alors se dissiper tels des nuages dissipés par la lumière et la chaleur du soleil (qui auparavant a contribué à la formation de ces mêmes nuages...). Ce soleil est la pure et simple prise de conscience de soi : "je-je" (ahamaham iti samsphurad-âtma-tattvam) comme disait Ramana (grand adepte de la Déesse, soit dit en passant).

3 - Puis Vârtâlî, dans la gorge (le coeur est le lieu d'une pratique intermédiaire non mentionnée par Parashurâma, celle de Râdhâ, compagne de Krishna) concerne la purification du sommeil profond et des tendances les plus anciennes. Ceci dit, chaque pratique, depuis le début, purifie l'inconscient (de toutes façons, les constructions mentales sont nécessairement "inconscientes", dans la mesure où elles sont des objets pour la Conscience) et les trois états (veille, rêve et sommeil profond). Seulement, la vibration "je" atteint des couches de plus en plus profondes. Comme l'écrit Lilian Silburn, c'est un processus en spirale.

4 - Dans la tête - ou plutôt son absence -, on vénère Tripurâ, alias Lalitâ. En fait, cette pratique est la forme la plus complète de toutes. Elle inclut l'extérieur et l'intérieur. A l'extérieur, on projette l'univers dans le "palais de la Déesse" (un shrîcakra, mandala en cuivre ou autre matière précieuse) et, à l'intérieur, on projette ce même univers dans le corps, dans le souffle et dans l'imagination, pour finalement réaliser que tout est projetté dans la conscience par la conscience.

Ces quatres liturgies sont de plus en plus complexes. Le culte de Tripurâ est le centre et l'apogée de cette tradition. Cette pratique exprime à l'aide d'images et de sons (les mantras et surtout LE mantra, en 15 ou 16 syllabes, la Shrîvidyâ) l'intuition "je". Tout s'y ramène, selon sa manière propre, aux plans de l'univers, du corps, du souffle et de l'intellect. Il s'agit à la fois d'exprimer un pressentiment inné ("je suis tout et au-delà de tout") et de le renforcer en l'exprimant ainsi.

Cette liturgie est ininterrompue, jour et nuit, dans l'inpir et dans l'expir, et surtout entre les deux.

5 - C'est ce dernier aspect que souligne la cinquième et ultime liturgie des Aphorismes de Parashurâma, celle de la Déesse sous sa forme "suprême" (parâ). On lui rend un culte à minuit ou à midi, dans le "lotus aux milles pétales", c'est-à-dire dans les intervalles entre les cycles de la vie.

Comme cette liturgie inclut, sous une forme trés concise, les étapes principales de toutes les autres, il suffira ici de décrire seulement ce rituel, dont le symbolisme est médité par Abhinavagupta dans l'Explication de la Suprême, souveraine des Trois Puissances (Parâ-tri-îshikâ-vivaranam).

...

DesseFleur

 

11:33 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tantra, shivaisme, rituel, cachemire |  Facebook |

21/07/2006

Rituels et gastronomie

Une chose qui frappe dans les rituels tantriques, c'est l'omnipresence de la nourriture. Perdus au milieu de leur ustensiles, les adeptes ressemblent a des apprentis cuisiniers.

 

Cette dame effectue la grande puja (ceremonie) des Neuf Enceintes dans le temple de la deesse. Fort complique et long, ce rituel doit etre precede d'une genereuse ceuillette de fleurs dans les environs (en evitant les scorpions).

 

Ici, le gourou en personne effectue la meme puja. Au milieu, on peut voir le celebre Shri Yantra (ou Chakra), representation symbolique du palais de la deesse, de son corps, ou du corps de la femme adoree (ici representee en outre par une statue). De chaque cote, on apercoit les petits mandalas secondaires, sur lesquels on place les recipients contenant l'eau lustrale et l'alcool. La preparation de tout ceci, en imposant des dizaines de divinites, peut prendre des heures.

 

 

Rituel "publique" accomplis par le pretre professionnel de service.

 

 

Le mandala trace sur le sol avec du riz colore est appele "auspicieux a tous egards" (sarvatobhadra). Il sert ici a 'lintronisation du successeur du gourou (abhisheka), rituel complexe qui a dure plusieurs jours. Comme vous pouvez le constater, la plupart des disciples sont des femmes.

06:40 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tantra, yoga, kaula, sadhana |  Facebook |

18/07/2006

Signes

Comme le gourou de la Cite de la Deesse pratique aussi le tantrisme kaula, son temple et la ferme isolee dans laquelle il vit et acceuille ses disciples est pleine de signes assez explicites de son obedience.

Le tantrisme kaula, en gros, est celui du Shivaisme du Cachemire. L'idee principale est que le corps est le temple ideal, et que rien n'est rellement impur. L'Absolu (brahman) est plaisir (kha). Par consequent, tout ce qui procure du plaisir ou en decoule est tenu pour sacre.

Le gourou de la Cite a eu une vision de la Deesse, qui lui a demande de batir un ensemble de temple en ce lieu. A terme, le corps entier de la Deesse sera represente dans le paysage. Pour le moment, il y a le Sanctuaire de la Matrice :

 

 

Une source d'eau ferrugineuse s'ecoule du centre. C'est une sorte de reproduction du sanctuaire celebre de Kamakhya en Assam.

Plus haut, il y a un temple de Shiva, avec son "signe" (linga) :

 

 

Pour le moment, il est en reparation.

Tout en bas, il y a le temple principal de la deesse Tripura. avec tout son entourage de deesses erotiques representee grandeur nature. Un exemple :

 

 

Dans le rituel kaula, on venere la Deesse sous la forme d'une femme. Ou bien, on peut adorer un yantra (un temple en miniature) en imaginant qu'il s'agit du corps d'une femme. Le yantra utilise dans la tradition de Tripura est fameux :

 

 

Bien sur, les Indiens bien pensants ne manquent pas de s'offusquer de toute cette nudite. Mais a present, le gourou est mieux compris. Il faut dire qu'il anime aussi, avec sa femme, plusieurs organisations de promotion de la femme. On y parle par exemple de contraception ou d'independance dans une societe ou, traditionnellement, la femme doit toujours etre maintenue dans la dependance des hommes.

Ce lieu est donc un bel exemple de ce que le tantrisme religieux peut encore apporter a l'Inde.

14:21 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : shiva, yoga, tantra, shakti, deesse, linga, kaula |  Facebook |

15/07/2006

La Cite de la Deesse

A quoi sert un gourou ? Au mieux, il peut vous renvoyer a ce vaste espace qui est Ici. Par consequent, les maitres et autres guides qui se posent en indispensables intermediaire de la grace ont tendance a susciter ma mefiance. A quoi bon un intermediaire entre soi et soi ? De plus, a force de mettre l'accent sur le doigt, on finit par oublier la lune> De simple bequille, le gourou devient une fin en soi. Selon moi, le gourouisme ambiant est donc une forme d'idolatrie.

Pourtant, je viens de passer trois semaines tres agreables avec un gourou et sa gouroutte. Leur gentillesse n'a guere modifie mon opinion, mais ils font preuve d'une belle integrite, chose assez remarqueble, surtout dans le milieu tantrique.

Ils transmettent et enseignent le culte de la deesse Tripura, de maniere tres ouverte et assez pedagogique.

Cependant, je persiste dans l'idee que les gourous, les rituels et les initiations ne sont qu'autant d'obstacles vers Ici. En depit de la profondeur de ces traditions tantriques, l'occultisme predomine. J'admire le tantrisme parce que c'est le seul mouvement religieux qui donne une veritable place a la sexualite. Mais le cote voyage astral, esprits et vibrations m'ennuie. Meme chose pour l'obsession des quantite (combien de mantras recites, combiens d'heures de meditation par jour, etc) et le culte des pouvoir magiques. Tout cela me parait infantile et, paradoxalement, toute cette magie me semble bien mecanique et depourvue de magie veritable, c'est-a-dire de poesie.

Ce gourou donc appartient a une lignee tantrique non-dualiste, fort ancienne et remontanbt a Abhinavagupta. Il transmet meme la pratique de la desse "Supreme" (para), base sur le commentaire du Paratrishika Tantra par Abhinavagupta.Avis donc aux amateurs d'initiations tantriques cachemiriennes. De plus, il enseigne aussi ce culte dans sa version kaula, c'est-a-dire avec toute sa dimension sexuelle.

 

 

 

14:13 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : tantra, yoga, kaula |  Facebook |

13/06/2006

Une patte en moins, ça fait parfois du bien

La Vache Cosmique fait son check-up du début de l'été. Depuis longtemps, en effet, l'une de ses pattes lui pose problème. C'est celle baptisée "Ken Wilber". Au départ, ce philosophe américain me paraissait trés utile par son projet de fournir une "carte de tous les savoirs", une sagesse intégrale qui réunirait la religion et la science, la spiritualité et la politique. Malheureusement, le personnage ressemble de plus en plus à un gourou. Frank Visser lui-même, qui était pourtant l'un de ses plus ardant avocats, fait mine de se révolter dans son article "Talking Back To Wilber". En voyant les nouveaux sites de la "Integral University", on le comprend. C'est bizness à tous les étages.

Tout bien réfléchit, cette patte va donc disparaître, quoique certains livres de Wilber conservent leur valeur (on retiendra surtout A Brief History of Everything). Est-ce à dire que notre pauvre vache n'aura plus que trois pattes ? Pas du tout. Simplement, la patte restante redeviendra la Quatrième, la Mystérieuse au-delà des noms et des formes, sources éternelle des noms et des formes...

 

09:44 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : ken wilber, gourou, integral |  Facebook |

04/06/2006

Faut-il avoir peur de l'Inde ?

Dans une entrevue accordée au quotidien Le Figaro du 4 juin, M. Verlinde (!) parle du "New Age" et de l'Inde à la manière des missionnaires chrétiens. C'est normal, puisqu'il est lui-même une sorte de missionnaire, parti depuis plusieurs livres en croisade contre "le retour du paganisme". Dans L'expérience interdite, ce moine catholique s'en prend à l'hindouisme en général qu'il identifie comme étant la source de la tendance à la "dissolution du sujet et de l'objet", pilier de "notre civilisation européenne".

Passons sur la mauvaise foi généralisée et l'ignorance crasse qui constituent le principal ressort de la bonne vieille rhétorique resservie par ce scientifique, ex-adepte de la Méditation Transcendentale (!), re-converti au christiannisme.

Le plus choquant, à mes yeux, est la manière dont cet homme essaie de dresser une civilisation contre une autre, en brandissant quelques mots ("la dissolution du sujet et de l'objet") pour effrayer le bourgeois. En fait, cette dissolution de la dualité est rarement valorisée en Inde. La "participation d'amour" (bhakti) requiert, en effet, une certaine dualité entre l'adoré et l'adorateur. Le personnalisme qui s'ensuit est l'un des chevaux de bataille des Hare Krishna, par exemple. Depuis des siècles, ils condamnent - dans des termes qui rappellent ceux de M. Verlinde - le supposé "impersonnalisme" du Non-dualisme de Shankara. De même, la plupart des adorateurs de Shiva sont réalistes, pluralistes, voire dualistes. Quant aux non-dualistes, ils conservent, d'une manière ou d'une autre, la dualité, au moins dans le domaine pratique. Ainsi, la tradition shankarienne maintient le système des castes (guère différent de celui de l'Ancien Régime). Le Shivaïsme du Cachemire, de son côté, déclare que la dualité est une libre manifestation de la divinité. Elle est une expression du sacré, supérieure au vide. Mais au fond, le christiannisme ne dit-il pas la même chose, quand on lit des docteurs de l'Eglise comme Saint Denys et sa Théologie Mystique ? Bien sûr, le christiannisme ne défent pas une identité pure et simple entre l'âme et Dieu. Toutefois il s'agit bien de s'unir à lui et de se diviniser par la partie de notre âme qui lui est identique en essence.

Par ailleurs, M. Verlinde semble dire que le christiannisme est à l'origine de la notion de "dignité de l'homme". Cette opinion est sans fondement. La dignité et le libre-arbitre de l'homme, c'est l'humanisme de la Renaissance et des Lumières. Peut-on sérieusement faire sortir la modernité de la bouche de Saint Paul, lui qui prône la soumission de l'esclave à son maître ? Non, le chistiannisme est une religion magnifique, mais il est pré-moderne, exactement comme l'hindouisme.

La modernité, ce sont les Droits de l'Homme, les libertés démocratiques et le progrès social. On ne peut la confondre ni avec le christiannisme, ni avec la civilisation européenne, ni avec la politique d'un gouvernement.

Dès lors, la question de savoir comment harmoniser les sagesses pré-modernes avec la modernité ne se pose pas seulement pour l'hindouisme ou le bouddhisme, mais aussi pour le chistiannisme, l'islam et le judaïsme. Et cette question, des Hindous ont commencé à se la poser dès les premiers contacts avec l'Occident, au début du XIXème siècle, avec des gens comme Vivekananda et Aurobindo.

Quelle merveille si M. Verlinde faisait vers l'Inde ne serait-ce qu'une fraction des efforts que les Hindous ont fait vers l'Occident et la modernité !

12:19 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : verlinde, tantra, yoga |  Facebook |

29/05/2006

Pourquoi des rituels compliqués ?

Aryapoutra retrouve Nandi dans son temple privé:

Aryapoutra: Mais tu ne t'arrêtes donc jamais !

Nandi: La conscience ne s'arrête jamais.

A: Peut-être. mais elle est au-delà de toute activité, rituelle ou autre. Alors pourquoi tout ce zèle ?

N: Détrompes toi : la conscience est activité. Toute activité est un aspect de cette Activité. Elle est à la fois mouvement et repos, comme l'océan et ses vagues. Toute distinction est imaginaire.

A: Mais encore une fois, à quoi bon en rajouter.

N: Je ne rajoute rien. On ne peut pas ne pas agir. On ne fait pas un rituel de temps à autre. Toute activité est rituel. Autrement dit, toute activité est intégrée dans la Grande Activité. Quant à l'aspect artificiel ou laborieux, c'est juste une question de goût. C'est toujours l'autre, celui qui n'est pas animé par ce désir, qui voit de l'artifice ou de l'effort. Tout est naturel, car toute activité est la Déesse.

A: Mouais.

N: Mouais. Regarde par exemple le rituel de la Shrî Vidyâ. C'est la liturgie de la Déesse, celle de la Doctrine secrète de la déesse Tripurâ. C'est vrai qu'à première vue ça parait un peu compliqué. Tu vois ce mandala tracé sur ce miroir, avec plein de triangles entrelacés ?

A: Ca me fait mal aux yeux !

N: T'inquiètes pas, vas. Il n'y a rien d'obligatoire là-dedans. La vie profane est rituel, le rituel fait partie de la vie. En plus, tous ces rituels sont à géométrie variable. Ici, je fais la grande cérémonie des Neufs Cercles. Mais demeurer dans la vision de Celui Qui Voit est suffisant. Si on ne voit pas, aucun rituel n'a de sens. Si l'on voit, le rituel devient inutile.

A: Ah, ben tu vois, je te le disait !

N: Nan. Je veux dire que le rituel n'a pas de but, pas de sens utilitaire. C'est comme un spectacle, comme une oeuvre d'art : on s'en délecte justement parce qu'on n'est plus obsédé par l'espoir ou la crainte. Il y a des vins si chers qu'il vaut mieux les déguster gratuitement. Sinon, c'est le la gloutonnerie indigne. Il y a désir, il n'y a même que cela, mais désir gratuit, sans but. C'est ce que la tradition appelle "amour" (bhakti). Et cet amour du Dieu, c'est la Déesse. Il n'y a donc pas à se forcer. Méditation en silence et "rituel" sont le prolongement l'un de l'autre. En fait, tout vient du silence, de la conscience qui est activité pure.

A: Mais pourquoi à l'extérieur ? Et pourquoi ne pas suivre son élan intérieur, sa spontanéité ?

N: Bien sûr. La tradition, c'est ce qui ne peut être transmit, et qui change donc sans cesse. Si tu regardes les rituels, tu verras que, même à l'intérieur d'une lignée, il n'y a jamais deux texte absolument identiques. Le rapport au côté "technique" du rituel est encore comparable avec le cas de l'art. La technique est nécessaire, mais pas suffisante. Le rituel est un moyen d'exprimer qui nous sommes vraiment, de même que c'est en obéissant aux règles de la grammaire que l'on pourra expimer notre singularité par la parole.

Ce rituel de la Srî Vidyâ est la Rolls-Royce des rituels, un descendant direct de l'enseignement d'Abhinavagupta. Il est un peu au Shivaïsme ce que le Kâlacakra est au Bouddhisme. Sophistiqué, raffiné, et profond.

[Suite au prochain kalpa]

 

11:54 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sadhana, tantra, yoga, pratyabhijna, rituel |  Facebook |

28/05/2006

A quoi servent les rituels ?

Un petit dialogue :

 

Aryapoutra : Salut Nandi !

Nandi : Salut à toi.

A: Tiens, je vois que tu es encore dans ta pièce spécial sacré, plongé dans tes interminables rituels.

N: Mmm. Je perçois comme une condamnation dans tes paroles...

A: Je ne te le fais pas dire ! A quoi bon ces pratiques répétitives, ces mantras et ces abracadabras à n'en plus finir. Ne le prend pas personnellement, mais quand je te vois entouré de cet attirail, ça me fait penser à un TOC. D'ailleurs, il m'a semblé que tu étais davantage nerveux les jours où tu n'avais pu achever tes rituels.

N: Peut-être, mais nous avons tous nos TOC, non ? La vie est habitude et inertie, pour ne pas dire karma...

A: Mouais. Mais alors, pourquoi ces rituels-là ? Pourquoi ne pas simplement rester assis devant la télé le dimanche, devant son bureau la semaine, etc ? Chaînes d'or ou de fer, ce sont toujours des chaînes. Nuages blancs ou sombres cachent également le soleil ! Le Bouddha n'a t'il pas rejeté tous les rituels ? Pourquoi ne pas s'assoir simplement et contempler notre Visage Originel ?

A: Premièrement, je te ferais remarquer que rien, mais alors absolument rien, ne t'empêche te contempler ton Visage Originel face à la télé, au bureau ou face à une Image Divine lors d'un rituel. Deuxièmement, le Bouddhisme est sans doute, avec l'Hindouisme, le plus grand producteur de rituels que la Terre a jamais portée ! Même le zen - auquel tu fais sans doute allusion - est perclu de rituels ! Zazen est un rituel, et le maître Dôgen va jusqu'à préciser comment le moine zen doit s'y prendre pour se brosser les dents !

A: C'est que le Bouddhisme dégénère : le Bouddha l'avait prédit.

N: Ah bon ? Mais regarde les Tantristes - qui sont plutôt joyeux en général - ils sont d'accord pour dire que le Bouddhisme dégénère, et pourtant cela ne les empêche pas de pratiquer toute sortes de rituels.

A: Ce sont les Tibétains, ce sont des demi-sauvages, obsédés de sorcellerie.

N: Tu serais surpris d'apprendre que ces superstitions sont ridiculisées par les tantras eux-mêmes, et que du côté du Bouddhisme soit-disant pur, les grigris sont légions. Il ne faut pas confondre rituel et supestition. On peut parfaitement pratiquer des rituels sans voir des présages et des démons partout.

A: Admettons. Mais il reste que pratiquer ainsi, c'est se conditionner ! Au mieux, on ne fait que changer l'apparence de sa cage.

N: Je ne vois là nulle fatalité. Comprend le bien : toute vie est rituel. Toute vie n'est-elle pas faite de rythmes et de répétitions ? Veille-sommeil, jour-nuit, inspir-expir, vie-mort, réussite-échec, prendre-donner, agir-subir : le Temps lui-même est le Grand Pratiquant de la liturgie cosmique !

A: Si tout est déjà rituel, pourquoi ces rituels artificiels et biens humains ?

N: Pour communiquer avec le cosmos, ou plus exactement pour mettre notre microcosme à l'unisson avec le grand. Relier pour nous ce qui l'a toujours été en soi. Les rituels sont faits de symboles. En Grec, ce mot désigne les deux moitiés d'une poterie. Les marchands la brisaient, et s'en servaient comme signe de reconnaissance. L'homme et le cosmos sont les deux moitiés d'un même Tout : "Le ciel étoilé au-dessus de moi, et la voix de la conscience en moi".

Quoi qu'il en soit, je te prie de bien vouloir me laisser continuer ma cérémonie...

A: Bien sur. Mais en quoi consiste t-elle d'ailleurs ?

N: Je te le dirais aprés, si tu veux bien me laisser finir.

14:34 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : yoga, rituel, liturgie, sadhana, tantra |  Facebook |

13/05/2006

Om mahâmohinyai namo namah !

Notre ami Mind nous avait signalé, au mois de Novembre dernier, l'existence de Kirin Mishra, ravissante "yoginî de la lignée du Shivaisme du Cachemire".

Elle a depuis, fait alliance avec Daniel Odier. Il la présente sous un nouveau nom, "Parvati Nanda Nath", comme étant une "yoginî du Bihar" disciple de "Lalitâ Devî". A le lire, on se sent enthousiasmé, on se dit que cette femme est extraordinaire, qu'elle vient du Bihar, qu'elle est une vraie yoginî ayant reçu une formation complète en Inde, etc.

 

Or, cette Kirin Mishra est en réalité une citoyenne américaine, née en Inde certes, mariée à un Américain, Paul, et mère de trois enfants. Selon l'une de ces filles, Ashley, Kirin Mishra a "grandi en Caroline du Sud et a souffert du racisme". Lorsque Kirin avait 8 ans, sa mère décida de l'enmener en Inde "pour lui ouvrir les yeux sur les réalités de son Pays". Récemment, sa fille et elle ont milité pour Amnesty International.

Quand au yoga, voici ce que disait le mari de Kirin en 1998 :

"Je suis un cadre en marketing qui n'a pas si mal joué le jeu politique. J'ai rencontré mon amie, Kirin Mishra, alors que j'enseignais le Karaté". Elle tente de le convertir au yoga, mais en vain. Un soir, il rentre alors qu'elle regarde une cassette vidéo d'un certain "Erich", présenté comme le professeur de yoga de Kirin. Il est séduit, et se converti au mode de vie du yoga de "Erich". Depuis, Kirin, aidée par son compagnon a réussi sa carrière de professeur de yoga. Selon son mari, son cour est passé de 5 élèves à 350.

 

Evidemment, c'est moins romantique que le récit de D. Odier... Cette femme semble être une excellente enseignante de yoga et une ardente militante des Droits de l'Homme. Mais elle n'est pas une "yoginî de la lignée du Shivaïsme du Cachemire".

12:13 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : tantra, yoga, kirin mishra, daniel odier, pratyabhijna |  Facebook |

18/03/2006

Y a t-il des limites à l'humaine bêtise ?

Ces temps-ci le shivaïsme du Cachemire a le vent en poupe, sous toutes les latitudes. En témoigne ce gourou auto-proclamé, le maaaaaître Ki-shin-dé-sous, "Suprême Avatar de Shiva, suprême yogi shivaïte, océan de sagesse incarné pour éveiller notre kundalinî", etc. Plein d'humilité, "Sa Sainteté" ajoute "I'm the smallest prouting seed !". Pouiit ! In english itself:

"The healer of mankind, the liberator of common masses, the ruler of rich and poor, the wisest of the wise, the imparter of true knowledge, the destroyer of evil forces, co-operator of the deliverance of the world and alleviator of the darkness of duality, is coming to New Zealand in January 2006 for a two week retreat.(...)

In India He is considered to be the highest Shaiva Yogi, yes, the Avatar Shiva Bhairava Himself"

Allez l'ouya ! Allez l'ouya ! Vive l'ouya ! Youpiiiiiiiiiiiii!!! Râaaaaa!!! Quel bonheur !

Spécialisé il est, semble t-il, dans l'élevage des moutons néo-zélandais. Belle barbe aussi, et fort jolie sa compagne est. (bémol politiquement correcte : cet avatar combinné de Bhairava et de Babaji-poile-au-kiki a beau être un mégalo aux ambitions cosmiques, il n'arrive pas à la cheville d'Adidam, alias "le plus grand avatar de tous les temps", qui a lui aussi fait du shivaisme du Cachemire son fond de commerce depuis les années 70.)

Le plus drôle - ou le plus triste - c'est que ce drôle de barbu s'est fait faire une lettre de louange par un authentique maître du shivaïsme cachemirien, le pandit Koukilou. C'est normal faut dire. Si vous n'avez pas un faciès tibétain ou indien, la seule solution pour vous faire entendre des dévots potentiels, c'est de vous déguiser en Indien (la barbe ça marche trés bien) ou de trouver un vieux pandit à moitié sénile pour vous recommander. Ensuite, c'est une affaire de mise en scène et de marketing.

 

En attendant, le Shivaïsme du Cachemire, le vrai, demeure à l'ombre des textes...

09:36 Écrit par David Dubois dans Tantrisme | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : tantra, shivaisme, gourou, guru |  Facebook |